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Chapitre 9 sur 16

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De nombreux facteurs interviennent dans la propagation des maladies infectieuses

Points clé :

Sommaire des graphiques :Pas uniquement un problème sanitaire

Initiative : Une recherche efficace


Dans de nombreux pays, l'insuffisance des ressources financières et la mauvaise utilisation de moyens étant pourtant d'un bon rapport coût-efficacité, se doublent d'une incapacité à prendre en considération l'influence que d'autres secteurs peuvent avoir sur la santé.

Trop souvent, les principaux déterminants de la santé - de même que la solution des problèmes sanitaires - échappent au contrôle direct du secteur sanitaire. Ils sont en fait enracinés dans des secteurs d'activité tels que l'assainissement et l'approvisionnement en eau, l'action sur l'environnement qui conduit à sa modification et à celle du climat, l'enseignement, l'agriculture, le commerce, le tourisme, les transports, le développement industriel et le logement. Pourtant nombreux sont les pays qui ne disposent pas des moyens permettant d'évaluer l'influence de ces secteurs d'activité sur la santé. Si l'on ne s'attache pas à traiter ce problème, il peut être difficile de prévenir, voire de contenir certaines maladies infectieuses.

Pour donner un exemple, on sait que la qualité de l'environnement influe de manière décisive sur la santé. Aujourd'hui, plus de 10 % des maladies ou des états morbides évitables sont dus à un cadre de vie qui laisse à désirer: logements insalubres, surpeuplement, pollution de l'air intérieur, assainissement insuffisant ou eau polluée.

Ce sont l'insalubrité des logements et la médiocrité du cadre de vie qui sont les principales responsables des affections respiratoires aiguës et des maladies diarrhéiques. Et ce sont les enfants les plus touchés puisque c'est parmi eux que se produisent les deux-tiers des affections évitables dues à la médiocrité du cadre de vie.

Dans les pays en développement, environ 700 millions de personnes - surtout des femmes et des enfants de milieux ruraux défavorisés - respirent la fumée nocive qui se dégage lorsqu'on fait brûler du bois ou d'autres combustibles. Cette population est de plus en plus exposée aux infections respiratoires aiguës et notamment aux pneumopathies. Plus d'un milliard de personnes ne disposent pas d'eau potable - d'où une plus grande vulnérabilité aux maladies diarrhéiques et aux parasitoses. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, au moins 600 millions de citadins vivent dans des logements ou des quartiers insalubres. Il y a dans le monde près de 800 millions de personnes qui n'ont pas accès aux prestations de santé.

Ailleurs, la modification du mode d'occupation des sols et de l'exploitation des ressources en eau influe considérablement sur la nature et l'incidence des maladies. La déforestation, le développement agricole, les barrages et les réseaux d'irrigation peuvent être à l'origine de flambées de parasitoses ou d'autres maladies infectieuses en favorisant par exemple la propagation des moustiques vecteurs du paludisme ou celle des gastéropodes d'eau douce qui transmettent la schistosomiase. Il y a près d'un milliard de personnes défavorisées qui sont particulièrement exposées du fait qu'elles vivent dans des zones écologiquement fragiles. Parmi les autres maladies soumises à l'influence de la modification de l'environnement, on peut citer la filariose lymphatique, la dengue, la leishmaniose, la maladie de Chagas et la méningite bactérienne.

Dans le même temps, le réchauffement général du climat pourrait avoir des répercussions similaires sur la propagation des maladies tropicales. Une élévation de température de seulement 1 ou 2oC au cours des 50 prochaines années pourrait faire remonter vers le nord la limite supérieure de l'aire d'extension des moustiques vecteurs du paludisme, augmentant du même coup la proportion de la population mondiale exposée à cette maladie ou à d'autres affections véhiculées par des moustiques comme la dengue et la filariose.

Pauvreté et malnutrition sont également des déterminants majeurs de la santé. La malnutrition est particulièrement meurtrière lorsqu'elle est associée à des maladies infectieuses comme la pneumonie, le paludisme, la rougeole et les maladies diarrhéiques- qui sont déjà les plus meurtrières chez l'enfant. C'est la cause indirecte de plus de la moitié des décès d'enfants. On estime qu'en 1997, 160 millions d'enfants souffraient de malnutrition modérée ou grave et que le quart de la population mondiale vivait dans la pauvreté- pour plus d'un milliard de personnes avec un revenu inférieur à 1 USD par jour. Même dans les pays industrialisés, 100 millions de personnes sont au-dessous du seuil de pauvreté.

