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Tuberculose

Aide-mémoire N°104
Mars 2016

Principaux faits


  • La tuberculose est l’une des maladies dues à un agent infectieux unique les plus meurtrières au monde; elle se situe en seconde position juste après le VIH/sida.
  • En 2014, 9,6 millions de personnes ont développé la tuberculose et 1,5 million en sont mortes.
  • Plus de 95% des décès par tuberculose se produisent dans les pays à revenu faible et intermédiaire, et la maladie est l’une des 5 principales causes de décès chez les femmes âgées de 15 à 44 ans.
  • En 2014, on estime que un million d'enfants sont tombés malades de la tuberculose et 140 000 enfants séronégatifs pour le VIH sont morts de la tuberculose.
  • En 2014, près de 480 000 personnes ont développé une tuberculose multirésistante (tuberculose MR).
  • L’objectif du Millénaire pour le développement demandant d’avoir maîtrisé l'épidémie de tuberculose et d’inverser la tendance avant 2015, a été atteint. L’incidence de la tuberculose a baissé en moyenne de 1,5% par an depuis l’an 2000, soit une diminution totale de 18%.
  • Le taux de mortalité par tuberculose a chuté de 47% entre  1990 et 2015.
  • Près de 43 millions de vies ont été sauvées entre 2000 et 2014 grâce au diagnostic et traitement de la tuberculose.
  • Mettre un terme à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2030 figure parmi les cibles pour la santé indiquées dans les objectifs de développement durable récemment adoptés aux Nations Unies.

La tuberculose est causée par une bactérie (Mycobacterium tuberculosis) qui touche le plus souvent les poumons. La tuberculose peut être soignée et évitée.

La tuberculose se propage d’une personne à l’autre par voie aérienne. Lorsque les personnes atteintes de tuberculose pulmonaire toussent, éternuent ou crachent, elles projettent les germes de la tuberculose dans l’air. Il suffit d’en inhaler seulement quelques-uns pour être infecté.

Près d’un tiers de la population mondiale est actuellement atteinte de tuberculose latente, ce qui signifie que les personnes ont été infectées par la bactérie de la tuberculose mais n’ont pas (encore) développé la maladie et ne peuvent donc pas la transmettre.

Chez les personnes infectées par le bacille tuberculeux, le risque de développer la maladie au cours de l’existence est de 10%. Toutefois, les personnes dont le système immunitaire est affaibli, telles que les personnes vivant avec le VIH, les personnes souffrant de malnutrition ou de diabète, ou encore les fumeurs, courent un risque beaucoup plus élevé de développer la maladie.

Lorsqu’une personne développe une tuberculose active (maladie), les symptômes (toux, fièvre, sueurs nocturnes, perte de poids, etc.) peuvent rester modérés pendant de nombreux mois. Cela peut inciter le malade à repousser le moment de consulter, et se traduire par la transmission de la bactérie à d’autres personnes.

Les personnes atteintes de tuberculose évolutive peuvent infecter entre 10 à 15 autres personnes avec lesquelles elles sont en contact étroit en l’espace d’une année. Sans traitement approprié, 45% des personnes séronégatives pour le VIH et atteintes par la tuberculose et pratiquement l’ensemble des personnes co-infectées par le VIH et la tuberculose mourront.

Qui court les plus grands risques?

La tuberculose touche essentiellement les adultes, au cours des années où ils sont le plus productifs. Toutefois, tous les groupes d’âge sont à risque. Plus de 95% des cas et des décès surviennent dans les pays en développement.

Les personnes qui sont infectées par le VIH ont 20 à 30 fois plus de risques de développer la tuberculose (voir la partie co-infection tuberculose-VIH). Le risque de développer une tuberculose active est également plus grand chez les personnes qui souffrent d’autres affections qui affaiblissent leur système immunitaire.

En 2014, plus d’un million d’enfants (0-14 an(s)) ont développé la tuberculose, et 140 000 enfants séronégatifs sont morts de la maladie.

Le tabagisme accroît fortement le risque de tuberculose et de décès. Plus de 20% des cas de tuberculose dans le monde peuvent être attribués au tabagisme.

