Macroéconomie et Santé

Lettre d’information Macroéconomie et Santé

N° 4 Mai 2003

LE SRAS PRELEVE UN LOURD TRIBUT DANS TOUTE LA CHINE

Tandis que le SRAS se transmet d’une personne à l’autre et d’un endroit à l’autre, la maladie provoque une catastrophe économique. Les dépenses du secteur de la santé sont montées en flèche depuis que des mesures coûteuses ont été adoptées dans l’ensemble du pays : création d’un nouvel hôpital pour les malades du SRAS, de dispensaires pour les cas fébriles et d’un réseau de postes de surveillance et de défense à Beijing et dans d’autres provinces. Entre-temps, le virus se propage lentement dans les zones rurales appauvries de l’intérieur du pays, où le public connaît mal les risques du SRAS et où le système de soins de santé, négligé depuis longtemps, ne sera peut-être pas capable de faire face à une épidémie. La Chine n’a pas suffisamment investi dans le domaine de la santé au cours des vingt dernières années et le système de santé est mal préparé à affronter des maladies telles que le SRAS.

Depuis la première apparition du SRAS en Chine, il y a quatre mois, l’OMS a aidé le Gouvernement à évaluer la menace de la maladie, apportant directement aux autorités ses compétences techniques et donnant immédiatement des conseils sur l’identification, la prévention et l’endiguement de l’épidémie. En outre, l’OMS a proposé au Gouvernement des solutions à plus long terme en vue de renforcer le système de santé et d’accroître le financement en matière de santé afin de neutraliser les risques sanitaires existants et émergents. L’une de ces solutions est une stratégie permettant d’assurer durablement la croissance économique par des investissements dans la santé, ainsi qu’il est recommandé dans le rapport de la Commission Macroéconomie et Santé.

En décembre 2002, il a été démontré aux autorités chinoises que les investissements dans la santé permettent non seulement d’améliorer la santé des populations, mais aussi d’assurer un développement équitable et la croissance économique. Les responsables ont ainsi été amenés à envisager sérieusement d’étendre la couverture des services de santé indispensables, y compris les interventions sanitaires essentielles, en faveur des pauvres notamment. Cette action devrait permettre de mieux faire face aux menaces pour la santé publique, de sauver des millions de vies chaque année et de contribuer au développement économique du pays. La recherche est cruciale et porte sur les questions primordiales suivantes: définition des priorités sanitaires de la Chine par une analyse systématique de la charge de morbidité et des risques pour la santé dans différentes régions du pays; recensement des moyens de lutte contre les maladies et les risques sanitaires; calcul du coût et du financement des interventions et des services; et renforcement du système de santé pour assurer les services essentiels à la population.

La situation en Chine représente à la fois un formidable enjeu et une occasion exceptionnelle à saisir. En investissant davantage dans la santé et en renforçant le système de santé publique, on pourra mieux faire face à des maladies mortelles comme le SRAS, affronter les pathologies prioritaires de la Chine et les futurs problèmes de santé et, en fin de compte, obtenir des résultats sans précédent dans le pays.

Dr Henk Bekedam
Représentant de l’OMS en Chine

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DEBAT A L’ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE DE CETTE ANNEE SUR LES INVESTISSEMENTS DANS LA SANTE

Une séance d’information sur le thème « Accroissement des investissements dans la santé : réaction des pays au rapport de la Commission Macroéconomie et Santé » a eu lieu le 21 mai pendant la Cinquante-Sixième Assemblée mondiale de la Santé. L’exposé a été présenté par une équipe de l’OMS composée de fonctionnaires des bureaux régionaux, des bureaux de pays et du Siège. Parmi les participants figuraient des représentants des Etats Membres et de la société civile, qui ont été invités à débattre la question de l’accroissement des investissements dans la santé en faveur des pauvres du monde entier afin de sauver des millions de vies, d’assurer la croissance économique et de réduire la pauvreté. Les participants ont été informés des progrès accomplis par les Régions et les pays dans le renforcement des liens entre macroéconomie, développement et action de santé, et de l’état d’avancement des plans visant à incorporer l’amélioration des résultats sanitaires dans les stratégies nationales de développement.

Une autre réunion d’information technique sur le thème « Politiques de santé favorables aux pauvres en vue de la réalisation des objectifs de développement de la Déclaration du Millénaire : éléments et outils nationaux » a également eu lieu le 21 mai. Elle a permis de faire le point des premiers éléments dont dispose l’OMS sur l’efficacité des différentes politiques et interventions, afin d’améliorer les résultats pour la santé des plus pauvres et de réduire le fossé en matière de santé entre pauvres et non-pauvres dans les pays en développement.

