Centre des médias

Enfants: faire reculer la mortalité

Aide-mémoire N°178
Octobre 2017


Principaux faits

  • Quelque 5,6 millions d’enfants de moins de 5 ans sont morts en 2016, soit 15 000 enfants par jour.
  • Plus de la moitié de ces décès sont dus à des maladies pouvant être évitées ou traitées au moyen d’interventions simples et peu coûteuses.
  • Les complications associées aux naissances prématurées, l’asphyxie à la naissance, la pneumonie, la diarrhée et le paludisme sont les principales causes de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans.
  • En Afrique subsaharienne, la probabilité que les enfants meurent avant l’âge de 5 ans est 15 fois plus grande que dans les pays à revenu élevé.

Pour un enfant, le risque de décès est le plus élevé pendant la période néonatale, c’est-à-dire au cours des 28 premiers jours de vie. L’accouchement dans de bonnes conditions et des soins néonatals efficaces sont essentiels pour éviter ces décès. En 2016, 2,6 millions d’enfants dans le monde sont morts durant leur premier mois de vie. Chaque jour, quelque 7000 nouveau nés décèdent, ce qui représente 46% des décès d’enfants de moins de 5 ans survenant pendant la période néonatale.

Les naissances prématurées, l’asphyxie à la naissance (l’enfant ne respire pas) et les infections sont à l’origine de la plupart des décès néonatals. Après cette période et pendant les 5 premières années, les principales causes de mortalité sont la pneumonie, la diarrhée et le paludisme. La malnutrition est un facteur sous-jacent de cette mortalité, car elle rend les enfants plus vulnérables aux maladies graves.

D’importants progrès ont été faits en matière de survie de l’enfant depuis 1990. Le taux mondial de mortalité des moins de 5 ans a chuté de 56% entre 1990 et 2016, passant de 93 décès à 41 pour 1000 naissances vivantes. Les progrès devront cependant s’accélérer dans plus d’un quart des pays du monde si l’on veut atteindre la cible des objectifs de développement durable (ODD) relative à la mortalité des moins de 5 ans d’ici à 2030.1 La réalisation de cette cible permettrait de réduire de 10 millions le nombre de décès chez les moins de 5 ans entre 2017 et 2030. Des efforts ciblés sont nécessaires en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud Est pour éviter 80% de ces décès.

Quels sont les enfants les plus exposés?

Nouveau-nés

Près de 2,6 millions d’enfants meurent chaque année avant l’âge de un mois et il y a un nombre équivalent d’enfants mort-nés. Au cours de ce premier mois de vie, près la moitié des décès surviennent pendant les premières 24 heures et 75% pendant la première semaine. Les premières 48 heures qui suivent la naissance sont cruciales pour la survie du nouveau-né. C’est à ce moment que la mère et l’enfant doivent bénéficier d’un suivi attentif pour prévenir et traiter les maladies.

Au niveau mondial, le nombre de décès néonatals est passé de 5,1 millions en 1990 à 2,6 millions en 2016. Toutefois, la baisse de la mortalité a été plus lente pour les nouveau-nés que pour les enfants de moins de 5 ans qui ont dépassé la période néonatale: 49% contre 62% à l’échelle mondiale. Elle a également été plus lente en Afrique subsaharienne car, dans cette région, elle a été compensée par un nombre croissant de naissances de sorte que le nombre de décès néonatals est resté pratiquement inchangé de 1990 à 2016.

En outre, 52 pays doivent progresser plus vite pour atteindre d’ici à 2030 un taux de mortalité de 12 pour 1000 naissances vivantes, conformément à la cible prévue dans les objectifs de développement durable (ODD).

Avant la naissance, la mère peut améliorer les chances de survie et la santé de son enfant en allant aux consultations prénatales, en se faisant vacciner contre le tétanos et en évitant de fumer et de boire de l’alcool.

