Santé de la mère, du nouveau-né, de l'enfant et de l’adolescent

Mortalité maternelle

Des femmes enceintes attendent dans un service de santé
OMS / MPS

Chaque jour, 1 500 femmes meurent de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. En 2005, il y a eu 536 000 décès maternels dans le monde, selon les estimations. La plupart d’entre eux surviennent dans les pays en développement et pourraient être évités. [1] L’amélioration de la santé maternelle et l’un des huit objectifs de Millénaire pour le développement (OMD) adoptés par la communauté internationale lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies. Le cinquième objectif vise à réduire le taux de mortalité maternelle de trois quarts entre 1990 et 2015. Pourtant, entre 1990 et 2005, ce taux n’a baissé que de 5%. Afin d’atteindre cet objectif, il faudra accélérer les progrès.

[1] Mortalité maternelle en 2005. Estimations établies par l’OMS, l’UNICEF, le FNUAP et la Banque mondiale. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2007

Où se produisent les décès maternels ?

On observe une répartition inéquitable de l’incidence des décès maternels dans le monde, où se retrouve le fossé entre les riches et les pauvres. Pour une femme des pays en développement, le risque, à la naissance, de décès maternel est de 1 sur 75, contre 1 sur 7 300 dans les pays développés. Au Niger, une femme sur sept meurt de complications liées à la grossesse. À l’opposé, le risque de décès maternel est de 1 sur 48 000 en Irlande. [2]

Carte du monde représentant les taux de mortalité maternelle par pays en 2005

On recense 99% des décès maternels dans les pays en développement. Plus de la moitié d’entre eux surviennent en Afrique subsaharienne, un tiers en Asie du Sud. Dans les régions en développement, le taux de mortalité maternelle est de 450  décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, contre 9 dans les régions développées. Au total, 14  pays ont un taux dépassant 1 000 et, à l’exception de l’Afghanistan, tous sont situés en Afrique subsaharienne: Angola, Burundi, Cameroun, Guinée-Bissau, Libéria, Malawi, Niger, Nigéria, République démocratique du Congo, Rwanda, Sierra Leone, Somalie et Tchad.

En dehors des différences entre états, on constate également de grandes variations dans les pays eux-mêmes, entre populations riches et pauvres, ainsi qu’entre populations urbaines et rurales.

[2] Mortalité maternelle en 2005. Estimations établies par l’OMS, l’UNICEF, le FNUAP et la Banque mondiale. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2007

De quoi les mères meurent-elles ?

Les femmes meurent pour un grand nombre de causes, directement ou indirectement liées à la grossesse, à l’accouchement ou lors du post-partum. Dans le monde, 80% des décès environs sont dus à des causes directes. Les quatre principales sont: les hémorragies sévères (la plupart du temps des hémorragies postpartum), les infections (septicémie surtout), les troubles hypertensifs pendant la grossesse (en général l’éclampsie) et les dystocies. Les complications à la suite d’avortements dans de mauvaises conditions représentent 13% des décès. Parmi les causes indirectes des décès maternels (20%), il faut retenir les maladies qui compliquent la grossesse ou sont aggravées pendant cette période de la vie comme le paludisme, l'anémie, le VIH/sida, ou les affections cardiovasculaires. [3]

Graphique représentant les principales causes de mortalité maternelle

[3] Rapport sur la Santé dans le Monde. Donnons sa chance à chaque mère et à chaque enfant, Organisation mondiale de la Santé, 2005, p. 68 et 69

Comment peut-on sauver la vie des mères?

Femmes enceintes à la maternité au Sénégal
OMS / Marie-Agnes Heine

On peut éviter la plupart des décès maternels, car les solutions médicales pour prévenir ou prendre en charge les causes de mortalité sont bien connues. Les soins qualifiés à la naissance peuvent faire la différence entre la vie et la mort. Par exemple, une hémorragie sévère au troisième stade du travail peut tuer une femme en bonne santé en deux heures en l’absence de soins. Une injection d’ocytocine administrée immédiatement après l’accouchement est très efficace pour réduire le risque hémorragique.

