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Hépatite C

Aide-mémoire N°164
Juillet 2017


Principaux faits

  • L’hépatite C est une maladie du foie causée par un virus. Le virus de l’hépatite C peut entraîner à la fois une infection hépatique aiguë et chronique, dont la gravité est variable, pouvant aller d’une forme bénigne qui dure quelques semaines à une maladie grave qui s’installe à vie.
  • Le virus de l’hépatite C est transmis par le sang et les modes d’infection les plus fréquents résultent de l’exposition à de petites quantités de sang, se produisant lors de la consommation de drogues injectables, des injections à risque, de soins à risque et de la transfusion de sang ou de produits dérivés pour lesquels il n’y a pas eu de dépistage.
  • À l’échelle mondiale, environ 71 millions d’individus sont porteurs chroniques de l’hépatite C.
  • Pour un nombre important des personnes atteintes par la forme chronique de la maladie, l’infection évolue vers la cirrhose ou le cancer du foie.
  • Environ 399 000 personnes meurent chaque année de l’hépatite C, la plupart du temps par cirrhose ou carcinome hépatocellulaire.
  • Les médicaments antiviraux permettent de guérir plus de 95% des personnes infectées par le virus de l’hépatite C, réduisant ainsi le risque de décès par cancer hépatique ou par cirrhose, mais l’accès au diagnostic et au traitement est insuffisant.
  • Actuellement, il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C mais la recherche dans ce domaine se poursuit.

Le virus de l’hépatite C (VHC) est responsable à la fois de l’infection aiguë et de l'infection chronique. La forme aiguë de la maladie est généralement asymptomatique, et n’est que très rarement associée à une maladie engageant le pronostic vital. Environ 15 à 45% des personnes infectées se débarrassent spontanément du virus dans les 6 mois qui suivent l’infection sans aucun traitement.

Pour les autres, soit 55 à 85% des personnes infectées, l’infection évoluera vers la forme chronique de la maladie. Parmi celles-ci, le risque de cirrhose du foie est de 15 à 30% sur une durée de 20 ans.

Répartition géographique

On rencontre l’hépatite C partout dans le monde. Les Régions de l’OMS les plus affectées sont la Région de la Méditerranée orientale et la Région européenne, avec une prévalence de 2,3% et de 1,5% respectivement. Dans les autres régions, la prévalence de l’infection à VHC varie de 0,5 à 1%.

Selon les pays, l’épidémie d’hépatite C peut toucher principalement certaines populations (les consommateurs de drogues injectables, par exemple) et/ou la population en général. Il existe des souches (ou génotypes) multiples du VHC et leur répartition varie en fonction des régions.

Transmission

Le virus de l’hépatite C est transmis par le sang. Les modes de transmission les plus fréquents sont les suivants:

  • consommation de drogues injectables en partageant le matériel d’injection;
  • réutilisation ou mauvaise stérilisation du matériel médical, en particulier des seringues et des aiguilles, dans certains centres de soins;
  • la transfusion de sang et de produits sanguins n’ayant pas fait l’objet d’un dépistage;

Le virus de l’hépatite C peut aussi être transmis lors de rapports sexuels ou par une mère infectée à son nourrisson, ces modes de transmission étant toutefois moins courants.

L’hépatite C ne se transmet pas par le lait maternel, les aliments ou l’eau ou encore par un simple contact tel qu’une étreinte, un baiser ou le partage de nourriture ou d’une boisson avec une personne infectée.

Selon les estimations obtenues à partir d'une modélisation, il y a eu en 2015 dans le monde 1,75  million de nouvelles infections à VHC (soit à l’échelle mondiale 23,7 nouvelles infections pour 100 000 habitants).

Symptômes

La période d’incubation pour l’hépatite C va de 2 semaines à 6 mois. Après l’infection initiale, 80% environ des individus sont asymptomatiques.

Chez ceux présentant une symptomatologie aiguë, on peut relever de la fièvre, de la fatigue, une baisse d’appétit, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, une coloration sombre des urines, une coloration grisâtre des fèces, des douleurs articulaires et/ou un ictère (jaunissement de la peau et du blanc des yeux).

