Dans le cadre de la Journée internationale des
personnes handicapées, le 3 décembre, l'Organisation mondiale de la
Santé (OMS) présente un nouveau rapport, Repenser les soins dans
la perpective des personnes handicapées, qui propose des
témoignages personnels sur le système de soins et sur ce qui
pourrait être fait pour améliorer la qualité de vie des handicapés.
En leur donnant la parole, dans les pays riches comme dans les pays
pauvres, le rapport apporte sa contribution au processus d’évaluation,
en y apportant la perspective de ceux qui sont le plus concernés.
En général, les personnes handicapées citées
parlent d’une nouvelle approche, non conventionnelle, pour leurs
soins. Selon ce document, « la santé et la réadaptation ne
peuvent plus être appréhendées seulement en terme d’interventions
médicales ou avec les notions classiques que nous avons des ‘soins’ »,
sous peine de ne voir que les limitations des personnes handicapées
et pas l’incapacité des sociétés à prendre en compte la
diversité des besoins et des aptitudes au niveau individuel.
Les personnes handicapées demandent en particulier
des services d’urgence qui leur soient adaptés dans les situations
de crise, comme les conflits, les inondations ou les tremblements de
terre. Elles soulignent également le besoin de lois contre les
discriminations pour éliminer systématiquement les obstacles
auxquels elles se heurtent dans leur environnement et leur société.
Elles insistent également sur les services d’appui à fournir,
notamment des aides techniques, comme des interprètes pour les
malentendants, ou des services d’aide personnelle.
Ce rapport résulte de la consultation mondiale des
personnes handicapées et des spécialistes dans ce domaine que l’OMS
a parrainé cette année. En 1993, l’Assemblée générale des
Nations Unies avait adopté 22 Règles pour l’égalisation des
chances des handicapés. Quatre d’entre elles entrent dans le mandat
de l’OMS : soins médicaux, réadaptation, services d’aide et
sensibilisation. En ce qui concerne ces règles, les personnes
handicapées ont mis en avant un grand nombre de recommandations
susceptibles d’aider les Etats Membres de l’OMS à élaborer des
politiques sanitaires sur mesure mais complètes.
Voici quelques exemples de témoignages cités dans
le rapport :
« C’est à nous (les personnes handicapées)
de prendre le contrôle de nos vies, de notre réadaptation physique
et de l’assistance personnelle dont nous avons besoin » (Belgique).
« On nie aux femmes handicapées le droit à
la maternité… Comme dans ce domaine, les médecins ne leur
reconnaissent pas les même droits qu’aux autres femmes, ils leur
demandent de ne pas avoir d’enfants quand elles se marient. Je leur
ai dit que c’était à nous de prendre cette décision et, de fait,
je suis maintenant mère de deux enfants » (Chine).
« … le jour de la sortie de l’hôpital,
on m’a donné un fauteuil roulant et je n’en avais jamais utilisé
auparavant. Ceux qui m’ont soigné pendant trois mois n’ont même
pas eu le courage de me regarder en face et de me dire ce qui m’attendait.
Ils n’ont posé aucune question sur l’accessibilité de mon
domicile, sur les aides que je pouvais avoir… » (Afrique du
Sud).
« En cas d’incapacités psychiatriques, l’expérience
des ‘soins’ reflète celle que connaissent les autres personnes
handicapées. Nous partageons la plupart des problèmes. Néanmoins,
le rejet, la discrimination et l’exclusion sociale sont encore plus
forts que pour les autres groupes de personnes handicapées. L’Etat
impose plus de traitements et de détentions forcés qu’à tout
autre groupe » (Nouvelle-Zélande).
« Je peux ressentir la douleur de nombreux
parents d’enfants ayant des incapacités ou des problèmes de
santé ; ils rencontrent des limitations considérables et ils se
contentent de baisser la tête face aux carences de l’éducation ou
des services de santé, aux attitudes de discrimination et de
rabaissement… » (Mexique).
Pour de plus amples informations, les journalistes
peuvent s’adresser à Mme Fadéla Chaib, Bureau du Porte-parole de l’OMS
à Genève, tél. : (+41 22) 791 3228 ; télécopie (+41 22)
791 4858 ; adresse électronique :
chaibf@who.int