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Campylobacter

Aide-mémoire
Mis à jour septembre 2017


Principaux faits

  • Campylobacter est l’une des 4 principales causes mondiales de maladies diarrhéiques. Elle est considérée comme la cause bactérienne la plus courante de gastroentérite humaine de par le monde.
  • Les infections à Campylobacter sont généralement bénignes, mais peuvent être mortelles chez les très jeunes enfants, les personnes âgées et les individus immunodéprimés.
  • Cette bactérie colonise normalement le tractus intestinal des animaux à sang chaud comme les volailles et le bétail, et on la retrouve souvent dans les aliments dérivés de ces animaux.
  • Les espèces du genre Campylobacter peuvent être détruites par la chaleur et une cuisson à cœur des aliments.
  • Pour prévenir les infections à Campylobacter, il faut veiller à appliquer les bonnes pratiques de base en matière d’hygiène lorsqu’on prépare des aliments.

La charge des maladies d’origine alimentaire, y compris la campylobactériose, est substantielle: tous les ans, près d’une personne sur 10 tombe malade et 33 millions d’années de vie en bonne santé sont perdues. Les maladies d’origine alimentaire peuvent être graves, en particulier chez les jeunes enfants. Les maladies diarrhéiques sont les maladies les plus courantes causées par des aliments impropres à la consommation: 550 millions de personnes malades chaque année (dont 220 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans). Campylobacter est l’une des 4 principales causes mondiales de maladies diarrhéiques.

L’incidence élevée de la diarrhée due à Campylobacter, ainsi que sa durée et ses complications éventuelles, revêtent une importance majeure du point de vue socioéconomique. Dans les pays en développement, les infections àCampylobacter sont particulièrement fréquentes chez les enfants âgés de moins de deux ans, conduisant parfois au décès.

Les bactéries du genre Campylobacter présentent généralement une morphologie spiralée, en forme de S ou en bâtonnets incurvés. Actuellement, on dénombre 17 espèces et 6 sous-espèces de Campylobacter, la plus fréquemment associée aux maladies humaines étant les espèces C. jejuni (sous-espèce jejuni) etC. coli. D’autres espèces comme C. lari etC. upsaliensis ont également été isolées chez des patients présentant une maladie diarrhéique, mais elles sont moins fréquemment signalées.

La maladie

La campylobactériose est la maladie causée par l’infection à Campylobacter.

  • Les symptômes de cette maladie apparaissent généralement 2 à 5 jours après l’infection par la bactérie, mais la durée de la période d’incubation peut aller de un à 10 jours.
  • Les symptômes cliniques les plus fréquents des infections à Campylobacter sont: diarrhée (souvent sanglante), douleurs abdominales, fièvre, céphalées, nausée et/ou vomissements. Les symptômes durent habituellement entre trois et six jours.
  • Les décès par campylobactériose sont rares et ne concernent généralement que les très jeunes enfants ou les patients âgés, ou encore les personnes souffrant déjà d’une autre maladie grave comme le sida.
  • Des complications telles que bactériémie (présence de bactéries dans le sang), hépatite, pancréatite (infection du foie et du pancréas, respectivement) et fausse-couche ont été rapportées avec divers degrés de fréquence. On peut également observer des complications postinfection: arthrite réactionnelle (inflammation douloureuse des articulations qui peut durer plusieurs mois) et troubles neurologiques comme le syndrome de Guillain-Barré, une forme de paralysie présentant des similitudes avec la poliomyélite et pouvant entraîner des dysfonctionnements respiratoires et neurologiques sévères, dans un petit nombre de cas.

Sources et transmission

Les espèces du genre Campylobacter se retrouvent chez la plupart des animaux à sang chaud. Elles sont présentes chez les animaux destinés à l’alimentation tels que volailles, bovins, porcs, ovins et autruches, et chez les animaux de compagnie tels que chiens et chats. On a également retrouvé ces bactéries chez les crustacés.

De manière générale, on pense que la principale voie de transmission est alimentaire et passe par la consommation de viande et de produits dérivés de la viande insuffisamment cuits ou de lait cru ou contaminé. L’eau ou la glace contaminées sont aussi sources d’infection. Une certaine proportion des cas résulte du contact avec une eau contaminée dans le cadre d’activités récréatives.

La campylobactériose est une zoonose, c’est à dire une maladie transmise aux hommes par des animaux ou des produits animaux. La plupart du temps, les carcasses ou les viandes sont contaminées par les bactéries Campylobacter présentes dans les matières fécales durant l’abattage. Il est rare que cette bactérie provoque des maladies chez l’animal.

La contribution relative de chacune des sources précédemment mentionnées à la charge de morbidité globale n’est pas clairement établie, mais on pense que la consommation de viande de volaille contaminée et insuffisamment cuite représente une contribution majeure. Comme les flambées ayant une source commune représentent plutôt une faible proportion des cas, la vaste majorité des signalements portent sur des cas sporadiques, sans schéma facilement discernable.

Estimer l’importance de toutes les sources connues est donc extrêmement difficile. En outre, le fait que les bactéries Campylobacter soient largement répandues entrave aussi le développement de stratégies de lutte couvrant l’ensemble de la chaîne alimentaire. Cependant, dans les pays ayant mis en place des stratégies spécifiques pour réduire la prévalence de cette bactérie chez les volailles vivantes, on observe une réduction similaire de la fréquence des cas humains.

Traitement

Le traitement est généralement inutile, excepté le remplacement des électrolytes et la réhydratation. Un traitement antimicrobien est recommandé dans les cas invasifs (lorsque la bactérie envahit les cellules de la muqueuse intestinale et endommage les tissus) ou pour éliminer la bactérie chez les porteurs sains (individus qui hébergent Campylobacter dans leur organisme et continuent de l’excréter tout en restant asymptomatiques).

