Voyages internationaux et santé

Afrique de l’Ouest – Maladie à virus Ebola

Mise à jour
Voyages et transport

2014 Flambée de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest

Évaluation des risques pendant les voyages et le transport: recommandations à l’intention des autorités de santé publique et du secteur du transport


1. Résumé des faits épidémiologiques et de l’expérience

  • La période d’incubation de la maladie à virus Ebola peut aller de 2 à 21 jours. La transmission interpersonnelle par contact direct avec des personnes infectées ou leurs fluides corporels/sécrétions est considérée comme le principal mode de transmission. Dans le cadre d’une étude dans les foyers, on a observé qu’une transmission secondaire ne se produisait qu’en cas de contact physique direct. Aucune transmission sans contact direct n’a été signalée. Il n’a pas été enregistré de transmission aérienne au cours des flambées de maladie à virus Ebola précédentes.
  • Il n’y a aucun risque de transmission pendant la période d’incubation et le risque reste faible au début de la phase symptomatique. Il est possible de réduire encore davantage le risque d’infection durant le transport des individus en appliquant les précautions de lutte contre l’infection (voir paragraphes 3.2 et 3.3).
  • Dans le cadre de la flambée actuelle, des voyageurs infectés ont traversé des frontières nationales et il est possible que d’autres cas surviennent dans des pays voisins.
  • Historiquement, plusieurs cas de fièvre hémorragique (FH à virus Ebola ou Marburg, fièvre de Lassa ou fièvre hémorragique Crimée-Congo) ont été diagnostiqués après un voyage sur une longue distance, mais aucun n’a présenté de symptômes pendant le voyage international. Les voyageurs parcourant de grandes distances (par exemple entre des continents) ayant été infectés dans des zones touchées, pourraient arriver pendant l’incubation de la maladie et présenter des symptômes compatibles avec une maladie à virus Ebola après leur arrivée.

2. Risque de maladie à virus Ebola pour différents groupes

2.1. Touristes et hommes/femmes d’affaires revenant de zones touchées dans un pays

Le risque qu’un touriste ou qu’un homme ou une femme d’affaires soit infecté par le virus Ebola lors d’une visite dans une zone touchée et présente la maladie après son retour est extrêmement faible, même si cette visite inclut des déplacements dans des lieux où des cas primaires ont été notifiés. La transmission nécessite un contact direct avec du sang, des sécrétions, des organes ou d’autres fluides corporels provenant de personnes ou d’animaux infectés, vivants ou morts, toutes ces expositions étant peu probables pour le voyageur moyen. Les touristes sont dans tous les cas avisés qu’il leur faut éviter tout contact de ce type.

2.2. Visite à des parents proches ou éloignés

Le risque pour des voyageurs rendant visite à des amis ou à des membres de leur famille dans un pays touché est d’un niveau similaire, à moins que le voyageur n’entre en contact physique direct avec une personne ou un animal vivant ou mort, infecté par le virus Ebola. Dans un tel cas, la recherche des contacts devra confirmer l’exposition et prévenir la poursuite de la propagation de la maladie à travers un suivi du voyageur exposé.

2.3. Malades symptomatiques voyageant avec d’autres personnes

Il existe une possibilité qu’une personne antérieurement exposée au virus Ebola et présentant des symptômes prenne place à bord d’un vol commercial ou d’un autre moyen de transport, sans informer la compagnie de transport de son état. Il est fort probable que ce malade sollicitera immédiatement une prise en charge médicale à l’arrivée, en particulier s’il est bien informé, et devra ensuite être placé en isolement pour empêcher la transmission de se poursuivre. Bien que le risque pour ses compagnons de voyage dans une telle situation soit très faible, il est recommandé alors de procéder à une recherche des contacts.

