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Enfants: réduire la mortalité

Aide-mémoire N°178
Septembre 2016


Principaux faits

  • Quelque 5,9 millions d’enfants de moins de 5 ans sont morts en 2015.
  • Plus de la moitié de ces décès sont dus à des maladies pouvant être évitées ou traitées au moyen d’interventions simples et peu coûteuses.
  • Les complications des naissances prématurées, l’asphyxie à la naissance, la pneumonie, la diarrhée et le paludisme sont les principales causes de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. Environ 45% des décès d’enfants sont liés à la malnutrition.
  • En Afrique subsaharienne, la probabilité que les enfants meurent avant l’âge de 5 ans est 14 fois plus grande que dans les pays à revenu élevé.

Pour un enfant, le risque de décès est le plus élevé pendant la période néonatale, c’est-à-dire au cours des 28 premiers jours de vie. L’accouchement dans de bonnes conditions et des soins néonatals efficaces sont essentiels pour éviter ces décès. Environ 45% des décès d’enfants de moins de 5 ans surviennent pendant la période néonatale.

Les naissances prématurées, l’asphyxie à la naissance (l’enfant ne respire pas) et les infections sont à l’origine de la plupart des décès néonatals. Après cette période et pendant les 5 premières années, les principales causes de mortalité sont la pneumonie, la diarrhée et le paludisme. La malnutrition est un facteur sous-jacent dans environ 45% des décès, car elle rend les enfants plus vulnérables aux maladies graves.

Dans l’ensemble, on a beaucoup progressé dans la réalisation de du quatrième objectif du Millénaire pour le développement (OMD). Le taux de mortalité des enfants moins de 5 ans au niveau mondial est passé de 91 décès pour 1000 naissances vivantes en 1990 à 43 décès pour 1000 naissances vivantes en 2015. Mais le rythme de baisse restait insuffisant pour réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, conformément à la cible fixée.

Quels sont les enfants les plus exposés?

Nouveau-nés

Près de 2,7 millions d’enfants meurent chaque année avant l’âge de un mois et il y a un nombre équivalent d’enfants mort-nés. Au cours de ce premier mois de vie, près la moitié des décès surviennent pendant les premières 24 heures et 75% pendant la première semaine. Les premières 48 heures qui suivent la naissance sont cruciales pour la survie du nouveau-né. C’est à ce moment que la mère et l’enfant doivent bénéficier d’un suivi attentif pour prévenir et traiter les maladies.

Au niveau mondial, le nombre de décès néonatals est passé de 5,1 millions en 1990 à 2,7 millions en 2015. Toutefois, la baisse de la mortalité a été plus lente pour les nouveau-nés que pour les enfants de moins de 5 ans qui ont dépassé la période néonatale: 47% contre 58% à l’échelle mondiale. Ceci est vrai pour la plupart des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Ceci est vrai pour la plupart des pays à revenu faible ou intermédiaire. Si les tendances actuelles se poursuivent, près de la moitié des 69 millions de d’enfants qui mourront entre 2016 et 2030 seront des nouveau-nés. La proportion des décès néonatals parmi les décès d’enfants de moins de 5 ans devrait passer de 45% en 2015 à 52% en 2030.

En outre, 63 pays doivent progresser plus vite pour atteindre d’ici à 2030 un taux de mortalité de 12 pour 1000 naissances vivantes, conformément à la cible prévue dans les objectifs de développement durable (ODD).

Avant la naissance, la mère peut améliorer les chances de survie et la santé de son enfant en allant aux consultations prénatales, en se faisant vacciner contre le tétanos et en évitant de fumer et de boire de l’alcool.

Au moment de la naissance, les chances de survie de l’enfant augmentent sensiblement s'il a lieu en présence d’un accoucheur qualifié et dans un établissement de santé. Après la naissance, les soins essentiels du nouveau-né sont les suivants:

  • s’assurer que l’enfant respire;
  • commencer immédiatement l’allaitement exclusif au sein;
  • garder l’enfant au chaud; et
  • se laver les mains avant de le toucher.

Il est aussi très important de repérer et de soigner les maladies du nouveau-né, car elles peuvent s’aggraver et entraîner la mort très rapidement, si elles ne sont pas diagnostiquées ni traitées correctement. Les nourrissons malades doivent être vus immédiatement par un agent de santé qualifié.

