Poliomyélite
Principaux faits
- La poliomyélite touche principalement les enfants de moins de cinq ans.
- Une infection sur 200 entraîne une paralysie irréversible. Parmi les sujets paralysés, 5 à 10% meurent lorsque leurs muscles respiratoires cessent de fonctionner.
- Le nombre des cas de poliomyélite a diminué de plus de 99% depuis 1988, passant de 350 000 à 223 cas notifiés en 2012. Cette baisse résulte de l’effort mondial pour éradiquer cette maladie.
- En 2013, il ne reste plus que trois pays d’endémie (Afghanistan, Nigéria et Pakistan), alors qu’ils étaient plus de 125 en 1988.
- Tant qu’un seul enfant reste infecté, tous les autres, dans tous les pays, risquent de contracter la poliomyélite. L’échec de l’éradication dans les derniers bastions de la maladie pourrait aboutir à ce que le nombre des nouveaux cas revienne, d’ici 10 ans, à 200 000 par an.
- Dans la plupart des pays, l’action mondiale a permis de renforcer les capacités de lutte contre d’autres maladies infectieuses en développant des systèmes de surveillance et de vaccination efficaces.
La poliomyélite et ses symptômes
C’est une maladie très contagieuse provoquée par un virus qui envahit le système nerveux et peut entraîner une paralysie totale en quelques heures. Il pénètre dans l’organisme par la bouche et se multiplie dans les intestins. La fièvre, l’asthénie, les céphalées, les vomissements, la raideur de la nuque et les douleurs dans les membres en sont les premiers symptômes. Une paralysie irréversible (des jambes en général) survient dans un cas sur 200. Entre 5 et 10% des malades paralysés décèdent lorsque leurs muscles respiratoires cessent de fonctionner.
Personnes les plus exposées
La poliomyélite touche principalement les enfants de moins de cinq ans.
Prévention
Comme il n’existe pas de traitement, la prévention est la seule option. Le vaccin antipoliomyélitique, administré à plusieurs reprises, confère à l’enfant une protection à vie.
Nombre de cas dans le monde
Le nombre des cas a baissé de plus de 99% depuis 1988, passant de 350 000 selon les estimations dans plus de 125 pays à 223 cas notifiés en 2012. En 2013, l’endémie persiste dans certaines régions de trois pays seulement, soit la plus faible extension géographique jamais enregistrée dans l’histoire, et le nombre des cas d’infections à poliovirus sauvage de type 3 est le plus bas jamais observé.
L’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite
Lancement
En 1988, la Quarante et Unième Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution visant à l’éradication de la poliomyélite dans le monde. C’est ainsi que l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) est née, sous la direction des gouvernements nationaux, de l’OMS, du Rotary International, des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis d’Amérique et de l’UNICEF, avec le soutien de grands partenaires, comme la Fondation Bill & Melinda Gates. Cette Initiative a fait suite à la certification de l’éradication de la variole en 1980, aux progrès réalisés au cours des années 1980 en vue d’éliminer le poliovirus aux Amériques et à l’engagement pris par le Rotary International de lever des fonds pour protéger tous les enfants contre cette maladie.
Progrès
Globalement, depuis le lancement de l’IMEP, le nombre des cas a baissé de plus de 99%. En 2013, il ne reste plus que trois pays d’endémie dans le monde: le Nigéria, le Pakistan et l’Afghanistan.
En 1994, la Région OMS des Amériques a été certifiée exempte de poliomyélite, suivie en 2000 par la Région du Pacifique occidental puis, en juin 2002, par la Région européenne de l’OMS. Sur les trois types de poliovirus sauvages (types 1, 2 et 3), la transmission du type 2 a été interrompue avec succès (depuis 1999).
Aujourd’hui, plus de 10 millions de personnes marchent, alors qu’elles auraient pu être paralysées par cette maladie. On estime à plus de 1,5 million le nombre de décès d’enfants évités grâce à l’administration systématique de vitamine A au cours des activités de vaccination antipoliomyélitique.
Opportunités et risques: une approche fondée sur l’action d’urgence
Les stratégies d’éradication de la poliomyélite fonctionnent si elles sont pleinement appliquées. C’est ce que l’Inde a clairement démontré en réussissant en janvier 2011 à mettre fin à la poliomyélite dans ce qui est sans doute la localisation la plus technique et la plus difficile. En revanche, l’échec de l’application des approches stratégiques entraîne la poursuite de la transmission du virus. Celle-ci est toujours endémique au Nigéria, au Pakistan et en Afghanistan. Si l’on n’arrive pas à mettre fin à la poliomyélite dans ces dernières régions, le nombre des nouveaux cas dans le monde pourrait revenir à 200 000 par an d’ici 10 ans.
Reconnaissant à la fois l’opportunité d’un point de vue épidémiologique et les risques importants associés à un éventuel échec, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté, en mai 2012, une résolution dans laquelle elle déclarait que l’achèvement de l’éradication de la poliomyélite constituait une urgence programmatique pour la santé publique au niveau mondial et demandait la mise en place d’une stratégie globale pour l’éradication de la poliomyélite et l’assaut final contre cette maladie jusqu’à la fin de 2018, de façon que le monde soit durablement libéré de la poliomyélite.
Par la suite, les trois derniers pays d’endémie ont mis en route des plans nationaux d’urgence concernant la poliomyélite, supervisés dans chaque cas par le chef d’État, et les organismes partenaires de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) ont également immédiatement placé leurs opérations dans un cadre d’urgence, en œuvrant sous les auspices du Plan mondial d’urgence 2012-2013. Au début de 2013, on voit désormais l’impact des stratégies d’urgence, le nombre de cas signalés et le nombre de districts et de pays concernés étant moins élevés qu’à toute autre période.
Depuis lors, le nouveau plan stratégique pour l’éradication de la poliomyélite et l’assaut final contre la maladie (2013-2018) a été élaboré, en consultation avec les pays touchés par la poliomyélite, les parties prenantes, les donateurs, les partenaires et les organismes consultatifs nationaux et internationaux. Ce nouveau plan a été présenté lors d’un Sommet mondial sur la vaccination qui s’est tenu à Abou Dhabi (Émirats arabes unis) à la fin du mois d’avril 2013.
Il s’agit du premier plan visant à éradiquer simultanément tous les types de poliomyélite – dus aux poliovirus sauvages et aux poliovirus dérivés de souches vaccinales. Des dirigeants et des philanthropes ont marqué leur confiance dans le plan en annonçant le financement des trois quarts du coût du plan d’éradication – qui devrait être de US $5,5 milliards – sur une période de six ans. Ils ont également invité d’autres donateurs à prendre dès maintenant des engagements pour le montant additionnel de US $1,5 milliard qui sera nécessaire pour que le monde soit durablement délivré de la poliomyélite.
Avantages de l’éradication de la poliomyélite à l’avenir
Lorsque la poliomyélite sera éradiquée, le monde pourra célébrer une réalisation majeure au niveau mondial, qui bénéficiera de manière égale à toutes les populations, quel que soit le lieu où elles vivent. Des modèles économiques ont montré que l’éradication de la poliomyélite permettrait d’économiser au moins 40 à 50&bnsp;milliards (US $) au cours des 20 prochaines années, essentiellement dans les pays à faible revenu. Mais surtout, grâce à ce succès, aucun enfant ne souffrira plus jamais des terribles effets, pour toute la vie, de la paralysie causée par la poliomyélite.
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