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SELON
LES EXPERTS, LES SERVICES INFIRMIERS ET OBSTÉTRICAUX SONT EN CRISE
Un groupe d’experts
internationaux s’est réuni récemment au Siège de l’OMS à
Genève et a conclu que les services infirmiers et obstétricaux sont
« en crise ». Celle-ci résulte principalement de la
mauvaise planification et de l’inefficacité des politiques de l’emploi,
de la fragmentation des systèmes de santé et des tendances socio-économiques.
Ces experts se sont réunis dans le cadre de la
Sixième réunion du Groupe consultatif mondial pluridisciplinaire OMS
sur les soins infirmiers et obstétricaux.
Dans le monde entier, les infirmières et les
sages-femmes quittent les systèmes de santé à cause de l’insuffisance
des salaires, des conditions de travail dangereuses, du manque de
perspectives pour leur carrière, de considération professionnelle et
d’autonomie. De plus, on observe une forte baisse du recrutement
pour les mêmes raisons. Si la communauté mondiale de la santé
publique ne corrige pas cette tendance, les spécialistes
reconnaissent que c’est le fonctionnement même de nombreux
systèmes de santé qui pourrait alors être en danger.
Dans des pays comme le Canada, les Etats-Unis ou le
Royaume-Uni, l’âge moyen des infirmières se situe entre 43 et 45
ans, ce qui indique que les jeunes ne prennent plus la relève,
toujours pour les mêmes raisons. « La fuite des compétences »,
processus par lequel les infirmières recrutées par les pays
développés viennent principalement des pays en développement,
exacerbe la situation. Le nombre des infirmières étrangères
arrivant au Royaume-Uni par exemple a augmenté de 48 % en 12
mois, et cette augmentation provient pour la plus grande part de pays
en dehors de l’Union Européenne, comme l’Afrique du Sud, l’Australie,
la Nouvelle-Zélande, les Philippines ou les Indes occidentales.
S’adressant au Groupe, le Dr Gro Harlem
Brundtland, Directeur général de l’OMS, a déclaré :
« Les services infirmiers et obstétricaux sont cruciaux pour l’efficacité
des services de santé. Nous devons mieux comprendre les causes de la
crise et inciter les Etats Membres à réagir. »
Les participants ont pris connaissance des
difficultés d’un hôpital de Zambie qui ne dispose que de 500
infirmières au lieu des 1 500 nécessaires à son bon
fonctionnement. En Pologne, alors que chaque année plus de
10 000 infirmières sortaient diplômées des écoles il y a dix
ans, ce chiffre est tombé à 3 000 aujourd’hui. Au Chili, sur
18 000 infirmières, 8 000 seulement continuent d’exercer
leur profession.
En Egypte par exemple, si la plupart des
infirmières et des sages-femmes sont formées, puis employées par le
secteur public, les prestataires de soins du secteur privé les
attirent désormais avec de plus hauts salaires. Il en résulte une
pénurie d’infirmières et de sages-femmes dans le secteur public et
certaines d’entre elles occupent deux emplois, un dans chaque
secteur. La qualité générale du travail s’en ressent.
« Les pauvres sont toujours les premiers à
souffrir au moment des crises dans le secteur de la santé, alors que
les infirmières et les sages-femmes jouent un rôle crucial pour
assurer les services essentiels auprès des populations démunies,
marginalisées et mal desservies. Il existe des modèles de services
infirmiers et obstétricaux efficaces, mais cette efficacité ne se
retrouve pas au niveau de la politique sanitaire », a dit le Dr
Naeema Al-Gasseer, spécialiste scientifique à l’OMS pour les
services infirmiers et obstétricaux.
Les participants ont appris par exemple que les
infirmières dirigent 94 % des dispensaires « Enfants en
bonne santé » au Chili. Depuis leur ouverture pendant les
années 70, la
mortalité infantile a été ramenée, dans ce pays, de 110 pour
1000 à
11 pour 1000.
En outre, ce sont le plus souvent des infirmières
qui travaillent dans les dispensaires locaux et les postes de santé
qui diffusent la plupart des informations sur la prévention et la
lutte contre les maladies comme l’infection à VIH.
Les spécialistes ont reconnu que la meilleure
solution aux problèmes pesant actuellement sur les services
infirmiers et obstétricaux consistait à veiller à ce que ces
préoccupations figurent en bonne place à l’ordre du jour public et
politique. Ils ont appelé à établir plus systématiquement les
conséquences de l’insuffisance des services infirmiers et
obstétricaux dans le système de santé et ont exhorté les
décideurs politiques à prendre des mesures.
Pour plus
d'informations, les journalistes peuvent prendre contact avec M.
Gregory Hartl, Porte-parole de l'OMS, Genève. Tél. (+41 22) 791
4458; télécopie: (+41 22) 791 4858; adresse électronique: hartlg@who.int
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