Centre des médias

Diabète sucré

Aide-mémoire N°138

Le diabète sucré est une affection chronique due soit à une insuffisance génétique ou acquise de la production d'insuline par le pancréas, soit au fait que cette insuline n'est pas assez active. Cette insuffisance provoque une augmentation de la glycémie (concentration de glucose dans le sang) qui conduit à son tour à des lésions affectant plusieurs appareils ou systèmes, en particulier les vaisseaux et les nerfs.

Il existe essentiellement deux formes de diabète :

  • Le type 1, qu'on appelait auparavant diabète insulinodépendant, dans lequel le pancréas est incapable de produire l'insuline indispensable à la survie. Cette forme apparaît le plus souvent chez l'enfant et l'adolescent, mais de plus en plus de cas sont diagnostiqués à l'âge adulte.
  • Le diabète de type 2 (nommé autrefois non insulinodépendant) résulte de l'incapacité de l'organisme à réagir correctement à l'action de l'insuline produite par le pancréas. Il est beaucoup plus fréquent et représente environ 90 pour cent de l'ensemble des cas mondiaux. Il survient le plus souvent chez l'adulte, mais on l'observe de plus en plus chez les adolescents aussi.

On sait qu'en présence de certains marqueurs génétiques le risque d'apparition d'un diabète de type 1 est accru. Le type 2 est une forme largement familiale, mais ce n'est que récemment que l'on a pu associer régulièrement certains gènes à un accroissement du risque dans certaines populations. Les deux types de diabète sont des maladies complexes provoquées par la mutation de plusieurs gènes ainsi que par des facteurs liés à l'environnement.

Le diabète chez la femme enceinte peut avoir plusieurs conséquences indésirables pour l'enfant, notamment des malformations congénitales, un poids plus élevé à la naissance et un risque accru de mortalité périnatale. La stricte régulation métabolique permet cependant de ramener ces risques au même niveau que chez la femme enceinte non diabétique.

Par intolérance au glucose ou troubles de la glycémie à jeun, on entend des glycémies supérieures à la normale mais inférieure au niveau requis pour diagnostiquer un diabète. Les sujets qui donnent ces résultats courent un risque beaucoup plus élevé de développer un diabète ou une affection cardiovasculaire que les autres.

On porte actuellement un grand intérêt aux bienfaits éventuels des interventions thérapeutiques chez les sujets présentant une intolérance modérée au glucose.

Symptômes

Les symptômes du diabète peuvent être manifestes, sournois ou même inexistants.

  • Dans le diabète de type 1, les symptômes classiques sont une sécrétion excessive d'urine (polyurie), une sensation de soif (polydipsie), une perte de poids et une sensation de lassitude.
  • Ces symptômes peuvent être moins marqués dans le diabète de type 2. Ils peuvent être même inexistants au début et le diagnostic ne sera posé que plusieurs années après l'apparition de la maladie, alors que les complications existent déjà.

Prévalence

  • Des données récentes révèlent qu'il y a environ 150 millions de diabétiques dans le monde et que leur nombre pourrait bien doubler d'ici 2025. L'essentiel de cette augmentation se produira dans les pays en développement et sera dû à l'accroissement démographique, au vieillissement de la population, à des régimes alimentaires déséquilibrés, à l'obésité et à un mode de vie sédentaire.
  • En 2025, alors que la plupart des diabétiques dans les pays développés seront âgés de 65 ans et plus, c'est dans le groupe d'âge le plus productif, de 45 à 64 ans, qu'ils seront les plus nombreux dans les pays en développement.

Diagnostic

L'OMS a publié des valeurs de la glycémie pour le diagnostic du diabète. La valeur de la glycémie à jeun posant le diagnostic a été modifiée pour la dernière fois en 1999.

Traitement

  • Le régime et l'activité physique sont les piliers du traitement non pharmacologique du diabète.
  • Environ 40 % des diabétiques ont besoin de médicaments par voie orale pour contrôler la glycémie et 40 % doivent avoir recours aux injections d'insuline. Cette hormone a été isolée en 1921 par Frederick Banting et Charles Best au Canada et elle a révolutionné le traitement du diabète et la prévention de ses complications. Elle a offert aux malades présentant un diabète de type 1, mortel jusqu'alors, la perspective d'une survie de longue durée.
  • En général, la survie des personnes souffrant du diabète de type 1 dépend entièrement de l'injection quotidienne d'insuline. En revanche, la survie des malades atteints du type 2, la majorité des diabétiques, ne dépend pas de l'insuline, mais un tiers d'entre eux en ont besoin pour faire baisser la glycémie.
  • Bien qu'elle figure dans la liste des médicaments essentiels de l'OMS, l'insuline reste indisponible ou inabordable dans beaucoup de pays pauvres. Le problème de l'accès à l'insuline pour ceux qui en ont besoin est un grand sujet de préoccupation pour les organismes internationaux de santé et les autorités sanitaires nationales.