La septicémie, la deuxième cause la plus fréquente de décès maternel, peut être limitée en très grande partie en appliquant les techniques d’asepsie. La troisième cause, la pré-éclampsie, est un trouble hypertensif courant pendant la grossesse et il est facile de la surveiller. Bien qu’on ne puisse pas la guérir totalement avant l’accouchement, l’administration de médicaments comme le sulfate de magnésium peut réduire le risque d’apparition de convulsions potentiellement mortelles (éclampsie) chez la femme. Le travail dystocique est une autre cause fréquente de décès maternel et il peut être évité ou pris en charge par des soignants qualifiés. Il se produit quand la tête de l’enfant est trop grosse pour le pelvis de la femme ou quand le fœtus est en position anormale. Le partographe est un outil simple pour repérer rapidement les problèmes au cours du travail: c’est un graphique de l’évolution du travail et de la condition de la mère et de l’enfant. Les praticiens qualifiés peuvent se servir du partographe pour reconnaître et traiter la lenteur du travail, avant qu’il ne se bloque et, le cas échéant, demander une césarienne.

Pourquoi les femmes ne bénéficient-elles pas des soins dont elles ont besoin?

Femme enceinte dans un village laotien
OMS / Jim Holmes

En 2006, environ 60% des accouchements dans les pays en développement ont eu lieu en présence d’un accoucheur qualifié. Cela signifie que 50 millions d’accouchements ont eu lieu à domicile, en l’absence de soignants qualifiés. La couverture va de 34% en Afrique orientale à 93% en Amérique du Sud [4]. La couverture des soins prénatals varie également. Au Pérou, 87% des femmes enceintes ont eu au moins quatre visites prénatales alors qu’elles n’ont été que 12% en Éthiopie. [5]

De nombreuses raisons peuvent expliquer pourquoi les femmes ne reçoivent pas les soins dont elles ont besoin avant, pendant et après l’accouchement. Dans certaines zones isolées, il se peut qu'il n'y ait pas de professionnels. Si les soins sont possibles, ils peuvent ne pas avoir la qualité requise. Dans d’autres cas, les femmes n’ont pas accès aux établissements de santé, parce qu’il n’y a pas de transport, que les frais de transports sont trop élevés ou qu’elles n’ont pas les moyens de payer les soins. Les croyances culturelles ou le statut social peu élevé de la femme peuvent l’empêcher de se soigner lorsqu’elle est enceinte. Pour améliorer la santé maternelle, il faut, au niveau communautaire, combler les fossés existants entre les capacités et la qualité des systèmes de santé et lever les obstacles empêchant l’accès aux services.

[4] Taux de naissances en présence d’un accoucheur qualifié – chiffres de 2008. Genève, Organisation mondiale de la Santé, département Santé et recherche génésiques, 2008
[5] Tracking progress in maternal and child survival. The 2008 report. New York, UNICEF, 2007.

Que fait le département MPS pour diminuer la mortalité maternelle?

Un des principaux objectifs du département MPS est d’améliorer la santé maternelle. Il vise à faire baisser la mortalité maternelle en fournissant et en développant des lignes directrices cliniques et programmatiques fondées sur des bases factuelles. De plus, il plaide pour un environnement social, politique et économique propice à l’action dans les pays.

La Prise en charge intégrée de la grossesse et de l’accouchement (PCIGA), est une des pierres angulaires du département. Elle comprend des orientations et des outils pour accroître la mise en place de services de santé de qualité pour les femmes enceintes. Le département a mis au point des principes cliniques pour la prise en charge des complications avant, pendant et après la grossesse et il a publié des normes et des recommandations sur les interventions s’inscrivant dans une continuité des soins pour les mères et les nouveau-nés. Il prône également l’engagement des individus, des familles et des communautés pour développer l’accès à des soins de qualité. Pour faire progresser ces approches, le personnel du département du Siège et des régions organise des ateliers pour informer les administrateurs de programmes de santé et assurer une assistance technique continuelle aux pays.

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