Dépistage et diagnostic

Du fait que l’infection aiguë par le virus de l’hépatite C est généralement asymptomatique, peu de personnes sont diagnostiquées pendant la phase aiguë. Chez celles dont l’infection évolue vers une hépatite C chronique, celle-ci échappe souvent au diagnostic, car elle reste asymptomatique pendant des décennies avant que n’apparaissent les symptômes résultant d’une lésion hépatique grave.

L’infection par le virus de l’hépatite C est diagnostiquée en 2 étapes:

  • le dépistage des anticorps de l’hépatite C par un test sérologique permet d’identifier les personnes qui ont été infectées par le virus;
  • si le test est positif pour les anticorps de l’hépatite C, un test d’amplification des acides nucléiques (TAN) pour l’acide ribonucléique (ARN) du VHC est nécessaire pour confirmer l’infection chronique. En effet, 15% à 45% des personnes infectées par le VHC se débarrassent spontanément de l’infection grâce à une forte réponse immunitaire, sans recours à un traitement. Bien qu’elles ne soient plus infectées, ces personnes continuent de donner un résultat positif aux tests permettant de détecter la présence d’anticorps anti-VHC.

Après que le diagnostic d’hépatite chronique C a été posé chez une personne, on détermine le degré de gravité des lésions hépatiques (fibrose ou cirrhose). Cette évaluation peut se faire par une biopsie du foie ou par divers tests non invasifs.

En outre, un examen en laboratoire devra identifier le génotype de la souche du virus de l’hépatite C. Il existe 6 génotypes du VHC et ils réagissent différemment au traitement. En outre, une même personne peut être infectée par plusieurs génotypes. Le degré de gravité de l’atteinte hépatique et le génotype du virus sont utilisés pour orienter les décisions en matière de traitement et de prise en charge de la maladie.

Dépistage

Un diagnostic précoce permet d’éviter les problèmes de santé que peut entraîner l’infection et de prévenir la transmission du virus. L’OMS recommande le dépistage pour les personnes susceptibles d’être exposées à un risque accru d’infection. Les populations exposées à un risque accru d’infection par le VHC incluent:

  • les consommateurs de drogues par injection;
  • les consommateurs de drogues par voie nasale;
  • les personnes ayant reçu des produits sanguins infectés ou ayant fait l’objet d’examens invasifs dans des établissements de soins où les pratiques de lutte contre les infections sont insuffisantes;
  • des enfants nés de mères infectées par le VHC;
  • des personnes dont les partenaires sexuels sont infectés par le VHC;
  • des personnes atteintes de l’infection à VIH;
  • des prisonniers ou des personnes qui ont été incarcérées dans le passé;
  • des personnes qui sont tatouées ou portent des piercings.

Sur les 36,7 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde, la sérologie révèle une infection passée ou actuelle d’une infection à VHC chez 2,3 millions de personnes, c’est-à-dire que 6,2 % des personnes infectées par le VIH ont des anticorps anti-VHC. Les affections hépatiques sont une cause majeure de morbidité et de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH.

Traitement

L’hépatite C ne nécessite pas toujours un traitement puisque chez certaines personnes, la réponse immunitaire éliminera l’infection et certaines personnes porteuses d’une infection chronique ne développent pas de lésion hépatique. Lorsque le traitement est nécessaire, l’objectif est la guérison. Le taux de guérison dépend de plusieurs facteurs, y compris de la souche du virus et du type de traitement donné.

La norme des soins pour l’hépatite C évolue rapidement. Le sofosbuvir, le daclatasvir et l’association sofosbuvir/ledispavir font partie des schémas thérapeutiques de prédilection dans les lignes directrices de l’OMS et permettent d’obtenir des taux de guérison supérieurs à 95%.

Ces principes actifs, appelés agents antiviraux directs (AAD), sont bien plus efficaces, plus sûrs et mieux tolérés que les traitements plus anciens. Ils peuvent guérir la plupart des cas d’infection à VHC et ils sont plus courts (12 semaines en général). L’interféron pégylé et la ribavirine gardent cependant un rôle limité dans certaines situations où les données en faveur d’un traitement par les AAD uniquement restent limitées.

