Communiqué de presse 2000

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white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/63
  3 octobre 2000
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L'OMS APPELLE A LUTTER MASSIVEMENT CONTRE LES MALADIES DE LA PAUVRETE

Winterthur (Suisse) – Le monde entier doit s'unir pour lutter en masse contre les maladies de la pauvreté, a déclaré mardi en ces lieux le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé, lors d'une réunion des organisations qui combattent ces maladies à travers le monde.

« Un petit nombre de maladies de première importance comme le paludisme, le VIH/SIDA, la tuberculose et les maladies mortelles de l'enfance, conjuguées aux problèmes de santé génésique, sapent la croissance économique des pays pauvres. On mesure de mieux en mieux la difficulté à laquelle se heurtent les pays en développement qui tentent de lutter contre ces fléaux », a constaté le Dr Brundtland.

Pourtant, a-t-elle souligné, il existe plusieurs moyens de réduire considérablement la mortalité associée aux maladies les plus meurtrières. « Si nous parvenons tout simplement à transposer ces interventions à plus grande échelle, j'entends à l'échelle mondiale, nous disposerons d'une arme concrète, orientée sur des objectifs précis et dont les effets sont mesurables pour nous attaquer au problème de la pauvreté. » Cette entreprise a été baptisée « Effort de masse contre les maladies qui causent ou entretiennent la pauvreté ».

Le Dr Brundtland s'est exprimée à l'inauguration d'un forum destiné à rallier le plus grand nombre de gens à ce nouveau mouvement mondial. « L'Effort de masse est un cheminement, une démarche, un cadre de réflexion et un ensemble de valeurs venant étayer le tout », a précisé le Dr Brundtland.

Le forum réunit 200 spécialistes de la santé, de l'action de sensibilisation et des relations publiques venus de 70 pays en qualité de représentants des organisations non gouvernementales, du milieu associatif et des entreprises privées.

Le forum survient peu de temps après l'annonce faite par les pays du G8 concernant leur intention de réduire la charge de paludisme et de tuberculose de 50% en 10 ans et, dans le même intervalle, de freiner la propagation du VIH/SIDA de 25%. Il fait suite également au nouveau cadre d'orientation défini par la Commission européenne pour que l'Union européenne consacre essentiellement son aide à la réalisation de ces objectifs.

Le Dr Brundtland a expliqué qu'on savait depuis longtemps que maladie et pauvreté étaient intimement liées, mais que les nouvelles données rassemblées ces dernières années avaient révélé que certaines maladies infectieuses avaient des effets bien plus dévastateurs que d'autres sur l'économie des pays en développement.

L'analyse des données recueillies dans trente et un pays africains entre 1980 et 1995 montre que le paludisme entraîne une retard de croissance économique pouvant aller jusqu'à 1,3% par an, ce qui, sur 15 ans, équivaut à une réduction du PNB de près de 20%.

Lorsque la prévalence du VIH atteint 8%, comme c'est le cas dans au moins 21 pays africains, la croissance par habitant est ralentie de 0,4 point tous les ans. Etant donné que pour les trois dernières années, la croissance annuelle par habitant était en moyenne de 1,2% en Afrique, la perte n'est pas des moindres. On peut faire, et on est en train de faire d'ailleurs, la même analyse pour les autres maladies et affections.

La lutte contre ces maladies exigera d'importants investissements dans la santé. D'après les estimations, il faudra un milliard de US dollars supplémentaire par an pour lutter efficacement contre le paludisme. Mais cet investissement pourrait permettre d'accroître de US $ 12 milliards le PIB cumulé des pays d'Afrique subsaharienne. Il en va de même pour la tuberculose. En consacrant US $1 milliard supplémentaire aux médicaments, et en améliorant les systèmes de santé, on pourrait faire baisser la mortalité de 50% d'ici cinq ans. Pour le VIH/SIDA, il faut davantage de fonds. La prévention nécessite à elle seule un budget de l'ordre de US $ 2,5 milliards par an. Si l'on ajoute le coût de soins, la somme devient énorme.

Il s'agit d'investissements à long terme. Le Dr Brundtland estime qu'un mouvement populaire est indispensable pour inciter les responsables politiques à ne pas relâcher leurs efforts ; les habitants de tous les pays seront ainsi appelés à trouver eux-mêmes les meilleures solutions pour mener à bien l'effort de masse.

« Ce mouvement doit s'appuyer sur des valeurs solides, communes à tous. Il doit être tourné vers l'action, avec des objectifs et des résultats clairement définis et mesurables, a insisté le Dr Brundtland. Il doit aussi privilégier la pluralité et les idées nouvelles. »


Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact avec M. Gregory Hartl, Porte-parole de l'OMS. Tél. portable : +41 79 203 67 15 ; ou avec M. Jon Lidén, Chargé des médias auprès du Directeur général de l'OMS. Tél. : +41 22 791 3982. Tél. portable : +41 79 244 6006. Courrier électronique : lidenj@who.int Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS et dossiers d'information de l'OMS ainsi que d'autres informations peuvent être consultés sur la page d'accueil de l'OMS : www.who.int

 

 

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