| Communiqué de presse
OMS/19 24 mars 2000 |
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LA TUBERCULOSE A BACILLES PHARMACORESISTANTS EN AUGMENTATION PARTOUT DANS LE MONDEUn nouveau rapport de l’OMS fait état de la progression d’une souche de bacille de la tuberculose particulièrement meurtrière La proportion des cas résistant aux médicaments a augmenté de 50% dans certaines parties d’Europe occidentale Les pays se préparent à annoncer des mesures d’urgence lors d’un sommet ministériel Amsterdam - Un nouveau rapport rendu public aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la Santé et l’Union internationale contre la Tuberculose et les Maladies respiratoires indique que si les pays n’interviennent pas rapidement pour renforcer leurs programmes antituberculeux, les souches polypharmacorésistantes qui ont fait des centaines de morts à New York et en Russie et ont coûté à chacune plus d’un milliard de dollars en activités de lutte continueront d’apparaître dans d’autres parties du monde. Face à cette situation, de hauts fonctionnaires de 20 pays réunis aujourd’hui à Amsterdam se préparent à annoncer les grandes lignes d’un plan ambitieux qui vise à mettre un terme à la pharmacorésistance dans les pays les plus durement touchés. Il s’agit essentiellement de multiplier par trois, d’ici à cinq ans, l’accès à une stratégie dont on sait qu’elle prévient le développement de la tuberculose à bacilles multirésistants. "Nous avons maintenant la preuve que les poussées de tuberculose à bacilles multirésistants qui ont provoqué de véritables épidémies à New York et en Russie sont en augmentation ailleurs" a dit le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. "Aujourd’hui, les pays les plus durement touchés par la tuberculose annonceront ce qu’ils comptent faire pour empêcher cette menace de s’étendre." Depuis 1996, la résistance à au moins un médicament anti-tuberculeux a augmenté de 50% en Allemagne et au Danemark et a doublé en Nouvelle-Zélande. Dans ces trois pays, les malades nés à l’étranger sont près de deux fois plus exposés que les malades nés dans le pays au risque d’héberger une souche résistante. Le rapport montre que lorsque rien n’est fait pour empêcher la pharmacorésistance de s’installer dans les pays en développement, les pays plus prospères en subissent inévitablement les conséquences. "Une amélioration du dépistage à l’immigration ne résoudra pas le problème," a déclaré le Dr Arata Kochi, directeur de l’initiative Halte à la tuberculose. "La seule chose que puissent faire les pays riches est d’aider les pays dont les programmes antituberculeux fonctionnent mal à trouver immédiatement une solution, en les aidant à renforcer leurs actions." En Estonie, le pourcentage des souches multirésistantes - qui résistent aux deux médicaments antituberculeux les plus puissants - l’isoniazide et la rifampicine - est passé de 13,5% en 1997 à 18,1% un an plus tard. Pour la première fois, le rapport fournit aussi des données sur les taux de tuberculose à bacilles multirésistants dans 38 régions géographiques. La situation est particulièrement alarmante en Chine (Henan et Zhejiang), en Inde (Tamil Nadu), en Iran, au Mozambique et en Russie (Tomsk). Dans chacune de ces régions, les taux de tuberculose à bacilles multirésistants représentent plus de 3% des cas nouveaux. Par ailleurs, Israël, l’Italie et le Mexique (Baja California, Oaxaca et Sinaloa) ont signalé des cas multirésisants chez plus de 6% des cas nouveaux et des cas précédemment traités pris ensemble. "Notre plus grande crainte est que la tuberculose à bacille multirésistants ne commence aussi à gagner dans d’autres pays en développement," a déclaré le Dr David Heymann, Directeur exécutif du Groupe Maladies transmissibles à l’OMS. "L’Amérique du Nord et l’Europe ont sans doute les milliards de dollars qui seront nécessaires pour faire face à cette urgence. Les pays les plus touchés en Asie, en Afrique et en Amérique latine n’ont pas cet argent." Le rapport contient cependant un message d’espoir. Les pays qui utilisent la stratégie de lutte recommandée par l’OMS, soit le traitement de brève durée sous surveillance directe ou DOTS, ont pu empêcher la pharmacorésistance de se développer. Certains d’entre eux, comme Cuba et le Népal, ont même vu les taux de résistance commencer à baisser. La stratégie DOTS est conçue de telle sorte que les malades prennent correctement leurs médicaments. Le plus souvent, la pharmacorésistance se développe quand les malades oublient de prendre régulièrement tous les médicaments qui leur ont été prescrits pendant toute la durée du traitement. C’est la Chine qui offre l’exemple le plus frappant de l’efficacité de la stratégie DOTS. La pharmacorésistance y est trois fois plus faible dans les régions où cette stratégie est appliquée. Au niveau mondial, la prévalence de la tuberculose à bacilles multirésistants est nettement plus faible dans les pays où la stratégie DOTS est appliquée à la quasi-totalité des cas de tuberculose que dans ceux qui n’y recourent que rarement. Aujourd’hui à Amsterdam, les gouvernements des 20 pays qui comptent le plus grand nombre de cas de tuberculose devraient annoncer le lancement d’initiatives destinées à enrayer la progression de la tuberculose à bacilles multirésistants. L’Organisation mondiale de la Santé et la Banque mondiale ont demandé à cette réunion des ministres de la santé, des finances et de la planification des pays où la charge de morbidité tuberculeuse est la plus forte et aux principaux responsables de l’UNICEF, de l’ONUSIDA et des organismes de développement de planifier des stratégies pour arrêter la propagation de la tuberculose à bacilles multirésistants et réduire de moitié les décès par tuberculose au cours des dix prochaines années. Le vendredi 24 mars à 12h45 heure d’Amsterdam, le Dr Brundtland, Donna Shalala du US Department of Health and Human Services et les ministres des pays d’endémicité tuberculeuse publieront un communiqué de presse sur la réponse de la communauté mondiale à cette crise. Anti-Tuberculosis Drug Resistance in the World - Report N°2 est le premier rapport à fournir des informations sur les tendances de la pharmacorésistance dans le monde. Il présente des données provenant de 72 pays et régions. "Nous soupçonnions une aggravation de la pharmacorésistance dans de nombreuses parties du monde quand nous avons établi le premier rapport en 1997," a déclaré Marcos Espinal de l’OMS, qui était à la tête de ce projet. "Ce rapport confirme nos pires craintes." La tuberculose à bacilles multirésistants est une souche qui résiste aux médicaments antituberculeux les plus efficaces. Comme les autres formes de tuberculose, elle se propage par voie aérienne. En 1991, la ville de New York a subi une poussée de tuberculose à bacilles multirésistants qui a fait 500 morts. Une poussée analogue survenue récemment en Russie a fait beaucoup plus de victimes. Pour obtenir davantage de renseignements aux Etats-Unis, contacter Jim Palmer au 1-202-262-9823. Au Royaume Uni, contacter Janice Muir au 44- 171-407-3313. Au Pays Bas, contacter Linda Verkerk au 31-70-318-4405, ou contacter Gregory Hartl, Porte-parole à l’Organisation mondiale de la Santé au 41-22-791-4458. Pour un résumé du "Anti-Tuberculosis Drug Resistance in the World, Report N°2", des Aide mémoires et des communiqués de presse sur la question, consulter le site www.stoptb.org. Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS, ainsi que d’autres informations sur le sujet, peuvent être obtenus sur Internet à la page d’accueil de l’OMS : http://www.who.int |
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