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Contraception d’urgence

Aide-mémoire N°244
Juillet 2012


Principaux faits

  • La contraception d’urgence permet dans la plupart des cas d’éviter la grossesse lorsqu’elle est prise après un rapport sexuel.
  • Elle peut être utilisée après un rapport non protégé, un échec de la contraception, un usage défectueux d’une méthode contraceptive ou en cas d’agression sexuelle.
  • Il existe deux méthodes de contraception d’urgence: la pilule (PCU) ou pilule du lendemain et le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre.
  • Inséré dans les cinq jours suivant un rapport non protégé, le DIU au cuivre est la méthode la plus efficace de contraception d’urgence.
  • La posologie recommandée par l’OMS pour la pilule PCU consiste à prendre une dose de lévonorgestrel à 1,5 mg dans les 5 jours (120 heures) suivant un rapport non protégé.

L’expression contraception d’urgence ou postcoïtale désigne une méthode utilisable pour éviter la grossesse dans les premiers jours qui suivent un rapport sexuel. Elle est conçue pour être utilisée en situation d’urgence, après un rapport non protégé, un échec ou un usage défectueux d’une méthode contraceptive (comme l’oubli de la pilule ou la déchirure du préservatif), le viol ou des rapports sous la contrainte.

Elle n’est efficace que dans les tout premiers jours après le rapport, avant l’ovulation et avant la fertilisation de l’ovule par le sperme. Elle ne peut interrompre une grossesse déjà installée, ni nuire à un embryon en train de se développer.

Qui a besoin d'une contraception d’urgence?

Toute femme en âge de procréer peut un jour en avoir besoin pour éviter une grossesse non désirée.

Dans quelles situations doit-on utiliser la contraception d’urgence?

On peut y avoir recours dans un certain nombre de situations après un rapport sexuel.

  • Absence de contraception;
  • Échec ou usage défectueux de la méthode contraceptive, notamment:
    • déchirure, glissement ou utilisation incorrecte du préservatif;
    • oubli du contraceptif oral associé pendant trois jours consécutifs ou plus;
    • prise de la pilule à progestatif seul (minipilule) avec plus de 3 heures de retard (ou plus de 12 heures de retard en cas de pilule dosée à 0,75 mg de désogestrel);
    • injection de l’énantate de noréthistérone (progestatif seul) avec plus de 2 semaines de retard;
    • injection de l’acétate de médroxyprogestérone retard (progestatif seul) avec plus de 4 semaines de retard;
    • injection mensuelle d’une association d’estrogène et de progestatif avec plus de 7 jours de retard;
    • déplacement, mise en place tardive ou retrait trop précoce d’un anneau vaginal ou d’un dispositif transdermique contenant une hormone contraceptive;
    • déplacement, rupture, déchirure ou retrait trop précoce d’un diaphragme ou d’une cape cervicale;
    • échec du retrait (par exemple éjaculation dans le vagin ou sur les organes génitaux externes);
    • comprimé ou film spermicide dissous avant le rapport;
    • erreur de calcul de la période d’abstinence périodique ou pas d’abstinence ou pas de contraception mécanique pendant la période de fécondité;
    • expulsion du dispositif intra-utérin (DIU) ou de l’implant hormonal contraceptif.
  • Dans les cas d’agression sexuelle, lorsque la femme n’est pas protégée par une méthode efficace de contraception.

Méthodes pour la contraception d’urgence

Il en existe deux:

  • les pilules du lendemain;
  • les dispositif intra-utérins (DIU) au cuivre.

1. Pilules

L’OMS recommande de prendre une pilule de lévonorgestrel pour la contraception d’urgence. De préférence, ce médicament à progestatif seul doit être administré en une seule dose (1,5 mg) dans les cinq jours (120 heures) suivant un rapport sexuel non protégé. Autre possibilité, la femme peut prendre cette dose en deux prises de 0,75 mg espacées de 12 heures.

Mode d’action

Les pilules d’urgence au lévonorgestrel évitent la grossesse en empêchant ou en retardant l’ovulation. Elles pourraient également éviter la fertilisation de l’œuf en agissant sur la muqueuse cervicale ou la capacité des spermatozoïdes à se fixer sur l’ovule.

