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Rayonnement ultraviolet: indice du rayonnement UV total

Un outil educatif pour diminuer les risques de cancer cutane et de cataracte

Aide-mémoire N°271

Chacun est exposé au rayonnement ultraviolet (UV) émis par le soleil. En petites quantités, les UV sont bénéfiques pour la santé et jouent un rôle essentiel dans la synthèse de la vitamine D. En revanche, la surexposition est à l’origine de deux grands problèmes de santé publique : les cancers cutanés et la cataracte.

Le rayonnement UV

  • L’élévation du soleil : plus le soleil est haut dans le ciel, plus le rayonnement UV est intense. Celui-ci varie donc en fonction du moment de la journée et de la saison.
  • La latitude : plus on se rapproche des régions équatoriales, plus l’intensité augmente.
  • La couverture nuageuse : l’intensité du rayonnement UV est la plus forte quand le ciel est clair, mais elle peut être élevée même sous une couverture nuageuse.
  • L’altitude : aux altitudes élevées, l’atmosphère plus ténue absorbe moins de rayons UV.
  • L’ozone : elle absorbe une partie du rayonnement UV
  • La réverbération au sol : l’herbe, la terre et l’eau réverbèrent moins de 10 % du rayonnement UV, alors que la proportion peut atteindre 80 % pour la neige fraîche. Le sable sec d’une plage réverbère environ 15 % des UV et l’écume de la mer environ 25 %.

Le rayonnement solaire est à l’origine de la lumière, de la chaleur et comporte également des UV. Les UV atteignant la surface terrestre se composent en grande partie d’UVA et d’une petite fraction d’UVB. L’intensité du rayonnement UV dépend de plusieurs facteurs :

Comme il est impossible de voir ou de ressentir le rayonnement UV, il est important de disposer d’un moyen pour sensibiliser le grand public et l’alerter chaque jour sur les mesures de protection à prendre sur le moment.

L’indice du rayonnement UV total

Il s’agit d’une mesure simple de l’intensité du rayonnement UV atteignant la surface terrestre. Il a été conçu pour indiquer les effets nocifs potentiels et inciter le grand public à se protéger. Il part de zéro et, plus sa valeur est élevée, plus le risque de lésions cutanées ou oculaires est grand et moins ces lésions mettent de temps à se produire.

L’intensité du rayonnement UV varie tout au long de la journée mais elle atteint son maximum en milieu de journée. En général, la valeur présentée est une prévision du rayonnement UV maximal susceptible d’atteindre la surface terrestre à l’heure solaire de midi. Dans les pays proches de l’équateur, l’indice peut atteindre des valeurs de 20. Sous les latitudes plus septentrionales, il dépasse rarement 8 en été.

Harmonisation internationale de l’indice du rayonnement UV total

L’indice est le résultat d’une collaboration internationale entre l’OMS, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la Commission internationale de protection contre les radiations non ionisantes (ICNIRP) et le Bureau fédéral allemand de protection contre les radiations. Depuis sa publication initiale en 1995, de nombreux pays l’ont adopté pour faire la promotion de la protection solaire et l’ont intégré aux prévisions météorologiques dans les journaux, à la radio et à la télévision. Toutefois, le public, dans sa grande majorité, n’a pas encore compris pleinement sa signification ni son utilité. De plus les indications et les messages de protection qui s’y associent varient beaucoup d’un pays à l’autre, ce qui ajoute à la confusion.

INTERSUN, le projet mondial de l’OMS sur les UV, a mis au point et présenté un concept de communication reconnu au niveau international pour uniformiser les messages de protection, faciliter la communication de messages simples et pertinents et améliorer la valeur instructive de l’indice. L’OMS a publié ce concept dans une brochure, Global Solar UV Index : a Practical Guide. On y trouve les catégories d’expositions, ainsi que les valeurs de l’indice et les couleurs qui s’y rapportent :

Quelques idées reçues

Catégorie Indice Couleur
Faible
Modérée
Forte
Très forte
Extrême
0 à 2
3 à 5
6 à 7
8 à 10
≥ 11
Vert
Jaune
Orange
Rouge
Violet

INTERSUN

La présentation graphique standardisée de l’indice favorise la cohérence des informations données et améliore la compréhension du public. Il est possible de télécharger le dossier graphique à partir du site Web d’INTERSUN, le projet mondial sur les UV : http://www.who.int.uv/

Principaux sujets de préoccupation en matière de santé

On sait que l’exposition au soleil s’associe à divers types de cancers cutanés, à une accélération du vieillissement de la peau, à la cataracte et à d’autres affections oculaires. Il semble aussi que le rayonnement UV diminue l’efficacité du système immunitaire.

Peau

Chaque année dans le monde, il se produit entre 2 et 3 millions de cancers cutanés non mélanocytaires et plus de 130 000 mélanomes malins. Les modifications des comportements et la recherche de l’exposition au soleil sont en grande partie responsables de l’augmentation du nombre des cancers cutanés. Il semble en particulier que la fréquence des expositions au soleil et des érythèmes solaires dans l’enfance prépare le terrain pour l’apparition des mélanomes à un âge plus avancé. L’appauvrissement de la couche d’ozone, qui filtre les UV, pourrait aggraver encore le problème. Le rayonnement UV pourrait également entraîner des altérations chroniques de la peau se manifestant par des lésions au niveau des cellules, des vaisseaux sanguins et du tissu fibreux, mieux connues sous le nom de vieillissement cutané.

