Malgré l’énormité des efforts consentis ces 20
dernières années pour offrir aux pauvres des pays en développement de
meilleurs services d’alimentation en eau et d’assainissement,
2,4 milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas à leur
disposition des moyens acceptables d’assainissement, cependant que
1,1 milliard de personnes ne sont pas raccordées à un système
moderne d’alimentation en eau.
Ce sont précisément les deux grands enseignements de L’évaluation
mondiale 2000 des conditions d’alimentation en eau et d’assainissement
lancée aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et
le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF).
Le lancement de cette Evaluation intervient au
moment précis où 500 spécialistes de la santé publique, de l’eau et
de l’assainissement appellent le monde à consentir un effort majeur –
VISION 21 – pour remédier aux conditions scandaleuses d’assainissement
et d’approvisionnement en eau de millions de personnes dans les pays en
développement.
L’Evaluation a permis d’établir que :
- Environ un quart des 4,8 milliards de personnes vivant dans les
pays en développement n’ont pas accès à des services modernes d’approvisionnement
en eau et la moitié à des services modernes d’assainissement.
- Sur les 4,9 milliards de personnes qui, dans le monde, ont
accès à des services d’alimentation en eau, environ
3 milliards ont l’avantage d’être raccordés au réseau ou d’avoir
un robinet dans la cour.
- Quatre milliards de cas de diarrhée sont recensés chaque année
dans le monde dont 2,2 millions de cas ayant entraîné la mort,
le plus souvent chez des enfants de moins de 5 ans. L’eau salubre et
des conditions satisfaisantes d’assainissement et d’hygiène
permettraient de réduire d’un quart à un tiers le nombre des cas
de diarrhée.
- Les services urbains surpassent encore largement les services ruraux ;
il n’en reste pas moins que c’est un formidable défi que d’offrir
des services abordables à la masse rapidement croissante des citadins
pauvres.
- Il y a une énorme disparité entre les sommes investies pour
améliorer les services offerts aux couches les plus favorisées de la
société urbaine et les investissements réalisés pour assurer aux
pauvres qui en sont encore privés les services de base.
« L’accès à l’eau salubre et à des moyens
d’évacuation salubre des excreta est un besoin universel et, à la
vérité, un droit fondamental de l’homme. C’est un élément
essentiel du développement humain et de la lutte contre la pauvreté
ainsi qu’une composante indispensable des soins de santé primaires »,
écrivent le Directeur général de l’OMS Gro Harlem Brundtland et le
Directeur exécutif de l’UNICEF Carol Bellamy en introduction au
rapport.
Cependant, l’Evaluation fait clairement
apparaître que de nombreuses personnes sont privées de ce droit. Elle a
également montré que :
- Les redevances perçues par le service des eaux dans les pays en
développement ne sont pas suffisantes pour faire face aux coûts de
production et de distribution de l’eau. En Afrique, en Asie et en
Amérique latine et dans les Caraïbes, le rapport entre le prix moyen
unitaire et le coût unitaire de production est respectivement de 0,8,
0,7 et 0,9.
- En Afrique, 30 % des approvisionnements en eau en zone rurale
sont en permanence coupés. Les chiffres pour l’Asie, l’Amérique
latine et les Caraïbes sont respectivement de 17 et de 4 %.
- Dans les régions du monde en développement, les eaux usées ne
sont traitées que dans un petit nombre de systèmes. Seuls 35 %
environ des eaux usées sont traités en Asie et 14 % en
Amérique latine. Le pourcentage serait négligeable en Afrique. Même
dans les pays industriels, le traitement des eaux usées n’est pas
généralisé.
- Dans les grandes villes des pays en développement, les
déperditions d’eau sont très élevées, de l’ordre de 40 %.
La plus grande partie de l’eau se perd tout simplement avant d’atteindre
l’utilisateur potentiel. Les conséquences en sont particulièrement
graves pour les pauvres vivant dans les zone non intégrées, l’eau
étant gaspillée avant d’arriver jusqu’à eux.
- Toute l’eau distribuée dans les grandes villes n’est pas
salubre. Un certain nombre de villes ont signalé que la plupart des
échantillons prélevés ne répondaient pas aux normes de qualité.
« Il est scandaleux que près de la moitié de la
population mondiale n’ait pas accès à des systèmes satisfaisants d’assainissement, »
a déclaré le Dr Richard Jolly, Président du Conseil de Concertation
pour l’Approvisionnement en Eau et l’Assainissement (WSSCC), une
organisation internationale pour les spécialistes de l’approvisionnement
en eau et de l’assainissement qui a son Siège à Genève.
En conséquence, le 24 novembre à Foz do Iguacu (Brésil),
500 spécialistes de l’eau et de l’assainissement se réuniront pour
adopter, sur la base de l’initiative VISION 21 « De l’eau pour
les hommes », un programme mondial pour remédier à la situation.
