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L'asthme bronchitique

Aide-mémoire N°206

Etendue du problème

De 100 à 150 millions de personnes dans le monde  soit à peu près l'équivalent de la population de la Fédération de Russie souffrent d'asthme et leur nombre est en augmentation. Au niveau mondial, on enregistre plus de 180 000 décès par an dus à cette affection.

  • Les spécialistes suisses considèrent que 8% de la population de leur pays souffrent d'asthme, contre 2% seulement il y a 25 ou 30 ans.
  • En Allemagne, on estime qu'il y a 4 millions d'asthmatiques.
  • Dans l'ensemble de l'Europe occidentale, selon un institut belge, l'Institut de l'Allergologie l'UBC, l'incidence de l'asthme a doublé en dix ans.
  • Aux Etats-Unis d'Amérique, le nombre d'asthmatiques a augmenté de plus de 60% depuis le début des années 80 et le nombre de décès dus à la maladie a doublé, pour atteindre 5000 par an.
  • On compte environ 3 millions d'asthmatiques au Japon, dont 7% souffrent d'asthme grave et 30% d'asthme modéré.
  • En Australie, un enfant de moins de 16 ans sur six est touché.

L'asthme n'est pas un problème de santé publique propre aux pays développés, mais, dans les pays en développement, l'incidence de la maladie varie considérablement.

  • L'Inde compte, selon les estimations, 15 à 20 millions d'asthmatiques.
  • Dans la Région OMS du Pacifique occidental, l'incidence va de plus de 50% chez les enfants des îles Carolines à pratiquement zéro en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
  • L'asthme touche toutes les tranches d'âge mais débute souvent pendant l'enfance.
  • Au Brésil, au Costa Rica, au Panama, au Pérou et en Uruguay, la prévalence des symptômes asthmatiques chez les enfants varie de 20 à 30%.
  • Au Kenya, elle avoisine les 20%.
  • En Inde, des estimations approximatives indiquent une prévalence comprise entre 10 et 15% chez les enfants de 5 à 11 ans.

Poids humain et économique de la maladie

La mortalité due à l'asthme n'est pas comparable par son importance aux effets quotidiens de la maladie. Bien qu'en grande partie évitable, l'asthme tend à sévir sur le mode épidémique et à toucher les personnes jeunes. Le poids humain et économique associé à cette affection est lourd. Le coût de l'asthme pour la société pourrait être réduit en grande partie par une action nationale et internationale concertée.

  • Au niveau mondial, on estime que les coûts associés à l'asthme dépassent ceux de la tuberculose et de l'infection à VIH/SIDA réunis.
  • Aux Etats-Unis d'Amérique, par exemple, les coûts (directs et indirects) annuels de l'asthme dépassent largement US $6 milliards.
  • A l'heure actuelle, les soins aux asthmatiques et les journées perdues du fait de la maladie coûtent à la Grande-Bretagne environ US $1,8 milliard.
  • En Australie, les coûts médicaux annuels directs et indirects associés à l'asthme atteignent près de US $460 millions.

Qu'est-ce que l'asthme

L'asthme touche tous les groupes d'âge, mais se déclare souvent pendant l'enfance. C'est une maladie qui se caractérise par des crises récurrentes où l'on observe des difficultés respiratoires et une respiration sifflante, et qui varient en gravité et en fréquence d'une personne à l'autre. Chez la même personne, elles peuvent survenir aussi bien à une heure qu'à une journée d'intervalle.

Cette affection est due à une inflammation des voies respiratoires et affecte la sensibilité des terminaisons nerveuses de celles-ci, qui sont alors facilement irritables. Lors d'une crise, la paroi des voies respiratoires gonfle, ce qui entraîne un rétrécissement de leur calibre et réduit le débit de l'air inspiré et expiré.

Causes

L'asthme ne se guérit pas, mais se soigne. Les principaux facteurs de risque sont l'exposition, surtout pendant la petite enfance, à des allergènes à l'intérieur des habitations (comme les acariens - dans la literie, les tapis ou les meubles rembourrés - les chats et les cafards) et des antécédents familiaux d'asthme ou d'allergie. Une étude menée dans l'île de Tristan da Cunha dans l'Atlantique Sud, dont le tiers des 300 habitants souffrent d'asthme, a révélé que les enfants de parents asthmatiques avaient beaucoup plus de chances de souffrir de la maladie.