Méthodes de prévention

Il existe un certain nombre de stratégies qui peuvent être mises en œuvre pour prévenir les maladies à Campylobacter.

  • La prévention repose sur la mise en œuvre de mesures de lutte à tous les stades de la chaîne alimentaire, de la production agricole au niveau d’une ferme à la transformation, à la fabrication et à la préparation des aliments en milieu industriel ou domestique.
  • Dans les pays dépourvus de systèmes satisfaisants d’élimination des eaux usées, les matières fécales et les objets souillés par ces matières doivent être désinfectés avant leur élimination.
  • Les mesures pour réduire la prévalence de Campylobacter chez les volailles comprennent le renforcement de la sécurité biologique en vue d’éviter la transmission de cette bactérie de l’environnement aux oiseaux présents dans les fermes. Cette option de lutte contre l’infection n’est praticable que si les oiseaux sont maintenus en milieu fermé.
  • Les bonnes pratiques d’abattage respectueuses de l’hygiène réduisent la contamination des carcasses par des matières fécales, mais ne garantissent pas l’absence de Campylobacter dans la viande et les produits dérivés. L’éducation des employés des abattoirs et des ateliers de production de viande brute à la manipulation hygiénique des aliments est essentielle pour maintenir la contamination au plus bas niveau.
  • Les méthodes de lutte contre l’infection dans les cuisines domestiques sont similaires à celles employées contre d’autres maladies bactériennes d’origine alimentaire.
  • Les traitements bactéricides comme la chaleur (cuisson ou pasteurisation, par exemple) ou l’irradiation sont les seules méthodes efficaces pour éliminer Campylobacter des aliments contaminés.

Action de l’OMS

En partenariat avec d’autres parties prenantes, l’OMS met au point des politiques destinées à mieux promouvoir la sécurité sanitaire des aliments, essentielle pour garantir l’accès à un régime alimentaire sûr et nutritif. Ces politiques couvrent la totalité de la chaîne alimentaire, de la production à la consommation, et font appel à différents types de compétences techniques.

L’OMS promeut le renforcement des systèmes de sécurité sanitaire des aliments dans un contexte de mondialisation croissante et mène des interventions pour prévenir les maladies d’origine alimentaire, notamment en fixant des normes internationales relatives à la sécurité sanitaire des aliments, en renforçant la surveillance des maladies, en informant les consommateurs et en éduquant à la manipulation hygiénique des aliments.

En collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et le centre collaborateur de l’OMS à l’Université d’Utrecht, l’OMS a publié en 2012 le rapport intitulé The global view of campylobacteriosis.

L’OMS renforce les capacités des laboratoires nationaux et régionaux pour la surveillance des agents pathogènes transmis par voie alimentaire tels que Campylobacter et Salmonella.

L’OMS encourage également la surveillance intégrée de la résistance aux antimicrobiens des agents pathogènes dans la chaîne alimentaire en recueillant des échantillons humains, alimentaires et animaux et en analysant les données à travers les secteurs concernés.

L’OMS, conjointement avec la FAO, assiste les États Membres en coordonnant les efforts internationaux pour détecter et riposter rapidement aux flambées de maladies d’origine alimentaire à travers le réseau des autorités nationales des États Membres.

L’OMS réalise également des évaluations scientifiques servant de base aux normes alimentaires internationales, élabore des lignes directrices et des recommandations préparées par la Commission du Codex Alimentarius/FAO pour prévenir les maladies d’origine alimentaire.

Recommandations à l’intention du public et des voyageurs

Les conseils qui suivent aideront les voyageurs à veiller à leur sécurité.

  • S’assurer que les aliments sont convenablement cuits et encore chauds quand ils sont servis.
  • Éviter le lait cru et les produits à base de lait cru. Ne boire que du lait pasteurisé ou bouilli.
  • Éviter la glace à moins qu’elle n’ait été préparée à partir d’une eau sans risque sanitaire.
  • Lorsque la sécurité sanitaire d’une eau de boisson est sujette à caution, il faut la faire bouillir ou, si cette opération est impossible, la désinfecter avec un agent désinfectant fiable à libération lente (habituellement disponible en pharmacie).
  • Se laver soigneusement et fréquemment les mains avec du savon, notamment après un contact avec des animaux d’élevage ou de compagnie ou après s’être rendu aux toilettes.
  • Laver avec soins les fruits et les légumes, en particulier s’ils sont destinés à être consommés crus. Dans la mesure du possible, les fruits et les légumes doivent être pelés.

Recommandations à l’intention des personnes qui manipulent des aliments

L’OMS adresse les conseils suivants aux personnes qui manipulent des aliments.

  • Les personnes qui manipulent des aliments, que ce soit dans le cadre professionnel ou domestique, doivent se montrer vigilants dans la préparation de ces aliments et respecter les règles d’hygiène qui s’imposent.
  • Les personnes qui manipulent des aliments à titre professionnel et qui présentent de la fièvre, une diarrhée, des vomissements ou des lésions cutanées visiblement infectées doivent le signaler immédiatement à leur employeur.
  • Le manuel de l’OMS intitulé Cinq clefs pour des aliments plus sûrs sert de base à des programmes éducatifs visant à former les personnes qui manipulent des aliments et à éduquer les consommateurs. Ces 5 recommandations phare sont particulièrement importantes pour éviter les intoxications alimentaires. Elles se résument ainsi:
    • Prenez l’habitude de la propreté.
    • Séparez les aliments crus des aliments cuits.
    • Faites bien cuire les aliments.
    • Maintenez les aliments à bonne température.
    • Utilisez de l’eau et des produits sûrs.