Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/51
  14 août 2000
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UN ECOLIER SUR CINQ FUME DANS LES PAYS EN DEVELOPPEMENT, INDIQUE UNE ENQUETE RECENTE

Face aux procès qui leur sont intentés et aux campagnes antitabac de plus en plus véhémentes menées dans les pays industrialisés, les cigarettiers visent maintenant les pays en développement.

Vingt pour cent environ des écoliers de ces pays fument déjà régulièrement, selon une enquête cordonnée par l'OMS en collaboration avec les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des Etats-Unis d'Amérique, publiée en juillet 2000 dans le dernier numéro du Bulletin de l'OMS. L'enquête, effectuée dans 12 pays en développement ou en transition, a aussi constaté que près de 25% des jeunes fumeurs n'avaient pas 10 ans quand ils avaient commencé à fumer et que plus des deux-tiers voulaient arrêter.

Charles Warren des CDC et ses co-auteurs notent dans l'article du Bulletin que quelque 250 millions d'enfants et d'adolescents dans le monde, dont 70% vivent aujourd'hui dans des pays en développement, mourront des suites du tabagisme. "La forte prévalence [du tabagisme] dans une population aussi jeune laisse augurer toute une vie de dépendance pour un grand nombre de personnes, dont la moitié mourront prématurément de maladies liées au tabagisme," écrivent-ils.

L'enquête mondiale sur le tabagisme chez les jeunes a été entreprise il y a deux ans par l'OMS pour recueillir des données de base sur l'usage du tabac chez les jeunes des pays en développement. La coordination dans les différents pays est assurée par des chercheurs. L'enquête, en définitive, devrait s'étendre aux 191 pays Membres de l'OMS.

Au total, 50 207 écoliers de 13 à 15 ans appartenant au premier groupe de 12 pays - Barbade, Chine (quatre provinces), Costa Rica, Fidji, Jordanie, Pologne, Russie (Moscou), Afrique du Sud, Sri Lanka, Ukraine (Kiev), Venezuela et Zimbabwe (deux villes) - ont répondu au questionnaire de l'enquête. Jusqu'à 70% des enfants ont admis avoir fumé à un moment donné en Ukraine, première de la liste pour ce point du questionnaire. Avec 30% de réponses positives, la Pologne arrivait en tête pour les enfants fumant actuellement (l'Ukraine et la Russie occupant les dernières places avec 9%). La moitié environ des enfants couverts par l'enquête étaient exposés chez eux à la fumée secondaire indirecte.

Dans tous les pays, sauf la Barbade et la Jordanie, plus de la moitié des enfants - et en Chine, près de 90% d'entre eux - ont déclaré vouloir arrêter de fumer, les deux tiers environ ayant essayé d'arrêter dans l'année précédant l'enquête. Ces résultats, selon les auteurs, indiquent que "les programmes et les interventions axés sur les jeunes doivent aussi inclure des mesures destinées à empêcher les jeunes de commencer à fumer et des programmes spécialement conçus pour aider les jeunes à arrêter de fumer." A ce jour, les programmes de prévention s'adressant aux jeunes se sont bornés à empêcher les enfants de commencer à fumer.

Autres articles autour du même thème parus dans le numéro de juillet du Bulletin

Risques particuliers pour les femmes

La publicité en faveur du tabac est l'un des moyens utilisés par l'industrie du tabac pour inciter un nombre croissant de femmes à se joindre à la communauté des fumeurs, jusque là domaine essentiellement masculin. Sur le nombre estimatif de 1,2 milliard de fumeurs dans le monde, environ 200 millions sont des femmes, et sur les quelque 4 millions de décès dus au tabac chaque année, environ 500 000 concernent des femmes. Ernster et al. (pp. 891-901) examinent certaines des stratégies utilisées par l'industrie du tabac pour enrôler les femmes. Ils montrent aussi les principaux problèmes de santé spécifiquement féminins qui sont liés au tabac - problèmes associés pour la plupart à la grossesse et aux contraceptifs oraux et des problèmes survenant après la ménopause (perte de densité osseuse, notamment) - sans parler des afflictions telles que les cancers, les maladies cardio-vasculaires et les infections respiratoires, communes aux femmes et aux hommes. Pour les auteurs, les politiques antitabac doivent protéger les femmes des pièges de la publicité et tenir compte de leurs points faibles particuliers. Un premier pas dans cette direction pourrait consister à faire jouer un rôle accru aux femmes dans la formulation des politiques et des lois antitabac.

