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Stratégies visant à réduire l’usage nocif de l’alcool

La 61e Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution demandant que soit élaboré un projet de stratégie mondiale d'ici 2010.

Note de synthèse
28 mai 2008

La charge de morbidité imputable à l’usage nocif de l’alcool est significative et, dans de nombreux pays, les problèmes de santé publique qu'il provoque représentent une charge sanitaire et socio économique considérable. Réduire l’usage nocif de l’alcool est en train de devenir une préoccupation prioritaire aux niveaux national, régional et mondial. Or, l'on peut réduire les préjudices liés à l’alcool en appliquant des stratégies qui ont fait leur preuve.

La 61e Assemblée mondiale de la Santé a adopté, le 24 mai 2008, une importante résolution sur les "Stratégies visant à réduire l’usage nocif de l’alcool", demandant que soit élaboré un projet de stratégie mondiale à cette fin.

L'usage nocif de l'alcool est une charge sanitaire et socio économique considérable

  • L’usage nocif de l’alcool est le cinquième facteur de risque par ordre d’importance de décès prématuré et d’incapacité dans le monde. Il s’agit de la principale cause de décès et d’incapacité dans les pays en développement à faible mortalité, du troisième facteur de risque dans les pays développés après le tabac et l’hypertension, et du onzième dans les pays en développement à fort taux de mortalité.
  • Malgré les différences régionales, nationales et locales concernant les niveaux, les modes et le contexte de la consommation d’alcool, on estimait qu’en 2002 l’usage nocif de l’alcool était à l’origine de quelque 2,3 millions de décès prématurés dans le monde (3,7% de la mortalité mondiale) et de 4,4% de la charge de morbidité mondiale.
  • L’usage nocif de l’alcool est un important facteur de risque évitable de maladies neuropsychiatriques et d’autres maladies non transmissibles comme les maladies cardiovasculaires, la cirrhose du foie et divers cancers.
  • L’usage nocif de l’alcool chez les jeunes et les femmes constitue un sujet de préoccupation croissant dans de nombreux pays.
  • L’usage nocif de l’alcool est associé à de nombreuses conséquences sociales -accidents de la circulation, homicides, actes de violence, sous-emploi et absentéisme, par exemple- et il génère des coûts sanitaires et sociétaux. Les conséquences sanitaires et sociales ont tendance à toucher avant tout les groupes sociaux désavantagés et elles contribuent aux disparités en matière de santé entre les pays et à l’intérieur des pays.

Principaux points de la résolution

La résolution demande à l’OMS d’élaborer, en collaboration étroite avec les États Membres, un projet de stratégie mondiale visant à réduire l’usage nocif de l’alcool. D’autres acteurs tels que les organisations non gouvernementales et l'industrie seront consultés sur la contribution qu’ils peuvent apporter à la réduction de l’usage nocif de l’alcool. Le projet de stratégie sera soumis au Conseil exécutif de l’OMS en janvier 2010, puis à l’Assemblée mondiale de la Santé pour adoption en mai 2010. Il sera adopté par consensus et n'aura pas pour les États Membres un caractère contraignant.

La résolution exprime sa profonde préoccupation devant l’ampleur et la complexité des problèmes de santé publique liés à l’usage nocif de l’alcool et souligne la nécessité de prendre d'urgence et dès maintenant des mesures pour le réduire. Tout en reconnaissant que des stratégies et des interventions efficaces ciblant la population en général, les groupes vulnérables, les personnes qui boivent trop et des problèmes spécifiques existent et doivent être associées de manière optimale afin de réduire les préjudices liés à l’alcool, la résolution fait également observer qu'elles doivent être appliquées de façon à tenir compte des différents contextes nationaux, religieux et culturels.

Mesures à prendre par l’OMS

Le Secrétariat de l’OMS commencera l’élaboration du projet de stratégie mondiale immédiatement, en procédant de façon ouverte et transparente, conformément à la résolution adoptée, c’est-à-dire en collaboration étroite avec les États Membres et avec la contribution des autres acteurs pertinents. Ce projet sera fondé sur tous les éléments disponibles et les meilleures pratiques existantes, et portera sur les options politiques pertinentes, en tenant compte des différents contextes nationaux, religieux et culturels, et notamment des problèmes de santé publique, des besoins et des priorités nationaux, ainsi que des différences concernant les ressources, les capacités et les possibilités des États Membres.

Liens connexes

Pour plus d'informations, contactez:

Dag Rekve
Administrateur technique
Santé mentale et abus de substances psychoactives
OMS, Genève
Téléphone: +41 22 791 1657
Courriel: rekved@who.int

Vinciane Quoidbach
Chargée de communication
Maladies non transmissibles et santé mentale
OMS, Genève
Téléphone: +41 22 791 4396
Courriel: quoidbachv@who.int

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