Communiqué de presse 2000

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white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/73
 22 novembre 2000
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PRES DE LA MOITIE DE LA POPULATION MONDIALE NE DISPOSE PAS DE MOYENS ACCEPTABLES D’ASSAINISSEMENT

Le nouveau rapport OMS/UNICEF évoque l’état scandaleux des services d’alimentation en eau et d’assainissement dans le monde

Malgré l’énormité des efforts consentis ces 20 dernières années pour offrir aux pauvres des pays en développement de meilleurs services d’alimentation en eau et d’assainissement, 2,4 milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas à leur disposition des moyens acceptables d’assainissement, cependant que 1,1 milliard de personnes ne sont pas raccordées à un système moderne d’alimentation en eau.

Ce sont précisément les deux grands enseignements de L’évaluation mondiale 2000 des conditions d’alimentation en eau et d’assainissement lancée aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF).

Le lancement de cette Evaluation intervient au moment précis où 500 spécialistes de la santé publique, de l’eau et de l’assainissement appellent le monde à consentir un effort majeur – VISION 21 – pour remédier aux conditions scandaleuses d’assainissement et d’approvisionnement en eau de millions de personnes dans les pays en développement.

L’Evaluation a permis d’établir que :

  • Environ un quart des 4,8 milliards de personnes vivant dans les pays en développement n’ont pas accès à des services modernes d’approvisionnement en eau et la moitié à des services modernes d’assainissement.
  • Sur les 4,9 milliards de personnes qui, dans le monde, ont accès à des services d’alimentation en eau, environ 3 milliards ont l’avantage d’être raccordés au réseau ou d’avoir un robinet dans la cour.
  • Quatre milliards de cas de diarrhée sont recensés chaque année dans le monde dont 2,2 millions de cas ayant entraîné la mort, le plus souvent chez des enfants de moins de 5 ans. L’eau salubre et des conditions satisfaisantes d’assainissement et d’hygiène permettraient de réduire d’un quart à un tiers le nombre des cas de diarrhée.
  • Les services urbains surpassent encore largement les services ruraux ; il n’en reste pas moins que c’est un formidable défi que d’offrir des services abordables à la masse rapidement croissante des citadins pauvres.
  • Il y a une énorme disparité entre les sommes investies pour améliorer les services offerts aux couches les plus favorisées de la société urbaine et les investissements réalisés pour assurer aux pauvres qui en sont encore privés les services de base.

« L’accès à l’eau salubre et à des moyens d’évacuation salubre des excreta est un besoin universel et, à la vérité, un droit fondamental de l’homme. C’est un élément essentiel du développement humain et de la lutte contre la pauvreté ainsi qu’une composante indispensable des soins de santé primaires », écrivent le Directeur général de l’OMS Gro Harlem Brundtland et le Directeur exécutif de l’UNICEF Carol Bellamy en introduction au rapport.

Cependant, l’Evaluation fait clairement apparaître que de nombreuses personnes sont privées de ce droit. Elle a également montré que :

  • Les redevances perçues par le service des eaux dans les pays en développement ne sont pas suffisantes pour faire face aux coûts de production et de distribution de l’eau. En Afrique, en Asie et en Amérique latine et dans les Caraïbes, le rapport entre le prix moyen unitaire et le coût unitaire de production est respectivement de 0,8, 0,7 et 0,9.
  • En Afrique, 30 % des approvisionnements en eau en zone rurale sont en permanence coupés. Les chiffres pour l’Asie, l’Amérique latine et les Caraïbes sont respectivement de 17 et de 4 %.
  • Dans les régions du monde en développement, les eaux usées ne sont traitées que dans un petit nombre de systèmes. Seuls 35 % environ des eaux usées sont traités en Asie et 14 % en Amérique latine. Le pourcentage serait négligeable en Afrique. Même dans les pays industriels, le traitement des eaux usées n’est pas généralisé.
  • Dans les grandes villes des pays en développement, les déperditions d’eau sont très élevées, de l’ordre de 40 %. La plus grande partie de l’eau se perd tout simplement avant d’atteindre l’utilisateur potentiel. Les conséquences en sont particulièrement graves pour les pauvres vivant dans les zone non intégrées, l’eau étant gaspillée avant d’arriver jusqu’à eux.
  • Toute l’eau distribuée dans les grandes villes n’est pas salubre. Un certain nombre de villes ont signalé que la plupart des échantillons prélevés ne répondaient pas aux normes de qualité.

« Il est scandaleux que près de la moitié de la population mondiale n’ait pas accès à des systèmes satisfaisants d’assainissement, » a déclaré le Dr Richard Jolly, Président du Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et l’Assainissement (WSSCC), une organisation internationale pour les spécialistes de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement qui a son Siège à Genève.

