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L'OMS PUBLIE DES NOUVELLES
RECOMMANDATIONS POUR PROTÉGER LA SANTÉ HUMAINE CONTRE L'UTILISATION DES ANTIMICROBIENS
CHEZ LES ANIMAUX D'ÉLEVAGE
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a rendu publics des
principes mondiaux conçus pour atténuer les risques liés à l'utilisation des
antimicrobiens chez les animaux élevés pour la consommation humaine. Ces antimicrobiens
sont notamment indiqués pour tuer les bactéries chez les animaux dont les produits sont
utilisés en alimentation humaine. Ces nouvelles recommandations, approuvées lors d'une
réunion d'experts de l'OMS à Genève, interviennent au moment où s'accroît la
préoccupation concernant l'utilisation abusive et erronée de ces médicaments.
Ces nouvelles recommandations sont destinées aux pouvoirs publics, aux
services vétérinaires et à diverses organisations professionnelles, ainsi qu'à
l'industrie et au milieu universitaire. Parmi les mesures les plus importantes des
nouveaux "principes mondiaux pour la limitation de la résistance aux antimicrobiens
résultant de l'utilisation de ces produits chez les animaux d'élevage", on
citera :
- prescription obligatoire pour tous les antimicrobiens utilisés dans le traitement des
maladies des animaux d'élevage ;
- arrêt ou élimination rapide de l'emploi des antimicrobiens comme facteurs de
croissance s'ils sont utilisés également en médecine humaine, en l'absence
d'évaluation de leur innocuité pour la santé publique ;
- création de systèmes nationaux de suivi de l'utilisation des antimicrobiens chez
les animaux d'élevage ;
- évaluation de l'innocuité des antimicrobiens avant la mise sur le marché eu
égard à une éventuelle résistance vis-à-vis des antimicrobiens à usage humain ;
- suivi des résistances pour identifier de nouveaux problèmes de santé et prendre au
plus vite des mesures correctives pour protéger la santé humaine;
- conseils à l'intention des vétérinaires afin de réduire l'utilisation
abusive et erronée des antimicrobiens chez les animaux d'élevage.
L'utilisation abusive et erronée des antimicrobiens chez ces animaux
contribue à l'apparition de formes résistantes de bactéries qui provoquent des
maladies. Ces bactéries résistantes peuvent être transmises des animaux d'élevage à
l'homme, essentiellement par les aliments. Peuvent alors survenir des infections
difficiles à guérir, les bactéries résistantes ne répondant pas au traitement par les
antimicrobiens.
On citera par exemple l'apparition de Salmonella antibiorésistantes
chez des animaux d'élevage en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, à
l'origine de diarrhées, de septicémies (présence du germe dans le sang) et de
décès chez l'homme. Les infections à Enterococci en sont un autre exemple
qui pose des problèmes de traitement graves, en particulier chez les patients
immunodéprimés, ces germes étant devenus résistants à tous les antimicrobiens
existants.
« Au cours des dernières années, les arguments indiquant que
les risques pour la santé publique associés à l'utilisation des antimicrobiens
sont de mieux en mieux étayés. L'adoption de ces principes représente une avancée
majeure pour la réduction de ces risques à l'échelle mondiale » a déclaré
le Dr David Heymann, Directeur exécutif du Groupe Maladies transmissibles de l'OMS.
Le 12 juin, l'OMS a rendu public un nouveau rapport important sur
l'usage des antimicrobiens dans le traitement de tous les types de maladies infectieuses
(voir Communiqué OMS/41).
Plus de 70 expertsmédecins et vétérinaires, représentants des
autorités nationales de contrôle des médicaments, des firmes pharmaceutiques et des
organisations internationales telles que l'Organisation des Nations Unies pour
l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et l'Office international des
Epizooties (OIE)se sont réunis au Siège de l'OMS du 5 au 9 juin. Six domaines
importants d'intervention ont été examinés: enregistrement des antimicrobiens,
distribution/vente, publicité, surveillance, éducation/formation, et utilisation
prudente.
« La présence d'autres organisations internationales, des
sociétés professionnelles et de l'industrie pharmaceutique, est très
encourageante. Tous les partenaires devront regrouper leurs efforts pour que les principes
mondiaux formulés par l'OMS se traduisent en décisions nationales » a dit le
Dr Klaus Stöhr, spécialiste scientifique de l'équipe Risques pour la
santé publique liés aux animaux et aux aliments et Secrétaire de la Consultation.
En 1997 et 1998, l'OMS a organisé diverses réunions d'experts pour identifier et
évaluer les risques associés à l'emploi des antimicrobiens chez les animaux
d'élevage. Les participants ont reconnu l'existence d'un risque pour la santé
publique, et invité l'OMS à élaborer des principes d'utilisation raisonnée
des antimicrobiens chez ces animaux; ces principes sont un élément de la Stratégie
mondiale de l'OMS pour la limitation et la surveillance de la résistance aux
antimicrobiens.
Les principes mondiaux de l'OMS peuvent être
obtenus dans leur intégralité en s'adressant à : aph@who.int. Pour plus ample information, prendre
contact avec Melinda Henry, Bureau du porte-parole, OMS, Genève, Tél. +
41 22 791 25 35 ; Télécopie : +
41 22 791 48 58; Courrier électronique :henrym@who.int. |