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Infections sexuellement transmissibles

Aide-mémoire N°110
Août 2011


Principaux faits

  • Chaque année, on dénombre 448 millions de nouvelles infections sexuellement transmissibles (IST) guérissables (syphilis, gonorrhée, chlamydiose et trichomonase).
  • Certaines infections sexuellement transmissibles sont asymptomatiques.
  • Chez les femmes enceintes, une syphilis précoce non traitée peut entraîner 25% de mortinaissances et 14% de décès néonatals.
  • Les IST sont la principale cause évitable de stérilité, en particulier chez la femme.
  • L’OMS recommande une approche syndromique du diagnostic et de la prise en charge des IST.

Un problème de santé publique

Selon les estimations de l’OMS en 2005, on enregistre chaque année dans le monde 448 millions de nouveaux cas d’IST guérissables (syphilis, gonorrhée, chlamydiose et trichomonase) chez des adultes âgés de 15 à 49 ans. Ne sont pas comprises dans ces chiffres, les infections à VIH et autres IST qui continuent de se répercuter négativement sur la vie des individus et des communautés partout dans le monde. Dans les pays en développement, les IST et leurs complications figurent parmi les cinq premiers motifs de consultation chez l’adulte.

Les infections et leur transmission

Les infections sexuellement transmissibles (IST) se transmettent la plupart du temps lors d’un rapport sexuel. Il existe plus de trente bactéries, virus et parasites sexuellement transmissibles. Plusieurs, dont le VIH et la syphilis, se transmettent aussi de la mère à l’enfant pendant la grossesse et à l’accouchement, et par les transfusions sanguines et les greffes.

Les agents pathogènes sexuellement transmissibles les plus courants sont d’origine bactérienne, virale ou parasitaire. On trouvera ci après une liste des infections les plus courantes.

Infections bactériennes courantes

  • Neisseria gonorrhoeae (responsable de la gonorrhée ou de l’infection à gonocoque);
  • Chlamydia trachomatis (responsable des infections à Chlamydia);
  • Treponema pallidum (responsable de la syphilis);
  • Haemophilus ducreyi (responsable du chancre mou);
  • Klebsiella granulomatis (précédemment connu sous le nom de Calymmatobacterium granulomatis, responsable du granulome inguinal ou donovanose).

Infections virales courantes

  • Virus de l’immunodéficience humaine (responsable du sida);
  • Virus Herpes simplex type 2 (responsable de l’herpès génital);
  • Papillomavirus humain (responsable de condylomes acuminés, certains sous-types pouvant entraîner un cancer du col de l’utérus);
  • Virus de l’hépatite B (responsable de l’hépatite et, pour les cas chroniques, de cancers hépatiques);
  • Cytomégalovirus (responsable d’inflammations de divers organes dont le cerveau, l’œil et l’intestin).

Organismes parasitaires

  • Trichomonas vaginalis (responsable de la trichomonase vaginale);
  • Candida albicans (responsable de la vulvo-vaginite chez la femme; de la balanoposthite chez l’homme).

IST asymptomatiques

Certaines infections sexuellement transmissibles sont asymptomatiques. Ainsi. jusqu’à 70% des femmes et une grande proportion des hommes atteints de gonococcie et/ou de chlamydiose ne présentent aucun symptôme. Symptomatiques ou asymptomatiques, ces infections peuvent entraîner de graves complications, comme indiqué ci-dessus.

Les IST ont des effets préjudiciables sur la santé des femmes

Non traitées, les IST peuvent avoir des conséquences graves sur la santé génésique et celle de la mère et de l’enfant. Les IST sont la principale cause évitable de stérilité, en particulier chez les femmes.

Par exemple, en l’absence de traitement, les chlamydioses entraînent une infection génitale haute symptomatique dans 10 à 40% des cas. Les lésions tubaires qui en résultent sont à l’origine de 30 à 40% des cas de stérilité. Le risque de grossesse extra-utérine est de 6 à 10 fois plus élevé chez les femmes qui ont déjà eu une infection génitale haute et de 40 à 50% des grossesses extra-utérines sont consécutives à une infection génitale haute.

Une infection associée au papillomavirus humain peut conduire à un cancer de l’appareil génital, et en particulier du col de l’utérus.

IST et issues défavorables de la grossesse

Si elles ne sont pas traitées, les infections sexuellement transmissibles provoquent des infections congénitales et périnatales chez le nouveau-né, en particulier là où elles restent fréquentes.