L’accès au traitement du VHC s’améliore, mais reste limité. En 2015, sur les 71 millions de personnes infectées par le VHC dans le monde, 20% (14 millions) connaissaient leur situation. Parmi les sujets diagnostiqués, 7,4% (1,1 million) ont débuté le traitement en 2015. Il reste beaucoup à faire pour que ces progrès conduisent à un plus large accès au traitement dans le monde entier.

Prévention

Prévention primaire

Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C; c'est pourquoi la prévention de l’infection par le VHC passe par la réduction du risque d’exposition au virus dans les établissements de soins et parmi les populations exposées à un risque accru, comme les consommateurs de drogues injectables, et par contact sexuel.

La liste qui suit est un exemple non exhaustif des interventions de prévention primaire recommandées par l’OMS:

  • hygiène des mains: y compris la préparation des mains avant une intervention chirurgicale, le lavage des mains et l’utilisation de gants;
  • usage sûr et approprié des injections dans le milieu des soins;
  • manipulation et élimination sans risque des objets tranchants ou piquants et des déchets;
  • proposition aux personnes qui s’injectent des drogues de services complets visant à réduire les effets nocifs de ces injections, notamment de matériel d’injection stérile;
  • dépistage des dons de sang pour l'hépatite C et B également ainsi que le VIH et la syphillis;
  • formation du personnel; et
  • promotion de l’utilisation régulière et correcte des préservatifs.
Prévention secondaire et tertiaire

Dans le cas des personnes infectées par le virus de l’hépatite C, l’OMS recommande de:

  • les informer des possibilités de soins et de traitement et de les conseiller;
  • les vacciner contre les hépatites A et B pour éviter une co-infection par les virus correspondants et protéger leur foie;
  • les prendre en charge médicalement de manière précoce et appropriée, notamment par un traitement antiviral le cas échéant; et
  • les surveiller régulièrement en vue d’un diagnostic précoce des maladies hépatiques chroniques.

Dépistage, soins et traitement des personnes infectées par le virus de l’hépatite C

En avril 2016, l’OMS a actualisé ses Lignes directrices pour le dépistage, les soins et le traitement des personnes infectées par le virus de l’hépatite C. Celles ci complètent les orientations existantes sur la prévention de la transmission des virus par voie hématogène, y compris le VHC.

Ces lignes directrices sont destinées aux responsables politiques et gouvernementaux, ainsi qu’aux autres personnes travaillant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire au développement de programmes pour le dépistage, les soins et le traitement des personnes infectées par le virus de l’hépatite C.

L’accès au traitement du VHC s’améliore, mais reste limité. En 2015, sur les 71 millions de personnes infectées par le VHC dans le monde, 20% (14 millions) connaissaient leur situation. Parmi les sujets diagnostiqués, 7,4% (1,1 million) ont débuté le traitement en 2015. Sur ceux qui ont démarré le traitement en 2015, près de la moitié ont eu des AAD. Ces dernières années dans le monde, le nombre cumulé des personnes mises sous traitement a atteint 5,4 millions en 2015. La plupart des patients soignés avant cette date ont eu des anciens traitements, principalement à base d’interféron.


Résumé des principales recommandations

Recommandations sur le dépistage de l’hépatite C

1. Dépistage pour identifier les personnes infectées par le VHC

Il est recommandé de proposer un dépistage sérologique du VHC aux personnes faisant partie des populations où la prévalence de l’hépatite C est élevée ou qui ont des antécédents d’exposition au risque de VHC/de comportement à risque.

2. Quand confirmer le diagnostic d’infection chronique par le VHC?

Si l’on obtient un résultat positif à un test sérologique de dépistage du VHC, il est suggéré de procéder à un autre test d’amplification des acides nucléiques pour rechercher l’acide ribonucléique (ARN) du VHC immédiatement après, afin de diagnostiquer une éventuelle infection chronique. Un test TAN de recherche de l’ARN du VHC devra aussi être pratiqué pour évaluer la nécessité d’un traitement contre l’hépatite C.

