Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/24
  7 avril 2000
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QUAND ET COMMENT ARRÊTER LA VACCINATION APRES L'ERADICATION DE LA POLIOMYELITE ?

LES SCIENTIFIQUES S'INTERROGENT

Alors que la campagne d'éradication de la poliomyélite franchit la dernière étape, les scientifiques se demandent quand et comment arrêter la vaccination lorsque la maladie aura été éradiquée. Le dernier numéro du Bulletin de l'OMS daté de mars 2000 présente les points saillants de ce débat.

La plus grande initiative d'éradication d'une maladie qui ait jamais été lancée entre donc dans sa phase finale. «Cette entreprise collective….pourra à bon droit être considérée comme l'une des plus grandes réussites de la société » lit-on dans un éditorial du Bulletin.

Depuis 1988, année où l'Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution visant à éradiquer la polio en l'an 2000, le poliovirus sauvage a été éliminé dans trois sur cinq continents.

Le nombre de cas déclarés dans le monde a baissé de 95% et se chiffrait l'année dernière à quelques 20 000 cas. La plupart d'entre eux affectent le Bangladesh, l'Ethiopie, l'Inde, le Nigéria et le Pakistan. Beaucoup de progrès ont été faits dans ces pays ainsi que dans d'autres où les difficultés sont énormes.

La plupart des pays dont les systèmes de santé ont souffert de la guerre et des conflits s'organisent pour vacciner leurs enfants. L'année dernière, les agents de santé de la République démocratique du Congo ont vacciné plus de 8 millions d'enfants lors des journées spéciales de tranquillité négociées par les Nations Unies. L'Angola, l'Afghanistan, la Somalie et le Soudan austral ont eux aussi vacciné des millions d'enfants pendant les journées nationales de vaccination.

Grâce à ces progrès, nous sommes de plus en confiants dans le succès de l'éradication d'ici 2005, date cible de la certification de la campagne. Les problèmes liés à la polio n'en demeureront pas moins présents – notamment celui de la réinfection possible des années après l'éradication. Aucune initiative d'éradication n'échappe à ce risque.

En ce qui concerne la polio, l'on sait depuis longtemps que les poliovirus du vaccin peuvent se transmettre d'un individu vacciné à un autre en contact avec lui, mais une question préoccupe les chercheurs : dans quelle mesure ces virus persistent-ils après l'arrêt de la vaccination ? Bien que des études menées dans plusieurs pays ne montrent pas que le virus du vaccin circule après l'arrêt de la vaccination, certains experts se disent préoccupés.

« La sensibilité de la population au poliovirus augmentera progressivement après l'arrêt de la vaccination - jusqu'au point où une épidémie peut se développer sur une grande échelle » notent les trois auteurs d'un article du bulletin.

« Le plus important, c'est de protéger la population ; de ce fait, le choix du moment où il faudra cesser d'administrer les vaccins antipoliomyélitiques, et selon quelles modalités, peut être la décision essentielle sinon la plus critique de l'initiative d'éradication, » écrivent-ils : L' article est signé du Dr D.J. Wood, du National Institute for Biological Standards and Control de Londres (Royaume Uni), du Dr R.W. Sutter, de la Division des maladies évitables par la vaccination des Centres de lutte contre la maladie, et du Dr W.R.Dowle du Groupe spécial pour la survie et le développement de l'enfant, tous deux à Atlanta (Géorgie).

Pour le Dr Barry Schoub, directeur de l'Institut national de virologie de Sandringham (Afrique du Sud), « L'avantage indirect de l'éradication d'une maladie évitable par la vaccination est en fin de compte de pouvoir décider d'arrêter la vaccination tout en étant gagnant sur le plan des coûts et de la sécurité.

« Malgré tout, le spectre d'une population vulnérable et dont la vulnérabilité croît progressivement dès qu'une nouvelle génération n'a été exposée ni au virus sauvage ni au virus vaccinal, rend la décision d'arrêter la vaccination particulièrement effrayante. »

Dans un autre article du Bulletin, le Dr Paul Fine, du Département des maladies infectieuses et tropicales de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, écrit : « La suppression du vaccin antipoliomyélitique buccal créera une situation épidémiologique inédite qui ne pourra être maîtrisée et contrôlée qu'au prix d'efforts d'imagination intenses.

Lorsque la maladie aura été éradiquée, la seule source de poliovirus seront les laboratoires. L'OMS a mis sur pied au un plan d'action mondial échelonné dans le temps concernant la manipulation et le confinement maximum de ces virus et d'autres matériels de laboratoire potentiellement infectieux. Il est demandé aux laboratoires d'imposer des procédures rigoureusement sûres et par la suite de détruire leurs stocks ou de les transférer dans les conservatoires désignés par l'OMS

Le Dr Vincent Racaniello, professeur de microbiologie au Collège des médecins et chirurgiens de Colombia University à New York prévient que « l'identification de tous les poliovirus est une tâche qui défie l'imagination.». Il note par exemple que certains laboratoires peuvent ne pas avoir l'inventaire exact de tous leurs stocks et qu'il faudra plus que de la « bonne volonté » de la part des nations pour recenser tous les laboratoires qui détiennent des poliovirus.

Résumant le débat sur la question de savoir quand et comment on pourra arrêter la vaccination après l'éradication, Dr.Wood, Dr Sutter et Dr Dowdle soulignent que »Compte tenu des risques et des avantages potentiels que comporte une telle décision, il faudra, avant de prendre la décision d'arrêter la vaccination, s'être entouré des meilleurs experts et avoir analysé les risques-avantages, prévu des plans d'urgence, constitué des stocks de vaccins et reçu l'aval des comités directeurs au niveau mondial.


Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec Gregory Hartl, Porte-parole de l'OMS, Genève, Tél (+41 22) 791 2599/4458, Télécopie: (+41 22) 791 4858. Courrier électronique : hartlg@who.int

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