Communiqué de presse 2001

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse WHA/1
 15 mai 2001
white_10x1p.jpg (1617 bytes)

POUR L'OMS, LA PROTECTION DE LA SANTE PUBLIQUE EXIGE UNE NOUVELLE REGLEMENTATION DES PRODUITS DU TABAC

Les moyens actuels de réglementation des produits du tabac ne protègent pas la santé publique et doivent être améliorés si l’on veut sauver des vies – c’est ce qu’a déclaré aujourd’hui l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

A l’occasion de la publication d’une monographie sur les progrès des connaissances en matière de réglementation des produits du tabac, l’OMS a demandé que soient revues les méthodes d’analyse permettant de mesurer le rendement en goudrons, en nicotine et en autres substances du tabac et de la fumée du tabac, et que soit établie une nouvelle base pour la mesure, la réglementation et l’étiquetage des produits du tabac dans le monde entier.

Il est recommandé dans la monographie que les gouvernements envisagent d’inclure dans leur réglementation des produits du tabac les éléments suivants :

  • Mise au point d’une nouvelle base pour la mesure du rendement en goudrons et en nicotine;
  • Réglementation des additifs contenus dans les produits du tabac;
  • Obligation de divulguer toutes les données par marque;
  • Elimination de la mention trompeuse « légères »;
  • Elimination des chiffres trompeurs sur le rendement en goudrons et renforcement des mises en garde;
  • Mise au point d’une capacité réglementaire pour tous les produits contenant de la nicotine;
  • Elaboration d’une stratégie internationale commune concernant l’avenir de la modification des produits et;
  • Enfin, examen et mise à jour de la réglementation.

Non seulement les cigarettes et autres produits du tabac engendrent une très forte dépendance, mais ils font partie des produits de consommation les plus manipulés que l’on trouve aujourd’hui sur le marché. Or nulle part dans le monde les produits du tabac ne sont soumis aux lois de protection du consommateur telles que la législation sur les produits alimentaires et pharmaceutiques. Les structures réglementaires actuelles reposent sur des données scientifiques périmées. Là ou il existe une réglementation, elle n'est pas bien appliquée.

Pour la toute première fois, la monographie présente les opinions scientifiques internationales les plus récentes sur la réglementation des produits du tabac, un processus consultatif a été entamé lors de la Conférence internationale de l'OMS sur les produits du tabac qui s'est tenue à Oslo en Norvège en 2000.

Aujourd’hui, 4 millions de personnes meurent chaque année des suites du tabagisme. Ce chiffre devrait passer à 10 millions d’ici 2030. Faute de réglementation plus stricte des produits du tabac, l’épidémie mondiale de décès et de maladies dus au tabagisme va continuer à prendre de l’ampleur, favorisée par une commercialisation effrénée qui contribue à la dépendance parmi les jeunes et à la fabrication incontrôlée de produits dangereux, souligne l’OMS. L’Organisation demande que soit mis en place un cadre international commun de réglementation destiné à réduire la charge mondiale de mortalité et de morbidité imputable au tabagisme.

Comme l’a dit le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS, "une cigarette est un euphémisme pour un produit de conception intelligente fournissant la dose voulue de nicotine pour que l’usager en dépende à vie avant d’en mourir". Toujours selon elle, "la cigarette est le seul produit de consommation qui tue lorsqu’il est consommé selon les indications. Les aliments vendus par les cigarettiers font l’objet d’une réglementation, mais pas leurs marques de tabac. Il faut une réglementation mondiale des produits du tabac si nous voulons sauver des vies", a-t-elle ajouté réitérant l'appel qu'elle a lancé pour la première fois lors de la Neuvième Conférence internationale des autorités de réglementation pharmaceutique, à Berlin en 1999 .

La monographie dégage plusieurs insuffisances au niveau de la réglementation actuelle des produits du tabac. Toujours selon l'OMS, les tests mécaniques actuels ne permettent pas de mesurer l’exposition effective de l’être humain à la fumée du tabac et donnent aux consommateurs un faux sentiment de sécurité quant à l’effet sur la santé des produits du tabac. Les méthodes d’analyse mécaniques mises au point par la US Federal Trade Commission (FTC) et l’Organisation internationale de Normalisation (ISO) sous-estiment le rendement réel en goudrons, en nicotine et en autres substances, et ne mesurent pas ce que le consommateur inhale en réalité – et ce parce que les gens ne fument pas comme des machines. De même, la machine ne tient pas compte des cigarettes fabriquées depuis 1960 qui, en réalité, la « trompent » en raison de trous de ventilation masqués dans les filtres ou d’un papier à cigarette à combustion rapide.

La mention « légères » figurant sur certaines marques de cigarettes est un autre problème évoqué dans la monographie. Les scientifiques ont recommandé l’interdiction de cette mention, parce qu’elle donne aux consommateurs l’impression fausse que les risques sanitaires sont moindres du fait que les tests FDA/ISO ont mesuré une teneur moindre en goudrons ou en nicotine. Dans la vie réelle, ceux qui fument des cigarettes à faible ou très faible teneur en goudrons ou en nicotine modifient leur habitude tabagique pour compenser ces faibles niveaux, de sorte que l’exposition réelle aux goudrons est la même que pour les cigarettes à teneur maximale, selon la monographie.

Les additifs mis par les cigarettiers dans leurs produits constituent un autre sujet de préoccupation pour les scientifiques. Ces derniers en ont identifié plusieurs, qui sont connus pour être cancérogènes et dangereux pour la santé humaine. La monographie souligne que la réglementation a jusqu’ici à peine effleuré la question des additifs, de sorte qu’il faut faire connaître la totalité des additifs et des ingrédients utilisés dans tous les produits du tabac pour pouvoir mettre en place une réglementation adéquate afin de protéger la santé de la population.

Pour aider à mettre au point cette réglementation des produits du tabac à travers le monde, l’OMS a créé un comité consultatif scientifique sur la réglementation des produits du tabac. Ce comité, qui s’est réuni à deux reprises jusqu’ici, va évaluer et recommander les cadres réglementaires les plus pertinents et les plus efficaces pour les produits du tabac.


Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact avec M. Gregory Hartl, Porte-parole de l'OMS, Genève. Tél. (+41 22) 791 4458 ou (+41 ) 79 203 6715; Fax: (+41 22) 791 4858; adresse électronique: hartlg@who.int Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS et d'autres informations sur le sujet peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int. Pour obtenir une copie électronique de cette monographie, prière de visiter le site: http://tobacco.who.int.

 

Communiqués 2001  | Communiqués 2000
 Communiqués 1999    |  Aide-mémoire
Bureau de l'Information   | In English

Droits d'auteurs © WHO/OMS | Contact INF | Contact OMS


Organisation mondiale de la Santé