Enfants de moins de 5 ans

On enregistre, au niveau mondial, une baisse sensible du nombre de décès d’enfants depuis 1990. Le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans est passé de 12,7 millions en 1990 à 5,9 millions en 2015 – soit 16 000 par jour contre 35 000 par jour en 1990. Entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des moins de 5 ans a baissé de 53% à l’échelle mondiale, passant de 91 à 43 pour 1000 naissances vivantes.

Les progrès dans la baisse du taux de mortalité des moins de 5 ans se sont accélérés partout dans le monde. L’Afrique subsaharienne, où le taux de mortalité des moins de 5 ans était le plus élevé au monde, a également enregistré une accélération significative, ce qui est prometteur. Le taux annuel de baisse est passé de 1,6% en 1990 à 4,1% entre 2000 et 2015. La baisse remarquable de la mortalité des moins de 5 ans depuis 2000 correspond à 48 millions de vies sauvées.

Entre 1990 et 2015, 62 des 195 pays pour lesquels on dispose d’estimations sont parvenus à réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, conformément à la cible prévue dans l’objectif du Millénaire pour le développement (OMD) 4. Vingt-quatre d’entre eux sont des pays à revenu faible ou intermédiaire. Malgré tout, ces progrès n’ont pas suffi à atteindre l’OMD 4, ni au niveau mondial ni dans de nombreuses régions.

Actuellement, le taux de mortalité des moins de 5 ans est supérieur dans 79 pays à la cible de 25 pour 1000 naissances vivantes proposée dans les ODD, et 47 de ces pays – dont 34 se situent en Afrique subsaharienne – n’atteindront pas cette cible d’ici à 2030 si la tendance se poursuit. Dans ces 47 pays, les progrès doivent être considérablement plus rapides pour atteindre les buts fixés – 30 pays doivent au moins doubler leur taux actuel de baisse et 11 d’entre eux doivent au moins tripler leur taux actuel de baisse.

On a constaté des écarts importants de mortalité de l’enfant entre sous-groupes ou entre régions au sein des pays, qui appellent une approche de la réduction de la mortalité de l’enfant axée sur l’équité. Les enfants risquent davantage de mourir avant l’âge de 5 ans s’ils sont nés dans des régions rurales, dans des ménages pauvres ou si leur mère n’a pas reçu d’instruction élémentaire.

Plus de la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans sont dus à des maladies qui pourraient être évitées ou traitées moyennant des interventions simples et d’un coût abordable. Le renforcement des services de santé pour que tous les enfants puissent bénéficier de ces interventions permettra de sauver de nombreuses vies.

Les enfants souffrant de malnutrition, en particulier ceux souffrant de malnutrition aiguë sévère, courent un risque plus élevé d'être victimes des maladies de l'enfance courantes comme la diarrhée, la pneumonie et le paludisme. Les facteurs liés à la nutrition contribuent à environ 45% des décès chez les enfants de moins de 5 ans.

Principales causes de décès chez l’enfant: facteurs de risque et action


Cause de mortalité Facteurs de risques Prévention Traitement
Pneumonie,
ou autres infections respiratoires aiguës
Petit poids de naissance

Malnutrition

Enfants non allaités au sein

Promiscuité
Vaccination

Allaitement exclusif

Alimentation appropriée
Meilleure qualité de l'air du logement
Soins adaptés, prodigués par un agent de santé qualifié

Antibiotiques

Oxygène en cas de maladie grave
Diarrhée de l'enfant Enfants non allaités au sein

Insalubrité de l’eau et des aliments

Mauvaise hygiène

Malnutrition
Allaitement exclusif

Alimentation appropriée

Salubrité de l’eau et des aliments

Conditions d’hygiène et d’assainissement satisfaisantes

Vaccination
Sels de réhydratation orale (SRO) à osmolarité réduite

Suppléments de zinc

Prévention vaccinale

Pour certaines des maladies les plus meurtrières de l'enfance, comme la rougeole, la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la pneumonie due à Haemophilius influenzae type B et Streptococcus pneumoniae, et la diarrhée à rotavirus, il existe des vaccins qui peuvent protéger les enfants et leur éviter de tomber malades ou de mourir.

