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Investir pour le développement dans la santé Points clé :
Sommaire des graphiques : Initiative : Tirer le maximum de ses ressources financières Il existe des médicaments et des stratégies de lutte susceptibles de réduire considérablement la mortalité et les souffrances causées par les maladies infectieuses. Pourtant, dans bien des cas, les pouvoirs publics n'allouent pas à ces stratégies les fonds qui leur permettraient d'atteindre leur but. Cela tient parfois à la petitesse invraisemblable du budget pour la santé. D'autres fois, c'est parce que les dépenses de santé ne sont pas suffisamment prioritaires eu égard aux problèmes sanitaires les plus pressants. Certains des pays les plus pauvres ne peuvent pas consacrer plus de 7 USD par an et par habitant aux soins de santé. Il est difficile, dans ces conditions, de satisfaire, ne serait-ce que les besoins les plus élémentaires. En 1994, les dépenses de santé des pays à faible revenu se sont montées en moyenne à 16 USD par habitant, alors qu'elles étaient de plus 1800 USD dans les pays à revenu élevé. Grâce aux dons, les initiatives en faveur de la santé ont pu trouver une partie des fonds dont elles manquaient. Les ressources dont elles disposent restent cependant relativement faibles. Par exemple, les projets en faveur de la santé, de la nutrition ou de la population reçoivent moins de 5 % des dons, soit le cinquième des fonds dont bénéficient les projets dans le domaine de l'énergie, des transports et des communications. Les maladies infectieuses sont le parent pauvre d'un secteur lui-même négligé. En 1990, les agences bilatérales ou multilatérales, les fondations et les ONG ont octroyé à peine plus de 800 millions d'USD aux pays en développement pour les aider à combattre les maladies infectieuses. Cette somme représente moins de 2 % du total des dons, ce qui est minime quand on sait que 50 % des décès qui surviennent dans les pays en développement sont dus à des maladies infectieuses. Avec de telles disparités, il n'est pas étonnant qu'un enfant qui naît actuellement dans un pays en développement ait 1000 fois plus de chances de mourir de la rougeole qu'un enfant né dans un pays industrialisé, ou qu'un enfant né à Singapour ait une espérance de vie 40 ans plus longue que celle d'un enfant né au Sierra Leone. Quoi qu'il en soit , la solution n'est pas de donner de l'argent à des gouvernements incapables d'utiliser efficacement ces ressources. Dans certains pays en développement, les pouvoirs publics consacrent 60 % voire davantage de leurs dépenses de santé pour financer le fonctionnement d'hôpitaux urbains ou d'équipements coûteux. Pour le prix de quelques interventions chirurgicales coûteuses pratiquées dans ces établissements, on pourrait sauver des milliers de vie menacées par des maladies infectieuses. L'une des fonctions les plus importantes de l'Organisation Mondiale de la Santé est d'aider les pays à faire un usage optimal des maigres ressources dévolues à la santé. Avec un budget qui ne représente que 0,01 USD pour chaque trentaine de dollars dépensés pour la santé dans le monde, l'OMS propose une assistance technique et des principes d'action qui permettent de rendre les grands budgets, publics ou privés, plus productifs. En matière de lutte contre les maladies infectieuses dans les pays en développement, l'OMS a retenu les priorités suivantes : vaccination des enfants, prise en charge intégrée des maladies de l'enfant, utilisation de la stratégie DOTS pour combattre la tuberculose, un ensemble d'interventions visant à juguler le paludisme, d'autres interventions pour lutter contre le VIH/SIDA, l'accès aux médicaments essentiels et le renforcement général de la surveillance et de la prestation de services dans le domaine sanitaire. L'OMS a un besoin urgent de fonds pour respecter ces priorités et financer d'autres interventions qui permettront d'éviter d'autres décès et d'autres souffrances avec un bon rapport coût-efficacité. C'est dans l'intérêt de tous les pays de soutenir les initiatives mondiales contre les maladies infectieuses. Tout groupe social qui se désintéresse de la progression des maladies infectieuses chez ses voisins le fait à son détriment. Il suffit qu'un pays devienne le maillon faible de la chaîne de surveillance mondiale pour que chacun soit menacé. Et les outils dont nous disposons aujourd'hui, il nous faut les utiliser pendant qu'il en est encore temps. La variole nous en donne un exemple frappant. Si la variole n'avait pas été éradiquée des quelques pays où elle sévissait encore en 1977, le prix à payer pourrait être lourd, même aujourd'hui. A l'époque, on n'avait pas prévu que l'apparition de l'infection à VIH et du SIDA était imminente. La vaccination antivariolique - à l'aide d'un virus vivant atténué - serait maintenant fatale aux nombreuses personnes dont le système immunitaire est affaibli par le VIH. Il aurait suffit de tarder encore quelques années et il aurait été impossible d'éradiquer la variole dans le monde sans un nouveau vaccin. Si elle n'avait pas été éradiquée- pour 300 millions de dollars en tout et pour tout- la variole pourrait figurer aujourd'hui parmi les six maladies infectieuses les plus meurtrières. Sans cette conjugaison d'efforts pour la combattre, la variole causerait aujourd'hui au moins un million de morts par an et les pouvoirs publics devraient dépenser des milliards de dollars pour soigner les malades. On a oublié cette leçon. Les progrès que l'on peut faire aujourd'hui dans le monde contre les maladies infectieuses pourraient ne plus être possibles dans une dizaine d'années. L'accroissement de la résistance des microorganismes aux médicaments et l'apparition inopinée de nouveaux microbes pourraient nous interdire toute possibilité de faire obstacle aux maladies infectieuses comme nous le pouvons aujourd'hui. |
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© Organisation mondiale de la Santé 1999 |
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