2.4. Risque pour le personnel soignant affecté dans des zones touchées

Il existe un risque pour les agents de santé et les volontaires, en particulier ceux contribuant à soigner les malades porteurs du virus Ebola. Cependant, si le niveau de précaution recommandé pour un tel contexte est respecté, la transmission de la maladie devrait être empêchée. Le niveau de risque peut être considéré comme de très faible à faible, à moins que ces précautions ne soient pas appliquées, par exemple si les soignants ne portent pas les équipements de protection individuelle ou en cas de blessure par piqûre d’aiguille, etc.

3. Recommandations à l’intention des autorités de santé publique et du secteur du transport

3.1. Recommandations pour les pays

3.1.1. Sensibiliser davantage les voyageurs et améliorer leurs connaissances

Aux voyageurs arrivant dans une zone où la maladie à virus Ebola est présente ou quittant une telle zone, on fournira au niveau du point d’entrée (dans les zones d’embarquement ou d’arrivée des aéroports ou des ports ou aux points de passage terrestre, par exemple) des informations sur le risque potentiel de maladie à virus Ebola (voir modèle proposé ci-après). Des informations devront aussi être diffusées dans les communautés pouvant comprendre des voyageurs transfrontaliers et à proximité de toutes les frontières internationales pertinentes.

Les informations apportées devront souligner que les voyageurs ou les résidents des zones touchées peuvent limiter au maximum le risque d’infection s’ils évitent:

  • les contacts avec du sang ou des fluides corporels provenant d’une personne ou d’un corps infecté par le virus Ebola;
  • les contacts avec des animaux sauvages vivants ou morts ou avec leur viande crue ou insuffisamment cuite, ou encore la manipulation de ces animaux ou de cette viande;
  • les rapports sexuels avec une personne malade ou se remettant d’une maladie à virus Ebola pendant au moins 7 semaines;
  • les contacts avec tout objet, comme par exemple des aiguilles, contaminé par du sang ou un fluide corporel.

Les voyageurs devront être avisés de l’endroit où ils pourront obtenir une assistance médicale une fois à destination et des personnes à informer (par une ligne directe, par exemple).

Il faut avertir les visiteurs revenant d’une zone touchée que s’ils présentent des symptômes de maladie infectieuse (tels que fièvre, faiblesse, douleurs musculaires, céphalées, mal de gorge, vomissements, diarrhée, éruption cutanée ou saignements) dans les trois semaines suivant leur retour ou s’ils suspectent une exposition au virus Ebola (volontaires ayant travaillé en milieu de soins, par exemple) dans les zones touchées, ils devront solliciter rapidement un avis médical et mentionner leur voyage récent au médecin de garde.

Modèle de message concernant les voyageurs et la maladie à virus Ebola

  • La maladie à virus Ebola est rare.
  • L’infection s’opère par contact avec du sang ou des fluides corporels provenant d’une personne ou d’un animal infecté, ou avec des objets contaminés.
  • La maladie peut donner notamment les symptômes suivants: fièvre, faiblesse, douleurs musculaires, céphalées et mal de gorge, qui sont suivis par des vomissements, de la diarrhée, une éruption cutanée et, dans certains cas, des saignements.
  • Des cas d’Ebola ont récemment été confirmés à XXX et YYY.
  • Les personnes entrées en contact direct avec des fluides corporels d’une personne ou d’un animal infecté courent un risque de contracter la maladie.
  • Il n’existe aucun vaccin homologué.
  • Il faut observer une hygiène rigoureuse.
  • Éviter tout contact avec du sang ou des fluides corporels provenant de personnes ou d’animaux infectés.
  • Ne pas manipuler des objets pouvant avoir été en contact avec le sang ou des fluides corporels d’une personne infectée.
  • Lors des séjours dans des zones où des cas d’Ebola ont été récemment notifiés, solliciter un avis médical si l’on se sent malade (fièvre, céphalées, douleurs sourdes, mal de gorge, diarrhée, vomissements, douleurs gastriques, éruption cutanée ou rougeur des yeux).