Au moment de la naissance, les chances de survie de l’enfant augmentent sensiblement s'il a lieu en présence d’un accoucheur qualifié et dans un établissement de santé. Après la naissance, les soins essentiels du nouveau-né sont les suivants:

  • s’assurer que l’enfant respire;
  • commencer immédiatement l’allaitement exclusif au sein;
  • garder l’enfant au chaud; et
  • se laver les mains avant de le toucher.

Il est aussi très important de repérer et de soigner les maladies du nouveau-né, car elles peuvent s’aggraver et entraîner la mort très rapidement, si elles ne sont pas diagnostiquées ni traitées correctement. Les nourrissons malades doivent être vus immédiatement par un agent de santé qualifié.

Enfants de moins de 5 ans

D’importants progrès ont été faits en matière de survie de l’enfant depuis 1990. Le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans est passé de 12,6 millions en 1990 à 5,6 millions en 2016 – soit 15 000 par jour contre 35 000 par jour en 1990. Depuis 1990, le taux de mortalité des moins de 5 ans a baissé de 56% à l’échelle mondiale, passant de 93 à 43 pour 1000 naissances vivantes en 2016.

Même si, dans l’ensemble du monde, la baisse de la mortalité des moins de 5 ans s’accélère, il y a des disparités entre les régions et les pays. L’Afrique subsaharienne demeure la région du monde qui enregistre le taux de mortalité le plus élevé chez les moins de 5 ans: un enfant sur 13 y meurt avant l’âge de 5 ans. Des inégalités persistent aussi dans les pays suivant les zones géographiques et la condition socioéconomique.

D’après les dernières estimations de la mortalité par quintile de richesse, dans 99 pays à revenu faible ou intermédiaire2, la mortalité des moins de 5 ans est en moyenne 2 fois plus élevée chez les enfants des ménages les plus démunis que chez ceux des ménages les plus aisés. Si cet écart entre les ménages les plus pauvres et les plus riches avait été comblé, 2 millions de vies auraient été sauvées en 2016.

Plus de la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans sont dus à des maladies qui pourraient être évitées ou traitées moyennant des interventions simples et d’un coût abordable. Le renforcement des services de santé pour que tous les enfants puissent bénéficier de ces interventions permettra de sauver de nombreuses vies.

Les enfants souffrant de malnutrition, en particulier ceux souffrant de malnutrition aiguë sévère, courent un risque plus élevé d'être victimes des maladies de l'enfance courantes comme la diarrhée, la pneumonie et le paludisme. Les facteurs liés à la nutrition contribuent à environ 45% des décès chez les enfants de moins de 5 ans.

Principales causes de décès chez l’enfant: facteurs de risque et action


Cause de mortalité Facteurs de risques Prévention Traitement
Pneumonie,
ou autres infections respiratoires aiguës
Petit poids de naissance

Malnutrition

Enfants non allaités au sein

Promiscuité
Vaccination

Allaitement exclusif

Alimentation appropriée
Meilleure qualité de l'air du logement
Soins adaptés, prodigués par un agent de santé qualifié

Antibiotiques

Oxygène en cas de maladie grave
Diarrhée de l'enfant Enfants non allaités au sein

Insalubrité de l’eau et des aliments

Mauvaise hygiène

Malnutrition
Allaitement exclusif

Alimentation appropriée

Salubrité de l’eau et des aliments

Conditions d’hygiène et d’assainissement satisfaisantes

Vaccination
Sels de réhydratation orale (SRO) à osmolarité réduite

Suppléments de zinc

Prévention vaccinale

Pour certaines des maladies les plus meurtrières de l'enfance, comme la rougeole, la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la pneumonie due à Haemophilius influenzae type B et Streptococcus pneumoniae, et la diarrhée à rotavirus, il existe des vaccins qui peuvent protéger les enfants et leur éviter de tomber malades ou de mourir.

Nouvelles priorités pour la santé de l’enfant

Les anomalies congénitales, les traumatismes et les maladies non transmissibles (affections respiratoires chroniques, cardiopathies acquises, cancers, diabète et obésité) sont les nouvelles priorités pour la santé de l’enfant au niveau mondial.

