 |
imprimer
Aide-mémoire N°255
Novembre 2000
Campylobacter
L’agent
Les Campylobacter sont une cause importante d’affections diarrhéiques chez l’être humain et l’on considère en général qu’il s’agit de la source bactérienne de gastro-entérite la plus courante dans le monde. Dans les pays développés et en développement, elles provoquent plus de cas de diarrhées que, par exemple, les salmonelles transmises par les aliments. Ces infections sont particulièrement fréquentes chez les enfants de moins de deux ans dans les pays en développement et aboutissent parfois au décès. Dans presque tous les pays développés, l’incidence des infections humaines à Campylobacter a augmenté constamment pendant plusieurs années, sans que l’on connaisse la raison de ce phénomène.
Les Campylobacter se présentent avant tout sous la forme de bacilles en hélice, en S ou incurvés. On compte dans le genre Campylobacter 16 espèces et six sous-espèces parmi lesquelles les plus fréquemment rapportées chez l’être humain sont C. jejuni (sous-espèce jejuni) et C. coli. C. laridis et C. upsaliensis sont également considérés comme des agents pathogènes primaires mais que l’on signale en général beaucoup moins fréquemment dans les cas d’infection chez l’homme. La plupart des espèces ont une préférence microaérophile, c’est-à-dire pour les atmosphères pauvres en oxygène (3 à 10 %). Certaines espèces tendent à favoriser l’anaérobiose, bien qu’elles se multiplient également dans des conditions microaérophiles.
La maladie
- La campylobactériose est la maladie provoquée par la présence de Campylobacter. Les symptômes apparaissent en général de deux à cinq jours après l’infection, mais l’incubation peut aller de un à dix jours.
- Les symptômes cliniques les plus courants des infections à Campylobacter comprennent la diarrhée (avec souvent du sang dans les fèces), des douleurs abdominales, de la fièvre, des céphalées, des nausées et des vomissements. Ils durent classiquement de trois à six jours.
- L’issue fatale est rare et ne survient en général que chez de très jeunes ou de vieux patients, ou chez ceux qui souffrent déjà d’une autre maladie grave comme le SIDA.
- On a signalé, à des fréquences diverses, les complications suivantes : septicémie, hépatite, pancréatite (infection du sang, du foie et du pancréas respectivement) et l’avortement. Les complications post-infectieuses peuvent comprendre l’arthrite (inflammation douloureuse des articulations pouvant durer plusieurs mois) et des troubles neurologiques, comme le syndrome de Guillain-Barré, une forme de paralysie de type poliomyélitique pouvant aboutir à des troubles respiratoires et neurologiques graves, voire le décès dans un nombre de cas réduit mais significatif.
- La forte incidence des diarrhées à Campylobacter, de même que leur durée et les séquelles éventuelles, leur donne une grande importance sur le plan socio-économique.
Sources et transmission
- Les Campylobacter sont très fréquentes et on les retrouve chez la plupart des animaux à sang chaud, domestiques ou sauvages. Leur prévalence est attestée chez les animaux destinés à l’alimentation comme la volaille, les bovins, les porcs, les moutons, les autruches mais aussi les crustacés et coquillages et chez l’animal de compagnie, en particulier le chien ou le chat.
- On pense en général que la principale voie de transmission passe par l’alimentation : viandes ou produits carnés pas assez cuits, lait cru ou contaminé. L’ingestion d’eau ou de glace contaminée est aussi reconnue comme une source d’infection.
- On considère que la campylobactériose est une zoonose, une maladie transmise à l’homme par les animaux ou les produits qui en dérivent. Les Campylobacter sont rarement pathogènes chez l’animal.
- La contribution relative de chacune de ces sources d’infection dans la charge totale de morbidité reste actuellement l’une des principales lacunes dans nos connaissances. Comme les flambées provenant d’une source commune représentent une proportion des cas plutôt faible, les notifications sont sporadiques dans leur grande majorité et il n’est pas aisé de dégager des tendances. L’estimation de l’importance relative des sources connues s’avère donc extrêmement difficile. De plus, la très grande fréquence des Campylobacter empêche d’élaborer des stratégies pour lutter contre leur présence dans les aliments du producteur au consommateur.
