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Secours d'urgence et aide humanitaire

Aide-mémoire N°90

Au cours des dix dernières années, l'OMS a joué un rôle de plus en plus actif pour atténuer les conséquences des catastrophes d'origine naturelle ou humaine sur la santé de millions de personnes dans le monde.

Au sein de l'OMS, le Département Secours d'urgence et action humanitaire coordonne la participation des départements techniques de l'Organisation avec celle des organismes gouvernementaux ou non gouvernementaux (ONG) et des agences des Nations Unies pour traiter 10 questions sanitaires cruciales en situation d'urgence.

  • Evaluation des risques sanitaires : L'OMS travaille à améliorer l'analyse des informations, des risques et des besoins sanitaires, ce qui est essentiel pour planifier efficacement les interventions de santé publique nécessaires pour prévenir ou atténuer les répercussions des situations d'urgence sur la santé mentale et physique.
  • Coordination sanitaire : L'OMS travaille à la coordination des activités sanitaires des gouvernements, des agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales pour veiller à ce qu'elles répondent aux normes internationales ainsi qu'aux priorités locales et qu'elles ne compromettent pas, ni ne portent préjudice au développement de la santé à long terme.
  • Surveillance épidémiologique et nutritionnelle : L'OMS travaille à renforcer les systèmes nationaux de surveillance de la santé et à intégrer les informations données par les partenaires extérieurs de façon à prendre le plus rapidement possible les mesures contre les maladies transmissibles, les pathologies infantiles courantes, la malnutrition, les problèmes en relation avec la naissance et les préjudices à la santé mentale.
  • Lutte contre les causes évitables de morbidité et de mortalité : L'OMS propose les services de spécialistes ainsi que des normes et des directives testées au niveau international pour aider tous les acteurs de la santé à déterminer et à prendre en charge les priorités sanitaires dans les situations d'urgence. L'aide est apportée dans les domaines suivants : prévention et riposte aux maladies infectieuses allant du VIH/SIDA ou de la tuberculose à la rougeole et aux autres maladies infantiles, santé mentale, hygiène du milieu, eau, alimentation, abris, assainissement, prévention des traumatismes et de la violence ainsi que tous les aspects de la délivrance des soins. L'OMS évalue également l'efficacité des programmes sanitaires sur le terrain.
  • Accès aux soins de base préventifs et curatifs : Avec d'autres partenaires de la santé, l'OMS travaille à la disponibilité des soins de base préventifs et curatifs, avec l'accès à des médicaments et vaccins essentiels de bonne qualité, au matériel chirurgical et à l'information sanitaire, pour toutes les personnes touchées et notamment celles qui sont les plus vulnérables, très jeunes enfants, personnes âgées, femmes enceintes, handicapés et malades chroniques.
  • Prévention de la malnutrition : L'OMS cherche à s'assurer que toutes les mesures prises par les intervenants dans le domaine de la nutrition au cours d'une situation d'urgence sont techniquement rationnelles, suivent les normes internationales et sont bien évaluées.
  • Prise en charge des risques sanitaires dans l'environnement : L'OMS analyse les risques sanitaires liés à l'environnement dans les situations d'urgence et elle soutient les actions contre les menaces venant de l'eau ou de l'assainissement ou les effets des polluants et des armes.
  • Protection des agents, des services et des structures de santé : L'OMS se fait l'avocat des agents de santé nationaux et internationaux en situation de crise et elle est un partenaire clé pour négocier la sécurité des accès humanitaires et la protection de la neutralité des agents, des services et des structures de santé.
  • Droits de l'homme en matière de santé : Là où les droits de base ne sont pas respectés, comme l'accès à la santé, à l'alimentation ou à l'éducation, les populations sont plus vulnérables aux effets négatifs des catastrophes d'origine naturelle ou humaine. L'OMS veille à ce que les actions humanitaires dans le domaine de la santé associent les meilleures pratiques de santé publique avec le respect des droits de l'homme, quel que soit l'environnement politique ou naturel.
  • Diminuer l'impact des crises futures : Au-delà de la situation de crise aiguë, l'OMS aide les autorités sanitaires dans les pays vulnérables et sujets aux catastrophes, à se préparer et à prévenir les pires conséquences des catastrophes, qu'elles soient d'origine naturelle ou humaine. Il s'agit d'élaborer des stratégies de riposte rapide, de mettre en place un cadre expérimenté de personnel national réagissant bien aux situations d'urgence et de prendre des mesures cruciales pour diminuer l'impact des catastrophes avant leur survenue. Dans les crises humanitaires, l'anticipation et le fait d'avoir du personnel sur le terrain sachant quoi faire au niveau local font souvent la différence. Il est cependant triste de constater que ces moyens manquent le plus dans les pays qui ont la plus forte probabilité d'en avoir besoin. L'OMS évalue les « enseignements tirés » des crises aiguës et diffuse les meilleures pratiques et les informations auprès de toutes les parties impliquées, qu'il s'agisse des partenaires locaux, des autorités, des établissements sanitaires et civils ou des organismes internationaux.

