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Aide-mémoire N°239
La violence à l'encontre des femmes

Principaux points
- La violence à l'encontre des femmes pose un important problème de santé publique et n'est autre qu'une violation des droits de la personne humaine.
- L'impossibilité de faire des études, l'absence de perspectives et le manque de reconnaissance des femmes au sein des communautés sont source de violence.
- La violence exercée par un partenaire intime est une des formes les plus communes de violence à l'encontre des femmes.
- La violence à l'égard des femmes peut être à l'origine de tout un ensemble de problèmes de santé, que ce soit sur le plan physique, mental, sexuel ou génésique, et de problèmes de santé maternelle.
- De nombreuses femmes ne cherchent pas d'aide lorsqu'elles sont victimes de violences et n'en parlent pas non plus.

Les Nations Unies définissent la violence à l'égard des femmes de la façon suivante tous les actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée.
La violence à l'encontre des femmes peut revêtir différentes formes: sévices sexuels, corporels ou psychologiques infligés par un partenaire intime; sévices corporels ou sexuels infligés par des membres de la famille ou autres; harcèlement sexuel et sévices sexuels exercés par des personnes incarnant l'autorité (enseignants, représentants des forces de l'ordre ou employeurs); trafic pour travail forcé ou prostitution forcée; et pratiques traditionnelles telles que mariages forcés ou mariages d'enfants, violence liée à la dote; crimes d'honneur commis contre les femmes pour laver l'honneur de la famille. En situations de conflits, le viol systématique est une autre forme de violence exercée à l'égard des femmes
Ampleur du problème
- Selon une étude menée par l'OMS dans dix pays et portant sur la santé des femmes et la violence domestique:
- 15 à 71% des personnes interrogées ont témoigné avoir subi des violences corporelles ou sexuelles de la part d'un mari ou d'un partenaire.
- Beaucoup de femmes ont indiqué que leur première expérience sexuelle leur avait été imposée. (24% dans les zones rurales du Pérou, 28% en Tanzanie, 30% dans les zones rurales du Bangladesh et 40% en Afrique du Sud)
- Chaque année dans le monde, quelque 5000 femmes sont assassinées par des membres de leur famille au nom de l'honneur familial.
- La traite de femmes et de filles aux fins de travail forcé ou de prostitution forcée est répandue et touche souvent les plus vulnérables.
- Les mariages forcés et les mariages d'enfants sont une violation des droits des femmes et des filles, même s'ils sont largement pratiqués dans de nombreux pays d'Asie, du Moyen-Orient et d'Afrique subsaharienne.
- À l'échelon mondial, jusqu'à une femme sur cinq et un homme sur dix déclarent avoir subi des violences sexuelles pendant leur enfance. Ces enfants ont beaucoup plus de risque d'être confrontés à d'autres formes de violence par la suite.
Conséquences sur la santé
Les actes de violence peuvent avoir des conséquences immédiates sur la santé, ou des effets à plus long terme, tels que:
- Blessures: les violences corporelles et sexuelles infligées par un partenaire entraînent souvent des blessures. Aux États-Unis d'Amérique, les actes de violence commis par les partenaires intimes sont la principale cause de blessures non mortelles chez la femme.
- Décès: les décès dus à des actes de violence à l'égard des femmes sont de toute nature: crimes d'honneur (par les familles pour des raisons culturelles); suicides; infanticide (bébés de sexe féminin); et décès maternels pour cause d'avortements pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité.
- Santé sexuelle et génésique: la violence à l'encontre des femmes est à relier aux infections sexuellement transmissibles comme le VIH/sida, aux grossesses non désirées, aux problèmes gynécologiques, aux avortements provoqués et aux problèmes liés à la grossesse, ce qui englobe notamment les fausses couches, un faible poids de naissance du bébé et la mort fœtale.
- Comportements à risque: lorsque les violences sexuelles se produisent dans l'enfance, les risques ultérieurs augmentent tels: les comportements sexuels à risque (première relation sexuelle à un âge précoce, partenaires multiples et rapports non protégés), la toxicomanie et la victimisation accrue. Chacun de ces comportements augmente les risques d'avoir des problèmes de santé.
- Santé mentale: la violence et les sévices augmentent le risque de dépression, de stress post-traumatique, de troubles du sommeil, de troubles alimentaires et de détresse émotionnelle.