Les pilules au lévonorgestrel ne sont plus efficaces lorsque le processus de nidation a commencé et elles ne provoquent pas l’avortement.

Efficacité

Sur la base des rapports de neuf études portant sur 10 500 femmes, la posologie recommandée par l’OMS pour le lévonorgestrel a une efficacité de 52 à 94% pour éviter la grossesse. Plus la dose est prise rapidement après le rapport et plus elle est efficace.

Innocuité

Prises seules en contraception d’urgence, les pilules au lévonorgestrel sont très sûres, ne provoquent pas d’avortement et n’ont pas d’effets nocifs sur la fécondité future. Les effets secondaires sont rares et en général bénins.

Critères médicaux de recevabilité et contre-indications

Les pilules pour la contraception d’urgence évitent la grossesse. Elles ne doivent pas être prescrites à une femme ayant déjà une grossesse confirmée. Toutefois, si une femme prend ces pilules par inadvertance en étant déjà enceinte, les données disponibles semblent indiquer que le médicament n’aura aucun effet nocif sur la mère ou le fœtus.

Ces pilules sont réservées aux situations d’urgence et ne sont pas faites pour servir de méthode régulière de contraception à cause du plus grand risque d’échec par rapport aux méthodes habituelles de contraception. De plus, une utilisation fréquente peut avoir des effets secondaires, comme l’irrégularité du cycle menstruel, bien qu’un usage répété n’entraîne aucun risque connu pour la santé.

Il n’y a pas de contre-indications médicales à l’utilisation des pilules au lévonorgestrel pour la contraception d’urgence.

2. Dispositifs intra-utérins (DIU) au cuivre

En contraception d’urgence, l’OMS recommande d’insérer un DIU au cuivre dans les cinq jours suivant un rapport non protégé. Ce pourrait être la méthode idéale de contraception d’urgence pour une femme souhaitant une méthode contraceptive continue hautement efficace.

Mode d’action

En contraception d’urgence, le DIU au cuivre empêche avant tout la fertilisation en provoquant des modifications chimiques qui altèrent le sperme et l’ovule avant qu’ils n’entrent en contact.

Efficacité

Lorsqu’il est inséré dans les cinq jours qui suivent un rapport non protégé, le DIU au cuivre a une efficacité de plus de 99% pour éviter la grossesse. C’est la méthode de contraception d’urgence la plus efficace qui existe. Une fois inséré, la femme peut continuer à utiliser le DIU comme méthode de contraception continue ou elle peut choisir de passer à une autre méthode par la suite.

Innocuité

Le DIU au cuivre est une méthode très sûre de contraception d’urgence: les risques d’infection, d’expulsion ou de perforation sont très faibles.

Critères médicaux de recevabilité et contre-indications

La seule situation dans laquelle un DIU au cuivre ne doit jamais être utilisé pour la contraception d’urgence est le cas où la femme est déjà enceinte. Il existe cependant des contre-indications à l’utilisation du DIU au cuivre comme méthode de contraception continue et il faudra les envisager avant de l’utiliser pour la contraception d’urgence. Pour en savoir plus, veuillez consulter le document OMS Critères de recevabilité pour l'adoption et l'utilisation continue de méthodes contraceptives.

Action de l’OMS

Les activités de l’Organisation en matière de contraception d’urgence entrent dans le cadre de son action pour fournir l’accès à des services de planification familiale de qualité, notamment auprès des populations les plus vulnérables. Ce travail s’appuie sur la Stratégie mondiale de l’OMS pour la santé génésique.

De plus, par le biais du Programme spécial PNUD/UNFPA/OMS/ Banque mondiale de recherche, de développement et de formation à la recherche en reproduction humaine (HRP), des travaux de recherche sont menés pour fournir la gamme la plus étendue possible de méthodes sûres et efficaces de planification familiale, ainsi que des travaux de recherche clinique sur des méthodes ou des utilisations novatrices.

L’OMS réaffirme son engagement pour étudier attentivement les nouvelles données qui voient le jour par le biais de son système de recensement des données de la recherche (CIRE: Continuous Identification of Research Evidence).

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