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Les femmes et les microbicides

Aide-mémoire N°246

Raison d’être

  • La plupart des femmes ne peuvent pas décider à quel moment, avec qui et avec quelle protection, le cas échéant, elles ont des rapports sexuels.
  • Cette impuissance en matière de décision se fait particulièrement sentir dans les pays en développement où la prévalence du VIH est la plus forte (20 à 30 % chez les femmes) et où l’épidémie est en augmentation rapide.
  • Ce dont les femmes ont le plus besoin dans l’immédiat – on peut même dire ce dont le monde a dans l’immédiat le plus besoin par rapport au VIH/SIDA – c’est une technique de prévention dont elles aient la maîtrise.

Ne pas remettre les choses à demain

Le manque de moyens d’action et d’autonomie est la principale cause de la vulnérabilité des femmes. Mais il faudra des générations pour redresser cette situation !

Pourquoi la technique doit-elle être maîtrisée par les femmes ?

  • L’expérience de la contraception a montré que, lorsque les femmes maîtrisent l’utilisation d’une méthode et qu’elles n’ont pas besoin de faire intervenir leurs partenaires, la méthode est utilisée plus efficacement.
  • Le préservatif (masculin ou féminin) offre une protection, mais il n’est pas utilisé et les femmes n’en maîtrisent pas l’usage. Des études ont montré que le préservatif masculin était très peu utilisé même dans des circonstances favorables.

Le microbicide idéal

  • C’est une crème, un gel ou un suppositoire qui peut être inséré discrètement dans le vagin avant les rapports sexuels. Dans l’idéal, il tuerait ou inhiberait non seulement le VIH, mais aussi les agents responsables d’autres infections sexuellement transmissibles.
  • Pour les nombreuses femmes, notamment de pays en développement, qui veulent les enfants, il faut également un microbicide qui ne soit pas un spermicide.

Qu’en est-il des spermicides ?

Le nonoxynol 9, un spermicide disponible depuis de nombreuses années qui est généralement considéré comme sans danger, tue le VIH au laboratoire et crée une barrière physique gluante qui fait obstacle aux spermatozoïdes et aux microbes.

Mais on a récemment constaté qu’il provoquait des lésions vaginales susceptibles de constituer ensuite des points d’entrée pour le VIH.

Certains prétendent que lors des essais, qui ont été interrompus, le produit était utilisé à des concentrations beaucoup trop élevées et chez des femmes (prostituées) qui s’en servaient plusieurs fois dans la soirée – ce qui n’est pas un usage caractéristique.

Pourquoi si peu de recherche ?

Soixante microbicides candidats sont en cours d’investigation, mais aucun ne pourra être mis à la disposition du grand public dans un avenir très proche.

Des travaux de recherche-développement sont faits par de petits laboratoires de biotechnologie et des chercheurs isolés avec des budgets très restreints.

Les travaux de développement coûtent des dizaines de millions de dollars, montant dont seuls les grands groupes pharmaceutiques disposent.

Les essais doivent satisfaire des norme éthiques rigoureuses, par exemple toutes les femmes incluses dans un essai doivent utiliser à la fois un préservatif et un microbicide ; il faut de très nombreuses participantes, ce qui coûte très cher.

Les microbicides ne sont pas considérés comme susceptibles d’engendrer des bénéfices puisque le marché essentiel est constitué de femmes pauvres. Leurs partisans font valoir que le marché potentiel est plus vaste.

Certains partisans sont d’avis qu’il faudrait distribuer les microbicides candidats à un prix modique aux femmes qui en ont besoin, avant même de poursuivre les essais. Les produits sont généralement considérés comme sans danger, mais nous ne savons pas quelle est vraiment leur efficacité – 80 % ou 30 % ?

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