Complications du diabète sucré

  • La rétinopathie diabétique est la principale cause de cécité et de troubles visuels. Le diabète sucré provoque, au niveau des capillaires de la rétine, des lésions qui entraînent une baisse de l'acuité visuelle. Des observations, répétées d'une étude à l'autre, conduisent à penser que, après un diabète de 15 ans, environ 2 % des malades perdent la vue et environ 10 % sont affectés d'un grave handicap visuel. La baisse de l'acuité visuelle attribuable à certains types de glaucome et de cataracte pourrait également être plus fréquente chez les diabétiques.

Une bonne régulation métabolique permet de retarder l'apparition et l'évolution de la rétinopathie diabétique. On peut éviter la baisse de l'acuité visuelle et la cécité chez les diabétiques grâce à un dépistage et à un traitement précoces de cette pathologie : il s'agit en particulier de procéder à des examens ophtalmologiques réguliers et d'intervenir en temps utile soit au moyen d'un laser, soit chirurgicalement en cas de rétinopathie avancée. On peut constater que, même dans les pays développés, une proportion importante des personnes nécessitant des soins ne les reçoivent pas par suite d'un manque d'information du public et des milieux professionnels. Dans les pays en développement où, pour nombre d'entre eux, le diabète est devenu courant, ces soins restent inaccessibles à la majorité de la population.

  • Le diabète figure parmi les principales causes d'insuffisance rénale, mais sa fréquence varie d'une population à l'autre. Elle est également liée à la gravité et à la durée de la maladie. Il existe un certain nombre de mesures qui permettent de ralentir l'évolution des lésions rénales. Elles consistent à combattre l'hyperglycémie et l'hypertension, à prescrire des médicaments à un stade précoce des lésions et à restreindre l'apport alimentaire de protéines. Le dépistage et un diagnostic précoces des néphropathies d'origine diabétique constituent d'importants moyens de prévention.
  • Les cardiopathies sont responsables d'environ 50 % des décès chez les diabétiques dans les pays industrialisés. Parmi les facteurs de risque chez le diabétique, on peut citer le tabagisme, l'hypertension, l'hypercholestérolémie et l'obésité. Le diabète supprime la protection contre les affections cardiaques dont jouissent les femmes préménopausées non diabétiques. Le dépistage et la prise en charge de ces pathologies peuvent permettre de retarder ou de prévenir les cardiopathies chez les diabétiques.
  • Les neuropathies diabétiques sont probablement les complications les plus courantes du diabète. Selon certains travaux, jusqu'à 50 % des diabétiques en souffrent à des degrés divers. La gravité et la durée de l'hyperglycémie en constituent les principaux facteurs de risque. Elles peuvent conduire à une perte de la sensibilité et à des lésions des membres. Elles sont également une cause importante d'impuissance chez les hommes.
  • Le pied diabétique apparaît à la suite d'une évolution pathologique au niveau des nerfs et des vaisseaux. Il évolue fréquemment vers l'ulcération et doit souvent être amputé. C'est l'une des complications les plus coûteuses du diabète, en particulier dans les communautés où les gens sont mal chaussés. Le diabète est la cause la plus fréquente d'amputation chirurgicale des membres inférieurs, intervention que l'on peut éviter en examinant et en soignant régulièrement les pieds.

Prévention

De grandes études en population en Chine, en Finlande et aux Etats-Unis ont montré récemment qu'il était possible de prévenir ou de retarder l'apparition du diabète chez les sujets obèses présentant une intolérance modérée au glucose. Elles donnent à penser que même une réduction modeste du poids et une marche d'une demi-heure par jour permettent de diminuer l'incidence du diabète de plus de la moitié.

Le diabète est une maladie grave et coûteuse qui devient de plus en plus fréquente, en particulier dans les pays en développement et dans les minorités désavantagées. Il existe néanmoins de nombreux moyens de le prévenir ou d'en maîtriser l'évolution. Pour parvenir à lutter efficacement contre le diabète, il est important de sensibiliser le public et les milieux professionnels aux facteurs de risque et aux symptômes.

Partager

Pour plus d'informations:

WHO Media centre
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

Liens connexes