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Diabète: le coût du diabète

Aide-mémoire N°236

Le diabète prélève une part toujours plus importante des budgets nationaux de la santé alors que le nombre de ceux qui en sont atteints augmente partout dans le monde. Or, en l'absence de prévention primaire, l'épidémie de diabète va continuer de s'étendre. Pire encore, d'après les projections, le diabète devrait devenir l'une des principales causes d'incapacités et de décès dans le monde d'ici les vingt-cinq prochaines années. Des mesures doivent être prises dès maintenant pour endiguer la marée montante du diabète et introduire des stratégies de soins et de traitement d'un bon rapport coût-efficacité, susceptibles d'inverser le processus.

Le diabète : l'ampleur du problème

C'est une véritable épidémie de diabète qui est en cours. En 1985, on estimait à 30 millions le nombre des diabétiques dans le monde. En 1995, il était monté à 135 millions et, selon les dernières estimations de l’OMS, il était de 177 millions en 2000 et il atteindra au moins les 300 millions d'ici à 2025. Le nombre de décès attribués au diabète a été estimé auparavant à un peu plus de 800 000, mais on sait depuis longtemps que ce chiffre a été largement sous-estimé. En réalité, il est plus probable qu’il se situe aux alentours de 4 millions de morts par an, soit 9 % de la mortalité totale. Nombre des décès en relation avec le diabète sont dus à des complications cardiovasculaires. La plupart se produisent à un âge prématuré où les personnes sont encore économiquement actives dans la société. Cette situation conduit les services de santé à grever de plus en plus leurs ressources pour la lutte contre le diabète.

Pour l'OMS et la Fédération internationale du Diabète, qui parrainent la Journée mondiale du Diabète, l’augmentation du nombre des cas peut et doit être prévenue à l'aide de mesures appropriées.

Quels sont les coûts du diabète ?

  • En raison de sa chronicité, de la gravité de ses complications et des moyens qui doivent être mis en œuvre pour les combattre, le diabète est une maladie coûteuse, non seulement pour le malade et sa famille, mais aussi pour les autorités sanitaires.
  • D'après des études en Inde, une famille indienne à faible revenu dont un membre adulte souffre de diabète consacre 25% de ses ressources à la prise en charge du malade. Aux Etats-Unis d'Amérique, ce chiffre est de 10% pour les familles ayant un enfant diabétique.
  • Aux Etats-Unis d'Amérique, le total des dépenses de santé est trois fois plus élevé pour un diabétique que pour une personne qui ne souffre pas de cette maladie. On a calculé par exemple que, dans ce pays, le total des dépenses consacrées aux soins du diabète s’élevait à US $44 milliards.
  • Dans la Région OMS du Pacifique occidental, une analyse récente des dépenses de santé a montré que 16 % des dépenses hospitalières étaient consacrées aux diabétiques. Dans la République des Iles Marshall, le chiffre correspondant est de 25 %. Fidji consacre aux complications du diabète 20 % de ses dépenses de santé à l’étranger, lorsque les possibilités de traitement n’existent pas dans le pays et que les patients sont obligés d’aller ailleurs. Le tout représente des sommes considérables pour des pays qui n’ont guère les moyens de faire des dépenses aussi massives sur des pathologies évitables.
  • Les coûts du diabète, qui ne sont pas simplement d'ordre financier, pèsent sur tout un chacun et partout. Il y a aussi des coûts immatériels (douleur, anxiété, inconfort, diminution générale de la qualité de vie, etc.), les plus difficiles à quantifier, dont l'impact est profond sur la vie des diabétiques et de leur entourage.

Coûts directs

  • Pour les malades et leurs familles, ces coûts sont entre autres ceux des soins médicaux, des médicaments, de l'insuline et d'autres fournitures. A cela peuvent s'ajouter d'autres dépenses personnelles, par exemple un relèvement des cotisations ou primes d'assurance maladie, d’assurance vie et d'assurance automobile.
  • Pour le secteur de la santé, les coûts directs englobent ceux des services hospitaliers et des prestations médicales, des examens de laboratoire et de la prise en charge quotidienne des diabétiques - qui exige la fourniture de produits divers, insuline, seringues, agents hypoglycémiants administrés par voie orale, et matériel nécessaire aux analyses de sang. Ces coûts peuvent être relativement faibles, par exemple pour les consultations dans les services de soins de santé primaires et les consultations externes dans les hôpitaux, ou au contraire extrêmement élevés, quand il s'agit par exemple des hospitalisations de longue durée nécessaires au traitement des complications.
  • Nous avons des estimations récentes des coûts, obtenues par des méthodes similaires à celles employées aux Etats-Unis, pour le Brésil (US $ 3,9 milliards), l’Argentine (US $ 0,8 milliard) et le Mexique (US $2,0 milliards). Dans tous les cas, il s’agit de chiffres annuels qui augmentent à mesure que la prévalence du diabète s’accroît. En général, les coûts directs du diabète représentent entre 2,5 et 15 % des budgets annuels de santé, selon la prévalence locale et la sophistication des traitements disponibles.
  • Dans la plupart des pays, les hospitalisations pour les complications à long terme, accidents vasculaires cardiaques ou cérébraux, insuffisance rénale, pathologies des membres inférieurs, représentent le poste le plus important de dépenses relatives au diabète. Pourtant, il est possible d’éviter la majorité d’entre elles en diagnostiquant rapidement le diabète, en informant efficacement les patients et les professionnels et en assurant des soins globaux sur le long terme.