VISION 21, lancée en mars 2000 (cf document d’information ci-joint),
vise à :
- Réduire de moitié d’ici à 2015 le nombre des personnes privées
de tout accès à un système d’assainissement hygiènique et à une
quantité suffisante d’eau salubre d’un prix abordable.
Concrètement, cela implique de mettre à la disposition de près de
300 000 personnes chaque jour, pendant les 15 prochaines
années, des services modernes d’alimentation en eau, et de quelque
400 000 personnes chaque jour des systèmes modernes d’assainissement.
- Assurer à tous d’ici à 2025 un accès à des services d’hygiène,
d’assainissement et d’alimentation en eau.
« Nous avons montré dans l’Etat de Goudjerate,
par exemple, que l’installation de systèmes d’alimentation en eau et
d’assainissement conformément aux préceptes de VISION 21 a eu un effet
spectaculaire sur la santé et le bien-être de la population de l’Etat.
Cela a baissé également le coût des services modernes d’alimentation
en eau et d’assainissement et mobilise les ressources locales pour faire
face aux problèmes locaux, » selon le Dr Jollly.
Le Forum mondial, qui se réunit à Foz do Iguacu sur
le thème « Vision 21 : D’une vision partagée à une action
partagée », est l’hôte de l’Etat brésilien et de l’Etat du
Parana agissant en coopération avec l’Association interaméricaine du
génie sanitaire et de l’environnement (AIDIS) et avec l’aide de l’Association
brésilienne du Génie sanitaire et de l’Environnement (ABES).
NOTE A L’INTENTION DES JOURNALISTES : LE WSSCC ET
VISION 21
Le WSSCC qui a son Siège à Genève (Suisse) est une
organisation internationale indépendante pour les spécialistes de l’alimentation
en eau et de l’assainissement ; il compte plus de 1000 membres
répartis dans 130 pays. Venant de plus de 100 pays, les participants au
Cinquième Forum mondial du WSSCC qui doit se tenir au Brésil
élaboreront des programmes d’application sur la base des observations
faites en Inde et dans 20 autres pays où VISION 21 a été testée.
VISION 21 a été lancée par le Conseil de
Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et l’Assainissement (WSSCC)
à l’occasion du Deuxième Forum mondial de l’Eau et de la Conférence
ministérielle qui s’est tenue à La Haye en mars 2000, et elle fait à
présent son chemin dans différentes régions du monde.
Dans l’Etat indien du Goudjerate, par exemple, des
groupes de personnes mandatées à cet effet seront le fer de lance d’une
grande campagne destinée à combattre la sécheresse et le manque d’eau.
Le processus de planification au service de l’homme, impulsé par
VISION 21, a abouti à l’élaboration d’un plan d’action à l’échelle
de l’Etat dans le cadre duquel le Gouvernement a accepté de jouer le
rôle de facilitateur et créé une nouvelle autorité de l’eau avec une
forte participation des intéressés.
Selon le WSSCC, VISION 21 donne pour la première
fois véritablement la possibilité de résorber par une mobilisation de
la population les retards accumulés en matière d’alimentation en eau
et d’assainissement. Au Forum mondial, les bailleurs de fonds, les ONG,
les centres de ressources, les agences spécialisés de l’ONU, et d’autres
organismes d’aide extérieurs, rencontreront des représentants de
collectivités, des autorités locales et des établissements
publics de tous les continents, afin de déterminer comment ils peuvent
collaborer plus efficacement afin d’atteindre les objectifs arrêtés d’un
commun accord.
***
Une conférence de presse se tiendra au Palais des
Nations à Genève le lundi 20 novembre 2000 à 11 heures.
Prendront la parole à cette conférence le Dr Richard Jolly,
Président du WSSCC, M. José Hueb de l’OMS, et M.
Michel Saint-Lot de l’UNICEF.
Une conférence de presse est prévue au Centre d’Information
des Nations Unies, Palais Itamaraty, à Rio de Janeiro, le 22 novembre
à 11 heures. Prendront la parole M. Ovidio de Angelis, Ministre
brésilien de l’Urbanisme, le Dr. Jolly, M. Jacobo Finkelman,
Représentant de l‘Organisation pan américaine de la santé au Brésil,
et Mme Reiko Neiimi, Représentante de l’UNICEF au Brésil.
Pour plus d’informations sur ces manifestations et
pour organiser des interviews, prière de contacter : Mme Eirah Gorre-Dale,
WSSCC, téléphone cellulaire N°(+1914)309-5491 ; Tél. +(41 22)791 3544 ;
Fax : +(41 22)791 4847 ; E-mail : eirah,gorre-dale@undp.org/.
Elle peut être contactée à Rio de Janeiro par l’intermédiaire de Mme
Juliana Lootty, UNIC, tél. +(55 21) 253-2211 ;
Fax : +(55 21) 233-5753 ; E-mail : jiootty@unicrio.org.br/
à Foz do Iguacu, aux bons soins de Rafain Palace Hôtel, Tél. +(55 45) 526-3434 ;
Fax. +(55 45) 526-3030).