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La peste

Aide-mémoire N°267
Février 2005

Informations générales

La peste est avant tout une zoonose affectant les petits animaux et leurs puces. Le bacille, Yersinia pestis, peut également infecter l'homme. Il se transmet de l'animal à l'homme par l'intermédiaire des piqûres de puces infectées, par le contact direct, par inhalation et, plus rarement, par ingestion de matières infectieuses. Chez l'homme, la peste est une maladie très grave avec un taux de létalité atteignant 30 à 60 % en l'absence de traitement.

Le sujet infecté commence en général par présenter un "syndrome grippal" après une incubation de 3 à 7 jours. On observe classiquement une apparition brutale de la fièvre, des frissons, des céphalées, des douleurs dans tout le corps, une faiblesse généralisée, des nausées et des vomissements. Au stade clinique, la maladie peut se manifester sous trois formes différentes en fonction de la voie d'infection : peste bubonique, septicémique ou pulmonaire.

  • La peste bubonique est la forme la plus courante et elle résulte de la piqûre d'une puce infectée. Le bacille pénètre alors dans l'organisme et gagne, à partir du site de la piqûre, le ganglion le plus proche par le biais du système lymphatique. Yersinia pestis y déclenche une inflammation due à sa multiplication rapide à ce niveau. On appelle "bubon" le ganglion tuméfié. Celui-ci est très douloureux et peut se mettre à suppurer par une plaie ouverte à un stade plus avancé de l'infection.
  • La peste septicémique survient lorsque l'infection se propage directement dans la circulation sanguine, sans apparition d'un "bubon". Mais le plus fréquemment, à un stade avancé de la peste bubonique, le bacille finit par se retrouver dans le sang. La peste septicémique peut résulter de piqûres de puces ou du contact direct d'une peau lésée avec des matières infectieuses.
  • La peste pulmonaire est la forme la plus virulente de la maladie mais aussi la moins fréquente. Elle survient classiquement à la suite de la propagation secondaire d'une forme bubonique parvenue à un stade avancé. La peste pulmonaire primaire est causée par l'inhalation d'un aérosol de gouttelettes infectieuses et elle se transmet d'une personne à l'autre sans l'intervention de puces ou d'autres animaux. En l'absence de traitement, le taux de létalité est très élevé.

La peste est endémique dans de nombreux pays d'Afrique, en ex-Union Soviétique, dans les Amériques et en Asie. En 2003, il y a eu 2 118 cas, dont 182 mortels, notifiés dans 9 pays. L'Afrique a notifié 98,7 % de ces cas et 98,9 % de ces décès. Aujourd'hui, la répartition de la peste coïncide avec son foyer géographique naturel.

Traitement

Il est essentiel de poser le diagnostic et de traiter rapidement pour éviter les complications et réduire la mortalité. Le traitement, antibiothérapie et traitement symptomatique, est très efficace et permet de guérir pratiquement tous les sujets atteints si le diagnostic est posé à temps.

Prévention

Les mesures de prévention ont pour objectif de donner aux populations des informations sur les zones où la peste est active chez l'animal, ainsi que sur les précautions à prendre contre les piqûres de puces et la manipulation de carcasses animales lorsqu'on se trouve en zone d'endémie. Il faut éviter tout contact direct avec des tissus infectieux et toute exposition à des patients atteints de peste pulmonaire.

Reconnaissance des cas, interventions médicales et enquêtes sur le terrain

  • Identifier l'origine la plus probable de l'infection dans la zone où les cas humains ont été exposés, en recherchant typiquement des sites groupés où l'on observe de nombreux petits animaux morts. Prendre les mesures adaptées d'assainissement et de lutte pour faire disparaître la source d'exposition.
  • Veiller à diffuser auprès des personnels de santé les informations concernant les zones actives de transmission de la peste, le tableau clinique de la maladie et la définition du cas.
  • Vérifier que les patients reçoivent bien l'antibiothérapie qui convient et que l'approvisionnement local en antibiotiques est suffisant pour traiter de nouveaux cas.
  • Isoler les patients présentant une peste pulmonaire.
  • Prélever des échantillons pour demander confirmation à un laboratoire.

Analyses de laboratoire

Elles sont requises pour diagnostiquer et confirmer la peste. L'idéal est d'identifier Y. pestis obtenu en culture à partir d'un échantillon prélevé sur un patient. En fonction du tableau clinique et donc de la forme de la maladie, la ponction d'un bubon, le sang ou les expectorations sont les échantillons qui conviennent le mieux à des tests rapides et à la mise en culture. On pourra analyser le sérum prélevé aux stades précoces et tardifs de l'infection aux fins de la confirmation. L'usage de bandelettes réactives a été validé sur le terrain pour déceler rapidement les antigènes de Y. pestis chez les patients. Il convient néanmoins de prélever des échantillons et de les envoyer à un laboratoire pour des analyses complémentaires.

Vaccination

Des vaccins contre la peste ont, pendant un temps, été très utilisés mais leur efficacité en prévention n'a pas été prouvée. Ils ne sont donc pas recommandés pour la protection immédiate en situation de flambée épidémique. On ne préconise la vaccination que pour les groupes exposés à un risque élevé, comme le personnel de laboratoire confronté à un risque constant de contamination.

Surveillance et lutte

  • Mener des travaux de recherche pour déterminer les espèces animales (puces comprises) participant au cycle enzootique de la peste dans la région concernée et mettre sur pied un programme de gestion de l'environnement susceptible de limiter la propagation.
  • La surveillance sur le long terme des foyers de zoonose et la rapidité de la riposte pour diminuer l'exposition pendant les épizooties épisodiques ont permis de faire baisser avec succès l'incidence de la peste chez l'homme.
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