La collaboration entre le secteur sanitaire et les autres secteurs est d'une importance vitale et c'est bien ce qu'ont mis en lumière tout dernièrement les efforts déployés pour lutter contre le VIH/SIDA. On connaît quelques exemples où les pouvoirs publics essayent de réduire la vulnérabilité des individus en optant pour une action intersectorielle. Le but de cette démarche est d'influer sur les plans de développement de l'infrastructure, la législation, l'enseignement , la réglementation du travail et le respect des droits de l'homme, en créant par exemple un cadre de vie qui permette à tout un chacun de se prémunir plus facilement contre la contamination. On pourra ainsi prendre des mesures pour inciter les filles à aller jusqu'au bout du cycle secondaire, donner de meilleures possibilités de formation ou d'emploi aux femmes afin de briser le cycle infernal de la dépendance économique et sexuelle, ou mettre un terme à la criminalisation de certains groupes marginaux comme les prostituées et les toxicomanes qui se piquent. On peut également effectuer des études d'impact relatives à des projets de développement afin d'essayer de prévoir par quel processus ils sont capables d'entretenir l'épidémie- par exemple en accélérant le rythme de l'urbanisation ou en dispersant les familles par nécessité de disposer d'une main d'oeuvre migrante.

En Thaïlande, où la prostitution est encore illégale, la démarche pragmatique adoptée par les pouvoirs publics pour ralentir la progression de l'épidémie a permis de faire sensiblement diminuer le nombre de contaminations- notamment chez les jeunes. Cette action plurisectorielle comportait notamment une collaboration avec les tenanciers de maisons closes pour inciter à une utilisation à 100 % du préservatif, le lancement de campagnes dans les médias en faveur du respect de la femme et pour dissuader les hommes de fréquenter des prostituées, l'amélioration de l'enseignement et de la formation professionnelle à l'intention des femmes afin de les maintenir en dehors du commerce du sexe et leur offrir un meilleur accès aux soins, enfin un soutien économique et social pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Outre la nécessité d'accroître la coopération entre les différentes administrations du secteur public qui ont un rapport avec la santé, il est également indispensable d'établir des partenariats avec le secteur privé. Le récent lancement des Nouveaux médicaments pour la lutte contre paludisme - une initiative commune du secteur public et du secteur privé en vue de mettre au point de nouveaux antipaludéens - est un exemple des efforts déployés pour parvenir à une meilleure collaboration de ces deux secteurs dans l'élaboration de nouveaux produits destinés aux pays en développement. Un autre exemple est donné par les médicaments gratuitement offerts par l'industrie afin de faciliter l'élimination des maladies infectieuses qui pèsent lourdement sur ces pays. Au nombre des donateurs figurent les laboratoires SmithKline Beecham et Merck pour le traitement de la filariose lymphatique et de l'onchocercose et Pfitzer pour le traitement du trachome. Par ailleurs, des fabricants de vaccins offrent de temps à autre leurs produits lors de flambées épidémiques, comme cela a été le cas pour la méningite, ou lors d'activités telles que l'éradication de la poliomyélite ou les essais de vaccins effectués dans des pays en développement.

L'action de l'OMS pour éradiquer ou éliminer certaines maladies, est une entreprise de coopération qui implique de nombreux partenaires de par le monde. L'Organisation a conclu des alliances stratégiques avec les gouvernements, les ministères de la santé des pays en développement, les banques internationales de développement, les fondations, le secteur privé, la société civile, les organisations internationales et non gouvernementales et d'autres organismes des Nations Unies.

L'action mondiale pour éradiquer la poliomyélite, par exemple, est la démonstration de ce qu'il est possible de faire grâce à une collaboration avec le secteur privé. Le Rotary International, une organisation de service appartenant au secteur privé, a recueilli 500 millions d'USD pour financer l'achat de grandes quantités de vaccins destinés aux campagnes de vaccination de masse et pour équiper la chaîne de froid nécessaire au transport du vaccin. Le Rotary, grâce à son réseau mondial de plus de 28 000 clubs appartenant à 155 pays, a motivé certains de ses bénévoles pour leur demander de mener les campagnes de mobilisation sociale, d'apporter leur savoir-faire pour l'organisation des campagnes de vaccination et pour administrer le vaccin buvable aux enfants.

 

© Organisation mondiale de la Santé 1999
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