Nouvelles priorités pour la santé de l’enfant

Les anomalies congénitales, les traumatismes et les maladies non transmissibles (affections respiratoires chroniques, cardiopathies acquises, cancers, diabète et obésité) sont les nouvelles priorités pour la santé de l’enfant au niveau mondial.

On estime que les anomalies congénitales touchent 1 enfant sur 33, soit 3,2 millions d’enfants par an. La charge mondiale de morbidité imputable aux maladies non transmissibles chez l’enfant et chez les sujets plus âgés augmente rapidement, même s’il est possible d’éviter de nombreux facteurs de risque.

Les traumatismes (ceux consécutifs aux accidents de la route, ainsi que les brûlures, les noyades et les chutes) sont parmi les trois premières causes de décès et de handicap permanent chez les enfants âgés de 5 à 15 ans.

On estime que les actes de violence et les traumatismes non intentionnels ont entraîné le décès de 740 000 enfants de moins de 15 ans, qui représentent 90% des morts des suites de traumatismes.

En outre, on estime que le nombre d’enfants en surpoids dans le monde est passé de 31 millions en 2000 à 42 millions en 2015, en comptant les pays où la prévalence de la sous-nutrition de l’enfant est élevée.

Action au niveau mondial: l’objectif de développement durable 3

Les objectifs de développement durable (ODD) adoptés par l’Organisation des Nations Unies en 2015 visent à garantir une vie en bonne santé et à promouvoir le bien-être pour tous les enfants. La cible 3.2 figurant dans l’ODD 3 consiste à éliminer les décès évitables de nouveau-nés et d’enfants de moins de 5 ans d’ici à 2030.

La cible 3.2 est étroitement liée à la cible 3.1 (faire passer le taux mondial de mortalité maternelle au-dessous de 70 pour 100 000 naissances vivantes) et à la cible 2.2 (mettre fin à toutes les formes de malnutrition), dans la mesure où la malnutrition est une cause fréquente de décès d’enfants de moins de 5 ans.

Ces cibles ont été reprises dans la nouvelle Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, qui préconise de mettre un terme aux décès évitables d’enfants tout en s’occupant des nouvelles priorités pour la santé de l’enfant.

Pour atteindre les cibles prévues dans les ODD, la communauté internationale a fixé des objectifs et des cibles concernant la survie de l’enfant afin de ramener le taux de mortalité des moins de 5 ans à 25 pour 1000 naissances vivantes, voire moins. Ceci a donné lieu à plusieurs initiatives mondiales:

  • l’initiative pour mettre un terme à la mortalité maternelle évitable et le Plan d’action «Chaque nouveau-né», afin de promouvoir la couverture universelle par des soins de qualité pour les mères et les nouveau-nés;
  • le Plan d’action mondial intégré pour prévenir et combattre la pneumonie et la diarrhée;
  • le Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant;
  • la Stratégie technique mondiale contre le paludisme 2016-2030, en vue de réduire l’incidence mondiale du paludisme et la mortalité due à cette maladie d’ici à 2030; et
  • le Plan d’action mondial pour les vaccins, afin de prévenir les maladies de l’enfant par la vaccination.
  • la Décennie des Nations Unies pour la nutrition 2016-2025 pour éliminer la faim et prévenir toutes les formes de malnutrition dans le monde entier.

Action de l’OMS

L’OMS est attachée à atteindre le but ultime et les objectifs de la Stratégie mondiale et des ODD. Dans ce contexte, elle aide les États Membres à renforcer les services de santé et fournit l’assistance technique appropriée.

L’OMS appelle ses États Membres à traiter de l’équité en santé par le biais de la couverture sanitaire universelle afin que tous les enfants puissent avoir accès aux services de santé essentiels sans que cela n’entraîne des difficultés financières excessives.

Des orientations stratégiques sont proposées afin de trouver des approches novatrices, multiples et adaptées permettant d’accroître l’accès aux services de santé de l’enfant, ainsi que la couverture et la qualité de ces services, en exploitant un éventail optimal de soins communautaires (y compris à domicile) et institutionnels (dans les centres de santé et les hôpitaux).

Le secteur de la santé et plusieurs autres secteurs doivent aussi déployer des efforts pour pallier les inégalités et agir sur les déterminants sociaux de la santé.

Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec

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