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Hôpitaux psychiatriques fermés et situations de conflit




Généralités

  • Les hôpitaux psychiatriques fermés ( les « asiles » d’autrefois) – où les personnes souffrant de troubles mentaux sont souvent internées à vie – existent partout dans le monde et constituent un sujet de préoccupation du point de vue des droits de l’homme, aussi bien en temps de guerre qu’en temps de paix.
  • Il a été établi sans conteste que les grands hôpitaux psychiatriques fermés adoptaient souvent des pratiques répressives et régressives et qu’ils freinaient plus qu’ils ne facilitaient le rétablissement des malades.
  • Ce type d’hôpitaux psychiatriques est une source d’échecs, comme en témoignent des services de traitement inadéquats, les mauvais traitements répétés infligés aux patients, le manque de procédures d’inspection et d’assurance de la qualité et l’absorption disproportionnée de ressources financières destinées aux soins de santé mentale.
  • Comme le décrit de manière détaillée le Rapport sur la santé mentale, 2001 La santé mentale : nouvelle conception, nouveaux espoirs, de nombreux pays dans le monde tentent de résoudre ce problème de santé et de droits de l’homme et éliminent progressivement les hôpitaux psychiatriques fermés, tout en renforçant les soins de santé mentale dispensés dans la communauté.

Situations de conflit

  • Pendant les situations d’urgence – guerres, par exemple – les enfants, les femmes, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes souffrant de troubles physiques ou mentaux graves sont tous à juste titre considérés comme appartenant aux groupes vulnérables.
  • Les personnes hospitalisées dans les établissements psychiatriques fermés sont sans doute parmi les plus vulnérables pour au moins trois raisons. Premièrement, elles sont souvent isolées de leur famille. Deuxièmement, elles sont moins susceptibles de recevoir l’aide de membres de la communauté en raison de la crainte injustifiée que suscitent dans l’opinion publique les personnes souffrant de troubles mentaux et en raison de l’ostracisme social. Troisièmement, certaines personnes placées en hôpitaux psychiatriques fermés peuvent être devenues trop dépendantes des soins en milieu surveillé pour pouvoir se déplacer ou s’installer ailleurs, si nécessaire, pendant un conflit.

Rôle du responsable de la santé publique

  • Pendant un conflit, tous les services de santé, les personnels et les patients doivent faire l’objet d’une protection spéciale. Le responsable de la santé publique doit veiller à ce que les hôpitaux psychiatriques fermés n’échappent pas à cette protection.
  • Les hôpitaux doivent se doter d’un plan d’urgence à mettre en oeuvre en cas de crise. Ce plan doit définir l’attribution des responsabilités ainsi que les mécanismes de poursuite des soins pendant les situations d’urgence, et d’évacuation si nécessaire. Si l’établissement possède des installations ou cellules fermées à clef, les plans d’urgence devraient décrire la hiérarchie des détenteurs des clefs pour veiller à ce que les portes puissent être ouvertes à tout moment.
  • Le responsable de la santé publique doit faire en sorte que les besoins physiques de base des patients soient satisfaits. Ces besoins sont l’accès à l’eau potable, à une alimentation suffisante, à un abri et à des moyens d’assainissement, ainsi que l’accès au traitement pour les maladies physiques.
  • Pendant les situations d’urgence, le responsable de la santé publique doit mettre en oeuvre ou renforcer la surveillance des droits de l’homme dans les établissements. Les hôpitaux psychiatriques fermés sont des lieux où les droits de l’homme sont souvent violés, même en temps de paix. Pendant les situations d’urgence, lorsque l’on manque de ressources et que le personnel est moins nombreux, les patients sont encore plus exposés au risque de violations des droits de l’homme, négligence générale, punitions, violences physiques ou abus sexuels, par exemple. Une surveillance renforcée, notamment par un personnel plus qualifié, peut permettre de réduire le risque de telles violations.
  • Le responsable de la santé publique doit veiller à ce que les patients reçoivent au moins des soins de santé mentale de base pendant la durée de la situation d’urgence. En d’autres termes, il doit veiller à ce que suffisamment de médicaments psychotropes essentiels et qu’un soutien psychosocial minimum soient disponibles pendant toute la période et à ce que les médicaments soient prescrits de manière rationnelle. L’arrêt brutal d’un traitement par des médicaments psychotropes peut être préjudiciable – voire dangereux – et doit être évité.

Après la situation d’urgence

Dans la période qui suit la situation d’urgence aiguë, il existe souvent une dynamique en faveur de la création et de la mise en oeuvre de nouveaux programmes de santé mentale. Cela peut être le moment opportun pour changer d’orientation et éliminer progressivement les hôpitaux psychiatriques fermés au profit de services de traitement communautaire des personnes souffrant de troubles mentaux graves.

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