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Note à la presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Note pour la presse N°17
20 décembre 2000
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SELON LES EXPERTS, LES SERVICES INFIRMIERS ET OBSTÉTRICAUX SONT EN CRISE 

Un groupe d’experts internationaux s’est réuni récemment au Siège de l’OMS à Genève et a conclu que les services infirmiers et obstétricaux sont « en crise ». Celle-ci résulte principalement de la mauvaise planification et de l’inefficacité des politiques de l’emploi, de la fragmentation des systèmes de santé et des tendances socio-économiques.

Ces experts se sont réunis dans le cadre de la Sixième réunion du Groupe consultatif mondial pluridisciplinaire OMS sur les soins infirmiers et obstétricaux.

Dans le monde entier, les infirmières et les sages-femmes quittent les systèmes de santé à cause de l’insuffisance des salaires, des conditions de travail dangereuses, du manque de perspectives pour leur carrière, de considération professionnelle et d’autonomie. De plus, on observe une forte baisse du recrutement pour les mêmes raisons. Si la communauté mondiale de la santé publique ne corrige pas cette tendance, les spécialistes reconnaissent que c’est le fonctionnement même de nombreux systèmes de santé qui pourrait alors être en danger.

Dans des pays comme le Canada, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, l’âge moyen des infirmières se situe entre 43 et 45 ans, ce qui indique que les jeunes ne prennent plus la relève, toujours pour les mêmes raisons. « La fuite des compétences », processus par lequel les infirmières recrutées par les pays développés viennent principalement des pays en développement, exacerbe la situation. Le nombre des infirmières étrangères arrivant au Royaume-Uni par exemple a augmenté de 48 % en 12 mois, et cette augmentation provient pour la plus grande part de pays en dehors de l’Union Européenne, comme l’Afrique du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines ou les Indes occidentales.

S’adressant au Groupe, le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS, a déclaré : « Les services infirmiers et obstétricaux sont cruciaux pour l’efficacité des services de santé. Nous devons mieux comprendre les causes de la crise et inciter les Etats Membres à réagir. »

Les participants ont pris connaissance des difficultés d’un hôpital de Zambie qui ne dispose que de 500 infirmières au lieu des 1 500 nécessaires à son bon fonctionnement. En Pologne, alors que chaque année plus de 10 000 infirmières sortaient diplômées des écoles il y a dix ans, ce chiffre est tombé à 3 000 aujourd’hui. Au Chili, sur 18 000 infirmières, 8 000 seulement continuent d’exercer leur profession.

En Egypte par exemple, si la plupart des infirmières et des sages-femmes sont formées, puis employées par le secteur public, les prestataires de soins du secteur privé les attirent désormais avec de plus hauts salaires. Il en résulte une pénurie d’infirmières et de sages-femmes dans le secteur public et certaines d’entre elles occupent deux emplois, un dans chaque secteur. La qualité générale du travail s’en ressent.

« Les pauvres sont toujours les premiers à souffrir au moment des crises dans le secteur de la santé, alors que les infirmières et les sages-femmes jouent un rôle crucial pour assurer les services essentiels auprès des populations démunies, marginalisées et mal desservies. Il existe des modèles de services infirmiers et obstétricaux efficaces, mais cette efficacité ne se retrouve pas au niveau de la politique sanitaire », a dit le Dr Naeema Al-Gasseer, spécialiste scientifique à l’OMS pour les services infirmiers et obstétricaux.

Les participants ont appris par exemple que les infirmières dirigent 94 % des dispensaires « Enfants en bonne santé » au Chili. Depuis leur ouverture pendant les années 70, la mortalité infantile a été ramenée, dans ce pays, de 110 pour 1000 à 11 pour 1000.

En outre, ce sont le plus souvent des infirmières qui travaillent dans les dispensaires locaux et les postes de santé qui diffusent la plupart des informations sur la prévention et la lutte contre les maladies comme l’infection à VIH.

Les spécialistes ont reconnu que la meilleure solution aux problèmes pesant actuellement sur les services infirmiers et obstétricaux consistait à veiller à ce que ces préoccupations figurent en bonne place à l’ordre du jour public et politique. Ils ont appelé à établir plus systématiquement les conséquences de l’insuffisance des services infirmiers et obstétricaux dans le système de santé et ont exhorté les décideurs politiques à prendre des mesures.


Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact avec M. Gregory Hartl, Porte-parole de l'OMS, Genève. Tél. (+41 22) 791 4458; télécopie: (+41 22) 791 4858; adresse électronique: hartlg@who.int Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS et d'autres informations sur le sujet peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int

 

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