Macroéconomie et Santé

Lettre d’information Macroéconomie et Santé

No. 6 Octobre 2003

Réunion des pays africains sur le thème Macroéconomie et Santé

L’atelier interpays de l’OMS qui s’est tenu à Addis Abeba (Ethiopie), en août 2003, a rassemblé quatorze pays africains autour du thème Macroéconomie et Santé. Les questions du renforcement de l’engagement politique en faveur de la santé et de la planification de l’action nationale en vue d’améliorer l’efficacité des systèmes de fourniture de soins de santé ont été au coeur des débats de cet atelier qui a été organisé par le Bureau régional OMS de l’Afrique, avec l’appui dynamique du bureau éthiopien et du Siège de l’OMS.

Cette réunion arrive à point nommé alors que la nécessité d’un engagement politique accru et le besoin de ressources supplémentaires pour la santé n’ont jamais été aussi pressants. Selon le ministre de la santé du pays hôte, les pays d’Afrique subsaharienne auront énormément de difficultés à mobiliser des ressources pour la santé tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leurs frontières, mais cela ne devrait pas dissuader les gouvernements de passer à l’action. Le ministre a souligné l’importance de la santé dans le développement et la nécessité d’une action coordonnée de tous les secteurs pour alléger la charge de morbidité. Les participants ont reconnu que l’optique Macroéconomie et Santé pouvait être utile pour examiner les priorités sanitaires dans le contexte élargi du développement de chaque pays et que, de plus, elle pouvait aider à mobiliser des ressources en mettant en évidence de nouvelles méthodes et de financement du secteur de la santé et de nouveaux moyens d’améliorer l’efficacité des soins de santé. Ces efforts seront indispensables pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les cibles qui ont été fixées par le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).

Les débats ont mis en lumière les difficultés que l’approche Macroéconomie et Santé pour certains pays. Les participants ont souligné l’importance de commencer par un travail énergique de sensibilisation au sein du gouvernement et dans tous les secteurs pour renforcer la volonté et l’engagement politiques en faveur de la santé. Il faudra ensuite renforcer les capacités institutionnelles et celles des systèmes de santé afin d’adapter les investissements dans la santé aux besoins des pauvres qui sont encore laissés pour compte à ce jour. L’action Macroéconomie et Santé doit être associée à des processus en cours comme la réforme du secteur de la santé et les stratégies de réduction de la pauvreté, les programmes sanitaires et autres initiatives nationales. Enfin, une bonne coordination entre les gouvernements, les partenaires de développement, les banques et les institutions, y compris l’OMS, servira à améliorer la prévisibilité des ressources et à accélérer le développement sanitaire dans les pays.

La réunion éthiopienne a démontré l’intérêt que les pays africains portent à la santé et leur engagement à lui accorder un rang de priorité plus élevé dans leurs programmes politiques. La consultation mondiale qui doit se tenir en octobre offrira une nouvelle occasion de consolider le rôle de la santé dans le développement et de commencer à planifier les activités Macroéconomie et Santé. La machine est en route.

Dr. Luis G. Sambo
Directeur de l’administration des programmes
Bureau régional OMS de l’Afrique

PLEIN FEUX … PLEIN FEUX … PLEIN FEUX …

Réunion Macroéconomie et Santé dans la région de la méditerranée orientale

Au cours de l’année écoulée, le Bureau régional OMS de la méditerranée orientale a apporté son soutien aux pays de la région qui étudient de nouvelles modalités d’investissement dans la santé pour faire face à leurs besoins en matière de santé et de développement. Dans cette optique, il a organisé deux réunions consultatives à Fez (Maroc) en juin 2003. La première visait à formuler une stratégie régionale de développement durable de la santé et de réduction de la pauvreté, afin de disposer d’une base solide pour promouvoir les activités Macroéconomie et Santé dans la Région. L’élaboration de cette stratégie régionale est une tentative de mettre à profit l’expérience de la Région en matière d’initiatives macro-économiques en créant de vastes partenariats. La seconde s’est inspirée des thèmes dégagés au cours de la première pour examiner l’application des concepts du rapport de la Commission Macroéconomie et Santé (CMS) dans le contexte sanitaire et économique des pays.

