Le paludisme chez les enfants de moins de cinq ans
Les enfants de moins de 5 ans représentent l'un des groupes les plus vulnérables touchés par le paludisme. En Afrique, environ 285 000 enfants sont morts avant d'avoir atteint leur cinquième anniversaire en 2016.
Dans les zones à forte transmission, une immunité partielle à la maladie est acquise pendant l'enfance. Dans de tels environnements, la majorité des cas de paludisme, en particulier les cas sévères progressant rapidement vers le décès, sont observés chez de jeunes enfants qui n'ont pas acquis d'immunité. Une anémie sévère, une hypoglycémie et un paludisme cérébral sont des caractéristiques du paludisme sévère plus fréquemment observé chez les enfants que chez les adultes.
L'OMS recommande l'ensemble des interventions suivantes pour la prévention et le traitement du paludisme chez les enfants:
- L'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide de longue durée (MID);
- Dans les zones de la sous-région du Sahel en Afrique où la transmission du paludisme est hautement saisonnière, la chimioprévention du paludisme saisonnier chez les enfants âgés de 3 à 59 mois;
- Dans les zones d’Afrique sub-saharienne où la transmission est d'une intensité modérée à forte, le traitement préventif intermittent des nourrissons (IPTi), sauf dans les régions où l'OMS recommande l'administration de la chimioprévention du paludisme saisonnier;
- Un diagnostic rapide et un traitement efficace des infections palustres.
Diagnostic et traitement
Comme pour tout patient, les enfants chez qui un paludisme est suspecté doivent bénéficier d'une confirmation parasitologique du diagnostic avant le début du traitement, à condition que le diagnostic ne cause pas de retard important pour le traitement.
Les dérivés à base d'artémisinine sont sûrs et bien tolérés chez les jeunes enfants. Par conséquent, le choix de la CTA sera largement déterminé par l'innocuité et la tolérance du médicament associé. Pour la plupart des antipaludiques, l'absence de formulation pédiatrique oblige à diviser les comprimés pour adultes, ce qui peut conduire à une posologie inexacte.
L’OMS recommande de nouveaux schémas posologiques ajustés pour la dihydro-artémisinine + pipéraquine chez les enfants de moins de 25 kg et pour l’artésunate par voie parentérale chez les enfants de moins de 20 kg. Pour les enfants de moins de 5 kg avec une infection par P. falciparum, l’OMS recommande un traitement avec une CTA à la même dose mg/kg de poids corporel que pour les enfants faisant 5 kg.
Traitement par voie parentérale
L'état clinique des enfants pouvant se détériorer rapidement, le seuil d'utilisation du traitement par voie parentérale doit être très bas. Des données récentes appuient l'utilisation préférentielle de l'artésunate par voie intraveineuse par rapport à la quinine ou à l'artéméther dans le traitement des enfants souffrant de paludisme sévère.
Pour les cas suspects de paludisme grave pour lesquels un traitement par voie parentérale ne peut être administré, de l’artésunate par voie rectale doit être administré et le nourrisson transféré vers un établissement une prise en charge complète du paludisme grave peut être prodiguée. Une dose unique d'artésunate par voie rectale comme prétraitement à administrer avant l'orientation réduit le risque de décès chez les enfants de moins de 6 ans.
Principaux documents
- Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2017 - principaux messages
- La prise en charge du paludisme grave – guide pratique. Troisième édition
- Recommandation de politique générale de l’OMS: Chimioprévention du paludisme saisonnier pour lutter contre le paludisme à Plasmodium falciparum en zone de forte transmission saisonnière dans la sousrégion du Sahel en Afrique
- Traitement de pré transfert du paludisme grave avec de l’artésunate par voie rectale