En conséquence, le 24 novembre à Foz do Iguacu (Brésil), 500 spécialistes de l’eau et de l’assainissement se réuniront pour adopter, sur la base de l’initiative VISION 21 « De l’eau pour les hommes », un programme mondial pour remédier à la situation. VISION 21, lancée en mars 2000 (cf document d’information ci-joint), vise à :

  • Réduire de moitié d’ici à 2015 le nombre des personnes privées de tout accès à un système d’assainissement hygiènique et à une quantité suffisante d’eau salubre d’un prix abordable. Concrètement, cela implique de mettre à la disposition de près de 300 000 personnes chaque jour, pendant les 15 prochaines années, des services modernes d’alimentation en eau, et de quelque 400 000 personnes chaque jour des systèmes modernes d’assainissement.
  • Assurer à tous d’ici à 2025 un accès à des services d’hygiène, d’assainissement et d’alimentation en eau.

« Nous avons montré dans l’Etat de Goudjerate, par exemple, que l’installation de systèmes d’alimentation en eau et d’assainissement conformément aux préceptes de VISION 21 a eu un effet spectaculaire sur la santé et le bien-être de la population de l’Etat. Cela a baissé également le coût des services modernes d’alimentation en eau et d’assainissement et mobilise les ressources locales pour faire face aux problèmes locaux, » selon le Dr Jollly.

Le Forum mondial, qui se réunit à Foz do Iguacu sur le thème « Vision 21 : D’une vision partagée à une action partagée », est l’hôte de l’Etat brésilien et de l’Etat du Parana agissant en coopération avec l’Association interaméricaine du génie sanitaire et de l’environnement (AIDIS) et avec l’aide de l’Association brésilienne du Génie sanitaire et de l’Environnement (ABES).

NOTE A L’INTENTION DES JOURNALISTES : LE WSSCC ET VISION 21

Le WSSCC qui a son Siège à Genève (Suisse) est une organisation internationale indépendante pour les spécialistes de l’alimentation en eau et de l’assainissement ; il compte plus de 1000 membres répartis dans 130 pays. Venant de plus de 100 pays, les participants au Cinquième Forum mondial du WSSCC qui doit se tenir au Brésil élaboreront des programmes d’application sur la base des observations faites en Inde et dans 20 autres pays où VISION 21 a été testée.

VISION 21 a été lancée par le Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et l’Assainissement (WSSCC) à l’occasion du Deuxième Forum mondial de l’Eau et de la Conférence ministérielle qui s’est tenue à La Haye en mars 2000, et elle fait à présent son chemin dans différentes régions du monde.

Dans l’Etat indien du Goudjerate, par exemple, des groupes de personnes mandatées à cet effet seront le fer de lance d’une grande campagne destinée à combattre la sécheresse et le manque d’eau. Le processus de planification au service de l’homme, impulsé par VISION 21, a abouti à l’élaboration d’un plan d’action à l’échelle de l’Etat dans le cadre duquel le Gouvernement a accepté de jouer le rôle de facilitateur et créé une nouvelle autorité de l’eau avec une forte participation des intéressés.

Selon le WSSCC, VISION 21 donne pour la première fois véritablement la possibilité de résorber par une mobilisation de la population les retards accumulés en matière d’alimentation en eau et d’assainissement. Au Forum mondial, les bailleurs de fonds, les ONG, les centres de ressources, les agences spécialisés de l’ONU, et d’autres organismes d’aide extérieurs, rencontreront des représentants de collectivités, des autorités locales et des établissements publics de tous les continents, afin de déterminer comment ils peuvent collaborer plus efficacement afin d’atteindre les objectifs arrêtés d’un commun accord.

***

Une conférence de presse se tiendra au Palais des Nations à Genève le lundi 20 novembre 2000 à 11 heures. Prendront la parole à cette conférence le Dr Richard Jolly, Président du WSSCC, M. José Hueb de l’OMS, et M. Michel Saint-Lot de l’UNICEF.

Une conférence de presse est prévue au Centre d’Information des Nations Unies, Palais Itamaraty, à Rio de Janeiro, le 22 novembre à 11 heures. Prendront la parole M. Ovidio de Angelis, Ministre brésilien de l’Urbanisme, le Dr. Jolly, M. Jacobo Finkelman, Représentant de l‘Organisation pan américaine de la santé au Brésil, et Mme Reiko Neiimi, Représentante de l’UNICEF au Brésil.

Pour plus d’informations sur ces manifestations et pour organiser des interviews, prière de contacter : Mme Eirah Gorre-Dale, WSSCC, téléphone cellulaire N°(+1914)309-5491 ; Tél. +(41 22)791 3544 ; Fax : +(41 22)791 4847 ; E-mail : eirah,gorre-dale@undp.org/. Elle peut être contactée à Rio de Janeiro par l’intermédiaire de Mme Juliana Lootty, UNIC, tél. +(55 21) 253-2211 ; Fax : +(55 21) 233-5753 ; E-mail : jiootty@unicrio.org.br/ à Foz do Iguacu, aux bons soins de Rafain Palace Hôtel, Tél. +(55 45) 526-3434 ; Fax. +(55 45) 526-3030).

 

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