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Orthopoxvirose simienne

Aide-mémoire N°161
Mars 2011


Principaux faits

  • Le virus de l’orthopoxvirose simienne peut provoquer chez l’homme une maladie comparable à la variole, parfois mortelle, mais généralement beaucoup moins grave.
  • L’orthopoxvirose simienne se rencontre principalement dans les villages reculés du centre et de l’ouest de l’Afrique, à proximité des forêts tropicales humides.
  • Le virus de l’orthopoxvirose simienne est transmis à l’homme par divers animaux sauvages et se propage dans les populations humaines via une transmission interhumaine.
  • Il n’existe pas de traitement ni de vaccin contre l’orthopoxvirose simienne, même si la vaccination antivariolique s’est avérée efficace à 85% pour prévenir cette maladie.

L’orthopoxvirose simienne est une zoonose virale dont les symptômes chez l’homme sont comparables à ceux que l’on observait autrefois chez les sujets atteints de variole. Cependant, la variole a disparu suite à son éradication mondiale en 1980, tandis que l’orthopoxvirose simienne sévit encore de manière sporadique dans certaines parties d’Afrique.

Le virus de l’orthopoxvirose simienne appartient au genre Orthopoxvirus de la famille des poxviridés.

Ce virus a été identifié pour la première fois à l’Institut de Sérologie d’État de Copenhague (Danemark) en 1958, au cours de l’étude d’une poxvirose chez des singes.

Flambées épidémiques

L’orthopoxvirose simienne a été identifiée chez l’homme pour la première fois en 1970 en République démocratique du Congo. Depuis lors, la majorité des cas ont été signalés dans les régions rurales du bassin du Congo et d’Afrique de l’Ouest, en particulier en République démocratique du Congo. En 1996-1997, une grande flambée a sévi dans ce pays. Au printemps 2003, des cas d’orthopoxvirose simienne ont été confirmés dans le Midwest aux États-Unis d’Amérique, marquant ainsi la première apparition de cette maladie en dehors du continent africain. Plus récemment, l’orthopoxvirose simienne a été signalée à Unity, au Soudan.

Transmission

L’infection des cas initiaux résulte d’un contact direct avec du sang, des liquides organiques ou des éruptions cutanées d’animaux infectés. En Afrique, des infections ont été documentées chez l’homme à la suite de la manipulation de singes, de rats de Gambie ou d’écureuils infectés.

La transmission secondaire est une transmission interhumaine résultant d’un contact étroit avec des sécrétions des voies respiratoires infectées, des lésions cutanées d’une personne infectée ou des objets récemment contaminés. La transmission par les gouttelettes respiratoires a également été documentée. Elle peut également se produire par inoculation ou par voie placentaire (orthopoxvirose simienne congénitale). Rien ne permet à ce jour d’affirmer que la seule transmission interpersonnelle permette d’entretenir l’orthopoxvirose simienne dans la population humaine.

Signes et symptômes

La période d’incubation (intervalle s’écoulant entre l’infection et le début des symptômes) de l’orthopoxvirose simienne se situe entre 6 et 16 jours.

L’infection peut être divisée en deux périodes:

  • la période invasive (0-5 jours) caractérisée par l’apparition d’une fièvre, de céphalées intenses, d’une adénopathie (tuméfaction des ganglions lymphatiques), de douleurs dorsales, de myalgie (douleurs musculaires) et d’une asthénie marquée (manque d’énergie);
  • la période d’éruption cutanée où les divers stades de cette dernière apparaissent au niveau du visage (dans 95% des cas), de la paume des mains, de la plante des pieds (75%) et sur tout le corps presque simultanément. L’évolution du rash cutané depuis les maculo-papules (lésions dont la base est aplatie) jusqu’à l’apparition de croûtes, en passant par les vésicules (petites ampoules remplies de liquide) et les pustules, se fait approximativement en 10 jours. Il peut falloir trois semaines pour que les croûtes disparaissent complètement.

Le nombre de lésions va de quelques-unes à plusieurs milliers, touchant la muqueuse buccale (dans 70% des cas), les organes génitaux (30%) et les conjonctives (paupières) (20%), ainsi que la cornée (globe oculaire).

Certains patients présentent une adénopathie grave (tuméfaction des ganglions lymphatiques) avant l’apparition de l’éruption. La présence d’une adénopathie peut permettre d’identifier l’orthopoxvirose simienne puisqu’elle n’est pas caractéristique de la variole ni de la varicelle.

En général, les symptômes de l’orthopoxvirose simienne durent entre 14 et 21 jours.

