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L'UTILISATION DU DDT DANS LA LUTTE ANTIPALUDIQUE
Le DDT a encore un rôle important
à jouer lutter contre le paludisme et sauver des vies dans certains
des pays les plus pauvres du monde, fait observer l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS), alors que la communauté internationale
envisage d’en interdire progressivement l’usage.
Plus de 120 organisations
gouvernementales, intergouvernementales et non gouvernementales se
réunissent cette semaine (4-9 décembre) à Johannesburg (Afrique
du Sud) pour mettre la dernière main à un traité international
visant à limiter la production et l’utilisation des polluants
organiques persistants, dont le DDT fait partie.
L’OMS collabore avec le
Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) pour fournir
aux négociateurs les informations sur les questions de santé et d’environnement
en rapport avec le DDT, ainsi que sur l’utilisation actuelle de ce
produit dans la lutte contre le paludisme.
Bien que l’utilisation du DDT
à des fins agricoles ait été interdite dans la plupart des pays
depuis la fin des années 70 à cause de ses effets nocifs sur l’environnement,
il continue d’être employé en quantités limitées dans le cadre
de la santé publique. Pour beaucoup de pays où sévit le paludisme,
l’utilisation responsable du DDT représente une stratégie vitale
pour prévenir la transmission et lutter contre les épidémies. Les
pays continuent avant tout de se servir de cet insecticide parce qu’ils
n’ont pas les moyens financiers ou techniques de mettre au point ou
d’utiliser des produits fiables de remplacement.
Pour veiller à ce que les
limitations fixées par le traité à l’utilisation du DDT n’entraînent
pas un accroissement du nombre des décès imputables au paludisme, l’OMS
et l’initiative Faire reculer le paludisme (RBM) encouragent les
négociateurs à soutenir des dérogations limitées dans le temps,
afin de permettre l’utilisation du DDT en santé publique. De plus,
l’OMS appelle à trouver de nouvelles ressources financières pour
faciliter le passage à des substituts offrant un bon rapport
coût-efficacité pour combattre les vecteurs du paludisme.
De l’avis du Dr David
Heymann, le directeur exécutif des maladies transmissibles à l'OMS,
« Les dérogations limitées dans le temps sont cruciales pour
le succès du traité. Les pays qui utilisent encore le DDT pour
combattre les vecteurs du paludisme ont besoin de temps et de
ressources pour trouver et mettre en œuvre des solutions de rechange
qui leur conviennent. »
L’OMS souligne l’importance
de veiller à ce que le DDT ne soit utilisé que pour la lutte
antivectorielle dans le cadre de la santé publique et conformément
aux directives de l’Organisation.
« Le DDT ne doit être
pulvérisé qu’à l’intérieur des maisons et il faut prendre
toutes les mesures nécessaires pour empêcher qu’il soit détourné
vers l’agriculture », déclare le Dr Heymann. "Selon les
projections, les quantités de DDT nécessaires pour lutter contre le
paludisme ne représentent qu’une très petite fraction de celles
employées par l’agriculture dans le passé."
L’OMS travaille avec les pays
où sévit le paludisme et les partenaires de Faire reculer le
paludisme pour mettre au point une méthode systématique permettant
de diminuer l’utilisation du DDT tout en continuant d’assurer la
protection des populations contre le paludisme.
L’OMS affirme que la
diminution de l’utilisation du DDT doit faire partie d’une
stratégie générale pour renforcer la lutte antipaludique. Il est
nécessaire d’établir des moyens solides de lutte au niveau
national permettant de développer et de mettre en œuvre toute une
gamme de méthodes qui préviennent la transmission du paludisme, qui
soient durables, qui présentent un bon rapport coût-efficacité et
qui font moins appel aux produits chimiques en général.
Outre la question des
dérogations, les négociateurs discuteront également à Johannesburg
des ressources financières et techniques nécessaires pour appliquer
le traité. Selon le Dr Heymann, « Les pays qui font appel au
DDT comptent parmi les plus pauvres du monde. Sans ressources
supplémentaires, ils ne pourront pas progresser beaucoup dans ce
domaine. Nous espérons que le traité permettra de dégager au cours
des prochaines années des fonds importants et, en attendant, nous
devons chercher toutes les sources disponibles. »
Avec l’aide du partenariat RBM,
Belize, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le
Nicaragua, le Panama et le Salvador ont d’ores et déjà mobilisé
US $750 000 pour diminuer l’utilisation du DDT, dans le
cadre d’un projet régional soutenu par le Fonds pour l’environnement
mondial (FEM). Le partenariat s’emploie également à réunir les
ressources nécessaires pour mener des actions semblables en Afrique
et en Asie.
Pour plus d’informations : RBM médias et
communications Andy Seale, tél (+41 22) 791 3670 ou
portable (+41 79) 217 3476, Gregory Hartl, porte-parole, OMS,
Genève, Portable (+41 79) 203 6715; Tél (+41 22) 791 4458 ;
télécopie: (+41 22) 791 4858; adresse électronique : hartlg@who.int.
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