VIOLENCE
ET VIH: BRISER LE SILENCE
En brisant le silence au
sujet du SIDA lors de la XIIIe Conférence internationale sur
le SIDA qui se tient à Durban, en Afrique du Sud, cette semaine, l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS) brise également le silence sur la façon dont
la violence contribue à alimenter l’épidémie de SIDA.
« La violence à l’égard
des femmes est un facteur important de propagation du VIH » a
déclaré mardi le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général
de l’OMS, lors d’un symposium. « Nous ne progresserons pas dans
la lutte contre le VIH tant que les femmes ne maîtriseront pas leur
sexualité. »
Pour la première fois, ces
questions sont inscrites à l’ordre du jour de la Conférence
internationale sur le SIDA. La violence dans les relations intimes est
désormais reconnue comme un obstacle à une prévention et une prise en
charge efficaces de l’infection à VIH. La violence est un facteur qui
contribue à l’épidémie de VIH: elle peut également en être la
conséquence.
Dans des études
réalisées aux Etats-Unis d’Amérique et au Kenya, par exemple, près d’un
cinquième des femmes séropositives ont déclaré avoir été
confrontées à la violence du fait de leur séropositivité, de la part
de leur mari, de leur partenaire, de membres de la famille ou de la
communauté .
« Certaines femmes ne
souhaitent pas révéler leur séropositivité par peur de la violence
physique ou psychologique, ou de l’abandon », a expliqué le
Dr Pamela Hartigan, Directeur par intérim du Département
Prévention de la violence et des traumatismes récemment créé par l’OMS
à Genève.
« Tout d’abord, les
femmes sont particulièrement exposées au SIDA en raison des normes
culturelles qui renforcent les inégalités entre les sexes et les placent
en position subalterne », a déclaré le Dr Hartigan. « D’autres
personnes sont ensuite exposées parce que les femmes, une fois infectées
par le VIH, ne se sentent pas capables d'annoncer les résultats des tests
à leur partenaire. »
La crainte ou l’expérience
de la violence peuvent empêcher les femmes de recourir au dépistage et
au conseil volontaires et de demander à leur partenaire d’utiliser un
préservatif. Les femmes VIH positives ne souhaitent pas toujours par
ailleurs renoncer à allaiter leur enfant, ce qui pourtant peut réduire
les risques de transmission mère-enfant du virus, parce qu’elles
craignent que leur entourage ne soupçonne leur séropositivité. La
crainte de révéler leur état peut également empêcher les femmes
enceintes séropositives d'accepter un trairement à la naissance, ce qui
peut aussi réduire le risque de transmission du VIH à l’enfant.
La première étape, selon
le Dr Brundtland, consiste à condamner toutes les formes de violence
contre les femmes, qu'il s'agisse de la violence domestique, du viol ou de
violences sexuelles. « Les femmes doivent savoir et sentir que la
société les soutient lorsque elles refusent des relations sexuelles non
désirées ou non protégées » a poursuivi le Dr Brundtland.
A Durban, Ms Nadine France,
fonctionnaire technique au Département OMS Prévention de la violence et
des traumatismes, organise des ateliers sur la relation entre violence et
VIH/SIDA. « Lors d’ateliers organisés dans la communauté, d’ateliers
de développement des compétences, d’une réunion par satellite ou de
séances programmées, l’urgence d’une sensibilisation et d’une
étude de ce problème a été soulignée", a déclaré le
Ms France. Les participants à la Conférence envisagent des moyens d’intégrer
la prévention de la violence aux programmes de prévention et de prise en
charge de l’infection à VIH.
L’OMS appelle à
réaliser davantage d’études sur l’incidence mondiale de la violence
à l’égard du partenaire et ses effets sur l’épidémie de VIH/SIDA.
Pour plus d'informations, les journalistes peuvent
prendre contact Gregory Hartl, Porte-Parole de l'OMS. Tél. 09 41 79 203
6715 et Ms Nadine France, fonctionnaire technique. Tél. 083
6242777.
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