Macroéconomie et Santé

Lettre d'information Macroéconomie et Santé

No 10, août 2004

Augmenter les investissements consacrés à la santé et renforcer les systèmes sanitaires axés sur les soins de santé primaires

Au cours des dernières décennies, les pays de la région Asie du Sud-Est ont accompli d’importants progrès dans le domaine de la santé. On peut toutefois regretter que ces avancées n’aient guère profité aux pauvres et aux personnes vulnérables. Le développement économique n’a pas permis la réalisation des objectifs nationaux et mondiaux en matière de santé. Les problèmes sanitaires sont nombreux, notamment le paludisme pharmacorésistant dont on estime qu’il représente une menace pour 500 millions de personnes dans la région, où l’on recense également 40 % des cas de tuberculose enregistrés dans le monde. La charge morbide est double, en raison de l’incidence croissante des maladies non transmissibles et des maladies transmissibles. La propagation du VIH/SIDA s’accroît rapidement et le virus a touché environ 6 millions de personnes. Les dépenses de santé publique par habitant sont très faibles, mais ce n’est là qu’un problème parmi d’autres. Il arrive fréquemment que des personnes tombent dans la pauvreté suite à des dépenses de santé ruineuses.

Lorsque je suis entré en fonction, en mars dernier, j’ai indiqué quelles seraient les grandes lignes de ma politique en matière de santé. Il m’a semblé nécessaire, notamment, de résoudre le problème des inégalités en matière de santé, d’assurer des services de base pour tous, en particulier les personnes démunies, et d’inscrire la santé au cœur du développement. La réalisation de ces objectifs, ainsi que des Objectifs du Millénaire pour le Développement, passe par le renforcement des systèmes de santé. Il faut investir davantage dans le domaine de la santé, ainsi que le recommande la Commission Macroéconomie et Santé (CMS) afin de pouvoir donner plus d’ampleur aux interventions sanitaires essentielles.

Plusieurs pays de la région mettent en œuvre l’approche Macroéconomie et Santé de l’OMS, ce qui a permis de polariser l’attention des dirigeants sur l’importance de la santé dans le développement socio-économique et favorise l’élaboration de politiques de santé en faveur des plus pauvres. Ce processus contribue au renforcement du système national de planification sanitaire, favorise un accès équitable à des soins de santé de qualité, et permet de nouer des partenariats plus efficaces. Le Bureau régional continuera d’apporter l’aide souhaitée aux pays qui travaillent à la mise au point d’un plan national d’investissement sanitaire.

En avril 2004, la Conférence OMS Macroéconomie et Santé organisée par la Asian Civil Society au Sri Lanka a réuni environ 60 représentants d’organisations non gouvernementales nationales et internationales exerçant leurs activités dans les régions Asie du Sud-est et Pacifique occidental de l’OMS. Les gouvernements des pays concernés y étaient également représentés. Les participants ont essayé de déterminer de quelle manière les organisations de la société civile pourraient apporter leur concours en vue d’améliorer la situation sanitaire des plus pauvres.

De fait, les obstacles à surmonter sont considérables. Mais nous tous - l’OMS, ses Etats membres, ses partenaires dans le domaine du développement et les autres acteurs concernés – avons la détermination et les ressources qui nous permettront de faire de ces obstacles de véritables tremplins. Lors de la 9e réunion des ministres de la santé des pays de notre région, réunion qui s’est tenue à New Delhi en juillet 2004, je me suis exprimé comme suit: « La Commission Macroéconomie et Santé nous a fourni la preuve de ce que l’augmentation des investissements consacrés à la santé favorise effectivement le développement économique et social. Il nous revient de persuader nos dirigeants d’allouer davantage de ressources à la promotion de la santé, étant donné qu’il s’agit là d’un investissement des plus rentables pour tous les pays concernés.

Je suis convaincu que les Etats membres de notre région vont faire tout leur possible pour consacrer à la santé des investissements plus importants, afin de garantir un avenir plein de santé à leurs citoyens. Nous nous réjouissons à la perspective d’une collaboration inter-régionale dans ce domaine si important.

Docteur Samlee Plianbangchang
Directeur régional de l’OMS pour la région Asie du Sud-Est

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L’Inde s’engage à investir davantage dans le secteur de la santé

En juin 2004, le président de l’Inde, A.P.J Abdul Kalam, a annoncé que le gouvernement de son pays prévoyait au cours des cinq prochaines années de relever de 0,9 % à plus de 2 % du PIB le montant des ressources publiques allouées à la santé publique. Il a précisé que ces fonds supplémentaires seraient affectés aux soins de santé primaire. Cette déclaration vient confirmer d’autres premiers signes tendant à prouver que le gouvernement du pays, récemment formé et dirigé par le premier ministre Manmohan Singh, est fermement résolu à investir dans la santé des plus démunis. Lors d’une allocution prononcée en sa qualité de premier ministre, M. Singh a affirmé que la lutte contre la pauvreté serait l’une des priorités de son gouvernement, et qu’il ferait le nécessaire pour que les besoins des pauvres soient dûment pris en compte dans le programme de réforme économique.

Etant l’un des premiers membres de la Commission Macroéconomie et Santé, M. Singh a joué un rôle décisif dans la formulation des recommandations du rapport 2001 de la Commission. Celle-ci a insisté sur le rôle majeur de la santé dans le développement économique et a prié instamment les pays en développement et les pays développés d’accroître les ressources financières consacrées à la santé, en particulier en faveur des segments les plus démunis de la population. Ministre des finances de 1991 à 1996, M. Singh a créé les conditions propices à une rapide croissance économique en s’attachant à redéfinir le rôle du gouvernement. Il prône notamment des réformes favorables au développement des entreprises, mais souhaite toutefois que l’Etat conserve d’importantes prérogatives dans des domaines comme l’éducation et les soins de santé de base. L’engagement de son gouvernement revêt une importance toute particulière dans un pays où les pouvoirs publics ne consacrent actuellement que peu de fonds au secteur de la santé et où les particuliers doivent assumer une part importante des dépenses de santé.

En Inde, l’action Macroéconomie et Santé progresse visiblement. En 2003, le gouvernement de l’Inde a décidé de créer une Commission nationale temporaire Macroéconomie et Santé. La sous-commission technique de cet organe prévoit de répertorier les principales questions intéressant l’Inde - évaluation des mécanismes actuels de financement de la santé, examen des possibilités de mobiliser des ressources supplémentaires, détermination du coût d’un ensemble de services essentiels de santé, définition du rôle des secteurs public et privé dans la fourniture de ces services. Les résultats de ces activités feront l’objet d’un rapport qui sera intégré aux données du plan national d’investissement sanitaire.

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