| Communiqué de presse
OMS/47 4 juillet 2000 |
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L’AMELIORATION DES SERVICES DE CONSULTATIONS EXTERNES EST DECISIVE POUR LA SANTE DES PAUVRES D’après un article qui vient de paraître dans le numéro de juin du Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé, consacré aux systèmes de santé, une meilleure organisation des services de consultations externes serait, dans la plupart des pays en développement du monde, la solution la plus rapide et la plus efficace pour améliorer l’état de santé des populations pauvres. Dans les pays à faible revenu, ce sont les services les plus souvent consultés pour la prévention et le traitement des maladies les plus courantes comme la diarrhée infantile, les infections des voies respiratoires basses, la tuberculose, les maladies sexuellement transmissibles et le paludisme aigu. Ces affections comptent parmi les dix premières maladies responsables de la morbidité globale dans les pays en développement : les services de consultations externes, ou services ambulatoires, assument 80% de la charge de morbidité liée à ces maladies. Ce sont eux aussi qui absorbent la plus grosse part des dépenses totales de santé dans la majorité des pays en développement. Malheureusement, les soins dispensés sont souvent coûteux, de qualité inférieure et imposent un lourd fardeau financier aux foyers pauvres. La raison en est notamment, explique l’auteur de l’article, le professeur Peter Berman (Harvard School of Public Health), que les pouvoirs publics n’ont pas accordé suffisamment d’attention à l’organisation des services ambulatoires en question. Or l’amélioration de ces services, sur le plan du financement, de la réglementation et de l’information, est sans doute le meilleur moyen d’améliorer la performance des systèmes de santé dans la plupart des pays en développement. D’après le professeur Berman, « il faudra, pour y parvenir, disposer d’une bien meilleure information sur l’organisation des soins de santé primaires et d’une plus vaste expérience des diverses approches susceptibles d’améliorer la performance. Un tel programme est d’autant plus urgent que l’on doit s’intéresser, sur le plan mondial, à des questions cliniques de plus en plus complexes comme la santé génésique, la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant et le traitement de l’infection à VIH/SIDA. » « Au cours des vingt dernières années, les pays de l’OCDE ont pris d’intéressantes initiatives en matière de direction, de mesures d’incitation, d’organisation et d’information en vue d’améliorer la gestion des services publics de soins de santé, mais ces innovations n’ont guère pénétré dans les pays à faible revenu. » L’auteur est Professeur associé d’économie internationale de la santé et Directeur du International Health Systems Group à Harvard. A utres articles intéressants dans le numéro de juin du Bulletin de l’OMS :Votre système de santé est-il bon ? Bien des pays, riches ou pauvres, s’efforcent d’évaluer la performance de leur système de santé et de déterminer comment le rendre plus performant. Mais les systèmes de santé sont complexes et se prêtent difficilement à une évaluation précise. Murray et Frenk (pp. 717-731) présentent un cadre théorique qui donne les indications indispensables sur les composantes essentielles du système de santé et devrait faciliter l’évaluation de sa performance. Le cadre trace d’abord les limites du système, qui sont basées sur l’activité qui le définit, c’est-à-dire les actions (actions de santé) dont l’intention première est d’améliorer la santé ou d’éviter qu’elle ne se dégrade. Sont ensuite énoncés les trois grands buts du système : amélioration de la santé, capacité à répondre aux attentes de la population et financement équitable. Les rouages du système remplissent quatre fonctions clés : l’administration générale (voir le paragraphe suivant), le financement, la fourniture de services et la création de ressources. Le cadre n’est pas encore définitivement arrêté mais son utilité en tant qu’outil de décision est déjà illustrée par une analyse comparative de la performance des systèmes de santé de la totalité des 191 Etats Membres de l’OMS, publiée pour la première fois par l’OMS dans son Rapport sur la santé dans le monde, 2000. Cherche administrateur de confiance Le nouveau mot à la mode dans le milieu de la santé et du développement est « administration générale » (ou gestion avisée). Que faut-il entendre par là ? Si l’on se place du point de vue de l’éthique, la gestion se situe au bas de l’échelle ; viennent ensuite l’administration et la direction ; la gestion avisée est ce qui coifferait le tout. Saltman et Ferroussier-Davis (pp. 732-739) retracent l’historique de cette notion, depuis les temps bibliques où un serviteur désintéressé gérait les biens de son maître, en passant par les sociétés arabes d’avant la colonisation où le mouhtasib contrôlait l’exercice de la médecine, jusqu’à nos jours, avec le modèle scandinave de protection sociale. Ils avancent que ce terme, qui suggère à la fois pragmatisme, efficacité, transparence, confiance et contrôle, peut permettre de définir un nouveau rôle pour l’Etat dans la gestion du système de santé d’un pays. Par analogie, l’OMS estime que la gestion avisée pourrait s’appliquer aux organisations internationales agissant en qualité de « bons agents » des gouvernements. Le malheur d’être riche La vie n’est pas toujours rose pour les bien portants et les nantis. Hurst (pp. 751-760) se penche sur certains problèmes auxquels sont confrontés les responsables des politiques de santé des 29 pays de l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE) : vieillissement de la population qui pèse de façon disproportionnée sur le système de santé ; abondance allant souvent de pair avec une mauvaise hygiène de vie ; médecine de haute technologie qui fait des « miracles » mais coûte cher et suscite des attentes auxquelles les pouvoirs publics ne peuvent pas toujours répondre. Il y a, en outre, de grandes disparités de revenu et de niveau de santé entre les pays de l’OCDE (sans parler des chômeurs et des démunis au sein même des pays) : au Mexique et en Turquie, les dépenses de santé sont inférieures à la moyenne et le taux de mortalité infantile supérieur à la moyenne ; bien qu’étant le pays qui dépense le plus pour la santé, les Etats-Unis n’ont pas forcément le meilleur système de santé. Certains observateurs prédisent qu’avec la nouvelle vague de soins médicaux de haute technologie qui se profile à l’horizon, beaucoup de gouvernements des pays de l’OCDE seront bientôt incapables de financer leurs systèmes de soins de santé publics. Rien n’indique cependant que les pays où la couverture par l’assurance est universelle sont sur le point d’abandonner la partie. Tout montre qu’il faut être plus efficace. Le chaos organisé Aux Etats-Unis, neuf employés sur dix cotisent à un organisme de gestion des soins : l’assureur passe un contrat avec des prestateurs de soins (médecins, hôpitaux, etc.) qui s’engagent à fournir aux adhérents un ensemble déterminé de services de soins de santé à un prix convenu. La solution de la gestion des soins a été adoptée dans les années 80 et 90 pour enrayer l’escalade des dépenses de santé et mettre un peu d’ordre dans un système de fourniture des soins très disparate. On lui a reproché ces dernières années d’avoir eu un effet réducteur non sur les coûts mais sur la qualité des soins. Sekhri (pp. 830-844) analyse le réseau complexe de systèmes de gestion des soins en place aujourd’hui aux Etats-Unis et montre qu’ils ont bel et bien ralenti l’accroissement des dépenses de santé sans altérer la qualité des soins. D’autres pays, notamment ceux où le système mixte public-privé de fourniture des soins risque de devenir impossible à gérer, tireront peut-être de l’expérience des Etats-Unis des enseignements pouvant s’appliquer à leurs propres réformes du secteur de la santé. Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à M Thomson Prentice, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 4224. Télécopie : (41 22) 791 4858. Email : prenticet@who.int. |
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