Le jeu des "grands industriels du tabac"

Il y a six ans, grâce au courage de deux dénonciateurs et d'une poignée de militants antitabac et d'avocats plaidants aux Etats-Unis d'Amérique, des millions de documents internes de l'industrie du tabac ont été rendus publics dans des ouvrages et sur l'Internet. Ces documents ont révélé que les dirigeants de l'industrie savaient déjà dans les années 50 que le tabac était cancérogène et que la nicotine engendrait la dépendance. Saloojee & Dagli (pp. 902-910) relatent les stratagèmes auxquels ont recouru les industriels pour détourner l'opprobre public jeté sur les grands cigarettiers, surtout aux Etats-Unis, depuis la découverte de ces documents. L'emprise du tabac sur les pays industrialisés faiblit peut-être mais la bataille entre la santé publique et les riches sociétés n'est pas terminée. Les pays en développement sont maintenant dans la ligne de mire de l'industrie. A l'OMS et aux autres organisations internationales de santé de réunir un consensus mondial - par des instruments tels que la convention-cadre internationale pour la lutte antitabac (voir ci-après) - sur la nécessité de réglementer le tabac et ses fournisseurs.

Un traité mondial

Il est beaucoup question de la "mondialisation" dans les médias actuellement - tantôt présentée comme une bénédiction, tantôt comme un fléau. Pour la communauté de la santé publique internationale, le tabac est à l'évidence un fléau mondial. Par des moyens tant légaux (accords de commerce internationaux et pratiques de commercialisation transnationales, par exemple) qu'illégaux (la contrebande de cigarettes représente maintenant un tiers des exportations mondiales), l'emprise de la poignée de sociétés qui dominent l'industrie du tabac s'étend maintenant à toute la planète. Le tabac est devenu un produit véritablement mondial, plus de 70% de ses consommateurs (800 millions de personnes) vivant dans les pays en développement, sans compter un nombre incalculable de fumeurs passifs, et partageant avec leurs homologues des pays industrialisés les risques de maladie et de décès prématuré associés à leur dépendance. Seule une riposte mondiale mobilisant les puissantes ressources juridiques et scientifiques existantes peut faire obstacle à cette menace planétaire pour la santé. Taylor & Bettcher montrent (pp. 920-929) comment le projet de convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac, en tant que bien public mondial dans les efforts mondiaux déployés pour mettre fin au tabagisme, peut être cette riposte.

Mesurer les habitudes tabagiques dans le monde

Dans leur combat contre le tabac, les responsables de la santé publique ont pâti de l'absence de système d'information mondial efficace pour surveiller la production, le commerce et la consommation du tabac, ainsi que la morbidité et la mortalité liées au tabac. Pour répondre à ce besoin, l'OMS et les Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis d'Amérique ont créé en 1998 un système national d'information en ligne sur le tabac (NATIONS) destiné à recueillir des données de base. A partir des données relatives à 198 pays et territoires, Corrao et al. indiquent (pp. 884-890) qu'en 1998, environ 30% de la population mondiale fumaient et que la plus forte prévalence du tabagisme était enregistrée dans la région OMS du Pacifique occidental (34%), et la plus faible dans la région de la Méditerranée orientale (22%). Au niveau mondial, 48% des hommes fumaient contre 12% des femmes, mais la proportion des fumeuses atteignait 23% en Europe et dans les Amériques. Il ressort également de ces données que, dans la plupart des pays en développement, le prix des cigarettes importées a baissé, en valeur réelle, au cours de ces dix dernières années. Ces analyses, et d'autres qui utilisent la base de données NATIONS, pourraient localiser les zones où il conviendrait de renforcer certaines activités antitabac.

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Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Thomson Prentice, OMS, Genève. Tél. (41 22) 791 4224 ; adresse électronique: prenticet@who.int . Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS et d'autres informations sur le sujet peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int Le Bulletin (en anglais) peut être consulté au site-web suivant: http://www.who.int/bulletin

 

 

 

 

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