| Communiqué de presse
OMS/27 19 avril 2000 |
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INITIATIVE MONDIALE POUR L'ELIMINATION DE LA CECITE EVITABLE LANCEMENT DE L'INITIATIVE VISION 2020 EN AFRIQUE ANGLOPHONE - L'AFRIQUE DU SUD DECIDEE A ELIMINER LA CECITE DUE A LA CATARACTE DANS LES CINQ ANNEES A VENIRJohannesburg (Afrique du Sud). En Afrique anglophone, on estime à 3-4 millions le nombre d'aveugles et à 10-12 millions le nombre de déficients visuels qui bénéficieront de l'initiative mondiale visant à éliminer la cécité évitable d'ici à 2020, « VISION 2020 : le droit à la vue ». Plus de 60 % de ces personnes souffrent de la cataracte.Des efforts considérables seront déployés et coordonnés aux niveaux national, régional et international, pour permettre à ces personnes de recouvrer la vue et pour empêcher de nombreuses autres de devenir aveugles, a déclaré aujourd'hui l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et un groupe d'organisations non gouvernementales internationales de développement (ONGD) lors du lancement infra-régional de VISION 2020 à Johannesburg, organisé par la South African Broadcasting Corporation (SABC). Afin d'atteindre ces objectifs, le groupe VISION 2020, en étroite coopération avec les autorités sanitaires africaines, s'efforcera d'accroître le nombre de personnels nationaux convenablement formés aux soins oculaires ; élargira l'accès aux services ophtalmologiques à l'intention des populations se situant dans les tranches de revenus les plus faibles, notamment dans les zones rurales ; facilitera le transfert de technologies de prévention de la cécité appropriées ; et concevra et appliquera des stratégies nationales rentables pour prévenir la cécité. Dans un premier temps, on mettra l'accent, dans l'initiative VISION 2020, sur la sensibilisation et la mobilisation des ressources. L'Afrique subsaharienne compte approximativement 5-6 millions d'aveugles et 16-18 millions de déficients visuels. Environ 60 % d'entre eux vivent dans vingt pays anglophones, à savoir l'Afrique du Sud, le Botswana, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Gambie, le Ghana, le Kenya, le Lesotho, le Libéria, le Malawi, Maurice, la Namibie, le Nigéria, l'Ouganda, la République-Unie de Tanzanie, les Seychelles, la Sierra Leone, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe. « Partout les aveugles ont une vie difficile. En Afrique, où les services d'aide sociale sont inexistants, la cécité ou une vision extrêmement faibles sont synonymes, en tout premier lieu, d'humiliation. Mendier devient la seule façon de survivre pour les personnes touchées » a déclaré le Dr Ebrahim Malick Samba, Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, à l'intention de 150 journalistes, ophtalmologistes africains, diplomates occidentaux et africains accrédités en Afrique du Sud, et de hauts fonctionnaires de la République d'Afrique du Sud présents lors du lancement. « Afin de donner une lueur d'espoir aux Africains aveugles et déficients visuels, je suis prêt à mendier en leur nom également. Je supplie les plus fortunés – populations et gouvernements des pays donateurs, diverses fondations, organisations non gouvernementales et secteur privé – d'aider VISION 2020 à atteindre ses nobles objectifs. Ensemble, nous pourrions redonner la vue à des millions de personnes et empêcher de nombreuses autres de devenir aveugles » a déclaré le Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique. L'engagement du Dr Samba concernant la prévention de la cécité en Afrique remonte à la période 1981-1994, lorsqu'il dirigeait à l'OMS le Programme de Lutte contre l'Onchocercose, lequel compte de nombreux succès à son actif. Au cours des vingt-cinq dernières années, ce Programme a protégé environ 11 millions d'enfants contre l'onchocercose et sauvé environ 500 000 personnes de la cécité dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest. Le Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique a félicité, pour leurs travaux, les ONGD qui s'intéressent à la prévention de la cécité sur le continent et dont font partie notamment (par ordre alphabétique) : Christoffel-Blindenmission (Christian Blind Mission International-CBM) ; Helen Keller Worldwide ; Fédération internationale des Sociétés d'Ophtalmologie ; Lions Clubs International