Les atouts de l'OMS dans l'action humanitaire en situation d'urgence sont sa présence sur le long terme, sa connaissance du terrain et ses liens et partenariats avec les communautés locales et les autorités nationales. Ils permettent à l'Organisation d'agir rapidement et en profondeur dans des endroits où la confiance met du temps à s'acquérir. Il s'agit également d'un organisme qui n'a pas de stratégies de sortie. Elle se trouve dans le pays avant, pendant et après la crise ou le conflit et elle garantit ainsi à la communauté et aux donateurs que l'action humanitaire, la réadaptation après le conflit et le développement à long terme se dérouleront dans une saine continuité.

Pour remettre tout cela en contexte, deux milliards de personnes sur les six milliards vivant dans le monde ont été frappées par des catastrophes naturelles en 1999, 13,75 millions sont des réfugiés et 20 millions ont été déplacés dans leur propre pays, le plus souvent à cause de conflits.

En 2000-2001, l'OMS s'est engagée dans des actions humanitaires ou d'urgence dans 35 pays du monde. Voici quelques exemples de son travail.

  • Timor oriental : A la suite de la crise sanglante qui a secoué le Timor oriental en août 1999, l'OMS a dépêché du personnel pour aider les autorités locales à créer un département de la santé et mettre en place un bureau local qui travaille avec d'autres agences pour reconstruire les services sanitaires : systèmes de surveillance épidémiologique, personnel, infrastructures.
  • Sierra Leone : L'OMS y a maintenu une large gamme de programmes, malgré les troubles et les évacuations répétées. En collaboration avec des ONG internationales, et en s'appuyant sur des « poches » où règne la paix, l'équipe aide les autorités sanitaires locales à contrôler, prévenir et lutter contre les maladies épidémiques (dont, en 2000, les flambées de dysenterie à Shigella, de fièvre de Lassa et de fièvre jaune). Il y a également des projets s'intéressant à la mortalité maternelle et infantile catastrophique et à la menace du VIH/SIDA. Le programme Faire reculer le paludisme est en cours d'introduction. L'OMS s'est engagée dans la négociation de cessez-le-feu humanitaires pour permettre la vaccination antipoliomyélitique dans les zones aux mains des rebelles et elle prodigue ses conseils pour les soins de santé publique à fournir aux nombreuses personnes déplacées.
  • Afghanistan : Dans un pays où la sécheresse s'ajoute à la guerre civile et aux centaines de milliers de personnes déplacées, l'OMS travaille par l'intermédiaire de ses huit bureaux auxiliaires à maintenir l'accès aux soins de santé de base et aux médicaments essentiels, à intervenir rapidement en cas de flambées épidémiques et à offrir, autant que faire se peut, aux plus vulnérables, nourrissons, femmes enceintes et personnes âgées, une protection contre les maladies guérissables courantes. Les efforts d’anticipation des épidémies de choléra qui sont devenues annuelles et dévastatrices, surveillance, formation et stockage des médicaments, commencent lentement à porter leurs fruits avec une faible diminution de la mortalité et de la morbidité.
  • Soudan : L'OMS y travaille à la fois dans les zones sous contrôle gouvernemental et celles aux mains des rebelles et elle s'intéresse à la menace énorme des maladies transmissibles. Un système pilote d'alerte rapide par radio pour les flambées épidémiques a été mis en place dans la région du sud où les communications sont extrêmement mauvaises et où les épidémies peuvent faire des milliers de morts avant que les autorités n'en prennent conscience. L'OMS a également placé des médecins spécialistes de la santé publique dans quatre bureaux auxiliaires pour aider à former les agents de santé qui luttent contre la guerre depuis près de 20 ans et qui, avec l'UNICEF, continuent de se mobiliser pour la vaccination antipoliomyélitique dans un des pays où l'éradication du virus reste la plus difficile.