3.1.2. Sensibiliser davantage et améliorer les connaissances des prestataires de soins

Les prestataires de soins assurant la prise en charge des voyageurs revenant de zones touchées doivent les interroger sur leurs antécédents de voyage et envisager la possibilité d’une maladie à virus Ebola chez ces personnes. Le risque d’exposition au virus Ebola devra être évalué pour toute personne suspectée d’avoir été exposée.

Si le risque d’exposition est considéré comme très faible, la personne devra être rassurée et être invitée à surveiller sa température et ses symptômes pendant 21 jours et à solliciter immédiatement des soins au cas où des symptômes apparaissent. D’autres pathologies (paludisme, par exemple) sont à rechercher et le patient devra être suivi régulièrement. Durant ces phases d’observation, l’hospitalisation n’est pas nécessaire.

Il faudra fournir aux prestataires de soins notamment les informations essentielles suivantes.

  • Les symptômes les plus couramment observés chez les personnes infectées par le virus sont l’apparition soudaine de fièvre, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des céphalées et un mal de gorge. Ces premiers symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhée, d’une éruption cutanée, d’une altération des fonctions rénale et hépatique et, à un stade avancé, de saignements à la fois interne et externe. Sur le plan biologique, la maladie se traduit par une baisse des numérations leucocytaire et plaquettaire et par une élévation des enzymes hépatiques.
  • La période d’incubation (intervalle entre l’infection et l’apparition des symptômes) va de 2 à 21 jours.
  • Les personnes atteintes sont infectieuses tant que leur sang ou leurs sécrétions contiennent le virus. Les hommes qui sont rétablis peuvent encore transmettre le virus par le biais de leur sperme sur une durée pouvant aller jusqu’à sept semaines après la guérison.
  • Le paludisme, la fièvre typhoïde, la shigelllose, la leptospirose, la fièvre jaune, la dengue et d’autres fièvres hémorragiques virales sont des diagnostics différentiels à envisager chez ces patients.
  • Si le risque d’exposition est jugé important (soignant piqué par une aiguille potentiellement contaminée, par exemple), le transfert dans un centre spécialisé devra être envisagé.
  • Pour en savoir plus, consulter les documents suivants:
    • Bulletins d’information sur les flambées (DON) concernant la maladie à virus Ebola
    • Aide-mémoire sur la maladie à virus Ebola

3.1.3. Préparer la riposte du système de santé

Pour anticiper l’introduction de la maladie à virus Ebola, les authorités de santé publiquedoivent:

  • sensibiliser le personnel travaillant aux « points d’entrée », en milieu de soins ou participant à la riposte en première ligne (services d’urgence, ambulanciers, médecins généralistes, pompiers, défense civile, exploitants des aéroports et des aéronefs, autorités sanitaires portuaires) aux symptômes précoces et plus tardifs de la fièvre hémorragique virale;
  • insister sur l’enregistrement systématique dans les dispensaires des antécédents de voyage des personnes présentant des symptômes pertinents;
  • établir une procédure de diagnostic standard pour la maladie à virus Ebola et pour les diagnostics différentiels courants à un stade précoce (paludisme, dengue, fièvre typhoïde, shigellose, choléra, leptospirose, peste, rickettsiose, fièvre récurrente, méningite, hépatite, fièvre jaune et autres fièvres hémorragiques virales, par exemple);
  • établir un protocole de notification aux autorités sanitaires compétentes à un stade précoce en cas de suspicion d’une maladie à virus Ebola;
  • définir et mettre en place des procédures analytiques et des canaux opérationnels pour pratiquer les tests de diagnostic du virus Ebola dans le pays ou s’adresser au centre collaborateur ou au laboratoire de référence le plus proche pour qu’il effectue le diagnostic de fièvre hémorragique virale en présence d’un cas suspect.
  • s’assurer de la formation de base du personnel soignant aux principes de l’isolement et au port des équipements de protection individuelle.
  • insister auprès du personnel travaillant dans le secteur des voyages sur l’importance des méthodes de lutte contre l’infection;
  • tenir les autorités de réglementation (autorité nationale de l’aviation civile, par exemple) informées et les faire participer à la prise de décisions.