CONSULTATION MONDIALE SUR LA MACROECONOMIE ET LA SANTE

La Deuxième Consultation sur les réactions mondiale et nationales au rapport de la Commission Macroéconomie et Santé aura lieu à Genève du 28 au 30 octobre 2003. Convoquée par le Siège de l’OMS avec le soutien actif des bureaux régionaux et de pays, la réunion offrira une importante occasion d’examiner les moyens les plus efficaces d’accroître les investissements dans la santé. Des représentants principaux des pays informeront les participants des progrès réalisés par les pays en liant la santé aux processus de réduction de la pauvreté et au développement économique, échangeront des données d’expérience novatrices et débattront de questions d’intérêt commun.

NOUVELLE PUBLICATION DE L’OMS

L’OMS a récemment publié une nouvelle brochure intitulée Investir dans la santé : résumé des conclusions de la Commission Macroéconomie et Santé. Cette nouvelle publication expose les principales conclusions et recommandations du rapport de la Commission et indique comment certains pays progressent en examinant les priorités de l’action sanitaire et les investissements nécessaires pour obtenir de meilleurs résultats sanitaires et conserver ces acquis. Les premiers exemplaires de la publication ont été distribués à l’Assemblée mondiale de la Santé. La brochure peut être téléchargée à partir du site http://www.who.int/macrohealth/documents/ On peut se procurer des exemplaires de cette publication à l’adresse électronique suivante: publications@who.int

LANCEMENT EN MAI 2003 DU SITE WEB DE L’OMS MACROECONOMIE ET SANTE

Le nouveau site Web de l’OMS Macroéconomie et Santé a été lancé en mai 2003. Ce site fournira des informations détaillées sur les travaux de l’OMS dans le domaine de la macroéconomie et de la santé et sur les dernières activités entreprises dans les pays ; il proposera en outre des liens avec des sites apparentés et avec le rapport de la Commission et les rapports de son groupe de travail. Les documents et rapports publiés peuvent être téléchargés à partir du site. Pour faire en sorte que ce site devienne un moyen d’échanger des idées, des informations et des nouvelles, les lecteurs sont encouragés à communiquer leurs opinions et leurs travaux sur la macroéconomie et la santé. Pour plus de renseignements, prière de consulter le site http://www.who.int/macrohealth/

PAUVRETE ET SANTE : LIGNES DIRECTRICES

L’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE) et l’OMS ont récemment publié conjointement un document sur la pauvreté et la santé dans la série Lignes directrices et ouvrages de référence du CAD. Ce document de référence consacré à la santé et à la pauvreté dans les pays en développement élargit l’analyse présentée dans les Lignes directrices du CAD pour la réduction de la pauvreté. Les recommandations qui y sont formulées s’adressent aux agents des organismes d’aide qui sont chargés d’élaborer des programmes et de les mettre en oeuvre. Le document fournit un cadre d’action au sein du système de santé, et au-delà de celui-ci, en exposant les politiques appliquées dans d’autres secteurs et diverses initiatives mondiales. Il propose une approche de la santé favorable aux pauvres, qui:

  • privilégie la promotion, la protection et l’amélioration de la santé des pauvres;
  • intègre le développement de systèmes de santé favorables aux pauvres, s’appuyant sur des mécanismes de financement équitables;
  • englobe des mesures dans divers domaines qui exercent une influence déterminante sur l’état de santé des pauvres, notamment l’éducation, la nutrition, l’approvisionnement en eau et l’assainissement;
  • imprègne les stratégies de lutte contre la pauvreté et les programmes pour le secteur de la santé placés sous la conduite des pays intéressés eux-mêmes;
  • tient compte des objectifs afférents à l’offre de biens publics mondiaux et à la cohérence des politiques dans des domaines comme la surveillance de la santé publique, la recherche-développement concernant les maladies liées à la pauvreté, la politique commerciale en matière de médicaments et de vaccins, et les migrations.

Pour plus de renseignements sur le Comité d’Aide au Développement (CAD), prière de consulter le site http://www.oecd.org/EN/about/0,,EN-about-notheme-2-no-no-no-0,00.html On peut se procurer les Lignes directrices à l’adresse électronique suivante: http://www.oecd.org/EN/document/0,,EN-document-notheme-2-no-15-40344-0,00.html

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