Foundation ; Operation Eyesight Universal ; Orbis International ; Organisation pour la Prévention de la Cécité (OPC) ; Sight Savers International (SSI) ; The Carter Center et The Fred Hollows Foundation. Comme dans le reste de l'Afrique subsaharienne, les principales causes de cécité dans les pays africains anglophones sont : la cataracte, le trachome, le glaucome, l'onchocercose (cécité des rivières) et les troubles cécitants de l'enfance. En chiffres absolus, ces pays comptent environ 3-4 millions d'aveugles et 10-12 millions de déficients visuels. Le groupe VISION 2020 a signalé que 80 % au moins de ces cas de cécité et de déficience visuelle étaient évitables et soignables. Selon l'OMS, environ 2,4 millions de personnes vivant dans cette partie de la région sont aveugles à cause de la cataracte, et on dénombre environ 600 000 nouveaux cas de cataractes cécitantes chaque année. « Aujourd'hui, moins de 10 % seulement de ces cas bénéficient d'un traitement chirurgical. En réalité, la fourniture de services de traitement de la cataracte de bonne qualité et l'accès à ceux-ci varient énormément au sein de la sous-région et même au sein des pays » a souligné le Dr Serge Resnikoff, Coordonnateur du Programme Prévention de la Cécité et de la Surdité de l'OMS, à Genève. « Le taux de chirurgie de la cataracte dans la sous-région se situe entre 200 et 1000 pour un million par an (population générale). Il s'ensuit que le nombre de cataractes non opérées augmente régulièrement. Au cours des cinq prochaines années, le groupe VISION 2020 prévoit d'accroître le taux de chirurgie de la cataracte dans la sous-région pour le porter à 2500 cas pour un million », a déclaré le Dr Resnikoff. L'Afrique anglophone compte également environ 200 000 enfants aveugles (de 0 à 15 ans). Environ la moitié d'entre eux meurent dans les deux années qui suivent la survenue de la cécité. Les principales causes de cécité de l'enfance sont les cicatrices de la cornée (environ 70 % de tous les cas) dues à la rougeole, à la carence en vitamine A, à la conjonctivite du nouveau-né et aux médicaments traditionnels néfastes. Il est possible de remédier à toutes ces affections au moyen de mesures simples et rentables. D'autres causes de cécité chez l'enfant comprennent la cataracte congénitale et les troubles héréditaires. L'onchocercose, ou cécité des rivières, est endémique dans huit pays africains anglophones : l'Ethiopie, le Ghana (sud du pays), le Libéria, le Malawi, le Nigéria, l'Ouganda, la Sierra Leone et la Tanzanie. C'est au Nigéria que l'on recense près d'un tiers de tous les cas connus aujourd'hui en Afrique. Dans tous ces pays, à l'exception du Ghana, la maladie continue d'entraver sérieusement le développement socio-économique. Au-delà de 2002, les efforts visant à éliminer la cécité évitable due à l'onchocercose seront déployés principalement dans le cadre du Programme africain de Lutte contre l'Onchocercose (APOC) – partenariat mondial entre les communautés affectées, les gouvernements parties prenantes, un consortium d'ONGD internationales et des organismes bilatéraux. Si les efforts en cours dans les pays d'endémie aboutissent, l'OMS espère maîtriser la cécité des rivières dans l'ensemble de l'Afrique d'ici à 2010. Dans cette sous-région, environ 800 000 personnes sont soit aveugles soit atteintes d'une déficience visuelle grave à cause du trachome – maladie engendrée par de mauvaises conditions d'hygiène, l'absence de logements décents et de réseaux d'eau et d'assainissement. Pour combattre la maladie, on a conçu une stratégie intitulée « CHANCE » (Chirurgie, Antibiotique, Nettoyer le visage et Changer l'Environnement). Le groupe VISION 2020 a déclaré que le recours à la stratégie CHANCE dans les régions touchées devrait permettre d'éliminer le trachome en tant que maladie cécitante d'ici à 2020. Malgré ces statistiques effrayantes, l'élimination de la cécité évitable d'ici 2020 en Afrique et dans le monde, est tout à fait faisable à condition que l'on dispose des ressources adéquates », a déclaré Christian Garms, Président du groupe spécial VISION 2020 et Directeur exécutif de la Christoffel-Blindenmission (CBM) –organisation internationale de bienfaisance importante qui recueille des fonds auprès des Occidentaux et opère avec succès dans de nombreux