Méthodes de lutte et de prévention
- Il n’y a pas en général de traitement indiqué en dehors de la réhydratation par des solutions riches en électrolytes. Le traitement antimicrobien (érythromycine, tétracycline, quinolones) n’est mis en oeuvre que dans les cas invasifs ou pour éliminer les porteurs sains.
- La prévention de l’infection nécessite de prendre des mesures à tous les stades de la chaîne alimentaire : production à l’exploitation agricole, transformation, fabrication, préparation des aliments dans les établissements commerciaux ou dans les foyers.
- On a établi que des méthodes spécifiques d’intervention à la ferme réduisaient l’incidence des Campylobacter dans la volaille. Les mesures comprennent l’accroissement du niveau de biosécurité pour éviter la transmission horizontale des Campylobacter de l’environnement aux oiseaux. Cette option n’est réalisable que si ceux-ci sont gardés en milieu fermé.
- Aucune méthode n’a fait ses preuves pour diminuer la présence des Campylobacter dans les établissements élevant des bovins. Il n’est pas toujours possible d’éviter la contamination du lait cru à la ferme et il faut donc éviter d’en consommer.
- Le respect des règles d’hygiène à l’abattage diminue la contamination des carcasses par les fèces mais ne garantit pas l’absence de Campylobacter dans la viande et les produits dérivés. Pour garder les contaminations microbiologiques à un niveau minimal, il est impératif d’apprendre aux employés les règles d’hygiène pour la manipulation des aliments, que ce soit au stade de l’abattage ou à celui de la production de viande crue.
- La seule méthode efficace pour éliminer les Campylobacter des aliments contaminés consiste à avoir recours à un traitement bactéricide, comme le chauffage (par exemple la cuisson ou la pasteurisation) ou l’irradiation.
- Les mesures préventives à mettre en oeuvre pour la cuisine à domicile sont les mêmes que pour les autres infections bactériennes d’origine alimentaire.
- Dans les pays où le système d’assainissement n’est pas suffisant, il peut s’avérer nécessaire de désinfecter les fèces et les articles souillés avant de les éliminer.
Recommandations pour le public et les voyageurs
- Veiller à ce que les aliments soient suffisamment cuits et encore chauds au moment où ils sont servis.
- Eviter le lait cru et les produits préparés à base de lait cru. Ne boire que du lait pasteurisé ou bouilli.
- Eviter la glace à moins d’être sûr qu’elle a été préparée à partir d’une eau saine.
- Lorsqu’un doute existe quant à l’innocuité de l’eau de boisson, la faire bouillir ou, si ce n’est pas possible, la désinfecter avec un agent désinfectant fiable et à libération prolongée que l’on trouve en général en pharmacie.
- Se laver les mains fréquemment et soigneusement à l’aide de savon, notamment après avoir touché des animaux de compagnie ou d’élevage ou après avoir été aux toilettes.
- Laver soigneusement les fruits et les légumes, notamment s’ils sont consommés crus. Il faut autant que possible les peler.
- La brochure de l’OMS, intitulée Guide à l’usage des voyageurs sur la salubrité des aliments,* donne des conseils pratiques pour rester en bonne santé en voyage.
Recommendations pour les personnes manipulant les aliments
- Que ce soit dans un cadre professionnel ou à domicile, il convient d'être vigilant pendant la préparation des aliments et de respecter les règles d'hygiène.
- Les professionnels souffrant de fièvre, de diarrhées, de vomissements ou de lésions cutanées visiblement infectées doivent avertir immédiatement leur employeur.
- Les informations destinées aux professionnels de l'alimentation sont données dans le Guide OMS Hygiène dans les établissements de restauration collective ou à vocation alimentaire (code du document : WHO/FNU/FOS/94.5).
LIENS CONNEXES
-
Five keys to safer food poster - en anglais
-
Guide on Safe Food for Travellers - en anglais
-
Food Safety - en anglais
Pour plus d'informations:
WHO Media centre
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int
|