Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/52
  21 août 2000
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« PALUDISME AÉROPORTUAIRE » :

UN RISQUE MORTEL PRÊT À ATTERRIR

DANS DE NOMBREUX PAYS, SELON LES SPÉCIALISTES

Les autorités sanitaires de nombreux pays s'inquiètent de plus en plus du risque potentiellement mortel que fait peser sur leur territoire le paludisme apporté par les moustiques « voyageant » à bord des vols internationaux, selon une étude publiée dans le numéro du mois d'août du Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé.

Entre 1969 et 1999, douze pays ont notifié au total 87 cas de paludisme chez des personnes vivant à proximité d'aéroports. La France vient en tête de liste avec 26 cas, suivie de la Belgique (16 cas) et du Royaume-Uni (14 cas). Ces cas de « paludisme aéroportuaire », qui surviennent dans les aéroports ou dans leur voisinage, se distinguent des cas importés où les patients contractent l'infection lors de séjour en zones impaludées puis tombent malades. La survenue d'un nombre relativement élevé de cas à Paris et à Bruxelles est en rapport avec la grande fréquence des vols en provenance d'Afrique centrale et occidentale. Au moins cinq décès en ont résulté et tous les cas se sont produits chez des personnes n'ayant aucune immunité face à cette maladie. Les retards pour poser le diagnostic correct ont eu fréquemment pour conséquence le développement d'accès graves ou pernicieux. Cinq cas de paludisme aéroportuaire se sont produits en Suisse en 1990 et, pour l'un d'entre eux, 31 jours se sont écoulés avant d'établir le diagnostic.

« Le grand nombre de cas de 'paludisme aéroportuaire' signalés en Europe, en Amérique du Nord et ailleurs est la conséquence grave du transport de moustiques infectés à bord d'aéronefs, notent les auteurs du rapport. Cette variante est particulièrement dangereuse dans la mesure où les médecins n'ont en général guère de raisons de soupçonner cette maladie, en particulier lorsque le sujet n'a pas voyagé récemment dans des régions d'endémie. Il arrive donc que le diagnostic soit très retardé et que la mort survienne avant qu'il ne soit posé et qu'un traitement adéquat ne soit administré. »

Il est arrivé qu'on établisse dans certains pays la présence d'espèces de moustiques qui y étaient inconnues jusqu'alors. L'étude cite l'introduction au Brésil en 1930 — probablement par voie maritime et non aérienne — d'une espèce qui était un vecteur majeur du paludisme. « L'importation, suivie de l'établissement de ce vecteur très efficace a entraîné une épidémie de paludisme au cours de laquelle on a enregistré 300 000 cas et 16 000 décès. Une campagne coûteuse a permis d'éradiquer avec succès ce vecteur du pays. »

Les auteurs de l'étude rapportée dans le Bulletin sont le Dr Norman Gratz, patho-entomologiste basé à Genève, le Dr Robert Steffen, de la Clinique universitaire du voyage, Institut de médecine sociale et préventive, Université de Zurich et le Dr William Cocksedge, spécialiste des maladies transmissibles à l'OMS. « Il est très important actuellement de désinsectiser les aéronefs assurant des liaisons entre les aéroports des régions tropicales d'endémie et ceux des régions exemptes », déclarent-ils.

« Les moustiques porteurs du paludisme peuvent pénétrer dans la cabine avant le décollage ou pendant les escales, mais ils peuvent également survivre dans la soute à bagages. Quelle que soit la façon dont elle a été transportée, la maladie est alors souvent mortelle parce que les médecins, peu au courant du risque, ne posent que tardivement le diagnostic. Le traitement peut revenir à plus de 2 700 dollars des Etats-Unis par cas, une somme largement plus élevée que la désinsectisation d'un aéronef au moyen de l'application périodique d'un insecticide rémanent, comme la perméthrine, et de la pulvérisation d'aérosol juste avant l'embarquement des passagers ou le décollage. »

De nombreux pays insistent déjà sur la désinsectisation des aéronefs à l'arrivée, notamment s'ils proviennent de zones où les maladies à transmission vectorielle sont endémiques. Il est courant que les services sanitaires du pays de destination pulvérisent des aérosols dans les avions à l'arrivée s'il existe le moindre doute quant à l'application antérieure d'un tel traitement au cours du vol. Les dernières recommandations de l'OMS en matière de désinsectisation des aéronefs ont été publiées en 1998.