  • El Salvador : A la suite des deux tremblements de terre de cette année, l'OMS a apporté son appui au Ministère de la Santé en envoyant immédiatement des spécialistes de l'atténuation des effets des catastrophes afin d'évaluer les conditions et la sécurité des hôpitaux situés dans les zones les plus touchées et de déterminer les mesures à prendre pour restaurer une capacité minimale. L'équipe a également aidé à renforcer le système de surveillance fondé sur les symptômes/syndromes, amélioré les moyens du réseau de laboratoires et mis en place le système de gestion des fournitures de l'Organisation panaméricaine de Santé (SUMA) afin de gérer les dons à ce pays. Le Bureau de l'OMS dans ce pays a assuré une coordination active avec le Comité national d'urgence et les organismes des Nations Unies.
  • Ethiopie : L'OMS continue de guider ses partenaires pour effectuer la surveillance et les actions nutritionnelles les plus efficaces possibles dans un pays où la sécheresse et les pénuries alimentaires sont un problème constant. En même temps, l'OMS travaille à renforcer et à améliorer considérablement les taux de vaccination contre les maladies infantiles, aide les autorités à faire face à la vague croissante d'infections à VIH et à reconstruire les services de santé dans les zones récemment touchées par la guerre.
  • Kosovo : Comme dans le Timor oriental, l'OMS a fourni le personnel central du département de la santé dans cette province administrée par les Nations Unies et elle a mis en place un bureau important pour étayer et coordonner la reconstruction des services de santé au Kosovo. L'élaboration d'une politique des soins de santé primaires et la formation de généralistes ont été les principales activités, de même que le rétablissement des systèmes de surveillance et de l'Institut de la Santé publique. L'Organisation met également en place des programmes essentiels pour améliorer la santé maternelle et infantile, la santé mentale dans les communautés, le rétablissement après les violences, ainsi que des interventions clés en santé publique, comme la lutte contre le VIH/SIDA et la tuberculose, le développement du concept des « villages santé » (axé sur l'eau, l'assainissement et les déchets) et la réforme pharmaceutique.
  • Burundi : Même avec le conflit armé qui a fait rage dans la capitale en février 2001, l'OMS, en tant que coordonnatrice du comité national de gestion de l'urgence, a rassemblé tous les principaux acteurs nationaux et internationaux pour examiner les sites et les structures sanitaires pour les personnes déplacées, attribuer la responsabilité des services de santé essentiels, des médicaments et du matériel, et mis en place un système d'alerte rapide pour les épidémies. Dans les semaines suivantes, l'OMS a assuré la coordination centrale des activités sanitaires destinées aux personnes déplacées et à celles commençant à rentrer chez elles. Un peu plus tôt, l'OMS avait également mobilisé des équipes d'urgence avec des ONG partenaires pour aider le pays à combattre la plus grande épidémie de paludisme en Afrique depuis 10 ans : environ 1,4 million de cas entre novembre 2000 et fin janvier 2001.
  • Inde : Immédiatement après le tremblement de terre du 26 janvier 2001 dans le Goudjerat (Inde), du personnel du bureau de l'OMS en Inde, du Bureau régional pour l'Asie du Sud-Est, du Népal, d'Indonésie et du Bureau régional pour les Amériques se sont rendus sur place pour fournir une assistance technique aux autorités sanitaires locales et à celles de l'Etat. Le système de surveillance de la poliomyélite en place a été étendu et un système d'information a été mis au point pour recueillir et présenter les données. Des spécialistes des installations sanitaires ont également été dépêchés. A la requête du gouvernement indien, l'OMS coordonne l'assistance sanitaire humanitaire externe, la santé publique, le secteur sanitaire et la restauration des services et des structures de santé.
  • Territoires palestiniens autonomes : L'OMS contrôle les effets de la crise sur la situation sanitaire, assure une coordination sanitaire, mène des actions de plaidoyer et veille à ce que les fournitures essentielles continuent de parvenir aux soins de santé primaire et aux hôpitaux malgré l'exacerbation du conflit. De plus, l'Organisation donne des avis cruciaux en santé publique et des conseils pour pallier la vulnérabilité croissante de la population aux maladies et aux problèmes de santé.

    Les lecteurs désirant en savoir plus sur les situations d'urgence en cours et sur les questions sanitaires qui en découlent trouveront des informations complémentaires sur le site http://www.who.int/disasters

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