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Cécité: Vision 2020 - Initiative mondiale pour l'élimination de la cécité évitable

Aide-mémoire N°214

Parmi les nombreuses causes de cécité évitable, cinq pathologies ont été recensées comme priorités immédiates dans le cadre de VISION 2020. Ce choix se fonde sur la charge de cécité qu'elles représentent et sur le fait qu'il existe des interventions pratiques et d'un coût abordable pour les prévenir et les traiter. Il s'agit de la cataracte, du trachome, de l'onchocercose, de la cécité de l'enfant et des vices de réfraction et de la baisse de vision.

D'autres troubles, tels que le glaucome ou la rétinopathie diabétique, ne répondent pour l'instant pas à tous ces critères. Toutefois, à mesure que l'initiative VISION 2020 progressera, ces problèmes figureront vraisemblablement au nombre des priorités.

La CATARACTE, qui désigne l'opacification du cristallin, occupe le premier rang de priorité parmi les principales causes de cécité. Aujourd'hui, on estime que 20 millions de personnes sont aveugles à la suite d'une cataracte. La cataracte ne se prête généralement pas à la prévention, mais il existe actuellement une opération chirurgicale qui permet de rétablir une vision pratiquement normale chez une forte proportion de personnes touchées.

Le nombre d'opérations de la cataracte par million d'habitants et par an (taux d'opérations de la cataracte) est une mesure utile de la prestation de soins ophtalmologiques dans différents cadres. Ce taux varie considérablement d'un pays à l'autre, et même à l'intérieur des pays, les chiffres pouvant aller d'environ 5000 aux Etats-Unis d'Amérique à environ 200 dans l'ensemble de l'Afrique.

Dans les pays pauvres, plusieurs obstacles rendent difficile l'accès à des services chirurgicaux, même lorsque ceux-ci existent. De plus, la productivité de ces services est faible. Grâce à l'initiative VISION 2020, on devrait observer une nette augmentation du nombre d'opérations de la cataracte réalisées, en particulier dans les pays en développement.

Au niveau mondial, il faudrait faire passer le nombre d'opérations de la cataracte, qui est actuellement estimé à 7 millions, à 12 millions en 2000 et à 20 millions en 2010. En 2020, l'objectif final devrait être de 32 millions d'opérations de la cataracte par an.

De plus, VISION 2020 mettra l'accent sur les points suivants :

  • un taux de réussite élevé quant au rétablissement de la vision et à la qualité de vie;
  • des services abordables et accessibles, surtout pour des populations non desservies; et
  • des mesures visant à surmonter les obstacles et à accroître la capacité des services.

Un travail d'équipe concerté, la formation et une amélioration de la gestion, de la surveillance et de l'évaluation des services sont les stratégies à utiliser.

Le TRACHOME sévit à l'état endémique dans 49 pays, principalement en Afrique, mais également en Méditerranée orientale, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental. Il demeure la principale cause de cécité évitable dans le monde, avec, selon les estimations, 5,6 millions d'aveugles et quelque 146 millions d'autres cas de trachome évolutif nécessitant un traitement. Le trachome est répandu dans des régions du monde défavorisées sur le plan socio-économique et dont les besoins élémentaires en matière de logement, de santé, d'eau et d'assainissement ne sont pas satisfaits.

Une stratégie baptisée "CHANCE" (CHirurgie,Antibiothérapie, Nettoyage du visage et Changement de l'Environnement), mise au point et appliquée dans les zones touchées, devrait permettre d'éliminer le trachome en tant que maladie cécitante d'ici 2020.

L'Alliance OMS pour l'élimination mondiale du trachome (GET 2020) a été constituée en 1997 pour appuyer l'action d'un large éventail d'organisations internationales, d'organisations non gouvernementales de développement (ONGD) et de fondations. GET 2020 s'inscrit dans les activités de VISION 2020.

Dans le cadre de l'initiative VISION 2020, cinq millions d'opérations du trichiasis seront pratiquées et au moins 60 millions de personnes souffrant de trachome évolutif seront traitées entre 2000 et 2010.

