Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/55
8 septembre 2000
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INTOXICATION COLLECTIVE À L'ARSENIC : UNE CATASTROPHE IMMINENTE, AVERTISSENT LES CHERCHEURS

Dans son numéro de septembre le Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) s'intéresse aux problèmes rencontrés actuellement en hygiène du milieu. On trouvera parmi les principaux articles :

La contamination de l'eau au Bangladesh par l'arsenic

Allan H Smith, professeur d'épidémiologie à l'Université de Californie à Berkeley (Etats-Unis d'Amérique) et al. rapportent qu'une longue épidémie de cancers et d'autres pathologies mortelles attend le Bangladesh à cause de la contamination des eaux par l'arsenic présent dans la nature. Cette catastrophe est de grande ampleur et il faut décréter un état d'urgence sanitaire, avertissent les auteurs.

On a retrouvé une contamination arsenicale des eaux souterraines dans de nombreux autres pays, comme l'Argentine, le Chili, la Chine, les Etats-Unis d'Amérique, l'Inde, le Mexique, Taiwan ou la Thaïlande, et il s'agit d'un problème mondial. Mais, selon le rapport, la crise au Bangladesh est sans précédent : entre 35 et 77 des 125 millions d'habitants du pays risquent d'être exposés à l'arsenic dans l'eau de boisson. On pense qu'il y a eu déjà au moins 100 000 cas d'affections cutanées débilitantes.

« Le Bangladesh se trouve aux prises avec la plus grande intoxication collective de l'histoire… l'ampleur de ce désastre écologique dépasse tout ce que l'on a connu, que ce soit l'accident de Bhopal (Inde) en 1984 ou celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986 », affirme, Allan H. Smith.

Se fondant sur les informations recueillies lors des visites que le Professeur Smith a effectuées au Bangladesh entre 1997 et 1998, l'article principal de ce numéro annonce une augmentation importante du nombre des cas de pathologies d'origine arsenicale si la population continue de boire de l'eau contaminée. Ces affections vont des lésions cutanées aux tumeurs de la vessie, des reins, des poumons ou de la peau, en passant par des troubles neurologiques, cardiovasculaires, pulmonaires et le diabète. Elles peuvent se développer lentement, sur plusieurs années.

« On peut raisonnablement s'attendre à une augmentation marquée de la mortalité imputable aux tumeurs internes, une fois que l'on aura atteint un temps de latence suffisant », dit le Professeur Smith. Les études dans d'autres pays où la population a été exposée pendant longtemps à l'arsenic dans les eaux souterraines, montrent qu'un habitant sur dix buvant de l'eau contenant de fortes concentrations du poison, finit par mourir de cancer. On a signalé une augmentation considérable du nombre de ces cas et décès à Taiwan, au Chili et en Argentine.

L'intoxication au Bangladesh provient de la création, au cours des vingt dernières années, de millions de petits puits tubés insérés dans le sol à des profondeurs ne dépassant pas 2 mètres habituellement puis surmontés d'une pompe manuelle en métal. L'ironie du sort a voulu que nombre de ces puits aient été construits, au départ, dans le cadre d'un programme d'approvisionnement en eau de boisson « saine ».

A cette époque cependant, on ne savait pas que l'arsenic posait un problème et les procédures standardisées ne comportaient pas de tests pour le rechercher.

L'alarme a été donnée pour la première fois lorsque des médecins ont constaté des cas de lésions cutanées induites par l'arsenic au Bengale occidental (Inde) en 1983. On pensait alors que plus d'un million et demi de personnes étaient exposées à l'arsenic et qu'il y avait plus de 200 000 cas d'intoxication.

Des cas semblables ont alors commencé à apparaître au Bangladesh voisin. La contamination arsenicale de l'eau des puits a été confirmée pour la première fois en 1993, puis par de nombreuses études depuis lors. Une enquête scientifique a surveillé les puits dans plusieurs centaines de villages, dans le cadre d'un programme gouvernemental, mais le professeur Smith affirme qu'il faut prendre des mesures d'urgence.

« La découverte de la contamination arsenicale des eaux souterraines dans de nombreux pays, dont l'Argentine, le Chili, la Chine, les Etats-Unis d'Amérique, l'Inde, le Mexique, Taiwan, la Thaïlande et maintenant le Bangladesh, montre qu'il s'agit d'un problème mondial », écrit-il.

Il estime que la déclaration d'une situation d'urgence sanitaire aurait suscité une réaction plus rapide au problème et qu'il reste des millions de puits et de personnes à examiner.

« La réponse à la contamination arsenicale est sans ambiguïté, observe-t-il. Il faut fournir de l'eau exempte d'arsenic… la santé de la population est en jeu et l'on ne peut pas attendre d'autres enquêtes pour agir. »

A la différence de nombreux autres problèmes sanitaires importants au Bangladesh, on peut éradiquer les pathologies d'origine arsenicale à peu de frais, selon le professeur Smith. Le plan d'urgence devrait à la base s'employer à vérifier rapidement les cas, fournir immédiatement de l'eau exempte d'arsenic, puis traiter et surveiller les patients, et enfin informer les communautés des risques et des soins médicaux.

Les maux et les bienfaits des villes

Les villes sont le moteur de la croissance économique, mais elles sont également à l'origine de la pauvreté, des inégalités et de risques sanitaires liés à l'environnement. Dans les pays en développement, l'hygiène du milieu urbain pose des problèmes considérables. McMichael aborde, en pages 1117 à 1126, ces questions pour les pays à faibles revenus et soutient que les solutions à long terme impliquent des changements sociaux et technologiques radicaux.

Comprendre El Niño

Kovats explique (pages 1127 à 1135) le lien causal direct entre El Niño et les modifications climatiques dans le monde entier qui ont provoqué des inondations, des sécheresses, des famines, des incendies de forêts et des épidémies de maladies à transmission vectorielle ou liées à l'hygiène. El Niño entraîne de temps à autre de longues périodes de chaleur dans les régions équatoriales du Pacifique. On estime à des milliers le nombre de morts imputables à El Niño et à des milliards de dollars les dégâts provoqués par les catastrophes. Mais les prévisions saisonnières deviennent possibles et des systèmes de prévision précoce des catastrophes et des épidémies se mettent graduellement en place.

La pollution de l'air à l'intérieur des locaux est une cause de mortalité

La pollution de l'air dans les locaux pourrait être responsable de près de 2 millions de décès par an dans les pays en développement et d'environ 4 % du fardeau mondial de morbidité. Bruce et al. passent en revue les faits associant ce problème courant et la mauvaise santé (pages 1078 à 1092).

Questions brûlantes

Le mouvement pour l'hygiène du milieu se renforce dans les pays industrialisés. Les avis divergent pour savoir s'il néglige les besoins des pays en développement ou, au contraire, s'il aide à y répondre. Une table ronde a abordé certaines de ces questions (pages 1156 à 1161).

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Pour plus d'informations, prendre contact avec Thomson Prentice à l 'OMS, Genève, tél. (+41 22) 791 4224 ; mél prenticet@who.int. Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS, ainsi que d'autres informations sur le sujet, peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int

 

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