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Botulisme

Aide-mémoire N°270

Généralité

Le botulisme est une maladie grave, mais relativement rare, provoquée par une toxine extrêmement puissante synthétisée dans les aliments par une bactérie, Clostridium botulinum.

Il n’y a pas de contagion interhumaine. On connaît sept types de botulisme. Quatre d’entre eux (les types A, B, E et rarement F) sont pathogènes pour l’homme et les autres (C, D et E) pour les mammifères, les oiseaux et les poissons. On trouve couramment les spores de la bactérie dans le sol, les sédiments marins et les poissons. Les spores sont résistantes à la chaleur et germent dans des conditions d’anaérobie. Les bactéries peuvent ensuite se développer et synthétiser la toxine. Le danger, qui peut être mortel, vient de l’ingestion de la toxine susceptible d’être présente dans des aliments mal préparés. Il s’agit avant tout d’une toxi-infection alimentaire mais le botulisme se transmet parfois par l’intermédiaire des plaies ou par colonisation de l’intestin chez l’enfant.

Symptômes

C’est la toxine et non la bactérie elle-même qui provoque les symptômes. Ceux-ci apparaissent en général de 12 à 36 heures après l’ingestion (avec un minimum de 4 heures et un maximum de 8 jours). Le botulisme a une faible incidence mais la mortalité est élevée si le traitement n’est pas immédiat. La maladie est mortelle dans 5 à 10 % des cas.

Les premiers symptômes caractéristiques sont une asthénie marquée, une sensation de faiblesse et des vertiges. Les troubles visuels, la sécheresse buccale et les troubles de l’élocution et de la déglutition apparaissent ensuite. Il arrive que l’on observe des vomissements, de la diarrhée ou de la constipation et un ventre ballonné. La maladie évolue vers une faiblesse du cou et des bras avant de toucher les muscles respiratoires et ceux du bas du corps. La paralysie peut rendre la respiration difficile. Il n’y a pas de fièvre, ni de perte de conscience. En général, des symptômes identiques apparaissent chez les personnes ayant partagé les mêmes aliments. La plupart des cas guérissent s’ils sont traités immédiatement et correctement, c’est-à-dire en posant rapidement le diagnostic, en administrant sans délai l’antitoxine et en instaurant des soins respiratoires intensifs.

On a établi différents types d’intoxication à la toxine botulique

Botulisme alimentaire : il survient lorsque Clostridium botulinum se multiplie et produit la toxine dans des aliments qui sont ensuite consommés sans avoir été suffisamment cuits pour inactiver la toxine. Comme il s’agit d’une « bactérie anaérobie », elle ne peut se multiplier qu’en absence d’oxygène. Il en résulte que le phénomène tend à survenir dans des produits à faible teneur en oxygène, lorsque les conditions de stockage et de conservation s’y prêtent. C’est le plus souvent le cas pour des aliments qui n’ont pas subi un processus poussé de conservation : poissons ou produits carnés fermentés, salés ou fumés, conserves ménagères d’aliments faiblement acides, comme les légumes, en boîte ou en pot. Les aliments incriminés habituellement varient d’un pays à l’autre en fonction des habitudes alimentaires locales et des méthodes de fabrication des conserves. Il arrive que des produits du commerce soient également impliqués.

On a retrouvé la toxine botulique dans une grande variété d’aliments : légumes peu acides en conserve, comme les haricots verts, les épinards, les champignons ou les betteraves ; le poisson, comme le thon en boîte ou le poisson fermenté, fumé ou salé ; les produits carnés, jambon, poulet, saucisse. Une cuisson normale (5 minutes à 85 °C ou quelques minutes d’ébullition) détruit la toxine. Clostridium botulinum ne se développe pas, et donc ne produit pas de toxine, dans les aliments acides (pH inférieur à 4,6). Toutefois, si celle-ci est déjà présente, les pH acides ne l’inactivent pas.