Impact mondial de la tuberculose

La tuberculose est présente partout dans le monde. En 2014, le plus grand nombre de nouveaux cas de tuberculose a été enregistré en Asie du Sud-Est et dans la Région du Pacifique occidental, qui totalisent 58% des nouveaux cas à l’échelle mondiale. Toutefois, l’Afrique compte lle plus grand nombre de cas, avec plus de 281 cas pour 100 000 habitants en 2014.

En 2014, environ 80% des cas signalés de tuberculose sont survenus dans 22 pays. Dans certains pays, le déclin dans le nombre des cas est important, tandis que dans d’autres, le nombre de cas ne diminue que très lentement. Le Brésil et la Chine figurent par exemple parmi les 22 pays qui ont enregistré un recul constant des cas de tuberculose au cours des 20 dernières années.

Symptômes et diagnostic

Les symptômes courants de la tuberculose pulmonaire évolutive sont une toux accompagnée d’expectorations parfois teintées de sang, des douleurs dans la poitrine, une faiblesse générale, une perte de poids, de la fièvre et des sueurs nocturnes.

De nombreux pays ont toujours recours à une méthode utilisée de longue date consistant en un examen microscopique des frottis d’expectoration pour diagnostiquer la tuberculose. Des techniciens de laboratoire qualifiés examinent les échantillons de crachat au microscope afin de détecter la présence du bacille tuberculeux. Moyennant 3 de ces tests, le diagnostic peut être fait en une journée, mais le test ne permet pas de détecter les nombreux cas de formes de tuberculose moins infectieuses.

Il peut être plus complexe de diagnostiquer la tuberculose multirésistante (voir la partie consacrée à la tuberculose multirésistante ci après) et la tuberculose associée au VIH. Un nouveau test dont les résultats sont disponibles en moins de 2 heures et qui s’est avéré hautement efficace pour diagnostiquer la tuberculose ainsi que la présence d’une résistance aux médicaments, est désormais mis en place dans de nombreux pays.

La tuberculose est particulièrement difficile à diagnostiquer chez les enfants.

Traitement

La tuberculose est une maladie qui peut être soignée et guérie. Le traitement de la tuberculose évolutive sensible aux médicaments consiste en un schéma thérapeutique standard de 6 mois associant 4 antimicrobiens qui sont fournis aux patients sous la supervision d’un agent de santé ou d’un bénévole qualifié qui apportera information et soutien. Sans ce soutien, l’observance du traitement peut être difficile et la maladie peut se propager. La grande majorité des cas de tuberculose peuvent être guéris à condition que les médicaments soient fournis et pris correctement.

Entre 2000 et 2014, on estime que 43 millions de vies ont été sauvées grâce au diagnostic et au traitement efficace de la tuberculose.

Tuberculose et VIH

On estime qu'en 2014, au moins un tiers des personnes vivant avec le VIH dans le monde sont infectées par le bacille tuberculeux. Les personnes vivant avec le VIH et infectées par la tuberculose multiplient par 20 et jusqu' à 30 fois le risque de développer une tuberculose évolutive que les personnes qui ne sont pas infectées par le VIH.

La tuberculose et le VIH, qui accélèrent mutuellement leur progression, forment une association meurtrière. Une personne positive pour le VIH qui est aussi infectée par le bacille a beaucoup plus de risques de développer une tuberculose évolutive. En 2014, environ 400 000 personnes sont décédées d’une tuberculose associée au VIH. Près d'un tiers des décès parmi les personnes vivant avec le VIH sont dus à la tuberculose. En 2014, on estimait à 1,2 million le nombre de nouveaux cas de tuberculose chez des personnes positives pour le VIH, 74% d’entre elles vivant en Afrique.

Comme il est indiqué ci-dessous, l’OMS recommande une approche composée de 12 éléments pour parvenir à des services intégrés tuberculose-VIH, comprenant des interventions de prévention et de traitement de l’infection et de la maladie, afin de réduire la mortalité.

Tuberculose multirésistante

Les médicaments antituberculeux standard sont utilisés depuis des décennies, et la résistance à ces médicaments s’accroît. Dans tous les pays étudiés, on a constaté l’existence de souches qui résistent à un médicament antituberculeux utilisé seul.