Yeux

On observe dans les effets aigus les photokératites (une inflammation de la cornée et de l’iris), les conjonctivites (inflammation de la conjonctive, la membrane au contact des paupières). Les effets chroniques à long terme peuvent se manifester par l’apparition d’un ptérygion (voile de couleur blanchâtre ou crème adhérent à la cornée) ou d’un épithélioma spinocellulaire de la conjonctive (tumeur squameuse). Il y a actuellement dans le monde quelque 16 millions de personnes aveugles à la suite de cataractes et l’OMS estime que, pour 20 % d’entre eux, la pathologie résulte d’une exposition aux UV.

Système immunitaire

Certains facteurs dans l’environnement agissent sur le système immunitaire, comme les UV qui semblent diminuer son efficacité en altérant l’activité et la répartition des cellules responsables du déclenchement de la réaction immunitaire. Un certain nombre d’études montrent que l’exposition à des UV d’intensité comparable à celles que l’on trouve dans l’environnement peut inhiber la réaction immunitaire chez le rongeur comme chez l’homme. Chez le rongeur, cette immunodépression peut renforcer la sensibilité à certaines maladies infectieuses. Il est donc raisonnable d’en déduire que l’exposition aux UV est susceptible d’augmenter le risque d’infection chez l’homme et de diminuer l’efficacité des vaccins, mais des recherches complémentaires seront nécessaires pour étayer cette conclusion.

Groupes sensibles

Les enfants sont particulièrement sensibles aux UV et requièrent une protection spéciale. Plus de 90 % des cancers cutanés non mélanocytaires surviennent chez les sujets à peau claire qui ont tendance à avoir des coups de soleil. Toutefois, même si l’incidence des cancers cutanés est moindre chez les sujets à peau mate, ils restent sensibles aux effets nocifs des UV, notamment au niveau des yeux et du système immunitaire.

Mesures de protection

Quelques mesures simples protègent des effets nocifs de l’exposition aux UV à court et à long terme, tout en permettant de profiter des activités en plein air. La protection solaire est importante dans tous les cas, notamment dans les lieux de loisirs en plein air, comme les plages ou les centres sportifs.

Messages de base pour la protection solaire

  • Limiter l’exposition en milieu de journée.
  • Recherche l’ombre.
  • Porter des vêtements protecteurs.
  • Porter un chapeau à large bord pour protéger les yeux, le visage et le cou.
  • Protéger les yeux en portant des lunettes de soleil d’une forme bien enveloppante ou munies de protections latérales.
  • Appliquer abondamment des écrans totaux à large spectre ayant un facteur de protection d’au moins 15 et renouveler l’application.
  • Protéger les nourrissons et les jeunes enfants.

Un moyen efficace de se protéger, qu’il faut associer au port de vêtements, de chapeaux et de lunettes de soleil, consiste à rester à l’abri du soleil, à l’intérieur ou dans des zones ombragées, pendant les quatre heures de la mi-journée, au moment où l’intensité des rayons UV est la plus forte. Les écrans totaux doivent être appliqués sur toutes les parties du corps exposées, comme le visage ou les mains. Ces produits ne représentent toutefois que la dernière ligne de défense et ils ne doivent jamais être utilisés pour prolonger l’exposition au soleil.

Faux Vrai
Le bronzage est un signe de bonne santé C’est en fait une réaction de défense de l’organisme contre les UV pour éviter des lésions plus graves
Le bronzage protège du soleil. Le bronzage d’une peau claire n’offre un coefficient de protection que de 4 environ
On est à l'abri des coups de soleil par temps nuageux. Jusqu’à 80 % des UV passent au travers d’une légère couche nuageuse. Les brumes de chaleur peuvent même renforcer l’exposition aux UV.
On est à l'abri des coups de soleil en étant dans l’eau. L’eau n’offre qu’une protection minimale et la réverbération peut au contraire renforcer l’exposition.
Le rayonnement UV en hiver n’est pas dangereux. S’il est vrai que le rayonnement UV est en général moins intense pendant les mois d’hiver, la réverbération sur la neige peut doubler l’exposition, notamment en haute altitude.
Les crèmes solaires permettent de rester plus longtemps au soleil. Les crèmes solaires n’ont pas été conçues pour allonger le temps d’exposition mais pour renforcer la protection lorsque l’exposition est inévitable. En outre, elles doivent être appliquées correctement pour pouvoir assurer leur effet protecteur.
En interrompant régulièrement les bains de soleil, on ne risque pas de coups de soleil. Il y a un effet cumulatif des expositions aux UV pendant la journée.
Il n’y a pas de risque si l’on ne sent pas la chaleur des rayons solaires. L’érythème solaire (le coup de soleil) est provoqué par les UV que nous ne pouvons ni percevoir, ni sentir, alors que la sensation de chaleur provient surtout de la lumière visible et des infrarouges, et pas des UV.

INTERSUN, le projet mondial sur les UV, résulte de la collaboration entre l’OMS, le PNUE, l’OMM, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) et l’ICNIRP et il a pour but de réduire la charge de morbidité imputable à l’exposition aux rayonnements UV. Il évalue et quantifie les risques sanitaires puis prend des mesures appropriées sous la forme de directives, de recommandations et de diffusion de l’information. Au-delà des objectifs scientifiques, INTERSUN aide les autorités nationales et d’autres organismes en les conseillant sur les programmes de sensibilisation aux dangers de l’exposition au soleil. Ceux-ci s’adressent à différents publics, comme les professionnels exposés du fait de leur activité, les touristes, les écoliers ou le grand public. Pour de plus amples informations, le lecteur peut consulter : www.who.int/peh-uv

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