pays en développement. « Aujourd'hui, la communauté internationale dépense environ US $100 millions par an pour prévenir et traiter la cécité dans monde entier. Si nous voulons atteindre les objectifs de VISION 2020, nous devons au moins doubler ces dépenses », a dit M. Garms. Afin de concrétiser le soutien offert par le Gouvernement aux objectifs de VISION 2020 en Afrique du Sud, le Dr Manto Tshabalala-Msimang, Ministre de la Santé de la République d'Afrique du Sud, a signé, dès son lancement, la Déclaration mondiale de soutien à VISION 2020 publiée l'année dernière à Genève par le Directeur général de l'OMS, le Dr Gro Harlem Brundtland. « VISION 2020 bénéficie de notre plein appui, que ce soit sur le plan de la santé publique ou de l'engagement politique. Le pays a déjà fait beaucoup pour prévenir la cécité. C'est ainsi que nous avons élaboré des modèles efficaces pour combattre le trachome et depuis deux ans aucun cas évolutif n'a été confirmé chez l'enfant. Il nous faut néanmoins redoubler d'efforts pour faciliter l'accès à une chirurgie de la cataracte de qualité, notamment dans les zones rurales. Nous serons heureux d'accueillir toute l'aide que la communauté internationale voudra bien nous apporter à cet égard », a déclaré le Dr Tshabalala-Msimang. Selon le ministre, la cataracte et le glaucome, qui sont responsables, respectivement, de 66 et 14 % des cas de cécité en Afrique du Sud, sont les deux principales causes de cécité dans le pays. Le Dr Tshabalala-Msimang a souligné que pour l'Afrique du Sud, la tâche essentielle en matière de lutte contre la cécité évitable est maintenant de surmonter les disparités, héritage du passé, et de permettre à plus de 160 000 nécessiteux qui sont devenus aveugles de faire opérer leur cataracte. « Sans doute, l'Afrique du Sud dispose-t-elle de ce qui se fait de mieux en chirurgie de la cataracte. Toutefois, les services compétents sont inégalement répartis dans le pays, ainsi qu'entre le secteur public et le secteur privé », a-t-elle déclaré. « Par exemple, on compte 275 ophtalmologues dans tout le pays : 250 d'entre eux pratiquent dans le secteur privé pour une population de 8 millions de personnes, alors que le secteur public ne compte que 25 praticiens pour quelque 25 millions de personnes. Le taux de chirurgie de la cataracte dans la population nécessiteuse est de 850 par million et par an. Pour pouvoir éliminer la cécité due à la cataracte, il faudrait que ce taux passe à 3000 pour l'ensemble du pays », a expliqué le Dr Tshabalala-Msimang. Lors du lancement de VISION 2020 à Johannesburg, le Dr Tshabalala-Msimang et le Dr William Rowland, Directeur exécutif du South Africa National Council for the Blind (SANCB) ont ensemble lancé la campagne nationale Le droit à la vue pour permettre aux 200 000 personnes et plus atteintes de la cataracte dans le pays de recouvrer la vue au cours des cinq prochaines années. S'inspirant de VISION 2020, cette campagne sera fondée sur un partenariat entre le Bureau de la Prévention de la Cécité (branche exécutive du SANCB) et les départements nationaux et provinciaux de la santé. Le droit à la vue coûtera environ R120 millions (approximativement US $20 millions) qui seront recueillis par les organisateurs tant en Afrique du Sud qu'à l'extérieur. La South African Broadcasting Corporation (SABC) se félicite de la possibilité qui s'offre ainsi d'apporter un soutien à Vision 2020 en Afrique et au projet Droit à la vue en Afrique du Sud. C'est dans le cadre des attributions qui sont les siennes dans le domaine social et dans l'intérêt de la construction nationale et du développement communautaire, que la SABC accueille cette initiative médiatique et mettra ses moyens de radiodiffusion au service de la lutte contre la cécité évitable » a déclaré le Senior General Manager for Corporate Affairs par interim, Tango Lamani. Pour plus de renseignements, s'adresser à M. Igor Rozov, OMS, Genève, au (41 22) 791.25.32, téléphone portable à Genève (41 79) 217.34.93, télécopie (41 22) 791.4858, adresse électronique : rozovi@who.int. Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS Information et tout autre renseignement sur ce sujet peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS http:.http://www.who.int |
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