Coûts par diminution de la productivité (“Coûts indirects”)

  • Certains diabétiques ne sont plus en mesure de travailler ou du moins de travailler aussi efficacement qu'avant leur maladie.
  • Les congés de maladie, les incapacités, les mises à la retraite anticipée et les décès prématurés liés au diabète sont autant de causes de perte de productivité.
  • Il n’est pas facile d’estimer le coût de cette perte de productivité pour la société. Lorsque ces estimations ont été faites, elles ont abouti à la conclusion que le chiffre pouvait être aussi élevé, voire plus, que celui des coûts directs. Par exemple, aux Etats-Unis d'Amérique, il faut mettre en parallèle le chiffre de US $44 milliards, cité plus haut pour les coûts directs, et les US $54 milliards de perte de productivité estimée pour la même année (1997). Les estimations cumulées pour 25 pays d’Amérique latine donnent à penser que la perte de productivité y aurait un coût cinq fois supérieur à celui des soins. Cela s’expliquerait par le fait que, dans ces pays, il y a un accès limité aux soins de qualité et, en conséquence, une forte incidence des complications, des incapacités et des décès prématurés. Le diabète et ses conséquences grèvent aussi bien sûr les revenus des familles.

Coûts immatériels

  • Ces coûts, qui se mesurent en souffrances, inconfort, anxiété et autre désagréments diminuant la qualité de vie, sont tout aussi lourds. Le diabétique peut devoir renoncer à certaines activités pour se faire soigner, faire l’objet de mesures discriminatoires à son travail, avoir davantage de difficultés à trouver un emploi et voir sa vie professionnelle abrégée en raison des complications entraînant des incapacités prématurées, voire la mort.
  • Les relations sociales, les loisirs, la mobilité peuvent aussi être entravés. Enfin, le traitement du diabète, notamment l’injection d’insuline et les contrôles, peut demander beaucoup de temps et entraîner des désagréments et de l'inconfort.

La prévention du diabète :

Une prévention efficace passe par des soins d'un meilleur rapport coût-efficacité, qu'il s'agisse de prévenir l'apparition du diabète (prévention primaire) ou d'en empêcher les conséquences immédiates ou à plus longue échéance (prévention secondaire).

  • La prévention primaire a pour but de protéger les sujets sensibles contre l'apparition d'un diabète. Elle permet de réduire ou de retarder à la fois les soins aux diabétiques et les traitements des complications. Les études conduites au sein de populations sensibles en Chine offrent de bons exemples de ce type de mesure : les modifications du mode de vie (régime alimentaire approprié et augmentation de l'activité physique, avec la baisse de poids qui en résulte), accompagnées de programmes éducatifs continuels, ont permis de réduire de près des deux tiers la progression vers le diabète au cours d'une période de six ans. Les mesures de ce type, même si elles ne sont pas faciles, ont probablement un bon rapport coût-efficacité si elles sont appliquées à l’ensemble d’une population. Elles doivent être particulièrement envisagées dans les régions les plus pauvres du monde qui disposent de moyens très limités. Récemment, la Finlande et les Etats-Unis
  • Ces mesures de prévention auront des effets qui iront bien au-delà du diabète : l’amélioration du régime alimentaire et l’activité physique quotidienne auront également des effets sur l’obésité, les maladies cardio-vasculaires et certains cancers.

La prévention secondaire repose entre autres sur le dépistage, la prévention et le traitement précoces. Des interventions appropriées au bon moment ont des conséquences bénéfiques du point de vue de la qualité de la vie des malades et sont d'un excellent rapport coût-efficacité, surtout quand elles permettent de prévenir des hospitalisations.

Mesures de prévention secondaire :

  • Le traitement de l’hypertension artérielle et de l’hyperlipémie, ainsi que le contrôle de la glycémie, peuvent réduire sensiblement le risque de complications et ralentir leur évolution dans toutes les formes de diabète.
  • Une autre stratégie rentable consiste à prévenir l'ulcération et l'amputation des pieds. Des soins appropriés des pieds permettent d'obtenir une diminution de la fréquence et de la durée des hospitalisations et de réduire l’incidence des amputations de 50%.
  • Le dépistage et le traitement précoce des rétinopathies sont également d'un excellent rapport coût-efficacité étant donné les coûts considérables, directs, indirects et immatériels, de la cécité.
  • Le dépistage de la protéinurie est une autre mesure préventive efficace qui permet de prévenir ou de ralentir la progression vers l'insuffisance rénale. Par ailleurs, il est établi que cette mesure est également rentable car elle permet d'intervenir encore plus tôt dans le cours naturel de la maladie rénale.
  • Les mesures visant à diminuer la consommation de tabac contribuent également à la prise en charge du diabète. On a établi que le tabagisme s’associe à un mauvais contrôle de la glycémie et qu’il a une forte relation de cause à effet avec l’hypertension et les cardiopathies chez les diabétiques, comme chez les non-diabétiques.

L'OMS et la Fédération internationale du Diabète se sont engagées à travailler pour que tous les diabétiques, où qu'ils vivent, aient accès à des soins de qualité et à diminuer l'impact du diabète et des ses complications à l'avenir grâce à la prévention primaire.

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