Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/49
  13 juillet  2000
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VIOLENCE ET VIH: BRISER LE SILENCE

En brisant le silence au sujet du SIDA lors de la XIIIe Conférence internationale sur le SIDA qui se tient à Durban, en Afrique du Sud, cette semaine, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) brise également le silence sur la façon dont la violence contribue à alimenter l’épidémie de SIDA.

« La violence à l’égard des femmes est un facteur important de propagation du VIH » a déclaré mardi le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS, lors d’un symposium. « Nous ne progresserons pas dans la lutte contre le VIH tant que les femmes ne maîtriseront pas leur sexualité. »

Pour la première fois, ces questions sont inscrites à l’ordre du jour de la Conférence internationale sur le SIDA. La violence dans les relations intimes est désormais reconnue comme un obstacle à une prévention et une prise en charge efficaces de l’infection à VIH. La violence est un facteur qui contribue à l’épidémie de VIH: elle peut également en être la conséquence.

Dans des études réalisées aux Etats-Unis d’Amérique et au Kenya, par exemple, près d’un cinquième des femmes séropositives ont déclaré avoir été confrontées à la violence du fait de leur séropositivité, de la part de leur mari, de leur partenaire, de membres de la famille ou de la communauté .

« Certaines femmes ne souhaitent pas révéler leur séropositivité par peur de la violence physique ou psychologique, ou de l’abandon », a expliqué le Dr Pamela Hartigan, Directeur par intérim du Département Prévention de la violence et des traumatismes récemment créé par l’OMS à Genève.

« Tout d’abord, les femmes sont particulièrement exposées au SIDA en raison des normes culturelles qui renforcent les inégalités entre les sexes et les placent en position subalterne », a déclaré le Dr Hartigan. « D’autres personnes sont ensuite exposées parce que les femmes, une fois infectées par le VIH, ne se sentent pas capables d'annoncer les résultats des tests à leur partenaire. »

La crainte ou l’expérience de la violence peuvent empêcher les femmes de recourir au dépistage et au conseil volontaires et de demander à leur partenaire d’utiliser un préservatif. Les femmes VIH positives ne souhaitent pas toujours par ailleurs renoncer à allaiter leur enfant, ce qui pourtant peut réduire les risques de transmission mère-enfant du virus, parce qu’elles craignent que leur entourage ne soupçonne leur séropositivité. La crainte de révéler leur état peut également empêcher les femmes enceintes séropositives d'accepter un trairement à la naissance, ce qui peut aussi réduire le risque de transmission du VIH à l’enfant.

La première étape, selon le Dr Brundtland, consiste à condamner toutes les formes de violence contre les femmes, qu'il s'agisse de la violence domestique, du viol ou de violences sexuelles. « Les femmes doivent savoir et sentir que la société les soutient lorsque elles refusent des relations sexuelles non désirées ou non protégées » a poursuivi le Dr Brundtland.

A Durban, Ms Nadine France, fonctionnaire technique au Département OMS Prévention de la violence et des traumatismes, organise des ateliers sur la relation entre violence et VIH/SIDA. «  Lors d’ateliers organisés dans la communauté, d’ateliers de développement des compétences, d’une réunion par satellite ou de séances programmées, l’urgence d’une sensibilisation et d’une étude de ce problème a été soulignée", a déclaré le Ms France. Les participants à la Conférence envisagent des moyens d’intégrer la prévention de la violence aux programmes de prévention et de prise en charge de l’infection à VIH.

L’OMS appelle à réaliser davantage d’études sur l’incidence mondiale de la violence à l’égard du partenaire et ses effets sur l’épidémie de VIH/SIDA.


Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact Gregory Hartl, Porte-Parole de l'OMS. Tél. 09 41 79 203 6715 et Ms Nadine France, fonctionnaire technique. Tél. 083 6242777. 

 

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