L'exposition à la fumée du tabac et l'exposition à des irritants chimiques sur les lieux de travail sont des facteurs de risque supplémentaires. Parmi les autres facteurs de risque figurent certains médicaments (aspirine et autres médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens), un faible poids de naissance ou une infection respiratoire. Le climat (air froid), l'hyperémotivité et l'exercice physique peuvent aggraver l'asthme.

L'urbanisation semble également liée à une augmentation de l'asthme, mais la nature du risque n'est pas nette car les études effectuées ne tiennent pas compte des allergènes présents à l'intérieur des habitations alors que l'on sait que ceux-ci sont des facteurs de risque importants.

Les experts tentent de comprendre pourquoi les taux, si l'on considère la moyenne au niveau mondial, augmentent de 50% tous les dix ans. Ils ne comprennent pas non plus l'origine de certains incidents isolés où des centaines d'habitants d'une ville, qui souffraient d'allergie comme le rhume des foins mais n'avaient jamais auparavant eu de crise d'asthme, sont soudain victimes de crises d'asthme si graves qu'ils doivent être hospitalisés d'urgence.

  • Un incident de ce type s'est produit à Londres en juin 1994, 640 personnes ayant dû être hospitalisées en proie à de violentes crises d'asthme. Un incident analogue s'est produit à Melbourne, en Australie. De nombreux experts ont incriminé les conditions climatiques, les orages libérant des pollens et des grains d'amidon qui déclenchent les crises. Mais ils ne savent pas pourquoi les personnes souffrant d'un banal rhume des foins présentent soudain une affection qui menace le pronostic vital.

Il est certain qu'une partie de l'augmentation observée dans le monde est due à la sous-notification antérieure et à une reclassification des affections chroniques, mais certains spécialistes sont convaincus qu'il y a "quelque chose" dans l'environnement en rapport avec le développement et l'industrialisation qui entretient cette augmentation.

Traitement

L'asthme étant une maladie chronique, elle exige généralement des soins médicaux continus. Les patients souffrant d'asthme modéré à grave doivent suivre un traitement au long cours et prendre des médicaments (par exemple des anti-inflammatoires) chaque jour pour endiguer l'inflammation sous-jacente et prévenir les symptômes et les crises. Si les symptômes apparaissent, des médicaments d'action rapide (beta2-agonistes d'action rapide par inhalation) peuvent les soulager.

Les médicaments ne sont pas le seul moyen de lutter contre la maladie. Il est également important d'éviter tout ce qui déclenche des crises  les stimulants qui irritent et enflamment les voies respiratoires et qui aggravent l'asthme. Chaque personne doit apprendre à éviter ce qui déclenche ses crises.

Bien que l'asthme ne tue pas dans les mêmes proportions que les pneumopathies obstructives chroniques, un traitement mal adapté ou une mauvaise observance du traitement, alliés à une sous-estimation de la gravité du problème, peut entraîner des décès inutiles, la plupart survenant en dehors du milieu hospitalier.

L'avenir et le rôle de l'OMS

L'OMS reconnaît que l'asthme est une maladie qui présente une importance majeure en santé publique et elle a un rôle unique à jouer dans la coordination des efforts internationaux de lutte contre la maladie. Une action internationale s'impose pour :

  • sensibiliser davantage le public afin que les patients comme les professionnels de la santé sachent reconnaître la maladie et comprennent la gravité des problèmes qui lui sont associés;
  • organiser et coordonner la surveillance épidémiologique mondiale de façon à suivre de très près les tendances régionales et mondiales en la matière;
  • élaborer et appliquer une stratégie optimale de prévention et de traitement (de nombreuses études ont montré que cela permettrait de maîtriser l'asthme chez la plupart des patients); et
  • encourager la recherche sur les causes de la maladie afin d'élaborer de nouvelles stratégies de lutte et de nouvelles techniques de traitement.