En l’absence de traitement, 25% des grossesses chez les femmes souffrant d’une syphilis précoce se soldent par une mortinaissance et 14% par la mort du nouveau-né, soit une mortalité périnatale totale de 40% environ.

Jusqu’à 35% des grossesses chez les femmes souffrant d’une gonococcie non traitée se soldent par une fausse couche ou un accouchement avant terme, et jusqu’à 10% par un décès périnatal. En l’absence de prophylaxie, 30 à 50% des nourrissons nés de mères ayant une gonorrhée non traitée et jusqu’à 30% de ceux nés de mères ayant une chlamydiose non traitée contractent une ophtalmie du nouveau né, qui peut conduire à la cécité; à l’échelle mondiale, entre 1000 et 4000 nouveau nés par an perdent la vue à cause de cette affection.

IST et VIH

En l’absence de traitement, une infection provoquant ou non une ulcération peut multiplier par dix le risque de contraction et de transmission de l’infection à VIH. Il est donc important de traiter immédiatement les IST pour réduire le risque d’infection à VIH. La lutte contre les IST joue un rôle important dans la prévention de l’infection à VIH chez les sujets très exposés ainsi que dans la population en général.

Syndromes des IST

Si les agents pathogènes responsables des IST sont nombreux, certains sont à l’origine de signes cliniques similaires ou qui se superposent (que la personne ou le soignant voit à l’examen) et de symptômes (que le patient ressent, comme une douleur ou une irritation). Certains de ces signes et symptômes sont aisément reconnaissables et réguliers, donnant ce que l’on appelle un syndrome qui signale la présence d’un ou de plusieurs agents pathogènes. Un écoulement urétral chez l’homme peut par exemple être dû à une gonorrhée, ou à Chlamydia, ou aux deux simultanément.

Les principaux syndromes des IST les plus courantes sont les suivants:

  • écoulement urétral;
  • ulcères génitaux;
  • œdème inguinal (bubon, tuméfaction de l’aine);
  • tuméfaction du scrotum;
  • pertes vaginales;
  • douleur abdominale basse;
  • infections ophtalmiques du nouveau-né (conjonctivite du nouveau-né).

Prise en charge syndromique des patients

Le diagnostic des IST repose d’ordinaire sur des examens de laboratoire. Souvent, cependant, ces examens ne sont pas disponibles ou coutent trop cher. Depuis 1990, l’OMS recommande une approche syndromique du diagnostic et du traitement des IST chez les patients qui présentent des signes et des symptômes régulièrement observés de certaines IST.

Utilisant des tableaux pour orienter le diagnostic et le traitement, l’approche syndromique est plus précise qu’un diagnostic reposant uniquement sur l’appréciation clinique, même entre des mains expérimentées. Il s’agit d’ une méthode scientifique permettant un traitement accessible, immédiat et efficace. Elle est économiquement plus efficace pour certains syndromes que des examens de laboratoire.

Les micro-organismes responsables d’un syndrome particulier doivent être définis localement et les tableaux adaptés en conséquence. Un suivi régulier des micro-organismes responsables de chaque syndrome devrait en outre être conduit régulièrement pour valider les recommandations thérapeutiques.

Prévention

Le moyen le plus efficace d’éviter l’infection ou la transmission d’une infection sexuellement transmissible consiste à s’abstenir de tout rapport sexuel (oral, vaginal ou anal) ou à n’avoir des rapports sexuels que dans le cadre d’une relation monogame durable avec un partenaire sain. Utilisés de façon correcte et régulière, les préservatifs masculins en latex réduisent efficacement la transmission du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles, et notamment la gonorrhée, les infections à Chlamydia et la trichomonase.

L'action de l’OMS

La lutte contre les IST demeure prioritaire pour l’OMS. L’Assemblée mondiale de la Santé a approuvé en mai 2006 la Stratégie mondiale de lutte contre les IST.

Plus récemment, la Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l’enfant du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies a souligné la nécessité d’un ensemble complet et intégré d’interventions et de services essentiels. Cette stratégie invite instamment les différents partenaires à faire en sorte que les femmes et les enfants aient accès à un ensemble universel de prestations garanties, y compris des services et des informations de planification familiale, des soins prénatals, néonatals et postnatals, des soins obstétricaux et néonatals d’urgence et la prévention du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles. Cet ensemble d’interventions pourrait accélérer l’action en vue de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé pour lesquels un retard est enregistré.

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