Botulisme par inhalation : après inhalation de la toxine (dans un aérosol) chez des personnes travaillant en laboratoire. Dans ce cas, les symptômes neurologiques peuvent être identiques à ceux du botulisme alimentaire, mais avec une incubation éventuellement plus longue.

Botulisme à transmission hydrique : il résulte également de l’ingestion de la toxine. Le traitement des eaux inactivant la toxine, on considère que le risque est faible.

On a observé en outre des effets indésirables de la toxine purifiée après son utilisation à des fins thérapeutiques ou esthétiques.

Botulisme infantile : il est rare. Il survient quand un nourrisson ingère des spores qui germent et donnent des bactéries se reproduisant dans l’intestin et libérant la toxine. Chez la plupart des adultes et des enfants de plus de six mois, les défenses naturelles apparues avec le temps empêchent la germination des spores et la croissance de Clostridium botulinum. Les symptômes cliniques chez le nourrisson sont les suivants : constipation, anorexie, faiblesse, altération des cris et une perte frappante du contrôle de la tête. On a associé cette forme de botulisme à du miel contaminé par des spores. Il faut avertir les mères de ne pas donner de miel cru à leurs enfants, cet aliment pouvant renfermer des spores et ayant été dans le passé à l’origine de quelques cas de botulisme infantile.

Le botulisme d’origine inconnue touche en général des adultes, sans que l’alimentation ou une plaie puisse en expliquer la cause. On a émis l’hypothèse que ces cas, comparables au botulisme infantile, pouvaient survenir en raison des modifications de la flore intestinale provoquées par une chirurgie ou une antibiothérapie.

Botulisme par inoculation : il s’agit d’une maladie rare due à la contamination d’une plaie ouverte par des spores pouvant ensuite germer en milieu anaérobie. Les symptômes sont les mêmes que pour l’infection d’origine alimentaire mais peuvent mettre jusqu’à deux semaines pour apparaître.

Prévention

La prévention du botulisme repose sur la bonne préparation des denrées alimentaires (notamment des conserves) et sur l’hygiène. Cette maladie peut être évitée en inactivant les spores bactériennes dans les produits en conserve stérilisés à chaud et en inhibant la croissance dans tous les autres produits. La pasteurisation commerciale à chaud (produits pasteurisés et conditionnés sous vide, produits fumés à chaud) pourrait ne pas être suffisante pour détruire toutes les spores. La sécurité de ces produits doit donc reposer sur la prévention du développement bactérien et de la production de la toxine. La réfrigération, associée à une teneur suffisante en sel ou un milieu acide, permet d’éviter le développement des bactéries et de la toxine. Si l’on soupçonne une exposition par l’intermédiaire d’un aérosol, le patient doit enlever ses vêtements, afin d’éviter à lui-même et aux agents soignants de nouvelles expositions, et les mettre dans des sacs en plastique où ils resteront jusqu’au moment du lavage au savon et à l’eau. Il doit également se doucher soigneusement.

Il faut prélever immédiatement des échantillons d’eau et d’aliments en relation avec les cas suspects, les conserver dans des sacs ou récipients hermétiquement fermés, puis les envoyer à un laboratoire de référence pour éviter de nouveaux cas.

Traitement

Une fois le diagnostic clinique posé, l’administration d’antitoxine est indiquée aussi rapidement que possible. Les cas graves requièrent un traitement symptomatique, notamment la ventilation assistée, qui peut s’avérer nécessaire pendant des semaines, voire des mois. Les antibiotiques sont inutiles (sauf dans le cas de botulisme par inoculation). Il existe un vaccin antibotulique, mais il est utilisé très rarement : son efficacité n’a pas été complètement évaluée et il a des effets secondaires.

Injections de Botox

Clostridium botulinum est aussi la bactérie servant à produire Botox, un produit pharmaceutique injecté à des fins thérapeutiques et cosmétiques. Toutefois, c’est la neurotoxine A purifiée et diluée que l’on emploie dans ces traitements. Ceux-ci sont administrés en milieu médical, adaptés à chaque patient et en général bien tolérés. Il arrive d’observer à l’occasion quelques effets secondaires.

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