Si l’on suspecte un cas de maladie à virus Ebola chez un voyageur, les établissements de soinsprenant en charge cet individu devront appliquer les mêmes procédures que si la présence de cette maladie était confirmée. Cela suppose de:

  • procéder à la recherche des contacts parmi le personnel et les patients ayant été en contact direct avec le cas présumé;
  • mettre en place un suivi médical des contacts identifiés (fièvre et symptômes prodromaux);
  • avertir immédiatement les autorités sanitaires compétentes;
  • s’assurer de la gestion en maintenant un sas d’isolement de toutes les zones où le cas suspect a été traité (zone contaminée, zone de transition ou de nettoyage et disinfection et zone « propre »);
  • conserver les déchets et tout type de fluide corporel provenant du patient dans la zone contaminée jusqu’à ce que des dispositions de décontamination et d’évacuation appropriées soient en place.
  • manipuler et expédier les échantillons prélevés chez le patient conformément aux procédures internationales pour le « transport des substances infectieuses de catégorie A ».

Les cas suspects en provenance de zones touchées (voyageurs revenant de ces zones avec des symptômes identifiés à bord d’un aéronef) devront immédiatement être examinés et recevoir des soins médicaux, puis être placés en isolement pour prévenir une poursuite de la transmission (voir 3.2).

3.1.4. Le dépistage des passagers aux points d’entrée (ports, aéroports ou points de passage terrestres) n’est pas recommandé

Le dépistage des passagers aux points d’entrée (arrivée ou départ) est onéreux et devrait avoir un impact limité car il est très peu probable qu’il permette de détecter tout arrivant infecté par le virus Ebola. En effet, la période d’incubation de cette maladie dure de 2 à 21 jours et ses symptômes ne sont pas spécifiques. Dans ce contexte, l’utilisation de scanners thermiques destinés à repérer la présence de « fièvre » chez les passagers arrivants est coûteuse, a peu de chances de détecter tout arrivant infecté par le virus Ebola et n’est pas encouragée.

Les restrictions aux voyages et la fermeture des frontières aux points d’entrée ne sont pas non plus recommandées.

3.2. Recommandations à l’intention du transport aérien international

Si un passager présente des symptômes compatibles avec la maladie à virus Ebola (fièvre, faiblesse, douleurs musculaires, céphalées, mal de gorge, vomissements, diarrhée, saignements) à bord d’un aéronef, il faut immédiatement envisager de prendre les mesures suivantes, conformément aux procédures recommandées par l’Association internationale du transport aérien (IATA).

  • Installer le passager symptomatique si possible à distance des autres passagers (réinstallation) et de préférence à proximité d’un cabinet de toilette qui sera réservé à son usage exclusif.
  • Couvrir le nez et la bouche du malade avec un masque chirurgical (si toléré).
  • Limiter les contacts avec le passager au minimum nécessaire. Plus spécifiquement, un seul membre du personnel de cabine ou deux (si le passager malade nécessite plus d’assistance) devra s’occuper du malade, et de préférence uniquement le membre d’équipage ayant déjà été en contact avec ce passager. Ce membre d’équipage devra utiliser la trousse de prévention universelle (voir plus loin).
  • Se laver les mains au savon après tout contact direct ou indirect avec le passager malade.
  • Avertir immédiatement les autorités de l’aéroport de destination selon les procédures promulguées par l’Organisation de l’aviation civile international (OACI).
  • A l’arrivée, placer immédiatement le passager malade en isolement.