- Santé physique: la violence peut entraîner de nombreux problèmes de santé, dont la migraine, les dorsalgies, les douleurs abdominales, la fibromyalgie, les troubles gastro-intestinaux, une mobilité réduite et un mauvais état de santé général.
Coûts socio-économiques
Les coûts que fait peser la violence à l'égard des femmes sur la situation économique et sociale sont énormes, et ils ont des répercussions sur l'ensemble de la société. Les femmes peuvent se retrouver en situation d'isolement, incapables de travailler; elles peuvent perdre leur revenu, espacer leur participation à des activités régulières et ne plus vraiment être en mesure de prendre soin d'elles-mêmes et de leurs enfants.
Qui présente des risques?
Les facteurs de risque varient, mais présenter certaines caractéristiques semble accroître la probabilité d'être confronté à la violence. Les facteurs de risque potentiels peuvent être regroupés à différents niveaux:
- Individu: les caractéristiques personnelles qui augmentent le risque de violences sont les suivantes: jeune âge, mauvaise situation socio-économique, antécédents de violence ou de toxicomanie et, en cas de violence exercée par un partenaire, choix du partenaire. Le profil du partenaire susceptible d'exercer une violence à l'égard de la femme est le suivant: alcoolique ou toxicomane, bas niveau d'éducation, attitudes négatives vis-à-vis des femmes, témoin de violences domestiques contre les femmes ou victime de mauvais traitements dans l'enfance.
- Famille: dans les familles, le risque de violence augmente s'il y a des conflits conjugaux, si l'homme exerce une domination, si l'aspect économique est une source de stress et si les liens familiaux sont distendus.
- Communauté: au sein des communautés, les femmes ont plus de risque de subir des violences si l'inégalité entre hommes et femmes règne, s'il y a une mauvaise cohésion communautaire et si les ressources manquent.
- Société: sur un plan plus large, le risque est plus important dans des sociétés où règnent des codes traditionnels sexistes, où les femmes ne jouissent d'aucune autonomie, où les lois sur le divorce, les droits à la propriété et à l'héritage sont restrictives et où s'est produit un effondrement de l'ordre social dû à des conflits ou des catastrophes.
Prévention et riposte
D'ultérieures évaluations sont nécessaires pour mesurer l'efficacité des mesures de prévention de la violence. Les interventions dont les résultats sont prometteurs prévoient d'améliorer l'éducation et les perspectives des femmes et des filles, de les encourager à avoir une meilleure opinion d'elles-mêmes, de leur apprendre à mieux négocier et de réduire les inégalités homme-femme au sein des communautés.
Mais d'autres mesures donnent aussi des résultats positifs: travailler avec les adolescents pour réduire la violence à l'occasion de sorties; programmes de soutien pour les enfants ayant été témoins de violences entre partenaires intimes; campagnes d'éducation publique de masse; et travailler avec des hommes et des garçons pour remettre en cause l'inégalité entre les sexes et la banalisation de la violence, et les inciter à modifier leurs attitudes.
Défendre les victimes, faire en sorte que les personnels de santé prennent la vraie mesure de la violence et de ses répercussions, et mieux informer les femmes sur les ressources qui sont à leur disposition en cas de violence (assistance juridique, logement et soins aux enfants notamment) peut aider à remédier aux conséquences de la violence.
Réponse de l'OMS
L'OMS et ses partenaires travaillent ensemble pour réduire la violence à l'encontre les femmes en prenant des initiatives qui contribuent à détecter le problème, à le chiffrer et à y remédier. Il s'agit notamment des actions suivantes:
- Recueillir des informations sur l'ampleur et le type des violences dans différents environnements. Il s'agit d'une étape clé pour comprendre la magnitude et la nature du problème au niveau mondial.
- Élaborer des lignes directrices pour les États Membres et les professionnels de la santé afin de prévenir la violence et de renforcer la capacité du secteur sanitaire de faire face à ce problème.
- Diffuser l'information disponible aux pays et soutenir les efforts nationaux destinés à faire progresser les droits des femmes et à prévenir la violence.
- Collaborer avec les institutions et organisations internationales pour vaincre la violence à l'égard des femmes au niveau mondial.
Liens utiles
-
Violence à l'égard des femmes
-
Étude multipays sur la santé des femmes et la violence domestique
-
Violence exercée par le partenaire et VIH/sida [pdf 197kb]
-
La violence sexuelle dans les situations de conflit et le risque d’infection à VIH [pdf 141kb]
-
Santé de la femme
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