Macroéconomie et Santé

Lettre d’information Macroéconomie et Santé

No 8, mars 2004

Préserver et renforcer le système de santé au Sri Lanka

Des réformes majeures touchant à la macroéconomie et aux services sociaux sont prévues au Sri Lanka. Malgré des progrès impressionnants de ses indicateurs de santé, allongement de l’espérance de vie et diminution de la mortalité maternelle et infantile par exemple, le pays se trouve confronté aujourd’hui à des difficultés économiques qui remettent en cause sa capacité à préserver et à améliorer les performances de son système de santé, notamment en raison de l’insuffisance actuelle des dépenses consacrées à ce secteur. Dans le cadre du document stratégique pour la réduction de la pauvreté (DSRP) et Vision 2010 – qui énoncent une stratégie de développement économique appelant une croissance annuelle durable de 7 à 9 % du PIB, le Sri Lanka a produit des documents politiques sur les questions de macroéconomie, de santé et de pauvreté. La Commission nationale Macroéconomie et Santé joue un rôle complémentaire important en dirigeant la mise au point d’une politique nationale de santé favorable aux pauvres.

Les travaux de recherche menés dans le cadre de ces initiatives demandent une meilleure planification des ressources humaines et des efforts pour décentraliser le secteur de la santé au Sri Lanka. Autre point important, ils soulignent le besoin d’augmenter les dépenses de santé qui ne représentaient en 2001 que 3,6 % du PIB. Cette part, déjà trop faible pour couvrir tous les besoins actuels, ne permettra en aucun cas de faire face à la double augmentation de la charge de morbidité imputable d’une part aux maladies transmissibles et d’autre part aux maladies non transmissibles. Les sommes que le Sri Lanka pourra investir dans le secteur de la santé dépendront cependant en grande partie du taux de croissance économique.

Devant les problèmes épidémiologiques et financiers, le Conseil national du Sri Lanka pour la Santé s’est tourné vers la Commission nationale Macroéconomie et Santé pour trouver un soutien en matière d’orientation politique, d’identification des domaines prioritaires d’intervention et de dispositifs pour le contrôle, l’évaluation et l’exécution des activités dans le secteur de la santé. Actuellement, la Commission complète le DSRP, Vision 2010 et les efforts pour atteindre les OMD en proposant une orientation politique pour le développement de l’élément humain dans les plans nationaux. La Commission a demandé la réalisation d’un rapport intitulé « Initiatives de Macroéconomie et Santé au Sri Lanka », dans lequel sont examinées plusieurs stratégies pour financer la santé, notamment la faisabilité de l’assurance privée, du financement communautaire et de taxes destinées à des affectations spéciales. Elle continue de diffuser les principales constatations du Rapport de la CMS, en particulier que l’investissement dans la santé conditionne le développement socio-économique.

M. P. Dayaratna
Ministre de la Santé, de la nutrition et des affaires sociales

PLEINS FEUX SUR UN PAYS ..... PLEINS FEUX SUR UN PAYS

Macroéconomie et Santé: de grands progrès au Népal

Le Ministère népalais de la Santé, des hauts représentants de divers ministères népalais, l’OMS et des organismes donateurs se sont réunis en janvier 2004 pour parler des principales conclusions d’une analyse globale Macroéconomie et Santé et ont convenu de travailler à la préparation d’un plan national d’investissement dans la santé. Ils ont observé que, si le Népal s’était bien doté d’une politique favorables aux pauvres, il fallait davantage mettre l’accent sur des interventions sanitaires destinées aux pauvres et consacrer plus de ressources à la santé. Il y avait parmi les participants, le chef de l’unité Economie et financement de la Santé au sein du Ministère de la Santé, les principaux membres du Sous-comité népalais Macroéconomie et Santé et le représentant de l’OMS au Népal.

L’analyse de la situation a établi que le Népal avait une structure administrative bien développée de plus en plus décentralisée et a décrit un certain nombre de progrès importants : détermination des services de santé essentiels et établissement de leur coût, création de comptes nationaux pour la santé. On signale un appui solide de la part des donateurs pour le renforcement du système de santé au Népal. Il existe néanmoins de fortes disparités dans les principaux indicateurs socio-économiques pour les populations vivant dans des zones éloignées, un nombre insuffisant d’agents de santé dans les régions rurales et un secteur privé croissant et non réglementé. Les autorités centrales ne dépensent environ que $3 par habitant pour la santé et le budget de la santé a moins augmenté que le budget général ces dernières années. Dans le même temps, les frais à la charge de l’usager et les taxes dégressives pèsent de manière injuste sur les pauvres ; le PIB n’était en 2003 que de $238 par habitant.

En plus d’augmenter de manière importante le financement national et externe, l’analyse propose de promouvoir les paiements anticipés des dépenses de santé et des mesures pour limiter les frais à la charge de l’usager. L’Organisation internationale du Travail a entrepris récemment une mission au Népal pour analyser la faisabilité d’une assurance sociale comme mécanisme de paiement anticipé. Compte tenu du morcellement du Népal, il a été décidé de prendre les districts comme unité de travail et de dresser le profil de santé et de pauvreté pour chacun d’eux. Ces profils serviront à orienter les plans locaux de santé sur les interventions essentielles destinées aux pauvres. Des actions de sensibilisation sont prévues, notamment l’organisation d’une réunion nationale pour diffuser les principaux messages relatifs au thème Macroéconomie et Santé.

Une consultante de l’Institut Royal des Tropiques d’Amsterdam s’est rendu au Népal à la mi-décembre 2003 pour participer à l’évaluation initiale du système de santé et du financement de la santé, ainsi que pour présenter l’approche « macroéconomie et santé » en tant que moyen de mobiliser des ressources supplémentaires en faveur de la santé. Elle a travaillé avec la commission népalaise Macroéconomie et Santé, qui a été créée en 2002 dans le cadre du Comité pour le développement durable et se compose d’une équipe centrale de trois membres venant du Ministère des Finances, du Ministère de la Santé et de la Commission du Plan.

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