Plus de 35 hauts fonctionnaires des ministères de la santé, des finances et de la planification et responsables des bureaux de l’OMS à Djibouti, dans la République islamique d’Iran, en Jordanie, au Pakistan, au Soudan, au Yémen et à Oman ont participé à la seconde réunion pour examiner comment les concepts macroéconomie et santé peuvent s’appliquer à leur pays et prévoir un certain nombre de mesures pour progresser dans cette voie. Des plans d’action nationaux ont été préparés mettant l’accent sur la manière de mobiliser un appui politique de haut niveau et développer des plans d’investissement multisectoriels, à long terme dans la santé. Les participants ont notamment relevé la nécessité de tirer les leçons des efforts déjà déployés en faveur du développement durable et d’en tenir compte dans les plans d’investissement dans le secteur sanitaire. Ils ont estimé que les activités Macroéconomie et Santé devraient mettre l’accent sur les dimensions stratégiques de la politique sanitaire et recenser plusieurs secteurs prioritaires à porter à l’attention des décideurs. Ils ont aussi soulevé plusieurs aspects techniques, évoquant le rôle de l’OMS dans le cadre de l’action Macroéconomie et Santé et les prochaines étapes à franchir. Pour de plus amples renseignements sur la réunion veuillez consulter le site: http://www.who.int/macrohealth/events/emro_cmhplan/en.

Bilan des progrès accomplis dans les pays de l’Asie du Sud-est

Le Bureau régional de l’OMS de l’Asie du Sud-est a organisé en 2003 la troisième et dernière d’une série de réunions régionales sur l’action Macroéconomie et Santé. Cette réunion, qui s’est tenue à New Delhi, fin août, a réuni des représentants des ministères de la santé, des finances et de la planification et des bureaux de l’OMS au Bangladesh, au Bhoutan, en Inde, en Indonésie, aux Maldives, au Myanmar, au Népal, à Sri Lanka, en Thaïlande et au Timor oriental. Elle avait pour objectif de faire le bilan des progrès réalisés dans ces pays dans l’application de la stratégie Macroéconomie et santé et de recenser les mesures nécessaires, y compris l’appui de l’OMS pour progresser encore dans cette voie. Les participants ont aussi examiné les modalités de leur contribution à la Consultation mondiale d’octobre 2003.

Le Dr Uton Muchtar Rafei, Directeur régional du Bureau OMS de l’Asie du Sud-Est, a ouvert la réunion en soulignant l’importance d’un engagement politique des gouvernements et d’une coopération multisectorielle pour améliorer la situation sanitaire, en particulier des pauvres. Les participants ont décidé que l’action Macroéconomie et Santé devait être dirigée depuis les pays et associée aux structures, mécanismes et processus existants. Il fallait continuer de promouvoir les concepts afin de réunir un consensus national sur la place centrale que la santé devait occuper dans le développement et sur l’importance d’une approche plurisectorielle des investissements sanitaires. L’OMS et ses partenaires doivent mettre leurs compétences techniques au service des pays pour le développement d’un potentiel national en la matière et le renforcement des institutions.

L’action Macroéconomie et Santé examinée par les pays dans le cadre d’une réunion du Comité régional

L’atelier inter-pays qui s’est tenu en août en Ethiopie (voir page de couverture) a permis à la 53e session du Comité régional de l’OMS tenue à Johannesburg en septembre 2003 de franchir une nouvelle étape dans la promotion des concepts Macroéconomie et Santé . A l’issue d’un exposé sur le thème de l’action Macroéconomie et Santé en Afrique, les ministres de la santé qui ont participé à cette session ont tous reconnu l’importance de ces concepts et adopté une résolution à ce sujet. Ils ont décidé que des rapports seraient présentés chaque année à chaque session du Comité régional sur les activités entreprises dans ce domaine à l’échelon des pays. Ils ont fait observer que les activités Macroéconomie et Santé devaient être propres à chaque pays et initiées par ces derniers et qu’un consensus devait être recherché sur ces concepts au sein du ministère de la santé avant d’en référer aux autres ministères.

Au cours de la session, les participants ont estimé que les pays devaient intensifier leurs efforts pour faire en sorte que le budget de la santé représente 15% du budget national, conformément aux recommandations formulées dans la Déclaration d’Abuja en 2001. A cette fin, ils ont recommandé que soient effectuées des études démontrant la nécessité d’augmenter les investissements dans la santé. Ils ont aussi relevé la nécessité d’une participation accrue du secteur privé au financement et à la fourniture des services de santé, compte tenu du besoin urgent de ressources et souligné qu’il fallait se préoccuper sérieusement de la question de l’allégement de la dette. Ils ont par ailleurs fait valoir qu’un accord était nécessaire entre les institutions du systèmes des Nations, Unies, la Banque mondiale et le Fond monétaire international pour que les politiques d’ajustment structurel ne viennent pas contrecarrer les efforts déployés pour développer les services de santé.

La contribution de l’OMS dans ce domaine consistera notamment à aider à définir la relation entre les stratégies de réduction de la pauvreté et les activités Macroéconomie et Santé . Elle offrira l’appui technique et financier nécessaire à cette fin et aidera à promouvoir et diffuser les concepts et les messages.

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