  • Le premier cas d'insectes retrouvés à bord d'un aéronef a été signalé en 1928, lorsqu'un inspecteur de la quarantaine est monté dans un dirigeable, le Graf Zeppelin, à l'arrivée aux Etats-Unis, et a découvert 10 espèces dans les plantes apportées par les passagers.

Egalement ce mois-ci dans le Bulletin

Prévention de l'infection néonatale à VIH : une montagne de questions

A en juger par les résultats des essais récents portant sur la zidovudine et la névirapine en Thaïlande et en Ouganda, la prévention de la transmission mère-enfant du VIH dans les pays en développement pourrait être bientôt techniquement réalisable. A côté des espoirs suscités par cette constatation, de nombreuses questions se posent également. Compte tenu des coûts impliqués, ne seraient-ils pas plus judicieux pour les pays en développement d'investir dans la distribution de préservatifs et l'éducation sanitaire pour prévenir l'infection à VIH chez les adultes et notamment les femmes enceintes ? L'affectation des ressources ne devrait-elle pas appuyer en priorité les services sanitaires de base qui permettent de réduire la mortalité infantile ? La mise à disposition de ces traitements ne risquerait-elle pas d'augmenter la prévalence des comportements à risque et le nombre d'enfants infectés par le VIH ? Il convient d'envisager avant tout la sauvegarde du droit des femmes à des soins de santés adéquats et au soutien social, dont des services de conseil appropriés.

L'évaluation des mesures de santé

Au cours des quarante dernières années, les analystes ont conçu des indices ou des mesures destinées à résumer l'état de santé des populations. Pour être valable, une mesure doit pouvoir être utilisée, entre autres, pour comparer les niveaux de santé entre différentes populations, contrôler l'évolution dans le temps, quantifier les inégalités sanitaires au sein d'une population et évaluer les répercussions des pathologies non mortelles sur l'état de santé général. Aucun des indicateurs actuellement disponibles ne remplit tous ces critères mais cela ne doit pas empêcher les décideurs de se servir d'ores et déjà de ceux qui donnent le plus de satisfaction.

Examen des lésions du col utérin

Avec environ 90 000 cas notifiés par an, le cancer du col utérin est en Inde la principale tumeur maligne chez les femmes. Dans plus de 90 % de ces cas, les lésions sont à un stade avancé lorsque la patiente se présente dans les services médicaux. Dans les pays industrialisés, le dépistage cytologique systématique a permis de maîtriser dans une grande mesure le problème, mais à un coût qui reste prohibitif pour la plupart des pays en développement. Une étude a établi que le « magnivisualizer », un nouvel appareil composé d'une lentille grossissante allongée et d'un système éclairant le col utérin, a permis de détecter 77 % des cas confirmés de cancer du col utérin à un stade précoce. La méthode, qui n'est pas onéreuse et peut se pratiquer dans les services de santé primaires, offre une possibilité intéressante de dépister ce type de tumeur dans les pays qui n'ont pas les moyens de faire appel au dépistage cytologique.

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Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact avec M. William Cocksedge, OMS, Genève. Tél. (+41 22) 791 2729 ; adresse électronique :cocksedgew@who.int et M. Thomson Prentice, OMS, Genève. Tél. (+41 22) 791 4224. Adresse électronique: prenticet@who.int. Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS et d'autres informations sur le sujet peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int Le Bulletin (en anglais) peut être consulté au site-web suivant: http://www.who.int/bulletin

 

 

 

 

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