Malgré les pluies torrentielles, les fleuves en crue, les chemins
boueux et les marches pénibles, des équipes de vaccination au Libéria ont mené une
campagne d'urgence qui a permis d'éviter le risque d'une épidémie de
fièvre jaune dans le district côtier nord-occidental du Grand Cape Mount.
Près de 86 000 hommes, femmes et enfants - 70 %
de la population de 128 000 personnes - ont maintenant été vaccinés au cours
de la phase aiguë de la campagne, du 8 au 15 septembre. Des activités de ratissage
se poursuivront jusqu'à la fin du mois, accompagnées d'une surveillance active
visant à rechercher de nouveaux cas. Avant la campagne, moins de 5 % de la
population était protégée par le vaccin antiamaril.
Comme l'a fait observer le Dr Tanu Duworko, responsable
de la santé du district, « le mauvais temps n'a pas découragé l'ardeur
des agents de vaccination. Certains ont dû marcher pendant sept heures sous la pluie
pour atteindre les villages reculés ou attendre la décrue pour pouvoir traverser les
cours d'eau mais la mission est accomplie. ».
Une équipe a même réussi à se faire accepter par une société
secrète de femmes phénomène culturel fréquent au Libéria lors
d'une cérémonie d'initiation, afin d'effectuer des prélèvements
sanguins sur deux jeunes filles souffrant d'une jaunisse et de vacciner
l'ensemble des membres de la société.
La campagne a été planifiée par l'OMS avec la collaboration du
Ministère de la Santé et des organisations non gouvernementales Oxfam, Vision mondiale
internationale, Médecins sans Frontières et Initiative pour la Solidarité
africaine ; plus de 280 personnes y ont pris part.
Les donateurs ont également répondu rapidement aux appels lancés. A
la fin août, le Siège de l'OMS à Genève a fait acheminer, grâce à des dons des
Gouvernements britannique, irlandais et japonais, des seringues non réutilisables et
180 000 doses de vaccin d'une valeur totale de US $85 000.
Le Bureau de l'OMS au Libéria a utilisé des fonds opérationnels
pour lancer rapidement la campagne, les équipes de vaccination étant composées en
grande partie d'agents d'Oxfam et d'un dispensaire appuyé par Vision
mondiale internationale.
Le Bureau humanitaire de la Communauté européenne a accepté de
participer à la campagne d'un mois par l'intermédiaire d'Oxfam en prenant
en charge à concurrence de US $55 000 les frais de formation, la logistique, le
carburant, la rémunération des équipes de vaccination, la mobilisation sociale et
l'évaluation de la couverture. Le Gouvernement britannique, par
l'intermédiaire de son Département du Développement international, a également
effectué un don de US $100 000 pour étendre la campagne aux districts voisins
vulnérables où la couverture vaccinale est également faible.
Plus de 115 cas suspects ont été notifiés dans sept des
13 districts du Libéria depuis le début de la flambée à la fin du mois
d'août, la grande majorité dans le district du Grand Cape Mount. Cinq décès
ont été imputés à la maladie, mais seuls deux cas de ce même district se sont
révélés positifs lors d'examens au laboratoire.
La maladie étant en passe d'être maîtrisée dans le district du
Grand Cape Mount, on se préoccupe maintenant des districts voisins de Bomi et de
Lower Lofa, où l'on espère entreprendre une nouvelle campagne coordonnée par
Médecins sans Frontières International dès la semaine prochaine.
Le Bureau de l'OMS en Sierra Leone mène une campagne parallèle
dans les provinces frontalières où le risque de transmission de la fièvre jaune est
élevé en raison de la mobilité de la population.
Grâce au Gouvernement italien, 100 000 doses de vaccin
arriveront à Freetown au début de la semaine prochaine et l'on est déjà en train
de former des équipes de vaccination en collaboration avec le Ministère de la Santé et
Médecins sans Frontières Belgique et France.