sans
une action mondiale, les us $17 milliards consacres a la recherche de
nouveaux medicaments au cours des cinq dernieres annees risquent d’avoir
ete investis en pure perte
Par Son Action, l’OMS Vise a
Sauvegarder Pour le Futur les Traitements Essentiels
L’Organisation mondiale
de la Sante prend aujourd’hui des mesures pour veiller a ce que l’efficacite
de certains medicaments essentiels soit preservee a la fois pour cette
generation et le futur. Sans une action mondiale concertee, de nombreux
progres spectaculaires enregistres en medecine au cours des cinquante
dernieres annees pourraient s’evanouir a cause de la menace croissante
des pharmacoresistances.
« Les antibiotiques
representent l’une des decouvertes les plus importantes du 20e
siecle. On a pu soudain traiter et guerir des maladies mortelles, comme la
tuberculose, la meningite, la scarlatine et la pneumonie, explique le Dr
Gro Harlem Brundtland, Directeur general de l ‘OMS. Si nous n’agissons
pas pour preserver ces progres miraculeux de la medecine, nous allons
entrer dans une ere ‘post-antibiotique’ qui verra de nombreuses
avancees medicales et chirurgicales sapees par le risque des infections
incurables.»
Au cours des cinq dernieres
annees, les laboratoires pharmaceutiques ont investi plus de 17 milliards
de dollars US dans la recherche et le developpement de medicaments pour
traiter les maladies infectieuses (selon les informations donnees par
cette industrie). A moins de venir rapidement a bout des
pharmacoresistances, une grande partie de ces investissements pourrait
etre perdue.
L’OMS lance aujourd’hui
une strategie d’ensemble pour endiguer la propagation des resistances.
Quiconque utilise ou gere les traitements medicaux, patients, medecins,
administrateurs d’etablissements hospitaliers, ministres de la sante,
pourra faire appel a ce cadre soigneusement structure qui est l’aboutissement
des travaux effectues par des specialistes de l’OMS et des partenaires
nationaux et internationaux pendant trois ans.
« Cette strategie est
conçue pour favoriser un usage plus rationnel des medicaments, de façon
a minimiser le phenomene de la resistance et a maintenir l’efficacite
des traitements pour les generations futures », declare le Dr David
Heymann, Directeur executif du programme OMS sur les maladies
transmissibles.
En etant mieux informes,
les patients soumettront les medecins a moins de pression pour obtenir d’eux
des antibiotiques et les medecins pourront limiter leurs prescriptions aux
seuls medicaments requis pour traiter leurs patients, plutot que de leur
donner automatiquement les derniers nes ou les mieux connus.
Les administrateurs d’etablissements
hospitaliers peuvent instaurer des procedures detaillees pour controler l’efficacite
des medicaments utilises. Les ministres de la sante peuvent veiller a ce
que les medicaments les plus indispensables soient a la disposition des
populations et a eviter les utilisations a mauvais escient.
L’utilisation des
antibiotiques dans le secteur agro-alimentaire contribue egalement a l’apparition
des resistances. Actuellement, l’agriculture absorbe 50 % des quantites
d’antibiotiques produites, certes pour traiter les animaux malades, mais
aussi et surtout pour activer la croissance du cheptel et de la volaille.
Or, les germes pharmacoresistants peuvent se transmettre de l’animal a l’homme.
Pour eviter cela, la
strategie mondiale recommande une serie de mesures comme la delivrance sur
prescription obligatoire de tous les antibiotiques servant a lutter contre
les maladies chez l’animal et l’arret progressif de leur utilisation
comme activateurs de croissance.
La pharmacoresistance est
un phenomene biologique naturel mais qui peut s’averer mortel. Aujourd’hui,
elle se propage rapidement dans le monde et un nombre croissant de
medicaments de premier plan deviennent inefficaces. On a des preuves
irrefutables de resistances a des medicaments contre la meningite, les
infections sexuellement transmissibles comme la gonorrhee, les infections
nosocomiales et le phenomene touche meme les nouvelles classes d’antiretroviraux
utilises contre le VIH.
On observe par exemple que,
dans plusieurs pays, les souches de bacilles tuberculeux sont devenues
resistantes contre au moins deux des medicaments les plus efficaces.
Ailleurs, ce sont les antipaludeens courants qui sont desormais
pratiquement inutilisables a cause du meme phenomene.
« Ce probleme touche aussi
bien les communautes riches que les pauvres, les pays industrialises comme
ceux en developpement, affirme le Dr Heymann. Ses causes different suivant
la societe - surconsommation des medicaments dans de nombreux pays
developpes, utilisation insuffisante dans les pays plus pauvres - mais les
consequences et le danger imminent restent les memes. »
C’est un probleme
universel. Aucun pays ne peut se permettre de l’ignorer et de ne pas
reagir. Parallelement, toute mesure prise par quelque pays que ce soit
aura des resultats evidents et positifs pour l’ensemble du monde.
Pour plus d'informations, les
journalistes peuvent prendre contact avec M. Gregory Hartl, Porte-parole
de l'OMS, Geneve. Tel. (+41 22) 791 4458; telecopie: (+41 22) 791 4858;
adresse electronique: hartlg@who.int
Tous les communiques de presse, aide-memoire OMS et d'autres informations
sur le sujet peuvent etre obtenus sur Internet a la page d'accueil de
l'OMS: http://www.who.int
Aux Etats-Unis, prendre contact avec
Jim Palmer au (202) 262 9823. L’UER transmettra mardi du materiel
audiovisuel, notamment des extraits d’une interview avec David Heymann
et des extraits d’emissions de radio auxquels on pourra acceder a partir
du centre des medias que l’on peut atteindre par http://www.who.int/multimedia.
Toute demande d’information sur les transmissions de l’UER ou les
radiodiffusions doit etre adressee a Chris Powell au +41 22 791 2888.
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