Les membres d’équipage affectés à l’assistance du passager malade devront porter des équipements de protection individuelle (EPI) appropriés tels que ceux devant figurer, selon les recommandations de l’OACI, dans la trousse de prévention universelle (http://www.capsca.org/CAPSCARefs.html) pour s’occuper des voyageurs et pour les procédures de nettoyage à bord éventuellement nécessaires

La possibilité de transmission aux autres passagers et à l’équipage à bord de l’aéronef devra être évaluée par les prestataires de soins à l’arrivée. Si les investigations concluent que le passager présente des symptômes compatibles avec une maladie à virus Ebola et a encouru un risque d’exposition dans des pays touchés au cours des 21 derniers jours, les passagers et membres d’équipage peuvent se trouver en situation de risque s’ils ont été en contact direct avec des fluides corporels ou des objets fortement contaminés.

Les mesures épidémiologiques suivantes devront être envisagées en fonction de la proximité avec le cas indicateur.

  • Passagers et membres d’équipage pour lesquels un contact direct a été rapporté
    Pour collecter cette information, tout enregistrement des événements significatifs intervenus sur le vol devra être obtenu auprès de la compagnie d’aviation. Les compagnons de voyage et les membres d’équipage signalant un contact direct avec le cas indicateur devront faire l’objet d’une recherche des contacts.
  • Passagers occupant un siège adjacent à celui du cas indicateur
    Les contacts directs constituant la principale voie de transmission du virus Ebola, seuls les passagers occupant un siège adjacent à celui du cas indicateur, à côté, devant ou derrière lui, et éventuellement de l’autre côté d’une aile, devront faire l’objet d’une recherche des contacts.
  • Personnel de nettoyage de l’aire de l’aéronef touchée
    Si le cas est suspecté ou diagnostiqué après avoir quitté l’aéronef, le membre du personnel ayant nettoyé cette aire de l’aéronef et le siège occupé par le cas indicateur devra faire l’objet d’une recherche des contacts.

À la demande de l’autorité sanitaire aéroportuaire ou portuaire, la compagnie d’aviation peut aussi demander à certains ou à la totalité des passagers de fournir des informations sur leur itinéraire et leurs coordonnées lorsqu’il y a une raison particulière de croire qu’ils aient pu être exposés à l’infection à bord de l’aéronef (par le biais du formulaire de localisation de passager pour la santé publique de l’OACI, par exemple) 1. En outre, les pays peuvent envisager d’imposer aux responsables de l’aéronef arrivant de remplir et soumettre la partie sanitaire de la déclaration générale d’aéronef (dans les cas où les informations ne sont pas communiquées à l’aéroport d’arrivée pendant le vol) concernant les personnes à bord atteintes de maladies transmissibles ou sources d’infection (RSI, annexe 9).

Le niveau spécifique d’exposition des passagers, membres d’équipage et membres du personnel de nettoyage identifiés par la recherche des contacts devra être évalué. Une autosurveillance passive de la température (prise de la température seulement si l’on se sent fiévreux) et des symptômes ou une autosurveillance active (prise de la température régulièrement deux fois par jour par exemple) pour les personnes encourant un risque important devra être poursuivie pendant 21 jours.

Ces mesures devront aussi être envisagées si un individu ayant présenté des symptômes pendant le vol est identifié comme un cas suspect de maladie à virus Ebola à l’arrivée.

Références

3.3. Recommandations à l’intention des navires

Si un passager présente des symptômes compatibles avec la maladie à virus Ebola (fièvre, faiblesse, douleurs musculaires, céphalées, mal de gorge, vomissements, diarrhée, saignements) à bord d’un navire, il faut immédiatement appliquer les précautions suivantes.