Les premières mesures ont déjà été prises. L'OMS collabore à l'Etude internationale de l'asthme et des allergies de l'enfant (ISAAC) et, plus particulièrement, à sa réalisation dans les pays en développement dont certaines régions sont victimes d'une grave pollution atmosphérique. L'un des objectifs préliminaires de l'étude est d'obtenir des informations sur l'association entre l'asthme infantile et la pollution de l'air. Les premiers résultats de cette étude font état d'une prévalence des symptômes asthmatiques pouvant aller de 1,6% à 36,8%.

En 1992, l'OMS et le National Heart, Lung and Blood Institute des Etats-Unis d'Amérique ont lancé ensemble une Initiative mondiale contre l'asthme (GINA) afin de réduire la mortalité et les incapacités en élaborant et en mettant en oeuvre une stratégie optimale de prévention et de traitement. Depuis son lancement, l'initiative a :

  • rédigé un rapport couvrant toute une série d'informations reposant sur les connaissances les plus pointues concernant les causes, le mécanisme de la maladie, les facteurs de risque, la prise en charge, l'éducation et les facteurs socio-économiques;
  • élaboré des principes directeurs applicables au traitement de l'asthme à l'intention des médecins, des infirmières, des responsables de la santé publique, des patients et de leurs familles;
  • organisé des ateliers afin de présenter son programme aux responsables de la santé publique et aux professionnels de la santé dans plus de 60 pays, qui ont débouché sur l'application des principes directeurs;
  • contribué à diffuser des informations dans 20 langues et à rassembler des organisations qui se consacrent à l'amélioration des soins aux asthmatiques;
  • soutenu les efforts de recherche portant sur les progrès scientifiques dans le traitement de l'asthme.

L'objectif ultime de l'initiative est de mettre en place un réseau dynamique reliant les nombreuses organisations qui s'occupent du problème pour faire en sorte que les patients reçoivent de meilleurs soins partout dans le monde.

Initiative de l'OMS sur les rhinites allergiques et leur impact sur l'asthme (ARIA): l'OMS élabore une stratégie de prévention de l'asthme bronchial par la prise en charge des rhinites allergiques. Cette stratégie a été conçue en décembre 1999 par des spécialistes venus du monde entier pour une réunion sur l'initiative ARIA.

La rhinite allergique est définie comme une inflammation des muqueuses nasales d'étiologie allergique. Selon la durée de l'exposition à l'allergène, la rhinite allergique peut être classée comme chronique, saisonnière ou professionnelle.

Les trois constatations suivantes doivent être prises en compte pour une prévention efficace de l'asthme bronchial:

  • de toutes les maladies allergiques, l'asthme bronchial est la plus répandue, la plus dangereuse et la plus menaçante pour le pronostic vital.
  • la rhinite allergique, jusqu'ici sous-estimée, est un facteur de risque important pour l'asthme.
  • un moyen efficace de prévenir l'asthme bronchial consiste à maitriser et à traiter la rhinite allergique dès le tout début.

D'une manière générale, l'initiative ARIA donnera de nouvelles perspectives à la prévention primaire de l'asthme bronchial et conduira à une meilleure connaissance de cette maladie au sein du corps médical comme chez les malades.

Les buts précis de l'initiative peuvent être définis comme suit:

  • mieux sensibiliser le corps médical, les responsables de la santé publique et le public à l'idée que les phénomènes d'allergie et les maladies allergiques constituent un problème de santé publique qui peut être prévenu;
  • préparer des principes directeurs reposant sur des bases factuelles pour la prévention et la prise en charge des rhinites allergiques considérées comme des éléments clés de la prévention primaire de l'asthme bronchial;
  • informer les médecins et les autres professionnels de la santé sur l'importance que représente la rhinite allergique pour l'asthme bronchial; et°éduquer le public sur les risques mortels que peuvent présenter les allergies (choc anaphylactique) et l'asthme, en particulier chez les enfants, et l'encourager à mieux s'informer auprès des médecins. Une meilleure éducation du public et un dialogue plus ouvert avec les médecins permettraient d'éviter chaque année quelque 25000 décès d'enfants dus à l'asthme.

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