La tuberculose multirésistante (TB-MR) est une forme de tuberculose causée par un bacille qui résiste à au moins l’isionazide et la rifampicine, les 2 médicaments antituberculeux de première intention (ou standard) les plus efficaces.

La tuberculose multirésistante résulte avant tout d’un traitement inadapté. L’utilisation inappropriée ou incorrecte des antituberculeux, ou l’utilisation de médicaments de médiocre qualité, peuvent entraîner une résistance aux médicaments.

La maladie due à des bacilles résistants ne réagit pas au traitement conventionnel de première intention. La tuberculose multirésistante peut être soignée et guérie en ayant recours à des médicaments de seconde intention. Toutefois, les possibilités de traitement de seconde intention sont limitées et les médicaments recommandés ne sont pas toujours disponibles. La chimiothérapie requise est longue (jusqu’à 2 ans de traitement), plus coûteuse et peut entraîner de graves effets indésirables chez les patients.

Dans certains cas, une résistance encore plus grave aux médicaments peut se développer. La tuberculose ultrarésistante, TB-UR, est une forme de tuberculose multirésistante qui répond à un nombre encore plus restreint de médicaments disponibles, y compris les médicaments antituberculeux de seconde intention les plus efficaces.

On a recensé environ 480 000 cas de tuberculose multirésistante dans le monde en 2014 chez des patients signalés comme atteints de tuberculose pulmonaire. Plus de la moitié de ces cas se sont produits en Inde, en République populaire de Chine et en Fédération de Russie. On estime que près de 9,7% des cas de tuberculose multirésistante étaient des cas de tuberculose ultrarésistante.

L’action de l’OMS

L’OMS assure 6 fonctions essentielles dans la lutte contre la tuberculose:

  • Jouer un rôle directeur au niveau mondial sur les questions essentielles concernant la tuberculose.
  • Mettre au point des politiques, des stratégies et des normes reposant sur des données factuelles pour la prévention, les soins et la lutte contre la tuberculose, et suivre leur mise en œuvre.
  • Apporter un soutien technique à ses États Membres, jouer le rôle de catalyseur du changement, et mettre en place des capacités durables.
  • Suivre la situation mondiale en matière de tuberculose et évaluer les progrès accomplis dans les soins de la maladie, la lutte contre celle-ci et son financement.
  • Concevoir le programme de recherche contre la tuberculose et stimuler la production, la traduction et la diffusion des connaissances dignes d’intérêt.
  • Faciliter la constitution de partenariats pour agir contre la tuberculose et participer à ceux-ci.

La stratégie de l’OMS pour mettre fin à la tuberculose, adoptée par l'Assemblée mondiale de la Santé en mai 2014, vise à réduire le nombre de décès par tuberculose de 90%, les nouveaux cas de 80% et à éliminer les coûts catastrophiques pour les familles entre 2015 et 2030..

Mettre un terme à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2030 figure dans les cibles pour la santé indiquées dans les objectifs de développement durable récemment adoptés. L’OMS a franchi un pas de plus en définissant pour 2035 la cible de réduire de 95 % le nombre de décès par tuberculose et de 90 % le taux d’incidence de la maladie, pour revenir à des chiffres similaires à ceux que l’on observe aujourd’hui dans les pays à faible incidence de tuberculose.

Cette stratégie décrit trois piliers à mettre en place pour mettre fin efficacement à l’épidémie.

  • Pilier 1: soins et prévention intégrés, centrés sur le patient
  • Pilier 2: politiques audacieuses et systèmes de soutien
  • Pilier 3: intensification de la recherche et de l’innovation

Son succès dépendra de l’application par les pays des 4 principes essentiels qui suivent, lorsqu’ils mettront en œuvre les interventions décrites pour chaque pilier:

  • tutelle des pouvoirs publics, obligation redditionnelle, suivi et évaluation;
  • solide coalition avec les organisations de la société civile et les communautés;
  • protection et promotion des droits de l’homme, éthique et équité;
  • adaptation de la stratégie et des cibles dans les pays, avec une collaboration mondiale.
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