  • Maintenir fermées les portes de sa cabine si ce passager n’est pas placé dans un local médical d’isolement à bord;
  • Fournir des informations sur le risque de transmission du virus Ebola aux personnes qui s’occuperont de lui ou pénétreront dans la zone d’isolement;
  • Tenir une liste de toutes les personnes ayant pénétré dans la cabine.
  • Toute personne entrant dans la cabine pour prodiguer des soins à la personne en isolement ou pour nettoyer les lieux doit porter des EPI et notamment:
    • un masque chirurgical et une protection oculaire ou un écran facial;
    • des gants d’examen ou chirurgicaux non stériles;
    • une blouse imperméable jetable pour couvrir les vêtements et la peau découverte. Il convient de porter un tablier étanche à l’eau par-dessus la blouse si elle n’est pas imperméable ou si l’on doit entrer en contact étroit avec la personne en isolement;
  • Avant de quitter l’isolement, retirer les EPI de manière à éviter tout contact avec les éléments souillés et toute zone du visage.
  • Limiter les mouvements et les transports du patient hors de sa cabine aux seules fins essentielles. Si un transport est nécessaire, le malade devra porter un masque chirurgical.
  • Nettoyer et désinfecter les déversements sans pulvériser ou créer d’aérosol. Les draps, vêtements, couverts et linges usagés et tout autre objet entré en contact avec les fluides corporels du malade devront être collectés séparément et désinfectés en évitant toute création d’aérosol, tout contact avec des personnes ou toute contamination de l’environnement. On dispose d’un désinfectant efficace avec l’hypochlorite de sodium dilué à 0,05 ou de façon à obtenir 500 ppm de chlore disponible, en appliquant un temps de contact recommandé de 30 minutes.
  • Tous les déchets produits dans la cabine d’isolement devront être manipulés conformément au protocole applicable aux déchets cliniques à bord du navire Si un incinérateur est disponible à bord, ces déchets devront être incinérés. S’ils doivent être débarqués, des précautions spéciales s’imposent et l’autorité portuaire doit être informée avant la livraison des déchets.
  • Débuter l’investigation des cas immédiatement. Le port d’équipement de protection n’est pas nécessaire lorsqu’on interroge des personnes asymptomatiques, à condition de se maintenir à une distance d’un mètre de ces personnes.
  • Il convient d’identifier les contacts proches et de leur demander d’effectuer une autosurveillance passive de leur température (en ne mesurant celle-ci que lorsqu’ils se sentent fiévreux, par exemple) et de leurs symptômes, ou une autosurveillance active (prise régulière de la température, deux fois par jour pendant 21 jours, par exemple)

Lorsqu’on suspecte qu’un malade doit être diagnostiqué comme atteint de la maladie à virus Ebola à bord d’un navire, il convient de solliciter immédiatement un avis médical d’expert et l’événement doit être signalé par le capitaine dès que possible à la prochaine escale.

Le malade devra être débarqué en évitant tout contact avec des voyageurs en bonne santé et en lui faisant porter un masque chirurgical. Le personnel en contact avec lui pendant l’évacuation médicale devra porter un masque de protection chirurgical et des EPI.

L’autorité compétente au niveau du port peut, en fonction de la situation, devoir organiser: l’évacuation médicale ou prendre des dispositions spéciales pour le débarquement et l’hospitalisation du malade et le diagnostic en laboratoire.

Le niveau d’exposition spécifique des passagers, des membres d’équipage et des membres du personnel de nettoyage identifiés par la recherche des contacts devra être évalué. Pour les personnes encourant un risque important, une autosurveillance passive de la température (prise de la température seulement si l’on se sent fiévreux) et des symptômes ou une autosurveillance active (prise de la température régulièrement deux fois par jour, par exemple) devra être poursuivie pendant 21 jours.

À la demande d’une autorité sanitaire portuaire de l’État d’accueil, les exploitants du navire devront aussi faciliter l’obtention, auprès de certains ou de tous les passagers, d’informations détaillées sur leur itinéraire et de leurs coordonnées (au cas où il faudrait les contacter) s’il existe une raison particulière de croire qu’ils aient pu être exposés à l’infection à bord du navire. En outre, les pays peuvent envisager d’imposer aux responsables des navires arrivants de remplir et déposer une déclaration maritime de santé (RSI, annexe 8). Il convient de consigner les mesures prises à bord sur le certificat de contrôle sanitaire de navire (RSI, annexe 3)


1Formulaire de localisation de passager pour la santé publique de l’IACO, annexe 9 appendice 13 http://www.icao.int/safety/aviation-medicine/Pages/guidelines.aspx

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