Paludisme

Élimination du paludisme - tour d'horizon

L’élimination du paludisme est caractérisée par l’interruption permanente de la transmission locale du paludisme transmis par les moustiques, c’est à-dire l’abaissement à zéro de l’incidence de l’infection palustre dans une zone géographique donnée. Pour un pays, l’élimination de la maladie est le but ultime de la lutte antipaludique. Après l’élimination, il faut continuer à prendre des mesures pour éviter la reprise de la transmission. L’ éradication du paludisme se définit comme la réduction permanente à zéro de l’incidence mondiale de l’infection palustre causée par une espèce particulière de parasite.

À l’heure actuelle, huit des 97 pays où la transmission perdure sont considérés par l’OMS comme étant dans la phase de pré-élimination du paludisme. Il s’agit de l’Algérie, de l’Arabie saoudite, de l’Azerbaïdjan, de l’Iran, de la République de Corée, du Sri Lanka, du Tadjikistan et de la Turquie. Onze pays sont dans la phase de pré-élimination et sept autres s’emploient à éviter la réintroduction de la maladie. Ces dernières années, quatre pays ont été certifiés par l’OMS comme ayant éliminé le paludisme: les Émirats arabes unis (2007), le Maroc (2010), le Turkménistan (2010) et l’Arménie (2011).

Un engagement politique continu, des ressources en suffisance et des partenariats efficaces sont nécessaires au succès des programmes d’élimination du paludisme.

Vers l’élimination du paludisme

Un pays acquiert le statut de pays exempt de paludisme en quatre phases programmatiques distinctes: la maîtrise, la phase de pré-élimination, l'élimination, et la prévention de la réintroduction de la maladie. Chaque phase est définie par un ensemble d’interventions programmatiques nécessaires pour la prévention, le traitement, la surveillance, le suivi et l’évaluation, et pour le renforcement des systèmes de santé.

Chaque année, le Rapport sur le paludisme dans le monde présente un classement des pays par phase programmatique de l’élimination. Le passage d’un stade à l’autre est déterminé par une série de critères programmatiques et épidémiologiques, et les pays peuvent choisir d’adopter une stratégie d’élimination progressive, soit par espèce de parasites, soit par zone géographique.

Pour passer de la phase de la maîtrise de la maladie à celle de son élimination, il faut actualiser les stratégies. Le principal objectif de la lutte antipaludique est de réduire le nombre de cas et de décès en rendant les méthodes de prévention, les tests de diagnostic et le traitement accessibles à l’ensemble de la population à risque. Lors de la phase d’élimination, le paludisme n’est plus considéré comme un problème de santé publique important et les programmes se concentrent sur la réduction de la transmission du paludisme dans quelques régions données. À ce stade, les interventions consistent essentiellement à déceler tous les cas de paludisme, à prévenir la transmission ultérieure, à maîtriser les foyers de paludisme et à prendre en charge les cas importés.

Pour limiter le plus possible la période d’opérations intenses sur le terrain, l’élimination du paludisme est généralement entreprise sous la forme d’un programme limité dans le temps. Même dans des conditions opérationnelles idéales, une période d’au moins 8 à 10 ans est nécessaire pour parvenir à éliminer la maladie dans une zone où la transmission perdure. L’importation du paludisme par des voyageurs internationaux présente un risque de reprise de la transmission, tout comme le fléchissement du soutien politique à la lutte antipaludique souvent observé quand un programme donne de bons résultats.

Registre officiel des pays exempts de paludisme

Depuis le début des années 1960, l’OMS tient un registre officiel des zones où le paludisme a été éliminé. Elle tient aussi en complément de ce registre une liste des pays dans lesquels il n’y a jamais eu de paludisme, où la maladie a disparu depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies, et où la pleine certification de l’élimination du paludisme par l’OMS n’est donc pas nécessaire. L’OMS a publié la première liste supplémentaire en 1963 et 23 pays y étaient répertoriés. La dernière liste en date est parue dans le Rapport sur le paludisme dans le monde 2012 et recense 62 pays.

Mise à jour: 16 avril 2014

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