Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/75
 1 décembre 2000
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LES PLUIES MENACENT D'AGGRAVER L'EPIDEMIE DE PALUDISME AU BURUNDI

Une épidémie de paludisme a déjà touché quelque 276 000 habitants des hauts plateaux du nord du Burundi. A l'approche de la saison des pluies, le secrétariat de l'initiative de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour Faire Reculer le Paludisme (RBM) sonne aujourd'hui l'alarme: des centaines de milliers de personnes supplémentaires pourraient être affectées.

Les partenaires de RBM ont organisé l'expédition d'urgence de médicaments dans ce pays d'Afrique centrale pour soigner les personnes affectées par l'épidémie, qui a vraisemblablement été déclenchée par les pluies d'octobre. L'OMS, partenaire de RBM, s'occupe de faire livrer les médicaments nécessaires pour soigner 160 000 jeunes enfants et elle a promis d'accroître son aide.

Des dispensaires mobiles assurent le traitement des malades dans dix provinces et des insecticides sont pulvérisés dans les maisons. Une campagne massive d'information aussi été entreprise pour encourager les gens à utiliser des moustiquaires imprégnées d'insecticide là où cela est possible et pour veiller à ce qu'ils prennent les bons antipaludiques au moment voulu.

Selon les données recueillies à la mi-novembre dans les dispensaires de la province de Kayanza, qui compte 200 400 habitants, le nombre des cas de paludisme s'élevait à 21 000 - soit une augmentation de plus de 500% par rapport à la même période l'an dernier.

Médecins Sans Frontières et l'OMS ont observé, à la suite de tests de laboratoire, que 80% des cas suspects dans certains centres de santé de la province de Kayanza étaient positifs pour la souche mortelle Plasmodium falciparum.

A la mi-novembre, 249 239 cas avaient été déclarés au total dans les dix districts: 12 261 à Cibitoke, 72 906 à Gitega, 36 335 à Karuzi, 22 100 à Kayanza, 10 776 à Kirundo, 7 645 à Makamba, 9 589 à Muramvya, 23 993 à Muyinga, 24 814 à Mwaro et 29 239 à Ngozi. A la fin du mois de novembre, le nombre total atteignait 276 000, dont 115 décès, selon des sources officielles.

Les experts redoutent que la saison des pluies, qui commence en janvier et dure quatre mois, précède une augmentation massive du nombre des cas. Ces dernières années, le nombre des cas de paludisme a doublé au cours de cette période.

Les circonstances sont identiques à celles de la dernière grande épidémie de paludisme que le monde ait connue et qui a touché les hauts plateaux de l'ouest du Kenya pendant le premier semestre de 1999, affectant plus d'un million de personnes.

David Alnwick, qui entrera en fonction comme administrateur de projet au sein du secrétariat de RBM en janvier 2001, a déclaré: "Les habitants des hauts plateaux sont particulièrement exposés car ils n'ont pas acquis l'immunité des habitants des basses terres où le paludisme est une menace constante."

"Une complication supplémentaire vient de l'impossibilité de continuer d'utiliser la chloroquine - le médicament le meilleur marché - en raison des niveaux de résistance très élevés observés dans ces zones."

L'OMS préconise l'emploi de sulphadoxine-pyriméthamine en dose unique contre le paludisme chloroquino-résistant dans cette épidémie pour faire en sorte qu'un nombre maximum de cas soient traités et que l'observance soit la meilleurs possible.

Selon le Mr Alnwick, "Dans les épidémies de cette ampleur, un nombre considérable de malades se présentent chaque jour dans les unités de santé fixes ou mobiles. Un grand nombre d'entre eux, en particulier les plus vulnérables, n'ont pas d'autre chance de se faire soigner. La méthode idéale, en pareil cas, consiste à administrer la totalité du traitement en une seule fois pour garantir une observance de 100%."

Les organisations internationales qui prêtent leur concours au Ministère de la Santé du Burundi et l'aident à maîtriser l'épidémie sont l'OMS, la Banque mondiale et le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF). Des bailleurs de fonds bilatéraux de la Communauté européenne, la Belgique, la France, l'Italie et les Etats-Unis d'Amérique sont également associés à cette action.

L'UNICEF a fourni des antipaludiques à deux provinces et commandé d'urgence des médicaments supplémentaires à Copenhague. L'UNICEF appuie également la formation à la prise en charge des cas et participe aux activités de communication et de mobilisation sociale. L'UNICEF s'emploie aussi à recueillir des fonds auprès de l'ambassade de Belgique à Bujumbura.

Les organismes engagés sur le terrain dans la lutte contre l'épidémie sont les suivants: associations de la Croix-Rouge; Christian Aid; Concern; International Medical Corp; Médecins Sans Frontières; MEMISA; Oxfam; Tear Fund et Vision mondiale internationale.

"Malgré une période assez sèche, le Burundi reste néanmoins touché par une épidémie. Lorsque les pluies s'abattront sur le pays, les populations de moustiques - en l'absence de mesures de lutte - pourraient se multiplier de façon spectaculaire et prolonger l'épidémie," indique le Dr Alnwick.

Plus d'un million d'Africains meurent chaque année du paludisme - un grand nombre d'entre eux lors d'épidémies telle que celle qui frappe le Burundi. Les jeunes enfants et les femmes enceintes dont le niveau d'immunité est moindre sont d'ordinaire les plus susceptibles de succomber à la maladie dans les zones à forte transmission mais, dans les zones sujettes aux épidémies, toutes les classes d'âge sont vulnérables.

Les personnes atteintes du paludisme peuvent présenter très rapidement des symptômes graves. Faute de traitement, elles peuvent décéder, souvent dans les 24 heures. Le traitement coûte alors moins de US 20 cents.

Faire Reculer le Paludisme (RBM) est un partenariat mondial qui vise à réduire de moitié d'ici à 2001 la charge de morbidité due au paludisme. Il a été lancé en 1998 et, après une étape initiale de planification, il s'attache maintenant à accroître massivement les interventions destinées à traiter et prévenir le paludisme dans les situations stables et instables. Vu la quantité de vies perdues dans des situations d'urgence complexes et lors d'épidémies, le succès de RBM dépendra de sa capacité à combattre efficacement la maladie dans ces situations.


Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact avec le Bureau du porte-parole, OMS, Genève. Tél. (+41 22) 791 2599 ; télécopie: (+41 22) 791 4858 ; adresse électronique : inf@who.int. Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS et d'autres informations sur le sujet peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int

 

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