Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/10
25 février 2000
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PREVENTION ET TRAITEMENT DES MALADIES CARDIAQUES : LES DEUX SONT EFFICACES SELON UNE ETUDE DE L'OMS

Les résultats du MONICA PROJECT (1) – une étude menée sous l'égide de l'OMS qui est la plus vaste jamais réalisée en population sur les maladies cardiaques – ont été publiés le 26 février dans The Lancet, une revue médicale britannique. Ils se présentent so us la forme de deux rapports qui montrent que les taux de maladies cardiaques dépendent à la fois de l'évolution des principaux facteurs de risque coronarien et des nouvelles thérapeutiques mises en oeuvre.

Dans le cadre du MONICA PROJECT – auquel ont collaboré les chercheurs de 21 pays (2) - ce sont plus de 30 populations , principalement européennes, qui ont été étudiées sur une période de 10 ans , du milieu des années 80 au milieu des années 90. Plus de sept millions d'hommes et de femmes âgés de 34 à 64 ans ont été suivis afin de voir quelle était la part de certains facteurs de risque coronarien et des thérapeutiques correspondantes dans le recul ou l'augmentation de la morbidité cardiaque au sein de ces populations.

Ont été notamment étudiés les facteurs de risque suivants : tabagisme à la cigarette, tension artérielle, taux de cholestérol sanguin et poids. Les thérapeutiques prises en compte étaient les suivantes : aspirine, bêta-bloquants, inhibiteurs de l'enzyme de conversion (ICE) , thrombolytiques et intervention sur les coronaires. D'autres travaux ont montré que le risque de cardiopathie est lié à tous ces facteurs et que la survie des malades en dépend également.

Dans la plupart des populations étudiées, on a constaté un recul du taux des affections cardiaques en même temps que le tabagisme à la cigarettes diminuait chez les hommes et que la tension artérielle et le taux de cholestérol sanguin baissait. Chez les femmes, le tabagisme a évolué de manière inégale et dans la plupart des population on a noté une prise de poids chez les deux sexes. Selon l'OMS, les tendances vont dans la bonne direction, mais la fréquence accrue de l'obésité et du tabagisme féminin exigent une action immédiate de la part des responsables de la santé publique.

Dans l'ensemble des populations étudiées, c'est le recul du tabagisme qui semble avoir le plus contribué à la diminution du risque d'affection cardiaque chez les hommes. Chez les femmes, c'est l'abaissement de la tension artérielle qui se révèle en être la cause principale.

Globalement, on constate que la relation entre la chute du taux d'affections cardiaques et l'évolution des facteurs de risque est plus nette chez les hommes que chez les femmes.

Les pays où les facteurs de risque sont en fort recul sont ceux qui connaissent la diminution la plus remarquable des infarctus du myocarde : par exemple, la réduction a été de 7 % par an en Finlande et en Nouvelle-Zélande, de 6 % aux Etats-Unis, et de 5 % en Australie. En revanche, dans les populations d'Europe de l'Est et de Chine , où les facteurs de risque sont en augmentation, la morbidité cardiaque est en augmentation.

Le Dr Kari Kuulsmaa, principal auteur du rapport sur les facteurs de risque et directeur du centre de traitement des données MONICA d'Helsinki ( Finlande ) a fait les observations suivantes : «  Ces résultats révèlent une évolution importante des facteurs de risque dans tous les pays. Il montrent toutefois également que nombre des tendances de la morbidité cardiaque sur une décennie ne peuvent être exclusivement attribuées à l'évolution des facteurs de risque au cours de la même période. D'autres recherches sont nécessaires pour comprendre comment l'évolution des facteurs de risque influe sur le taux d'infarctus du myocarde dans l'ensemble d'une population. »

Le deuxième rapport montre que les progrès de la thérapeutique au cours des années 80 et 90 ont eu un effet sur la morbidité cardiaque et la survie des malades. L'amélioration sur le plan de la morbidité et de la thérapeutique varie toutefois beaucoup selon les pays.

«  Lorsque l'étude MONICA a débuté , on savait pas vraiment si le traitement avait un effet réel sur l'issue des maladies cardiaques. Les données récentes incitent à l'optimisme mais on ne peut pas dire à coup sûr quel médicament a été bénéfique en particulier. Ces articles vont susciter d'importants débats d'experts dans la communauté médicale et ils vont probablement déboucher sur d'autres recherches dans ce domaine » fait remarquer le professeur Hugh Tunstall-Pedoe, de l'Université de Dundee, qui est l'auteur principal du rapport sur les soins aux coronariens. « Que l'on soit ou non cardiaque, il faut veiller aux facteurs de risque. Si vous souffrez d'une affection cardiaque ou que vous courez un risque élevé, observez scrupuleusement votre traitement » a-t-il ajouté.

D'après l'OMS, l'étude montre clairement que dans nombre des pays en cause, on a adopté la bonne méthode, qui consiste à associer l'effort de prévention aux interventions thérapeutiques essentielles.

« Etant donné que les ressources accordées aux soins de santé diminuent partout dans le monde, la prévention est le seul moyen de faire obstacle à la progression de l'épidémie et de traiter le problème pour les générations à venir » estime le Dr Ingrid Martin, responsable du Programme Maladies Cardiovasculaires de l'OMS qui assure la coordination du MONICA PROJECT.

« Cela vaut particulièrement pour les pays en développement où les épidémies de cardiopathies et d'accidents vasculaires cérébraux sont en progression rapide. A la longue, une action préventive mettant l'action sur une meilleure alimentation, moins de sédentarité et la réduction du tabagisme permettra également de faire reculer d'autres maladies non transmissibles comme le diabète, certains cancers et les pneumopathies chroniques » a ajouté le Dr Martin.

 

(1) Pour Monitoring trends and determinants in cardiovascular diseases

(2) Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Chine, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, Islande, Italie, Lituanie, Nouvelle-Zélande, Pologne, République Tchèque, Royaume-Uni (Ecosse et Irlande du Nord ), Suède, Suisse, Yougoslavie.


Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec Ms Susanna Gorga, OMS, Genève. Téléphone : (+41 22) 791 2592. Télécopie : (+41 22) 791 4755. Courrier électronique : gorgas@who.int ou Dr Ingrid Martin, Coordonateur, NCD/CVD, OMS, Genève. Téléphone : (+41 22) 791 3441, Télécopie (+41 22) 791 4151. Courrier électronique : martini@who.int. Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information, ainsi que d'autres renseignements sur le sujet, peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil http://www.who.ch/

 

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