Le taux de létalité a été extrêmement variable selon les épidémies, mais inférieur à 10% dans les cas documentés. La plupart des décès surviennent chez de jeunes enfants. En outre, les enfants sont peut-être plus sensibles à l’orthopoxvirose en raison de l’arrêt de la vaccination systématique contre la variole ayant fait suite à l’éradication mondiale de cette maladie en 1980.

Diagnostics

Les diagnostics différentiels sont les suivants: variole, varicelle, rougeole, infections bactériennes cutanées, gale, allergies médicamenteuses et syphilis.

L’orthopoxvirose simienne ne peut être diagnostiquée avec certitude qu’au laboratoire grâce à un certain nombre d’épreuves:

  • titrage avec un immuno-adsorbant lié à une enzyme (ELISA);
  • épreuves de recherche des antigènes;
  • amplification enzymatique (PCR);
  • isolement du virus en culture cellulaire.

Traitement et vaccin

Il n’existe aucun médicament ni vaccin contre l’orthopoxvirose simienne, même si une vaccination contre la variole s’est avérée efficace à 85% pour la prévenir dans le passé.

Hôte naturel du virus de l’orthopoxvirose simienne

En Afrique, l’orthopoxvirose simienne a été retrouvée dans de nombreuses espèces animales: Funisciurus à dos rayé, écureuil de Smith, rat de Gambie, souris rayée, loir africain et primates. Des doutes persistent quant à l’histoire naturelle du virus et des études complémentaires sont nécessaires pour identifier son réservoir exact et la manière dont il perdure dans la nature.

Aux États-Unis d’Amérique, on pense que ce virus a été transmis à partir d’animaux africains à un certain nombre d’espèces sensibles non africaines (comme les chiens de prairie) avec lesquelles on les a fait cohabiter.

Prévention

Prévention de l’extension de l’orthopoxvirose simienne par le commerce des animaux

Le fait de restreindre ou d’interdire le transport des petits mammifères et des singes africains pourrait permettre de ralentir la propagation du virus hors d’Afrique.

Les animaux en captivité ne doivent pas être vaccinés contre la variole. Il vaut mieux isoler des autres les animaux infectés et les mettre immédiatement en quarantaine. Tout animal ayant pu être en contact avec un animal infecté doit être mis en quarantaine et gardé en observation pendant 30 jours pour voir si des symptômes d’orthopoxvirose simienne apparaissent.

Réduction du risque d’infection humaine

Au cours des flambées d’orthopoxvirose simienne, le facteur de risque le plus important est un contact étroit avec d’autres patients. En l’absence de traitement spécifique et d’un vaccin, la seule façon de réduire le nombre d’infections est de mieux sensibiliser les gens aux facteurs de risque et de leur indiquer les mesures à prendre pour réduire leur exposition au virus.

Les messages de santé publique doivent être axés sur les éléments suivants:

  • Réduction du risque de transmission interhumaine. Il faut éviter tout contact physique étroit avec des personnes infectées par l’orthopoxvirus simien. Porter des gants et un équipement protecteur lorsqu’on soigne des malades. Se laver régulièrement les mains après s’être occupé de personnes malades ou leur avoir rendu visite.
  • Réduction du risque de transmission de l’animal à l’homme. Les efforts visant à prévenir la transmission dans les régions d’endémie doivent être axés sur le fait de bien cuire tous les produits animaux (sang, viande) avant leur consommation. On portera des gants et tout autre vêtement protecteur approprié lors de la manipulation d’animaux malades ou de leurs tissus infectés, ainsi que pendant les opérations d’abattage.
Lutte contre l’infection dans les établissements de soins de santé

Les agents de soins de santé s’occupant de patients présentant une orthopoxvirose simienne présumée ou confirmée, ou manipulant leurs spécimens, doivent mettre en œuvre les précautions standard de lutte contre l’infection (voir la section « Liens » pour davantage d’informations sur les «précautions standard dans les soins de santé»).

Les agents de soins de santé et les personnes qui traitent des patients atteints d’orthopoxvirose simienne, ou qui sont exposées à ces derniers ou à leurs échantillons, doivent envisager une vaccination antivariolique. Toutefois, cette dernière ne doit pas être administrée aux sujets immunodéprimés.

Les échantillons prélevés chez des personnes ou des animaux présumés atteints d’orthopoxvirose simienne doivent être manipulés par du personnel qualifié travaillant dans des laboratoires convenablement équipés.

Action de l’OMS

Les bureaux de l’OMS dans les pays soutiennent les activités de surveillance et de riposte aux flambées dans les pays touchés.

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