On estime que les anomalies congénitales touchent 1 enfant sur 33, soit 3,2 millions d’enfants par an. La charge mondiale de morbidité imputable aux maladies non transmissibles chez l’enfant et chez les sujets plus âgés augmente rapidement, même s’il est possible d’éviter de nombreux facteurs de risque.

Les traumatismes (ceux consécutifs aux accidents de la route, ainsi que les brûlures, les noyades et les chutes) sont parmi les trois premières causes de décès et de handicap permanent chez les enfants âgés de 5 à 14 ans.

Les schémas de mortalité chez les enfants plus âgés et les adolescents reflètent les profils de risque sous-jacents des groupes d'âge: les maladies infectieuses infantiles et les accidents et traumatismes, notamment les noyades et les traumatismes dus aux accidents de la circulation, chez les enfants et les adolescents.

De la même manière, le nombre d’enfants en surpoids dans le monde est passé de 31 millions en 2000 à 42 millions en 2015, en comptant les pays où la prévalence de la sous-nutrition de l’enfant est élevée.

Action au niveau mondial: l’objectif de développement durable 3

Les objectifs de développement durable (ODD) adoptés par l’Organisation des Nations Unies en 2015 visent à garantir une vie en bonne santé et à promouvoir le bien-être pour tous les enfants. La cible 3.2 figurant dans l’ODD 3 consiste à éliminer les décès évitables de nouveau-nés et d’enfants de moins de 5 ans d’ici à 2030. Cette cible est double:

  • ramener la mortalité néonatale à 12 pour 1000 naissances vivantes au plus dans tous les pays (ODD 3.2); et
  • ramener la mortalité des moins de 5 ans à 25 pour 1000 naissances vivantes au plus dans tous les pays (ODD 3.2).

La cible 3.2 est étroitement liée à la cible 3.1 (faire passer le taux mondial de mortalité maternelle au-dessous de 70 pour 100 000 naissances vivantes) et à la cible 2.2 (mettre fin à toutes les formes de malnutrition), dans la mesure où la malnutrition est une cause fréquente de décès d’enfants de moins de 5 ans.

Ces cibles ont été reprises dans la nouvelle Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, qui préconise de mettre un terme aux décès évitables d’enfants tout en s’occupant des nouvelles priorités pour la santé de l’enfant.

Le plan conçu pour atteindre les cibles des ODD a été décliné en plusieurs initiatives mondiales3. Les États Membres doivent fixer leurs propres cibles et mettre au point des stratégies spécifiques pour réduire la mortalité de l’enfant et mesurer leurs progrès par rapport aux cibles.

Action de l’OMS

L’OMS appelle ses États Membres à œuvrer pour l’équité en santé en instaurant la couverture sanitaire universelle afin que tous les enfants puissent avoir accès aux services de santé essentiels sans que cela n’entraîne des difficultés financières excessives.

Passer du statu quo à des approches innovantes, multiples et faites sur mesure pour élargir l’accès aux services de santé destinés aux enfants, en améliorant la couverture et la qualité, supposera de définir un axe stratégique et de trouver la combinaison optimale de soins dispensés au sein de la communauté et en institution.

L’action du secteur de la santé et une collaboration multisectorielle sont également nécessaires pour redresser les inégalités et s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé.

Le secteur de la santé et plusieurs autres secteurs doivent aussi déployer des efforts pour pallier les inégalités et agir sur les déterminants sociaux de la santé.


Notes

1. Ramener la mortalité des moins de cinq ans à 25 pour 1000 naissances vivantes au plus dans tous les pays.

2. D’après la classification des économies du monde établie par la Banque mondiale en fonction des estimations du produit national brut par habitant (PNB).

3. Parmi les initiatives mondiales on compte: l’initiative pour mettre un terme à la mortalité maternelle évitable; le Plan d’action «Chaque nouveau-né»; le Plan d’action mondial intégré pour prévenir et combattre la pneumonie et la diarrhée; le Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant; la Stratégie technique mondiale contre le paludisme 2016-2030; le Plan d’action mondial pour les vaccins; et, la Décennie des Nations Unies pour la nutrition 2016-2025.

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