L'ONCHOCERCOSE, ou cécité des rivières, est endémique dans 30 pays d'Afrique et sévit également dans des foyers localisés dans six pays d'Amérique latine et au Yémen. A l'heure actuelle, on estime que 18 millions de personnes souffrent d'onchocercose. Parmi celles-ci, environ 300 000 sont déjà devenues aveugles des suites de la maladie. L'onchocercose devrait être maîtrisée d'ici 2010 si les efforts actuellement menés dans les pays d'endémie sont couronnés de succès.

Le traitement communautaire par des doses annuelles d'ivermectine récemment mis en place devrait permettre d'éliminer cette maladie cécitante dans les pays touchés d'Afrique et d'Amérique latine.

Des progrès considérables dans la lutte contre la maladie ont déjà été faits depuis 25 ans dans le cadre du Programme de Lutte contre l'Onchocercose en Afrique de l'Ouest (OCP), par la lutte antivectorielle et la distribution d'ivermectine. Les retombées de ce succès en matière de santé, d'économie et de développement sont à l'origine du lancement en décembre 1995 d'un nouveau programme, le Programme africain pour la Lutte contre l'Onchocercose (APOC).

En Amérique latine, le Programme pour l'Elimination de l'Onchocercose dans les Amériques (OEPA) a recours avec succès à la distribution d'ivermectine. Le groupe de coordination des ONG collabore étroitement avec les trois programmes de lutte contre l'onchocercose ainsi qu'avec leurs homologues nationaux dans pratiquement tous les pays d'endémie.

La CECITE DE L'ENFANT est due principalement à la carence en vitamine A, à la rougeole, à la conjonctivite du nouveau-né, à la cataracte congénitale et à la rétinopathie de la prématurité. Ce dernier problème est apparu dans les pays développés en raison du taux de survie toujours croissant d'enfants de faible ou très faible poids à la naissance. Pour la même raison, elle constitue également un problème émergent dans certaines parties du monde en développement, surtout en milieu urbain. 

D'autres causes de cécité de l'enfant d'origine congénitale ou génétique ne se prêtent généralement pas facilement à des mesures de prévention, du moins pour l'instant. Les causes de cécité varient selon les pays et le tableau de la cécité évolue avec le temps.

La cécité de l'enfant est considérée comme un problème prioritaire en raison du nombre d'années de cécité qu'elle entraîne. Il faut également tenir compte de ses répercussions sur le développement.

On estime qu'il y aurait 1,5 million d'enfants aveugles dans le monde, dont 1 million en Asie et près de 300 000 en Afrique. Chaque année, on estime qu'un demi-million d'enfants deviennent aveugles et que 60% d'entre eux meurent pendant l'enfance.

L'un des objectifs fixés lors du Sommet mondial pour les enfants en 1990 consistait à éliminer la cécité due à l'avitaminose A en l'an 2000. Cet objectif a été atteint dans certains pays mais la carence en vitamine A continue de poser un problème de santé publique dans 78 pays.

VISION 2020 a opté pour une stratégie en trois volets :

• le renforcement des programmes de soins oculaires primaires dans le cadre des soins de santé primaires afin d'éliminer les causes de cécité évitables;

• le développement des services thérapeutiques et chirurgicaux pour traiter efficacement les problèmes ophtalmologiques guérissables;

• la mise en place de services d'optique médicale et de prise en charge de la baisse de vision.

Vices de réfraction et baisse de vision

Autre domaine prioritaire à figurer dans VISION 2020 : la fourniture de lunettes pour corriger vices de réfraction. L'initiative mondiale s'intéressera également au problème de la correction de la baisse de vision.

L'ampleur des vices de réfraction n'est pas connue avec précision. En outre, leur prévalence varie selon les pays.

L'OMS estime que 35 millions de personnes souffrent d'une baisse de vision nécessitant une prise en charge. Ces chiffres augmentent rapidement à mesure que les populations vieillissent.

VISION 2020 s'efforcera de fournir des services d'optométrie ainsi que des lunettes correctrices à un prix abordable à la majorité de la population grâce à des services de soins de santé primaires, à des contrôles de la vue dans les écoles et à la production de lunettes bon marché. Des stratégies du même type seront adoptées pour dispenser des services de correction de la baisse de vision.

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