Recommandations sur les soins aux personnes infectées par le VHC

3. Dépistage de la consommation d’alcool et conseils pour réduire les niveaux de consommation modérés et élevés

Il est recommandé de procéder à une évaluation de la consommation d’alcool pour toutes les personnes atteintes de l’infection à VHC puis de proposer une intervention visant à réduire les comportements de consommation de produits alcoolisés à celles dont la consommation est modérée à élevée.

4. Évaluer le degré de fibrose ou de cirrhose hépatique

Dans les contextes où les ressources sont limitées, il convient d’utiliser les tests APRI (score aminotransférases/taux de plaquettes) ou FIB4 pour évaluer la fibrose hépatique de préférence à d’autres tests non invasifs qui requièrent davantage de ressources tels que l’élastographie ou le Fibrotest.

Recommandations sur le traitement de l’infection à VHC

5. Évaluation en vue du traitement de l’hépatite C

Tous les adultes et tous les enfants atteints d’une infection chronique par le virus de l’hépatite C, y compris les consommateurs de drogues injectables, doivent faire l’objet d’une évaluation en vue du traitement antiviral.

6. Traitement par des antiviraux à action directe (AAD)

L’OMS recommande que tous les patients atteints d’une hépatite C soient traités avec des schémas thérapeutiques comprenant des AAD, à l’exception de quelques groupes spécifiques pour lesquels les schémas à base d’interféron pourront encore être employés (en tant que schémas alternatifs chez les patients infectés par un virus du génotype 5 ou 6 et ceux porteurs d’un virus du génotype 3 et d’une cirrhose).

7. Le télaprévir et le bocéprévir ne devront plus être utilisés.

Ces 2 AAD de première génération, qui étaient administrés avec l’interféron pégylé et la ribavirine, avaient été préconisés dans les lignes directrices de 2014. Les éléments disponibles maintenant montrent qu’ils entraînent plus fréquemment des effets secondaires et moins souvent des guérisons que des schémas thérapeutiques composés à partir des nouveaux AAD. Ces 2 médicaments ne sont donc plus recommandés par l’OMS.

8. L’OMS préconise des schémas thérapeutiques à base d’AAD préférables et des schémas à base d’AAD alternatifs en fonction du génotype et de l’état de la cirrhose.

Le groupe d’élaboration des lignes directrices a examiné toutes les données disponibles (plus de 200 études) pour déterminer quels étaient les schémas thérapeutiques les plus efficaces et les plus sûrs pour traiter chacun des 6 génotypes.

Action de l’OMS

En mai 2016, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté la première Stratégie mondiale du secteur de la santé sur l’hépatite virale, 2016-2021.

Cette stratégie met en avant le rôle crucial de la couverture sanitaire universelle et ses cibles sont alignées sur celles des objectifs de développement durable. Elle vise à éliminer l’hépatite virale en tant que problème de santé publique, ce qui est résumé dans les cibles mondiales appelant à réduire de 90% le nombre des nouveaux cas et de 65% le nombre des décès dus à une hépatite virale d’ici 2030. Les mesures à prendre par les pays et le Secrétariat de l’OMS pour atteindre ces cibles sont décrites dans la Stratégie.

Pour aider les pays à progresser vers la réalisation des cibles mondiales concernant l’hépatite au titre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’OMS travaille dans les domaines suivants:

  • sensibilisation, promotion des partenariats et mobilisation des ressources;
  • élaboration de politiques fondées sur des bases factuelles et obtention de données pour prendre des mesures;
  • prévention de la transmission; et
  • développement des services de dépistage, de soins et de traitement.

L’OMS a publié son Rapport mondial sur l’hépatite pour 2017, décrivant la situation de référence à partir de laquelle mener les efforts vers l’élimination. Ce document présente des statistiques mondiales sur les hépatites virales B et C, sur le taux des nouvelles infections, sur la prévalence des infections chroniques et sur la mortalité due à ces 2 virus entraînant une forte charge de morbidité, de même que sur la couverture des interventions clés, toutes ces données étant actualisées à fin 2015.

L’OMS organise également chaque année le 28 juillet la Journée mondiale contre l’hépatite pour sensibiliser davantage l’opinion et mieux faire connaître la maladie.